Les F-22 Raptor pourraient finalement ne pas être capables d’affronter le Su-35


Les carences majeures des chasseurs les plus avancés des États-Unis émergent au cours des opérations en Syrie.


Le 23 novembre 2017 − Source Military Watch Magazine

F-22 Raptor de l’armée de l’air américaine

Depuis que l’armée de l’air russe a commencé ses opérations militaires en Syrie en septembre 2015, le pays a déployé certains de ses chasseurs les plus avancés dans des bases du pays du Moyen-Orient. Celles-ci comprenaient les plates-formes de supériorité aérienne Su-30 et Su-35, des chasseurs lourds basés sur la cellule du réputé soviétique Su-27 avec de formidables capacités de combat aérien. Depuis la mise à mort par la Turquie d’un chasseur Su-24 russe en novembre 2015, une plate-forme russe datant quelque peu avec des capacités air-air négligeables, l’armée de l’air a équipé ses plates-formes Sukhoï de missiles air-air contre la menace des chasseurs du bloc occidental opérant dans le pays.

Avec des chasseurs Su-30 et Su-35 lourdement armés qui effectuent des sorties régulières au-dessus de la Syrie, combinés au déploiement des systèmes de défense aérienne les plus sophistiqués de Russie, le rapport de force dans les cieux était fortement en faveur de la Russie. Les rapports militaires américains indiquent que le Su-35 russe est plus capable de combattre air-air que n’importe quel chasseur au monde, à la seule exception du F-22 Raptor. Ces rapports datent d’avant notamment d’introduction du J-20 chinois, ce qui pourrait potentiellement mettre à l’épreuve le Raptor et le Sukhoï. En conséquence, avec la montée des tensions avec les forces russes, les États-Unis ont commencé à déployer leur plate-forme de supériorité aérienne la plus avancée en Syrie. Le F-22 était censé faire pencher la balance en faveur des Américains – un atout indispensable dans le théâtre du Moyen-Orient et peut-être le seul capable de contrebalancer le déploiement d’actifs russes de pointe dans le pays. Des Raptors ont été déployés à partir d’une base aérienne américaine aux Émirats arabes unis, également une base d’opérations pour les frappes en Afghanistan.

Bien qu’il soit de loin le chasseur occidental le plus performant en service, l’émergence de plusieurs failles importantes a nui aux performances du Raptor et a gravement compromis la capacité du jet à projeter sa puissance dans le ciel syrien. Au premier rang de celles-ci figurent les besoins d’entretien extrêmement élevés du F-22, qui rendent impossible les sorties plus d’une fois par semaine, et sont extrêmement difficiles à effectuer lorsque la Syrie effectue des sorties plus de deux fois par mois. Cela ne fait qu’exacerber le désavantage numérique auquel sont confrontés les Raptors, ces jets étant déployés à travers le monde et peu disponibles pour un déploiement au Moyen-Orient [Il resterait 182 F-22, NdT]. Des failles sont également apparues avec les performances de combat du Raptor, notamment par rapport à la plate-forme Sukhoï nécessitant relativement peu de maintenance.

Le Su-35 transporte 175% de la charge utile du F-22 et est beaucoup plus maniable, intégrant la vectorisation de poussée en trois dimensions. Le Su-35 a également l’avantage de pouvoir utiliser des missiles R-27 de 130 km d’autonomie, ce qui pourrait lui donner un avantage dans le combat hors de portée visuelle contre les 105 km du AIM-120C du F-22. Les deux avions ayant des systèmes d’avionique et de guerre électronique de même sophistication, le principal avantage du F-22 est considéré comme sa capacité d’infiltration. Cela permet aux Raptors d’utiliser leur signature radar extrêmement basse pour échapper au radar du Su-35 au-delà des engagements à portée visuelle, compensant potentiellement la portée de missile plus courte du Raptor en lui permettant de combler l’écart non détecté de 25 km. La récente performance du F-22 en Syrie a cependant amené sa capacité à engager avec succès des plates-formes russes à distance.

Alors que les chasseurs Sukhoï russes actuellement en service ne fonctionnent pas avec des signatures radar réduites, ils ont réussi à échapper à certains des radars les plus avancés de l’armée de l’air américaine – les AN/APG-77 du F-22. Selon un rapport du commandant du 95 ème Escadron de reconnaissance des États-Unis, stationné à la base aérienne des Émirats arabes unis, les Raptors ne sont pas en mesure de suivre efficacement les chasseurs Su-30 et Su-35 russes en Syrie. L’incapacité du F-22 à détecter les chasseurs Sukhoï à distance annule totalement l’avantage de ses capacités furtives. Au-delà du combat à portée visuelle, cela ne laisse aucun chasseur capable de détecter l’autre, ce qui représente un avantage non négligeable pour le Sukhoï, car il garantit que les combats se dérouleront à courtes distances où ce dernier conserve plusieurs avantages. Cela suppose bien sûr que le Sukhoï ne soit pas coordonné avec les radars au sol, comme ceux de la base aérienne russe de Khmeimim en Syrie, qui sont plus sophistiqués et capables de détecter les chasseurs furtifs.

Selon le commandant de la base aérienne d’Al-Dhafra, les chasseurs F-22 ont d’autres inconvénients importants qui ont entravé leurs capacités opérationnelles, notamment le manque de capacités infrarouges et optiques permettant un suivi nocturne, l’absence de visu intégré au casque obligeant les pilotes à regarder autour d’eux pour trouver visuellement leurs ennemis, et une incapacité à transférer des données via le réseau d’échange de données tactique Link 16 et une dépendance résultante à la communication radio. Le résultat est que, même s’il ne dispose pas de capacités de furtivité « nouvelle génération », le Su-35 pourrait largement dépasser les capacités du F-22, en particulier lorsqu’il prend en compte les nombreuses exigences de maintenance du Raptor et ses longues absences. Même s’il ne fait aucun doute que le F-22 est l’une des plates-formes de combat les plus performantes au monde, sa position de meilleur chasseur du monde pourrait ne pas être garantie à la lumière des récents développements technologiques russes et des failles démontrées des Raptors en Syrie au contact des plates-formes avancées de Sukhoï.

Note du Saker Francophone

Retrouvez cet article du Saker qui aborde la place du Su-35 dans l'armée Russe. Aussi un article de Sputnik sur Lockheed Martin qui aurait combiné les F-35 et les F-22 pour contrer Moscou et Pékin

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

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