Des nihilistes russes à al-Qaïda. Le côté sombre du politiquement correct


En faisant la promotion d’une culture du relativisme et en niant l’importance d’une vérité objective, le politiquement correct a semé les graines des catastrophes d’aujourd’hui.

Par Vladimir Golstein – Le 21 décembre 2016 – Source The Duran

Attention. Je soutiens la liberté de parole, pas le politiquement correct.

Un fantôme hante l’Europe – et ce n’est pas le fantôme du communisme. Le rêve de Marx a été remplacé par un fantôme beaucoup plus primitif, pernicieux et grotesque, celui du Politiquement Correct [PC dans la suite du texte, NdT] et de son frère jumeau tout aussi primitif, grotesque et virulent : la xénophobie et le racisme.

Ce changement de fantôme n’est pas dû au hasard. Comme dans la tactique du bon flic, méchant flic, ces frères jumeaux semblent bien réussir, dans leur insidieuse tentative de supprimer tout discours sérieux sur la politique intérieure ou étrangère, toute tentative d’aller au-delà des raisonnements préalablement approuvés et prédéterminés pour que l’ordre demeure protégé des fantômes de Marx ou d’autres, considérés comme tout aussi dangereux.

Outre sa pauvreté philosophique, le PC a récemment démontré son échec total à empêcher guerres, invasions, déplacements de population et politiques de main-d’œuvre bon marché. Il n’a pas réussi à formuler une réponse appropriée à la crise dite des réfugiés qui a accablé l’Europe, d’abord par le nombre de personnes indistinctement admises en Europe, puis par la quantité et l’intensité des crimes violents commis par certains de ces réfugiés.

Il est de plus en plus évident que ni le fait de cacher cette violence sous le tapis, ni de permettre aux skinheads d’exiger l’interdiction de tous les réfugiés ne fournissent de réponses adéquates aux problèmes posés par les années d’exploitation colonialiste et d’aventures militaires.

La situation semble être au-delà de la capacité intellectuelle des politiciens PC, comme le président Hollande ou la chancelière Angela Merkel, à résoudre ces problèmes.

Pour beaucoup d’Américains, le PC appartient au domaine ésotérique des universités. En Europe, cependant, la portée du PC est beaucoup plus profonde et plus large, sa philosophie domine divers aspects de la société, comme en témoigne largement la récente vague de violence.

La pénétration du PC dans le tissu social européen est beaucoup plus profonde.

Un jour, nous apprenons que les musées hollandais ont l’intention de renommer diverses peintures et autres objets d’art dont les titres utilisent une terminologie qui n’est plus acceptable pour les commissaires du PC d’aujourd’hui. Le lendemain nous sommes informé de la décision allemande d’interdire les produits à base de porc dans les cantines des écoles de sorte que les étudiants musulmans ne soient pas offensés. Le troisième jour, nous entendons parler d’un politicien danois condamné pour son commentaire de 2014 disant que les nouveaux réfugiés musulmans qui sont « religieusement intolérants » ramènent de vieux travers, comme l’antisémitisme, dans le discours européen.

Persécuter les gens qui écrivent ou tweetent sur les sujets qui vont à l’encontre de la narrative du PC est devenu un passe-temps populaire dans le milieu des politiciens européens.

Tous ces cas sont habituellement relégués au domaine de la curiosité, à l’instar de certains incidents bizarres se déroulant sur les campus américains, qu’il s’agisse de plaintes concernant des micro-agressions, de demandes d’espaces sécurisés, de pronoms neutres du point de vue du genre ou d’appropriation culturelle.

Pourtant, le rôle du PC est beaucoup plus insidieux : il empêche la société de traiter adéquatement une nouvelle vague de violence et de brutalité.

Le rôle du PC en tant que force politique de premier plan a été rendu douloureusement évident au cours des scandales récents liés aux attaques brutales contre les femmes, à la violence et au chaos contre des témoins innocents à Nice et à Berlin et à l’échec de la police, de la presse et des politiciens à assurer la sécurité du public.

Des avertissements sur le pouvoir omniprésent et pernicieux du discours des PC ont été émis à de nombreuses reprises, autant par des politiciens radicaux que des journalistes, ou même grâce à l’humour anti-PC.

La presse allemande, par exemple, attribue un prix annuel au « mot de la belette », c’est-à-dire « à un terme maladroit ou controversé qui a façonné le discours public ».

En 2015, une telle récompense a été donnée au terme « Gutmensch », le mot qui est devenu si populaire au point de s’attirer les moqueries et qui signifie une personne extrêmement politiquement correcte, un individu bien intentionné, mais totalement impuissant.

Ce n’est pas une coïncidence. La crise des réfugiés, destinée à façonner le discours public pour les années à venir, avait mis en lumière la faillite totale des « Gutmensch» et de leur approche PC à l’égard de la vie sociale, politique et culturelle.

C’est la marque d’un « Gutmensch » de ne pas offenser la sensibilité de quelqu’un. Mais quand l’échec des médias de masse à signaler les crimes violents, par peur d’inculquer dans les têtes de la population de fausses informations sur leurs auteurs a commencé à être perçue, il est devenu clair que le PC était allé trop loin et que les « Gutmensch »  devenaient les complices de criminels vicieux.

C’est ce rôle de Gutmensch, ce gardien de l’orthodoxie bien pensante devenant complice, que je veux explorer dans cet essai.

Tandis que beaucoup relèguent le débat sur le PC aux soi-disant guerres culturelles, il est clair que ce qui se cache derrière celui-ci est une classique lutte de pouvoir.

Les nombreux journalistes et politiciens, qui n’ont pas voulu parler des agressions sexuelles qui ont eu lieu en Allemagne, en Suède ou en Finlande, ou qui ont essayé d’en modifier la vraie nature, n’ont utilisé qu’un seul argument comme excuse : nous ne voulons pas donner de munitions à nos rivaux politiques. Comme Peter Ågren, chef de la police dans le centre de Stockholm, le dit : « Parfois, nous n’osons pas dire comment sont réellement les choses, parce que nous croyons que cela va donner un avantage aux démocrates suédois. » [Les Suédois démocrates sont le parti anti-immigration en Suède-VG.]

En d’autres termes, si l’on peut comprendre l’impulsion à faire cesser les accusations dirigées contre un groupe traditionnellement marginalisé ou réprimé, surtout lorsqu’il est envisagé dans le contexte des guerres génocidaires et coloniales allemandes et européennes, il est clair que ce qui pousse les politiciens n’est pas le désir de corriger les abus du passé, ou la peur d’offenser la sensibilité de quelqu’un, mais plutôt la peur de perdre le pouvoir.

Quoi qu’il en soit, l’impulsion à contrôler le flux d’information est très humain. Par conséquent, la volonté d’empêcher certains thèmes ou doctrines d’entrer dans le discours public devient de la censure.

Ceux qui sont au pouvoir s’efforcent d’imposer un récit particulier, une façon particulière de regarder les choses qui permet aux dirigeants de se sentir utiles et nobles, et aux gouvernés d’être soit dans l’espoir et la reconnaissance, soit dans la haine et la paranoïa, ce qui, dans les deux cas, les distrait de l’analyse complète de leur exploitation.

Le PC, cependant, ne se présente pas comme une censure imposée par les puissants. Et là réside son ingéniosité. Pourtant, puisque imposer des limites à la conversation est clairement une manifestation de pouvoir, personne ne devrait douter que le PC est l’instrument que la classe dirigeante utilise pour se protéger.

Pourtant, cette imposition de limites au discours se fait au nom des dépossédés, des marginalisés et des défavorisés. C’est comme si, à un certain moment, les crocodiles s’étaient mis d’accord pour ne rien dire de négatif sur les lapins qu’ils dévorent, de sorte qu’un crocodile qui se fend une blague sur un os de lapin particulièrement tendre qu’il a brisé l’autre jour sera mis à l’index.

Certains ont accepté de le faire pour des raisons pragmatiques : pourquoi effrayer les lapins, quand il est plus avantageux de leur laisser croire qu’un de ces jours, ils peuvent se transformer en crocodiles eux aussi ?

D’autres pourraient avoir des raisons idéalistes : imaginer que si rien de mal n’est dit sur les lapins, cela pourrait inciter certains de leurs collègues crocodiles à changer leurs habitudes alimentaires.

Et pourquoi pas? L’exemple de ces convertis peut être utilisé par des propagandistes, c’est-à-dire par des lapins engagés par le collectif crocodile, dans le seul but de convaincre le reste des lapins que les crocodiles sont soudainement végétariens et que, par conséquent, il n’y a aucune raison d’être préoccupé, inquiet ou en alerte.

En imposant un discours favorable au lapin, les crocodiles recourent à un jeu plutôt cynique mais pragmatique, en masquant leur cruauté sous un vernis de sentimentalisme. Ils pourraient même écrire des histoires sur de gentils petits lapins, subissant un traitement cruel entre les mains de certains loups ou renards, ou même certains crocodiles préhistoriques, mais sûrement pas de la part de l’actuel croco-establishment.

Il y a un certain pragmatisme à cela. Pourquoi dire des choses désagréables au sujet des lapins, pourquoi être gratuitement rude ou condescendant : moins on en dit sur les festins de lapins, mieux c’est.

Bien sûr, du point de vue d’un lapin dévoré, tout cela ressemble à des larmes de crocodile. Les lapins préféreraient une amélioration morale réelle, plutôt que purement linguistique.

Il arrive parfois que les lapins luttent contre le pouvoir des crocodiles. À ce moment, ils introduisent immédiatement de nouveaux récits, soulignant la cruauté sans limite et l’hypocrisie maléfique des crocodiles d’une part, et la noblesse infinie des lapins de l’autre. Mais ces nouveaux récits n’indiqueront jamais que les lapins qui ont acquis le pouvoir sont devenus eux-mêmes des crocodiles, comme c’est si brillamment exposé dans la Ferme des animaux d’Orwell.

Quand ils sont arrivés au pouvoir, les radicaux russes – dont les écrits avaient été diligemment censurés par l’empire tsariste – commencèrent à supprimer à leur tour les écrits des « classes d’exploiteurs ». La femme de Lénine, Kroupskaïa, a produit une liste célèbre de livres censés être interdits en Union soviétique, une liste qui comprenait tout, de la Bible au Coran, à Dante et Schopenhauer. Elle a également proposé d’interdire 97 livres pour enfants, y compris des contes folkloriques célèbres, pour la promotion d’une idéologie erronée. « Les livres pour enfants sont les armes d’éducation sociale, a-t-elle affirmé, et donc le contenu des livres devrait être communiste. »

Ce que cette politique culturelle présuppose, comme dans le cas de Kroupskaïa, est une position morale particulière, un sens particulier de supériorité manifesté par tout fanatique vainqueur, martyr ou révolutionnaire. Cette supériorité aboutit à accepter comme axiomes deux propositions hautement douteuses:

(1) Elle présuppose une certaine arrogance morale et intellectuelle, impliquant que le régime qui est arrivé au pouvoir a une connaissance intrinsèque du bien et du mal. Il est donc en droit d’inculquer de l’information « politiquement correcte » dans les têtes de son peuple.

(2) Qu’il existe une corrélation entre ce qu’on entend dans les écoles ou qu’on lit dans les livres, avec ce qu’on devient. Cette corrélation n’est cependant pas si évidente. On peut devenir très délicat dans une famille vulgaire, ou vice versa.

Les tentatives pour contrôler le discours éducatif impliquent aussi qu’il y ait une séparation entre la bonté et la vérité, une scission, inconnue des Grecs anciens, par exemple. Les grands auteurs russes ont constamment résisté à cette scission aussi.

Cette scission suppose que la bonté a bien plus de valeur que la vérité et qu’il est donc raisonnable de sacrifier la vérité pour une bonté imaginaire.

Cette approche politiquement correcte de la vérité a sûrement reçu un coup de pouce supplémentaire, grâce aux théories récentes affirmant que puisque la vérité est forcément une construction mentale, c’est notre tâche de la construire d’une manière particulière, politiquement cohérente.

Même si la vérité de tout événement complexe est insaisissable et dépend des témoins oculaires qui ont toujours leur vision des choses, cela ne signifie pas que nous devrions simplement renoncer à nos enquêtes et recherches et ne faire que nous concentrer sur la construction d’histoires qui nous conviennent.

Les récents échecs de la presse occidentale à couvrir de manière adéquate des événements politiques majeurs, que ce soient les élections présidentielles américaines ou la guerre en Syrie, ont démontré que le public n’est pas prêt à accepter les contes de fées véhiculés par les médias. Contrairement aux journalistes occidentaux irresponsables, le public se souvient encore de l’avertissement du prophète Isaïe:

 « Malheur à ceux qui nomment le bien mauvais et le mauvais bien. À ceux qui substituent les ténèbres à la lumière et la lumière aux ténèbres; qui substituent l’amer au doux et le doux à l’amer! (Isaïe 5:20) »

Des années de mensonges, perpétrées par toutes sortes de régimes se prétendant bienveillants, nous ont appris que c’est la vérité qui est le meilleur ami des opprimés, quelle que soit la difficulté de la quête de la vérité, quels que soient les faits qu’elle découvre. À long terme, c’est la vérité qui nous libère, pas les mensonges, les fantasmes ou la propagande. Pourtant, c’est cette vérité qui est immédiatement sacrifiée par n’importe quel régime autoproclamé PC qui s’enferme dans une sorte de bonté imaginaire.

Dostoïevski avait déjà exploré à fond ce phénomène de sacrifice de la vérité pour une bonté imaginaire. Ses écrits, Le Journal d’un écrivain en particulier, fournissent un panorama fascinant de la Russie post-réformiste, la période qui avait aboli le servage et introduit une situation politique et économique radicalement différente avec son nouveau discours.

Par conséquent, l’ancien système de servage a commencé à être accusé de tous les péchés possibles : c’était ce système qui induisait, sinon forçait, les pauvres et les défavorisés à commettre des crimes.

Entre autres choses, les Grandes Réformes ont introduit le procès avec jury et des procédures juridiques contradictoires concomitantes. Ce sont ces procédures qui ont été victimes des nouveaux discours politiquement corrects. La commission des crimes commençait à être accusée des effets néfastes sur l’environnement (des fautes du régime précédent, en d’autres termes), tandis que les avocats manipulaient le jury nouvellement formé et inexpérimenté, délivrant des acquittements sans fin.

En lisant les rapports de ces acquittements, Dostoïevski fut choqué et confus. Il en fit une critique qui, 150 ans plus tard, paraît toujours aussi fraîche et d’actualité. Elle contient des analyses et des avertissements bien clairs.

 « Je suis sorti (de la lecture de ces rapports – VG) avec un sentiment de trouble, presque comme si j’avais été personnellement insulté. Dans ces moments d’amertume, j’imaginais parfois la Russie comme une sorte de bourbier ou de marécage, sur lequel on avait construit un palais. » (Dostoïevski, Fiodor, « Environnement », dans son Journal d’un écrivain, Vol. 1873-1876. Press, 1997: 132-136)

Cette absence de bon sens ou de morale commune poussa Dostoïevski à comparer la propension des jurés russes à prononcer des acquittements absurdes – ce qui allaient transformer la Russie en un bourbier – à celle de leurs homologues britanniques:

« Là-bas, le juré comprend, dès le moment où il prend sa place dans la salle d’audience, qu’il n’est pas seulement un individu sensible avec un cœur tendre, mais est avant tout un citoyen. Il pense même … que remplir son devoir civique est encore plus élevé que toute victoire privée du cœur […] Le juré anglais prononce à contrecœur le verdict de culpabilité, comprenant d’abord que son devoir consiste avant tout à utiliser ce verdict pour témoigner à tous ses concitoyens que dans la vieille Angleterre (pour laquelle ils sont tous prêts à verser leur sang), le vice est toujours appelée vice et la méchanceté encore appelée méchanceté, et que les fondements moraux du pays subsistent – solides, inchangés, toujours comme avant. »

En d’autres termes, Dostoïevski refuse de séparer la morale de la vérité. Il considère la capacité de réaliser et d’affirmer la vérité (quand le vice est appelé le vice, et non vertu) comme le fondement même de la société. C’est pourquoi il se désespère de la corruption de la moralité et de la lucidité, quand le crime devient un devoir ou une noble manifestation.

Ces principes moraux et intellectuels sont si importants pour Dostoïevski, qu’il est prêt à attaquer, pour les sauver, la générosité, la compassion et la religiosité de ses compatriotes russes, qui acquittaient le criminel par sympathie ou par insuffisance morale.

Dostoïevski insiste sur le fait que la vérité et la douleur de traiter un verdict de culpabilité sont infiniment préférables à un acquittement simpliste et bien intentionné. L’écrivain offre un schéma moral complexe, au lieu de la fantaisie PC : si la réalité est laide, c’est notre tâche de l’améliorer sans se cacher derrière des envols rhétoriques fantaisistes, même remplis de bonnes intentions : « Comment se fait-il que notre peuple a soudainement commencé à avoir peur d’un peu de souffrance? – Cela fait de la peine, disent-ils, de condamner un homme. Et alors ? Gardez votre peine pour vous. La vérité a plus de valeur que votre peine. ». Et puis il ajoute ces mots profonds :

« Si cette peine est authentique et sévère, elle nous purgera et nous améliorera. Et quand nous nous serons améliorés, nous améliorerons également notre environnement. Et c’est la seule façon dont il peut être amélioré. Mais fuir à cause de notre propre pitié et d’acquitter tout le monde pour ne pas souffrir, c’est trop facile. Pour ce faire, nous arrivons lentement et sûrement à la conclusion qu’il n’y a pas de crimes du tout, et que l’environnement est à blâmer pour tous les maux. Nous arrivons inévitablement au point où nous considérons le crime comme un devoir, une noble protestation contre notre environnement. »

Le rejet par Dostoïevski de la situation juridique, de la fausse compassion qui, sous le couvert de la compréhension des opprimés, a ignoré leur vraie situation, est tombé, évidemment, dans les oreilles de sourds. Le schéma complexe de Dostoïevski cherchant à condamner le crime, tout en s’engageant simultanément dans un travail acharné pour améliorer la réalité, a été ignoré par la majorité de ses contemporains qui, dans leur tendance à la « simplification », préféraient des schémas beaucoup plus linéaires.

Le même rejet du sens commun et de la valeur travail caractérisent les doctrinaires du PC, de Nadejda Kroupskaïa à Angela Merkel, le leader politique allemand qui préfère l’approche politiquement correcte à la réalité, recourant aux discours du genre Obama au lieu de s’attaquer au dur travail d’arrêter les causes de l’immigration moyen-orientale, tout en organisant simultanément des procédures appropriées pour l’intégration des réfugiés dans une culture différente.

Il est tellement plus  facile de ne rien faire, tout en pontifiant sur les vertus d’une société ouverte.

En conséquence, on sent effectivement que l’Europe a été plongée dans un bourbier digne de l’imagination de Dostoïevski, devenant une entité sans fondement, incapable de traiter avec la réalité concrète.

En insistant sur un discours qui obscurcit la réalité, les dirigeants de l’Europe en font un marécage, une boue primitive et un chaos. Les politiciens et les médias doivent avoir le courage de rejeter les accusations d’islamophobie, tout en différenciant les fanatiques islamiques, les criminels et les terroristes d’une part, et les musulmans respectueux de la loi de l’autre.

Le déni délibéré, l’oubli des distinctions, l’entassement de tout le monde sous le terme générique de « migrants » n’aide personne.

Le Dieu biblique a transformé le chaos en un ensemble de distinctions et de différences, séparant le sec et le mouillé, la lumière et les ténèbres, le ciel et la terre, et l’homme et la femme.

Le PC agit dans la direction opposée, il oblitère les distinctions et nous pousse clairement dans le chaos.

On connaît l’expression « pêcher en eau trouble » (le russe utilise le terme « en eau boueuse »). Les pratiquants du PC troublent volontairement l’eau, afin que les criminels puissent pêcher, abuser, violer et détruire en toute impunité.

Les anges du politiquement correct sont devenus les démons du chaos et de la destruction. Les événements qui secouent les villes européennes sont le triste rappel de ce processus.

Vladimir Golstein

Traduit par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone

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