Le renseignement allemand:
L’armée ukrainienne est en voie de désintégration

Le 17 février 2015 – Source Russia Insider

Ce texte est extrait d’un article original paru dans Der Spiegel

Les services de renseignement allemands  pensent que ces gars ne pourront pas le tirer de là!

Selon une source interne au Kremlin, Poutine pense être en position de force. Plus l’Ukraine et les pays occidentaux tarderont à accepter un accord pour une véritable stabilité, moins ils seront en position de force pour négocier.

Cette analyse pourrait bien être proche de la réalité, car les troupes gouvernementales risquent l’anéantissement si les combats continuent. Le moral de l’armée ukrainienne est loin d’être aussi bon que celui des séparatistes.

L’armée ukrainienne était mal préparée à la guerre dans l’Est. Alors que la Russie avait récemment achevé la modernisation de son armée, l’Ukraine avait vendu ou jeté la plupart d’un équipement dont elle avait hérité au moment de la fin de l’Union Soviétique et avait drastiquement réduit la taille de son armée en renvoyant chez eux les deux tiers de ses soldats.

Au début de cette guerre, les sources les plus optimistes estimaient l’armée ukrainienne à 130 000 hommes, dont la moitié en service militaire obligatoire.

Maintenant, beaucoup de jeunes font tout leur possible pour échapper à la conscription en s’enfuyant à l’étranger. La garde nationale a 35 000 hommes en plus mais, pour l’essentiel, ils gardent les infrastructures ou les postes de contrôle.

Le Président Porochensko est donc dépendant des milices, ces unités de  volontaires qui combattent au service des oligarques ou pour leurs propres intérêts.

Selon un rapport récent livré à la Chancellerie de Berlin par le service de renseignement allemand, le BND, l’armée ukrainienne est doucement en train de se désintégrer, démoralisée par les succès séparatistes et le manque de personnel.

Selon le BND, l’armée ukrainienne risque plus d’être dépassée par des livraisons d’armes occidentales que de gagner en efficacité dans les combats.

En plus, l’état délicat de l’économie ukrainienne risque de déstabiliser le gouvernement de Porochenko. La monnaie ukrainienne, la hryvnia, est tombée au niveau le plus bas de son histoire mercredi. Il y a seulement quelques semaines elle valait 18 hryvrnia pour 1 euro, maintenant elle en vaut 30. Le pays est de plus en plus désorganisé.

Le Procureur de la République est déjà tombé. Il s’est montré incapable de récupérer les milliards de dollars détournés par le président Ianoukovitch et cachés en Suisse, au Luxembourg ou aux États-Unis. En plus, les programmes de réformes de la justice et de l’administration n’avancent pas.

La frustration dans la population augmente au point que certains à Kiev parlent d’un Nouveau Maïdan, en référence aux manifestations qui ont renversé Ianoukovitch (et forcé son exil) il y a un an de cela.

«Si rien ne change en Ukraine, alors tout explosera d’ici quatre a six mois», prétend Mikheil Saakachvili, l’ancien président géorgien et supporteur du nouveau gouvernement de Kiev.

L’aide du FMI et d’autres pourvoyeurs de fonds est faite pour éviter qu’une telle explosion n’arrive. Au cours des quatre prochaines années, l’Ukraine devrait recevoir environ 40 milliards d’euros, mais contre un programme contenant des conditions extrêmement sévères, nous dit un haut fonctionnaire de Berlin d’un air inquiet. Parmi ces conditions, une augmentation du prix du gaz pour le public ainsi qu’une impopulaire réforme des retraites dans le but de diminuer les dépenses gouvernementales.

Berlin est inquiet d’une disparition du soutien populaire si trop était exigé trop vite. La chancelière Merkel a donc demandé à son conseiller en politique économique Lars-Hendrik Roller d’encourager le FMI à agir précautionneusement. «Le programme d’aide ne peut se permettre de déstabiliser la situation intérieure en Ukraine», a déclaré un fonctionnaire de Berlin.

Note du traducteur

Il faut noter que Merkel s’inquiète beaucoup plus des réactions de la population ukrainienne que de celles de la population grecque. Pourtant, la Grèce fait partie de l’UE et pas l’Ukraine. Alors pourquoi une telle attitude?

Traduit par Wayan, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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