La Russie prépare ses armées à une grande guerre – l’importance d’une armée de blindés


Par Patrick Armstrong − Le 10 avril 2016 − Source patrickarmstrong.ca

Cet article comporte trois sections, de tailles inégales :

  1. Comment on assemble une armée
  2. Quelles informations on peut en tirer
  3. L’armée russe

Si vous savez déjà comment on assemble une armée, vous pouvez passer directement à la deuxième partie.

1. Comment on assemble une armée

Une chose que je trouve agaçante dans les films qui présentent des batailles, c’est que le réalisateur semble penser qu’une bataille consiste à rassembler un grand nombre de soldats bourrins, à prononcer un bon gros discours d’encouragement, et à crier « Chargez! » Rien n’a jamais fonctionné de la sorte. Dans le monde réel, on assemble une armée en réalisant des groupes sur la base de groupes plus petits, eux-même assemblés en partant de groupes encore plus petits, et ainsi de suite jusqu’au groupe le plus élémentaire.

Le groupe le plus élémentaire compte environ dix soldats. Il s’agit du seuil de liaison fondamental – ce groupe, ce sont vos copains, les gars dont vous vous souviendrez vraiment, dont vous allez dépendre, qui vont dépendre de vous, et pour qui vous allez vous battre et vous sacrifier. Oui, vous vous battez pour la Liberté ou quelque grande Cause, mais en réalité, c’est pour vos copains que vous y allez. Donc, on commence avec un groupe d’environ 10 soldats.

Contubernium
Photo d’une reconstitution d’un Contubernium en formation d’attaque. Source : wikipedia

Dans l’armée romaine, ce groupe constituait un contubernium – un caporal, sept légionnaires, et deux serviteurs, qui partageaient une tente et prenaient leurs repas ensemble. Le petit groupe élémentaire sur la base duquel tout le reste était construit.

Après cela, il faut comprendre la notion de champ de commande ou de contrôle. Quand les circonstances deviennent extrêmement difficiles, le commandant de chaque niveau s’emploie à faire faire à ses subordonnés des choses qu’ils ne prendraient jamais la décision de faire. Ils savent pertinemment que le premier gars à rentrer dans un bâtiment, l’homme de tête qui s’attaque à un poste de mitrailleuse, le premier gars qui sort de la tranchée, le premier gars à sortir de la barge de débarquement a toutes les chances de se faire tuer ou blesser. C’est très difficile d’amener les gens à faire cela, et une longue expérience démontre qu’un commandant ne peut contrôler que trois à cinq éléments.

Le principe suivant est celui du carré ou du triangle. On assemble le plus souvent les armées en agglomérant trois ou quatre éléments d’un niveau au niveau supérieur. Pourquoi? Si vous en mettez trois, vous pouvez en positionner deux en opérations et un en réserve. (C’est un sacré problème pour un commandant, une fois qu’il est engagé dans une bataille, de savoir où et quand impliquer ses réserves). Le structure en « carré » permet d’en garder deux au contact de l’ennemi, un en réserve, et un au repos ; ou bien deux au contact, un en réserve, et un en manœuvre. Une structure à cinq ou six est trop nombreuse, et une structure à deux est insuffisante. Voilà qui introduit le principe essentiel du « feu » (procéder à la destruction de l’ennemi) et du « mouvement » (se déplacer pour réaliser cette destruction de manière plus efficace). (Les batailles dans les films montrent beaucoup de feu, et peu de déplacement).

Enfin, il y a les différentes armes – l’infanterie, les blindés (la cavalerie, à une autre époque) et l’artillerie – et les corps de soutien. On les appelle « armes » parce qu’elles appliquent directement la violence. Elles sont assistées par d’autres spécialités : les ingénieurs pour les aider à se déplacer, les transports pour les mouvoir, les médecins les rafistolent, les signaux pour communiquer, la logistique leur achemine ce dont elles ont besoin, etc. Aucune armée ne peut fonctionner sans ces corps.

Dans la suite, je vais m’intéresser aux organisations de l’infanterie, parce qu’elles relèvent de la pure soldatesque – les deux autres armes concernent des machines, qu’il s’agisse de blindés ou de canons, et les armes de soutien sont des fonctions à leur service. Mais les principes des organisations d’infanterie s’appliquent également dans les autres armes. Il est à noter que les traditions militaires assignent des noms différents à certains éléments du tableau, mais les principes restent les mêmes.

Un peloton [ce terme fait référence au platoon anglo-saxon, dans l’armée de terre française, on le traduirait plutôt en section – le terme peloton faisant plutôt référence aux armes à cheval, NdT] est constitué de trois ou quatre « tentes » (sections) ; une compagnie rassemble trois ou quatre pelotons ; un bataillon compte trois ou quatre compagnies. On voit apparaître, au niveau du bataillon, un certain niveau de spécialisation : il peut disposer d’un peloton de mortiers, ou un peloton de mitrailleurs, il disposera d’un simple élément capable de prodiguer les premier soins, un élément de génie léger, de personnel de communication, d’un quartier général, etc. Mais chacun peut jouer le rôle de fusilier si nécessaire. La bataillon constitue la première construction qui est en mesure de réaliser quelque action indépendante – il dispose d’un nombre suffisant de compagnies pour disposer de feu, de manœuvres et de réserves, ses éléments mitrailleurs ou mortiers lui apportent un certain soutien. Mais il relève toujours de l’infanterie pure, et reste donc assez « léger ».

Le niveau qui suit est une brigade [ou régiment, NdT], constituée de trois ou quatre bataillons. Mais ici, il y a une décision à prendre : voyez-vous cette brigade comme « brigade indépendante », ou comme une sous-division d’une formation plus étendue? Dans le premier cas, il convient d’y introduire d’autres armes, dans le second, elle reste constituée purement d’éléments d’infanterie.

Une brigade indépendante, ou groupe de brigade, disposera, en proportions variables selon les finalités, de bataillons d’infanterie, de blindés et d’artillerie des « armes de combat » ainsi que des éléments de soutien : par exemple, du génie de combat, des médecins et dentistes, des bureaux de poste, des installations de blanchisserie, peut-être un bataillon d’hélicoptères, etc. Il s’agit d’une ville militaire indépendante, comptant 4000 à 6000 personnes, qui a presque les mêmes besoins qu’une petite ville civile, mais également celui de se déplacer n’importe où à tout moment. Cette formation a pour objet de mener des tâches militaires en autonomie, avec l’aide de forces aériennes.

La brigade qui a pour destination de constituer une pièce d’une structure plus étendue aurait trois ou quatre bataillons d’infanterie, et serait composée principalement de fusiliers, avec très peu d’ajouts en provenance d’autres armes. L’étape du dessus est la division, constituée de brigades d’infanterie, de blindés ou d’artillerie selon les proportions jugées utiles. Au cours de la seconde guerre mondiale, les divisions constituaient le plus souvent le plus petit élément à se voir attribuer des tâches indépendantes sur le champ de bataille.

Une division blindée se verrait constituée en suivant la même logique, mis à part que l’unité élémentaire, la « tente », y devient le blindé lui-même, trois ou quatre blindés forment un peloton, puis des compagnies, des bataillons, et des brigades. On ne verra que rarement l’artillerie organisée en structure indépendante, car elle dispose du feu, mais guère du mouvement. De même, les armes de soutien – le génie, les signaux, la logistique, les médecins etc, du fait qu’elles existent pour assurer un soutien, n’apparaissent que rarement sous forme de structure indépendante. En fin de compte, les « divisions » sont soit à forte composante d’infanterie, soit à forte composante de blindés (l’expérience a douloureusement montré, à de multiples reprises, qu’aucune des armes de combat ne peut fonctionner seule).

Pour continuer vers le haut, trois ou quatre divisions constituent un corps d’armée ; deux à quatre corps d’armées font une armée, et quelques armées assemblées constituent un groupe d’armées.

C’est ainsi qu’on assemble, en partant de nos petites « tentes », un immense groupe d’armées.

2. Quelles informations peut-on en tirer

À une guerre de quelle taille vous préparez-vous ? Une petite, une grande, ou une vraiment grande? Selon votre réponse, les formations que vous construisez ne seront pas les mêmes.

Un point de décision important, qui révèle votre pensée en la matière, c’est de voir si vous mélangez d’autres armes de combat et des éléments de soutien spécialisé au niveau de la brigade (5 000 soldats environs), ou à celui de la division (10 000 soldats environ). Si vous le faites au niveau de la brigade, on peut penser que vous vous préparez à des guerres plutôt réduites, et que des formations d’environ 5 000 soldats, toutes armes confondues, répondront à votre besoin. Si, à l’opposé, vous décidez de créer des divisions – des formations à peu près d’une taille triple -, vous indiquez que vous vous préparez à une guerre plus importante. Et si vous vous mettez à combiner ces divisions en corps, en armées, voire en groupes d’armées, alors vous vous préparez à une guerre vraiment grande, une guerre totale contre un ennemi de classe mondiale. Quelque chose du style de la seconde guerre mondiale, en bref. En 1945, par exemple, les Alliés occidentaux pénétrèrent en l’Allemagne en y mettant trois groupes d’armées, regroupant huit armées, soit 91 divisions ; quelques quatre millions et demi de soldats.

On peut panacher un peu ce découpage, mais seulement un peu. Vous pouvez décider d’avoir des brigades indépendantes, en conservant des quartiers généraux par division. Mais, sauf à voir les brigades fonctionner habituellement sous le commandement d’un quartier général divisionnaire permanent, et à voir ce quartier général contrôler les ressources, la seule idée valide est alors que les opérations fonctionnent au niveau de la division.

En résumé, si vous vous arrêtez au niveau de brigades indépendants, vous dîtes au monde que vous vous attendez, que vous préparez, des guerres assez réduites. Si vous montez au niveau de la division, vous vous préparez à quelque chose de plus important, et si vous construisez un corps (ou, en terminologie russe, une armée), vous dîtes au monde que vous vous préparez à une grande guerre.

C’est ainsi qu’un observateur, qui connaît vos armées, en sait déjà beaucoup sur le type de guerre auxquelles un pays s’attend, en analysant l’assemblage de ses « groupes de tentes ».

3. L’armée russe

L’armée soviétique était organisée pour faire face à l’éventualité d’une guerre considérable : elle avait des divisions, organisées en armées (corps, en terminologie occidentale), eux-même regroupés en fronts (armées, en terminologie occidentale) et à nouveau groupés en Théâtres d’Activité Militaire, ou TAM (groupes d’armées, en terminologie occidentale). Le tout était soutenu par un système de conscription et de réserve, de stocks d’armes considérables, et de gigantesques dépôts de munitions prépositionnés. Pour cette fois, les soviétiques n’anticipaient pas une bataille décisive qui se déroulerait à une heure de Moscou. Quand l’URSS s’effondra, la structure sombra. Les éléments les mieux préparés étaient basés dans les pays du Pacte de Varsovie ; la Russie en endossa la responsabilité et se dépêcha de les rapatrier, en perdant peu à peu les conscrits qui quittaient la structure. Les formations qui auraient été remplies puis appuyées par les éléments prêts étaient en Ukraine et en Biélorussie, et furent perdues pour la Russie.

Pendant quelques années, les dirigeants de l’armée russe semblèrent ne pas avoir compris que tout avait changé – que les immenses forces soviétiques n’étaient plus, que les effectifs n’allaient pas magiquement regagner des centaines de milliers de conscrits pour remplir les « formations vides ». Mais ils n’arrivaient pas non plus à gérer des effectifs plus réduits : on nous répétait alors, lors de nos discussions avec l’État-Major russe, que l’État Major russe ne disposait pas des moyens de payer les pensions ni les logements auxquels leurs officiers avaient droit. Aussi, cette armée jadis puissante tomba en décrépitude.

C’est peut-être l’échec de la première guerre de Tchétchénie qui convainquit l’État-Major que l’armée russe n’était pas une armée de grande guerre temporairement réduite. On commença à entendre qu’ils réorganisaient leur armée autour de brigades indépendantes. Il apparaissait clairement, à lire les documents de doctrine stratégique, et les journaux périodiques militaires, que les guerres qu’anticipait Moscou étaient plus petites, à l’échelle d’infractions frontalières ou d’une guerre de Tchétchénie, qui ferait face à un ennemi petit, agile, et doté d’armes légères. Pour de tels conflits, toute organisation dépassant la taille d’une brigade indépendante multi-armes est trop grande et trop compliquée.

Ainsi, peu à peu, entre les deux guerres de Tchétchénie, les « divisions » (que nos inspections avaient révélé rester vides de soldats, mais pleines d’équipements mal entretenus et d’officiers découragés et mal payés) disparurent et furent remplacées par des « bases de stockage ». Nous supposions qu’il s’agissait d’un moyen d’éviter de payer la note faramineuse des retraites, tout en donnant aux officiers quelque chose d’utile à faire. Dans le même temps, des groupes de brigades indépendants commencèrent à voir le jour, les premiers étant déployés dans le Sud, là où les problèmes étaient attendus. Il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles Moscou a gagné la seconde guerre de Tchétchénie.

À ce stade, (je m’intéresse ici aux données du CFE en date de 2002 [CFE – traité Conventional Forces in Europe, NdT], on trouvait des entités dénommées « divisions » et « armées », mais celles-ci étaient fortement en sous-effectifs – à part dans le Nord-Caucase, on comptait au mieux deux divisions dignes de ce nom dans la zone Ouest ; et aucune d’entre elles n’était déployée à l’Ouest. La vraie force était dans le Nord-Caucase : trois divisions, à jour d’effectifs et un quartier général d’armée (corps). Mais l’avenir y était également, avec les deux premiers groupes de brigades indépendants, qui ouvraient la voie à la suite.

En résumé, au début de notre siècle, dans leur doctrine publique, dans tous ce qu’ils nous disaient quand nous les rencontrions, dans leurs structures de déploiements, les russes nous montraient qu’ils n’avaient aucun dessein offensif à l’égard de l’OTAN, et qu’ils n’attendaient aucune attaque de la part de l’OTAN. C’est au Sud qu’ils voyaient un danger.

Le traité CFE nous permettait de visualiser tout ceci : les russes étaient obligés de nous donner une liste d’éléments, précisant leur emplacement précis, leur relations avec les autres structures, et le nombre d’hommes et de d’armes d’importance ; nous étions en droit de nous rendre sur place et de vérifier ces informations à tout moment. Grâce au traité, nous savions en permanence ce dont ils disposaient, d’où cela provenait, et comment ils s’organisaient. Nos inspecteurs ne trouvèrent aucune inexactitude dans les données qu’ils nous donnaient. Mais les pays membres de l’OTAN ne ratifièrent jamais le traité, ajoutant sans cesse de nouvelles conditions pour ce faire, si bien qu’après quelques années, la Russie, qui l’avait ratifié, abandonna et dénonça le traité. C’est ainsi que nous perdîmes (le traité prévoyait que cela fût réciproque) un mécanisme de construction d’une confiance transparente, sur base de divulgation totale, couplée au droit d’aller vérifier.

Pendant tout ce temps, les russes nous répétaient que l’expansion sans fin de l’OTAN, toujours plus près, constituait un danger (опасность), même s’ils n’allaient pas jusqu’à l’appeler, comme le terrorisme, une menace (угроза); vous surveillez les « dangers », vous devez répondre aux « menaces ». L’OTAN, bien sûr, n’écouta rien, estima avec arrogance que l’expansion de l’OTAN rendait service à la Russie, et constituait de toutes façons le droit légitime de la « nation exceptionnelle » et de ses alliés.

Il importe de garder ici à l’esprit les accusations sans cesses répétés envers la Russie, voulant qu’elle « militarise » ceci et cela, menace tout le monde et toute chose, se comporte « selon les manières du XIXème siècle« , envahissant, brutalisant, et j’en passe et des meilleures, alors que la structure et que les déploiements de son armée ne corroboraient pas ces accusations. Quelques brigades indépendantes, surtout au Sud, ne constituent pas une menace pour les voisins de l’Ouest. Où étaient leurs bases militaires organisées en anneaux, leurs déploiements de flotte à l’étranger, leurs exercices aux frontières ? Et surtout, où était leur force de frappe? Depuis la fin de l’URSS, tout cela avait cessé d’exister : c’est ce qu’ils nous avaient dit, c’est ce que révélaient leurs actions.

Ils s’étaient préparés pour des guerres de faible portée, mais l’OTAN poursuivit son expansion ; ils s’en plaignirent, mais l’OTAN poursuivit son expansion ; ils protestèrent, mais l’OTAN poursuivit son expansion. Pendant des années, ils restèrent sans réaction.

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Les pays entrés dans l’OTAN depuis 1990, année de la chute de l’URSS, sont tous en vert et jaune. On constate une éminente « progression » vers l’Est.

Ma foi, à présent, ils ont réagi : la première Armée blindée de la Garde est en cours de re-création.

Cette armée, ou corps d’armées selon la terminologie occidentale, comptera sans doute deux ou trois divisions de blindés, ainsi qu’une ou deux divisions de fusiliers motorisés, disposera d’un important soutien en artillerie et en génie, des hélicoptères, et tout le reste.

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Insigne de la 1ère armée blindée de la garde russe. Image : wikipedia

La première Armée blindée de la Garde sera stationnée dans le district militaire de l’Ouest, pour défendre la Russie contre l’OTAN. Il est très probable qu’elle sera la première à se voir livrer la nouvelle famille de véhicules blindés de combat, les Armata, et qu’elle sera constituée de soldats professionnels, et équipée du meilleur de la formidable industrie de défense de la Russie. Il ne s’agira pas d’une quartier général en carton ; ce sera tout à fait opérationnel : commandé, pourvu en hommes, intégré, entraîné et prêt à se battre.

Il serait bon de se souvenir que les forces armées soviétiques menèrent ce qui reste sans doute les plus grandes opérations de toute l’histoire de la guerre. Prenons, par exemple, l’opération Bagration, qui débuta peu après l’invasion du jour J. Cette opération impliqua, selon la terminologie russe, onze armées, en soutien ou à l’attaque ; souvenez-vous, les alliés occidentaux avaient rassemblé ensemble face à l’Allemagne huit armées – cinq étasuniennes, une britannique, une canadienne, et une française. Les corps (armées, en terminologie russe) de blindés constituent le marteau – soit ils exécutent la contre-attaque décisive après que la défense a absorbé l’attaque (Stalingrad et Kursk), soit ils effectuent la frappe offensive. La décision de constituer une armée blindée (un corps d’armée blindé, en terminologie occidentale) indique que la Russie craint réellement une attaque en provenance de l’Ouest, et se prépare à s’en défendre.

En résumé, la Russie a fini par en arriver à la conclusion que l’agression de l’OTAN veut dire qu’elle doit se préparer à une grande guerre.

Note historique : le livre de Dominic Lieven montre les préparations réalisées par l’Empereur Alexandre quand il comprit que, tôt ou tard, Napoléon allait s’en prendre à la Russe. Chacun sait comment cette histoire a fini. Comme le feld-maréchal Montgomery, qui connut plus d’expérience des grandes guerres que quiconque au Pentagone ou à la Maison blanche de nos jours, le dit : « Règle numéro 1, en première page du manuel de guerre : ‘N’avancez pas sur Moscou‘ ».

Armata-T14
Un blindé Armata T14 à tourelle entièrement automatisée, lors d’un défilé à Moscou en 2015. Photo : Wikipedia

Voici à quoi nous a amenés la décision légère d’étendre l’OTAN, les « révolutions de couleur », les changements de régimes, les biscuits du Maidan et l’incessante propagande anti-russe.

Et ce n’est pas une guerre que l’OTAN gagnera.

Patrick Armstrong

Traduit par Vincent, relu par Hervé pour le Saker Francophone

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