Soutenir l’État profond met la démocratie en danger


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 28 octobre 2019

Depuis que Donald Trump a été élu président, le sens que donne le New York Times au mot « État profond » a évolué, passant de la négation totale de son existence au soutien sans faille de ses activités antidémocratiques.

Le 16 février 2017 – Les fuites se multiplient, faisant craindre un « État profond » en Amérique

Une série de fuites orchestrée par des responsables gouvernementaux a entravé le travail de l'administration Trump, ce qui a conduit certains à établir des comparaisons avec des pays comme l'Égypte, la Turquie et le Pakistan, où des réseaux obscurs au sein des bureaucraties gouvernementales, souvent appelés "États profonds", minent et contraignent des gouvernements élus.

Les États-Unis assistent-ils donc à l'émergence de leur propre État profond ?

Pas tout à fait, disent les experts, mais les signes sont réels - et dérangeants.

6 mars 2017 – Des rumeurs sur un «État profond» sapant Trump ? C’était autrefois un concept étranger

Le concept d'"État profond" - un réseau d'agences ou de responsables militaires qui conspirent secrètement pour influencer la politique gouvernementale - est plus souvent utilisé pour décrire des pays comme l'Égypte, la Turquie et le Pakistan, où des individus autoritaires s'unissent pour saper des dirigeants démocratiquement élus. Mais dans l'aile ouest, M. Trump et son entourage, en particulier son stratège en chef, Stephen K. Bannon, voient l'influence de ces forces à l'œuvre aux États-Unis, expliquant que leur propre gouvernement est miné de l'intérieur.

C'est un point de vue extraordinaire pour un président en exercice

Le 10 mars 2017 – C’est ce qui se passe lorsque vous combattez un « État profond » qui n’existe pas

Les institutions américaines ne ressemblent pas aux puissants États profonds de pays comme l'Égypte ou le Pakistan, disent les experts. Les fuites individuelles, dont un certain nombre proviennent de la propre équipe du président Trump, ne constituent pas non plus une conspiration.

Le diagnostic d'un "État profond", disent ces experts, est une vision inversée du problème. ...
Bien que M. Trump n'ait pas publiquement utilisé cette expression, les médias qui lui sont alliés ont détourné l'expression "État profond" de son sens formel - un réseau de responsables civils et militaires qui contrôlent ou sapent des gouvernements démocratiquement élus - vers une signification plus péjorative qui vise à accuser les fonctionnaires d'illégitimité et de haine politique.

5 septembre 2018 – Je fais partie de la résistance interne à l’administration Trump

En ce qui concerne la Russie, par exemple, le président hésitait à expulser autant d'espions de M. Poutine pour le punir de l'empoisonnement d'un ancien espion russe en Grande-Bretagne. Il s'est plaint pendant des semaines du fait que des cadres supérieurs l'avaient laissé s'enliser dans une nouvelle confrontation avec la Russie, et il s'est dit frustré que les États-Unis continuent d'imposer des sanctions à ce pays pour son comportement malveillant. Mais son équipe de sécurité nationale en savait plus que lui, de telles mesures devaient être prises pour mettre Moscou face à ses responsabilités.

Ce n'est pas le travail d’un soi-disant État profond. C'est le travail d'un État stable.

18 décembre 2018 – Blâmer l’État profond : Les fonctionnaires accusés d’actes répréhensibles renvoient la balle à Trump

Le président Trump a longtemps tenté d'expliquer ses problèmes juridiques par l'activité d'un "État profond" composé de partisans d'Obama retranchés dans les bureaucraties chargées de l'application de la loi et de la sécurité nationale qui font tout pour le gêner. Aujourd'hui, des fonctionnaires subalternes et d'autres personnes accusées d'actes répréhensibles font valoir que les mêmes forces présumées les ciblent également de manière illégitime.

Le 6 octobre 2019 – Explication du lien entre l’Italie et l’enquête sur la Russie

Le président Trump et certains de ses alliés ont affirmé, sans preuve à l'appui, qu'une cabale de fonctionnaires américains - l'État soit disant profond - s'était lancée dans une vaste opération pour contrecarrer la campagne de M. Trump. Cette théorie du complot reste non prouvée...

20 octobre 2019 – Ce n’est pas la Résistance. Ce n’est pas une Cabale. Ce sont des fonctionnaires.

Le Président Trump a raison : L'État profond est bien vivant. Mais ce n'est pas la sinistre et antidémocratique cabale de ses rêves enfiévrés.

Il s'agit plutôt d'un ensemble de fonctionnaires patriotes - diplomates de carrière, scientifiques, agents de renseignement et autres - qui, dans les entrailles de cette administration corrompue et corruptrice, ont en quelque sorte rappelé que leur devoir est de protéger les intérêts, non d'un dirigeant particulier, mais du peuple américain.

23 octobre 2019 – La guerre de Trump contre l’« État profond » se retourne contre lui

Au cours des trois dernières semaines, l'État profond a émergé de l'ombre sous la forme de véritables représentants du gouvernement, passés et présents, qui ont défié une tentative de la Maison-Blanche de bloquer la coopération avec les enquêteurs chargés de la mise en accusation à la Chambre et fourni des preuves qui appuient largement le lanceur d'alerte, toujours anonyme.

Le 26 octobre 2019 – L’« État profond » existe pour combattre les gens comme Trump

Le président et ses alliés ont réagi avec fureur. Ces témoignages accablants font partie d'une vendetta politique de bureaucrates "Never Trumper", des membres d'un "État profond" qui cherche à saper la volonté du peuple, affirment-ils.

Mais quel est cet "État profond" ? Loin d'être un outil de corruption politique, ce Service Civil a été créée pour être un antidote au genre même de corruption et d'automutilation qui semble tourmenter cette administration.

Cette évolution est déconcertante. Si l’État profond est autorisé à faire ses propres politiques contre la volonté des élus, pourquoi devrions-nous nous donner la peine de tenir des élections ?

Les Démocrates sont stupides d’encourager cela et même de pousser encore davantage ce genre de chose. Ils pourraient reprendre la présidence en 2024. Que feront-ils quand tous les fonctionnaires que Trump aura installés d’ici là s’organiseront pour ruiner leurs politiques ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

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