Tendances inquiétantes chez des gens nerveux ici et maintenant


Par James Howard Kunstler – Le 22 avril 2019 – Source kunstler.com

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Malheureusement pour notre nation, le fiasco du RussiaGate n’est qu’à moitié terminé. Il y a tout simplement trop de turpitude officielle documentée sur la place publique pour que les autorités puissent en répondre et les dommages institutionnels sont trop importants. Le premier acte, l’enquête Mueller, a été un rond dans l’eau et 22 mois d’inconduite de la part de l’accusation et de méfaits dans les médias. Le deuxième acte sera un peloton d’exécution circulaire d’anciens fonctionnaires qui s’assassineront mutuellement pour éviter désespérément d’être poursuivis.


Entre-temps, il y a les affaires de la nation qui ont été désespérément accablées par une superposition hallucinatoire d’idiotie de Wokester émanant des campus, de sorte que même en l’absence de la distraction Mueller, toute entreprise organisée dans ce pays, d’un océan à l’autre, est paralysée par des luttes de races et de genres. Ensuite on aura un débat national sur les réparations pour l’esclavage dans la quête incessante de monétiser toute posture morale. N’y aura-t-il pas une chaîne de nœuds à démêler ? Qui sera qualifié pour le faire, exactement ? Qu’en est-il des peuples autochtones dont les terres ont été envahies ? Et les Japonais internés en 1941 ? Et qu’en est-il des femmes qui n’ont pas pu gagner leur vie pendant toutes ces décennies perdues en tant que femmes au foyer ? Et qu’en est-il des gens bruns venant de partout dont les familles ne sont pas venues ici avant que l’esclavage ait disparu ? Les ingénieurs de la Silicon Valley venant d’Inde et les chirurgiens thoraciques des Philippines doivent-ils payer pour les péchés des blancs ?

Ce cirque ne s’arrêtera pas tant que l’Amérique ne sera pas renversée par la réalité économique et, vraiment, qui s’en soucie ? Le « miracle » du pétrole a endormi même les superstars du commentaire économique, même si le dilemme qui se pose est que le puissant flux de ce pétrole ne permet de générer une seule entreprise lucrative et que le projet dans son ensemble est destiné à s’effondrer encore plus rapidement que sa croissance dans la décennie qui a suivi sa mise en place. Lorsque les compagnies pétrolières privées sombreront finalement dans la faillite, la « solution » évidente sera de nationaliser cette industrie – un pas de géant vers la destruction du dollar et de la valeur résiduelle que l’industrie aurait pu avoir.

Après un mois de grippe aux alentours de Noël, les marchés financiers se sont redressés et démontrent une fois de plus qu’ils ne font que monter – au mépris des lois de la physique, qui s’appliquent effectivement aux marchés et aux économies. C’est une cascade fantastique d’informatique et de maths et une foi mal placée en la magie, et quand tout explosera, comme il se doit, toutes les autres illusions qui tournent dans la vie américaine ressembleront à de simples pensées impures et passagères. La richesse théorique en jeu – c’est-à-dire la richesse des nations – peut s’évaporer de deux façons : soit les actions, les obligations et autres produits dérivés perdent leur valeur, soit l’argent qu’ils représentent perd sa valeur. Dans un cas comme dans l’autre, la richesse disparaîtra et l’Amérique se retrouvera avec la triste reconnaissance qu’elle est brisée à la fois en terme privé et en terme public.

À l’arrière-plan se trouvaient les bombes à retardement des soins de santé, de la dette d’emprunt des collèges et des caisses de retraite. Ce sont des rackets et des combines à la Ponzi. Avant d’en arriver à l’assurance-maladie pour tous, j’aimerais que le Congrès adopte une loi simple exigeant que tous les « fournisseurs » de services médicaux du pays affichent publiquement le prix de tous leurs services, du coût des greffes de cœur jusqu’aux Tylenols à 90 $ qu’ils administrent. Voyons voir comment cela affecte les magouilles illégalles des compagnies d’assurance qui « négocient » leurs paiements avec la corporatocratie médicale avant que nous ne nous lancions à fond dans la nationalisation des services de santé. Les collèges se sont déjà détruits intellectuellement avec, par conséquent, la valeur de leurs services surévalués de délivrance de titres et de certificats. Les petits collèges sont déjà en train de plier, et beaucoup d’autres suivront jusqu’à ce que l’enseignement supérieur devienne une industrie dévitalisée.

Les fonds de pension sont vraiment de grosses bombes inquiétantes, parce que lorsqu’ils font faillites, ils créent des problèmes financiers insolubles qui tournent au vilain et au politique. Même si le gouvernement fédéral tente une sorte de renflouement « ponctuel », il ne résoudra pas le problème de Ponzi inhérent à un système qui doit payer un nombre sans cesse croissant de réclamations avec une source de revenus qui ne cesse de diminuer. Il ne s’agira que d’un autre coup de lame qui coupera les jambes du dollar américain pour qu’en fin de compte, chaque retraité(e) reçoive le paiement promis, versé en dollars qui ne valent plus rien. Nous pourrions même découvrir que l’épidémie d’opioïdes a été la seule chose qui a empêché les habitants appauvris du centre des États-Unis de recourir à une insurrection violente.

Ces problèmes internes des États-Unis indiquent que des États et des régions entières s’éloignent furtivement d’un système fédéral qui ne peut plus fonctionner de manière compétente à cette échelle. Le processus a déjà commencé dans des actes de défi tels que les « États sanctuaires » et l’industrie florissante de la marijuana. Contrairement à la calamité de 1861, cependant, il n’y a peut-être même aucun moyen de tenter de maintenir l’ancienne Union, même par la force. Au lieu de cela, comme c’est le cas avec tous les empires qui sombrent, la fin sera une glissade écœurante dans une nouvelle et étrange disposition des choses. L’un des derniers actes réussis de l’empire américain pourrait être d’envoyer les instigateurs du RussiaGate en prison.

Too much magic : L'Amérique désenchantéeJames Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

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