Comment oser parler des sujets tabous


Saker US
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Par le Saker – Le 16 avril 2017 – Source The Saker

D’abord une clarification, pénible mais nécessaire

Les fous du sous-sol. Les néocons. Les sionistes. Les lobbyistes pour Israël. La tradition judaïque. Les juifs. Nous rencontrons tous, quelque part dans cette liste, le proverbial « sujet tabou ou non-dit social ». Pour certains, le choc se produira au début de la liste, pour d’autres un peu plus bas, mais la liste sera plus ou moins la même pour tout le monde. Le bon goût, du moins en Occident, voudrait nous faire fuir ces sujet. Je ne le ferai pas. Pourquoi ? Eh bien, pour la bonne raison que je suis constamment accusé de ne pas parler de ces sujets tabous. En plus, je crains que le rôle que joue ce sujet tabou soit particulièrement toxique en ce moment. Donc permettez-moi d’affronter ce monstre, mais je dois d’abord commencer par quelques mises en garde.

Premièrement, la terminologie. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, lisez mon article Why I use the term AngloZionist and why it is important (Pourquoi j’utilise le terme anglosioniste et pourquoi c’est important – non traduit en français, NdT). Deuxièmement, lisez l’article de mon ami Gilad Atzmon, Jews, Judaism & Jewishness (ou, encore mieux, lisez son ouvrage essentiel, The Wondering Who).  Veuillez noter que Gilad exclut spécifiquement les israélites (les juifs religieux) de la discussion. Il écrit : « Je ne traite pas des juifs du point de vue de la race ou de l’ethnicité. J’évite aussi généralement de traiter du judaïsme (la religion). » Je les inclus beaucoup dans mon analyse. Je suis cependant tout à fait d’accord avec Gilad lorsqu’il écrit que Jews Are Not a Race But Jewish Identity is Racist [Les juifs ne sont pas une race mais l’identité juive est raciste] (ceux qui ont encore des doutes sur le fait que les juifs ne sont pas une race ou une ethnie devraient lire l’excellent livre de Shlomo Sand The Invention of the Jewish People [Comment le peuple juif fut inventé, 1).  Et pour finir, examinez attentivement ma définition du racisme telle qu’elle est énoncée dans ma « politique de modération ».

Selon moi, le racisme n’est pas tant la croyance que divers groupes humains sont différents les uns des autres, disons comme des races de chiens peuvent l’être, mais la croyance que les différences entre groupes humains sont plus importantes qu’au sein du groupe. Deuxièmement, le racisme est aussi la croyance que les caractéristiques biologiques de votre groupe pré-déterminent d’une manière ou d’une autre vos actions/choix/valeurs dans la vie. Troisièmement, le racisme suppose souvent, mais pas toujours, une hiérarchie entre les groupes humains (les Aryens germaniques au-dessus des Slaves ou des juifs, les juifs au-dessus des Gentils, etc.). Je crois que Dieu a créé tous les humains avec le même but et que nous sommes tous des « frères d’Adam », que nous partageons également l’image (le potentiel éternel et intrinsèque de perfection) de Dieu (contrairement à notre ressemblance avec Lui, qui est notre condition individuelle provisoire et changeante).

En résumé, je dois avertir d’abord tant les racistes que les anti-anti-sionistes frénétiques que je les décevrai tous deux : l’objet de mon analyse et de ma critique ici sera limitée à des catégories auxquelles une personne choisit d’appartenir ou d’adhérer (religion, idées politiques, etc.) et non des catégories avec lesquelles elle est née (race, ethnie).

Ensuite, que sont donc les juifs s’ils ne sont pas une race ? À mon avis, ils sont une tribu (que le dictionnaire d’Oxford définit comme une division sociale dans une société traditionnelle consistant en familles ou communautés liées par des liens sociaux, économiques, religieux ou de sang, avec une culture et un dialecte communs, ayant généralement un chef reconnu). Une tribu est un groupe qu’on peut choisir de rejoindre (Elizabeth Taylor) ou de quitter (Gilad Atzmon).

Enfin, c’est précisément et parce que les juifs sont une tribu que nous, les non-juifs, ne leur devons absolument rien : pas de statut spécial, ni bon ni mauvais, pas de privilège spécial d’aucune sorte, pas de respect ou de « sensibilité » spéciale – rien du tout. Nous devrions traiter les juifs exactement comme nous traitons tous les êtres humains : faites pour les autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous (Luc 6:31).  Par conséquent, si être juif est un choix et si tout choix est un objet légitime de discussion et de critique, alors (choisir) d’être juif est un objet légitime de discussion et de critique. Inversement, ceux qui voudraient nous refuser le droit de critiquer les juifs sont, bien sûr, les véritables racistes puisqu’ils croient que les juifs méritent en quelque sorte un statut spécial. En fait, cette idée est au cœur de toute l’identité et l’idéologie juives.

Maintenant reprenons notre liste : les fous du sous-sol. Les néocons. Les sionistes. Les lobbyistes en faveur d’Israël. Les israélites. Les juifs. Je suggère que tous sont des catégories légitimes tant qu’il est clair que « les juifs seulement de naissance », qu’Alain Soral en France appelle « les juifs du quotidien », ne sont pas inclus dans cette liste. Par conséquent, pour nos objectifs et dans ce contexte, ces termes sont tous interchangeables. Ma préférence va pourtant au terme « sionistes », parce qu’il réunit le racisme idéologique des juifs laïcs au racisme religieux des juifs religieux (si vous n’aimez pas mon choix, remplacez « sioniste » par n’importe quelle catégorie que j’ai énumérée plus haut). Le sionisme était laïque, mais à la fin du XXe  siècle il est devenu religieux et donc, pour notre objectif, ce terme peut englober les suprémacistes juifs tant laïcs que religieux. Ajoutez y quelques opinions et mentalités conservatrices et vous aurez les « sionistes-conservateurs ou siocons » comme expression alternative.

Aparté
Cela vous dit quelque chose sur la puissance de la machine de propagande sioniste, je veux parler des « médias-sionistes », ou « siomédias », et je devrais préfacer cet article avec une note explicative de plus de 700 mots pour essayer de surmonter les réflexes mentaux conditionnés chez le lecteur (que je serais un affreux antisémite). Cela dit, je ne me fais plus aucune illusion : certains juifs ou super bien-pensants shabbes goyim m’accuseront encore de racisme. Je commence à avoir l'habitude. Mais la bonne nouvelle est que lorsque je les mettrai au défi de prouver leur accusation, ils repartiront les mains vides.

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La raison pour laquelle j’ai décidé d’aborder cette question aujourd’hui est que les forces qui ont brisé Trump en moins d’un mois sont les mêmes forces qui l’ont contraint à opérer un tournant politique à 180 degrés : les néocons et l’État profond américain. Je crois cependant que ces deux entités peuvent être fusionnées dans ce que j’appellerais les « siocons » : essentiellement des sionistes, plus quelques impérialistes anglo-saxons à la Cheney ou McCain. Ce sont les gens qui contrôlent les médias dominants étasuniens, Hollywood, le Congrès, la plus grande partie des universités, etc. Ce sont les gens qui ont lancé un assaut féroce contre l’aile « nationaliste » ou « patriote » des partisans de Trump et qui ont chassé Flynn et Bannon, et ce sont les gens qui ont essentiellement organisé une révolution de couleur contre Trump. Il y a de très bonnes preuves que la personne chargée de ce coup d’État tranquille soit Jared Kushner, un sioniste enragé. Peut-être. Peut-être pas. Ce n’est pas vraiment important, ce qui compte maintenant est de comprendre ce que tout cela signifie pour nous autres dans le « panier de déplorables », les « 99% » – essentiellement le reste de la planète.

Comprendre les fous

Comprendre les motivations et les buts (on ne peut pas parler de « logique » dans ce cas) de racistes qui s’illusionnent eux-mêmes peut être un exercice difficile. Mais lorsque les « fous du sous-sol » (rappel : le terme vient d’ici) contrôlent fondamentalement les politiques de l’Empire américain, cet exercice devient crucial, vital pour la survie des gens mentalement sains. Je vais maintenant essayer de mettre en évidence les raisons qui sous-tendent la « nouvelle » politique de Trump en recourant à deux exemples : la Syrie et la Russie.

La Syrie.  Je pense que nous pouvons tous convenir que le drapeau noir de Daech flottant sur Damas serait un désastre pour Israël. Vrai ? Faux ! Vous pensez comme une personne saine d’esprit. Ce n’est pas du tout comme ça que pensent les Israéliens aujourd’hui. Pour eux, Daech est de beaucoup préférable à Assad, non seulement parce que celui-ci est la pierre angulaire d’une Syrie unifiée, mais parce que Daech au pouvoir donne aux Israéliens le prétexte parfait pour instaurer une « zone de sécurité » afin de « protéger » le nord d’Israël. Et cela, en langage clair, signifie occuper et annexer totalement le Golan (un vieux rêve israélien). Encore mieux, les Israéliens connaissent très bien Daech (ils ont aidé à le créer avec les États-Unis et l’Arabie saoudite) et ils savent qu’il est une menace mortelle pour le Hezbollah.  En mettant Daech au pouvoir en Syrie, les Israéliens espèrent une guerre sanglante et infinie au Liban et en Syrie. Tandis que leurs voisins au nord seraient pris dans un maelström d’atrocités et d’horreurs, les Israéliens pourraient tout voir par dessus leur frontière tout en envoyant quelques avions de temps en temps pour bombarder les positions du Hezbollah ou même des civils innocents sous un prétexte quelconque. Vous rappelez-vous comment les Israéliens ont observé avec une joie totale comment leurs forces bombardaient la population de Gaza en 2014 ? Avec Daech au pouvoir à Damas, ils auraient un spectacle encore meilleur à montrer à leurs enfants. Enfin, et pour finir, mais pas complètement, les chrétiens syriens seraient fondamentalement totalement anéantis. Pour ceux qui connaissent la haine que les israélites et les juifs ont toujours éprouvé pour le christianisme (même aujourd’hui), il sera évident pourquoi les Israéliens voudraient voir Daech au pouvoir en Syrie : Daech est fondamentalement un instrument pour tailler une entité sioniste encore plus grande.

La Russie.  Les siocons détestent absolument la Russie et tout ce qui est russe. En particulier les ex-trotskystes devenus néocons. J’ai expliqué les origines de cette haine ailleurs et je ne répéterai pas tout ici. Il vous suffit d’étudier les politiques génocidaires contre tout ce qui est russe du premier gouvernement bolchevique (qui était composé de 80% à 85% de juifs ; vous ne me croyez pas ? Alors écoutez Poutine lui-même). J’ai déjà analysé les très vieilles racines spirituelles de la russophobie dans un précédent article et j’ai déjà expliqué que le pharisaïsme rabbinique (faussement appelé « judaïsme » de nos jours) est un peu plus que de l’anti-christianisme (lisez ces articles si cette histoire complexe et fascinante vous intéresse). Le résultat est le suivant : les néocons modernes ne sont que d’anciens trotskystes qui ont trouvé un nouvel hôte à utiliser. Leur haine pour tout ce qui est russe est tellement viscéral qu’ils soutiennent en toute bonne foi des nazis (n’est-ce pas ironique ?) en Ukraine plutôt que la Russie, ce qui est encore plus paradoxal si vous vous rappelez qu’avant le coup d’État bolchevique, les sentiments anti-juifs étaient beaucoup plus forts dans ce qui est aujourd’hui l’Ukraine que dans ce qui est aujourd’hui la Fédération de Russie. En fait, les relations entre les Russes et les juifs se sont, dirais-je, significativement améliorées depuis le coup d’État nazi à Kiev, à la grande surprise des Russes assez rares qui haïssent vraiment les juifs. Alors que vous entendrez beaucoup de critiques à l’égard des juifs organisés politiquement en Russie aujourd’hui, en particulier si on compare avec l’Occident, il y a très peu de véritable racisme anti-juif en Russie, et encore moins exprimé publiquement dans la presse (en fait, les « discours de haine » sont illégaux en Russie). Une chose à garder à l’esprit est qu’il y a beaucoup de différences importantes entre les juifs russes et les juifs américains, en particulier parmi ces juifs russes qui ont délibérément choisi de ne pas émigrer en Israël ou dans un autre pays occidental (ceux qui s’intéressent à cette question peuvent trouver une analyse plus détaillée ici). Les juifs en Russie choisissent aujourd’hui délibérément de rester et, là-bas, ils manifestent une attitude très différente de celle de ceux (juifs et non-juifs) qui ont sauté sur la première occasion de quitter la Russie le plus tôt possible. Résultat, les « siocons » éprouvent une haine débordante et toujours vive pour la Russie et les Russes et ce facteur est l’une des composantes essentielles de leurs motivations. À moins de prendre cette haine en compte, vous ne serez jamais en mesure de comprendre les « siocons » et leurs politiques démentes.

Comprendre Trump

Je pense qu’on peut critiquer Trump pour beaucoup de choses, mais il n’y a absolument aucune preuve qu’il ait nourri des sentiments anti-russes. Il y a des masses de preuves qu’il a toujours été pro-israélien, mais pas plus que les autres politiciens ou hommes d’affaires aux États-Unis. Je doute que Trump sache même où se trouve le plateau du Golan. Il ne sait probablement pas non plus que le Hezbollah et Daech sont des ennemis mortels. Oui, Trump est un ignorant mal éduqué qui est beaucoup mieux adapté aux spectacles de Las Vegas qu’à la présidence d’une superpuissance nucléaire, mais je ne vois aucun signe qu’il haïsse quiconque. Plus généralement, le gars n’est vraiment pas un idéologue. La meilleure preuve en est son idée débile de construire un mur pour résoudre le problème de l’immigration illégale : il a (correctement) identifié un problème, mais il a présenté ensuite une (pseudo)solution du niveau de jardin d’enfant. La même chose vaut pour son opinion de la Russie. Il s’est probablement imaginé  quelque chose du genre : « Poutine est un type fort, la Russie est un pays fort, ils haïssent Daech et veulent le détruire – unissons nos forces. » Le pauvre homme n’avait apparemment aucune idée du pouvoir et de la conduite hystérique des néocons auxquels il s’est heurté, une fois à la Maison Blanche. Encore pire est le fait qu’il ne réalise apparemment pas qu’ils l’utilisent maintenant pour tester des politiques assez démentes pour lesquelles ils tenteront plus tard de le destituer en tant qu’unique coupable si les choses devaient mal tourner (et elles le feront certainement). Franchement, j’ai le sentiment que Trump était fondamentalement sincère dans son désir de « drainer le marais », mais qu’il n’est tout simplement pas assez intelligent (rien que la manière dont il a trahi Flynn et Bannon pour tenter d’apaiser les siocons est tellement suicidaire et, franchement, stupide). Mais même si je me trompe et si Trump était « leur » créature tout au long (ce que je ne crois pas du tout), le résultat final est le même : nous avons maintenant les siocons qui contrôlent totalement les DEUX partis au Congrès (ou, plus précisément, les deux ailes du parti siocon au Congrès), la Maison Blanche, les médias et Hollywood. Je ne suis pas si sûr qu’ils exercent vraiment un contrôle total sur le Pentagone, mais lorsque je vois le genre de personnages militaires malléables et invertébrés que Trump a récemment nommés, j’ai le sentiment qu’il ne reste que deux types d’officiers a la tête de l’armée américaine : les retraités et les « poules mouillées lèche-cul » à la Petraeus. Ce n’est pas bon. Pas bon du tout. Quant à la « soupe des agences à trois lettres » ridiculement gonflées (et donc tout à fait incompétentes), il semble qu’elle a passé d’une communauté du renseignement à une communauté de la propagande extrêmement politisée dont le but principal est de justifier n’importe quelle insanité sans rapport avec les faits que leurs patrons politiques peuvent imaginer. De nouveau. Pas bon. Pas bon du tout.

Vivre avec le ZOG :-)

ZOG.  Ou « Zionist Occupation Government » (Gouvernement sioniste d’occupation).  C’était l’expression favorite de plusieurs de ceux qui haïssaient les juifs et son usage était considéré comme le signe infaillible d’un antisémitisme frénétique. Et pourtant c’est précisément ce avec quoi nous vivons tous aujourd’hui : un gouvernement sioniste d’occupation qui a clairement contraint Trump à faire un virage à 180 degrés sur ses promesses de campagnes et qui risque maintenant de transformer les États-Unis en un désert radioactif résultant d’une confrontation totalement artificielle et inutile avec la Russie. Je répondrai à ceux qui sont horrifiés que j’ose utiliser une expression comme ZOG : croyez-moi, je suis encore plus contrarié que vous de devoir admettre que le ZOG est une réalité ; je ne me soucis pas des racistes, et la plupart de ces gens qui parlent du ZOG me semblent être de vrais racistes. Mais hélas, ils ont aussi raison ! Les faits sont les faits, vous ne pouvez pas les nier ou refuser de les qualifier correctement à cause des éventuelles « connotations » du terme choisi ou à cause de quelque besoin inventé d’être particulièrement « sensible » quand il faut traiter avec un groupe spécial. Rappelez-vous – on ne doit aucune faveur spéciale aux juifs et il ne faut pas s’engager constamment dans diverses contorsions de yoga linguistiques ou mentales lorsqu’on parle d’eux et de leur rôle dans le monde moderne. Je n’utilise cependant le terme de ZOG ici que pour montrer que c’est possible, mais ce n’est pas mon expression favorite. Je pense seulement que commettre le crimepensée ici encouragera d’autres à sortir de leur coquille et à parler librement. À tout le moins, poser la question de savoir si nous avons ou non un Gouvernement sioniste d’occupation est un exercice extrêmement important en soi. Par conséquent, aujourd’hui, on va zoguer :-)

Certains pourraient discuter de la partie « occupation » de cet acronyme. D’accord – comment appelleriez-vous un régime qui agit clairement en opposition directe à la volonté d’une majorité écrasante des gens et qui agit dans l’intérêt d’une puissance étrangère (avec laquelle les États-Unis n’ont même pas d’accord formel) ? Parce que, ne vous méprenez pas, ce n’est pas un phénomène spécifique à Trump. Je pense que tout a commencé avec Reagan et que les siocons se sont totalement emparés du pouvoir avec Bill Clinton. D’autres pensent que tout a commencé avec Kennedy. Quoi qu’il en soit, ce qui est clairc c’est qu’élection après élection, les Américains votent avec constance pour moins de guerre et obtiennent à chaque fois plus de guerres. C’est vrai que la plupart des Américains sont mentalement incapables d’analyser de manière conceptuelle le phénomène étrange d’un pays qui n’a pas d’ennemis et qui jouit d’impressionnantes frontières naturelles, mais a besoin de dépenser davantage en guerres d’agression que ce que dépense le reste de la planète pour sa défense. Ils ne sont pas non plus équipés pour se demander pourquoi les États-Unis ont besoin de 16 ou 17 agences de renseignement alors que l’immense majorité des pays s’en tirent avec entre deux et cinq. Enfin, la plupart des Américains croient qu’ils ont une sorte de devoir de police sur la planète. C’est vrai. Mais en même temps, ils sont également malades et fatigués des guerres, ne serait-ce que parce que beaucoup de leurs proches, amis et voisins en sont revenus morts ou infirmes. Cela, et le fait que les Américains détestent absolument perdre. Perdre est tout ce que les États-Unis font depuis Dieu sait quand : perdre des guerres contre tous, sauf les pays les plus faibles et sans défense. La plupart des Américains préféreraient aussi que l’argent dépensé à l’étranger pour « défendre la démocratie » (c’est-à-dire l’impérialisme) le soit dans leur pays pour aider les millions d’Américains dans le besoin. Comme le groupe de rock du sud Lynyrd Skynyrd (qui vient de Jacksonville, en Floride) l’a dit une fois dans une de ses chansons, Things goin’ on :

Too many lives they’ve spent across the ocean
Too much money been spent upon the moon
Well, until they make it right
I hope they never sleep at night
They better make some changes
And do it soon

Ils ont gâché trop de vies de l’autre côté de l’océan
Dépensé trop d’argent à cause de la lune
Bon, jusqu’à ce qu’ils rectifient cela
J’espère qu’ils ne dormiront jamais la nuit
Ils feraient mieux de changer un peu
Et de le faire bientôt

Bientôt ? Cette chanson a été écrite en 1978 ! Et depuis lors, rien n’a changé. En fait si quelque chose a changé, les choses sont devenues pires, bien pires.

Houston, nous avons eu un problème

Le ZOG n’est pas un problème américain. C’est un problème planétaire, ne serait-ce que parce que maintenant, le ZOG contrôle l’arsenal nucléaire américain. Et Trump, qui a mené campagne, sans équivoque, sur une plateforme pacifique, envoie aujourd’hui une « armada très puissante » vers les côtes de la RPDC. Aussi puissante que soit cette armada, elle ne peut absolument rien faire pour empêcher l’artillerie nord-coréenne de réduire Séoul en cendres. Vous pensez que j’exagère ? Business Insider a estimé en 2010 qu’il faudrait deux heures à la RPDC pour anéantir Séoul. Pourquoi ? Parce que la RPDC a suffisamment de pièces d’artillerie pour envoyer 500 000 tirs sur Séoul pendant la première heure d’un conflit, voilà pourquoi. Ici, nous parlons de pièces d’artilleries dépassées, conventionnelles. Wikipedia dit que la RPDC a 8 600 pièces d’artilleries et 4 800 systèmes lance-roquettes multiples. Il y a deux jours, un expert russe a dit que le véritable chiffre était juste en dessous de 20 000 pièces d’artilleries. Quel que soit le nombre exact, il suffit de dire que c’est « beaucoup ».

La RPDC possède aussi des capacités plus modernes mais tout aussi dangereuses. Particulièrement important ici, il y a les quelque 200 000 forces spéciales nord-coréennes. Évidemment, ces 200 000 ne sont pas les Bérets verts américains ou les Spetsnaz russes, mais elles sont adaptées à leur tâche : opérer derrière les mensonges ennemis, créer le chaos et détruire des objectifs clé. Vous me direz : que peut faire le groupe d’attaque du porte-avion USS Carl Vinson contre ces plus de 10 000 pièces d’artillerie cachées et dispersées et ces 200 000 hommes des forces spéciales ? Exactement, rien du tout.

Et est-ce que j’ai mentionné que la RPDC a des armes nucléaires ?

Non, je ne l’ai pas fait. Tout d’abord, je ne suis pas sûr du tout que le genre d’armes nucléaires que possède la RPDC puisse être équipé pour être envoyé sur un missile. Avoir quelques armes nucléaires et des missiles est une chose, avoir des missiles capables de lancer correctement ces armes nucléaires en est une autre. Je suppose que les forces spéciales nord-coréennes pourraient simplement amener une charge nucléaire à proximité de Séoul à bord d’un simple camion militaire et la faire exploser. Ou l’envoyer sur un navire porte-conteneurs quelque part près de l’USS Carl Vinson puis la faire exploser. Même si les navires de l’US Navy s’en sortent indemnes, la panique à bord de ces bateaux serait totale. Honnêtement, ce sont principalement des sottises à la Tom Clancy, dans une guerre réelle, je ne pense pas que les armes nucléaires de la Corée du Nord seraient très utiles contre une attaque américaine. Mais on ne sait jamais, nécessité est mère de l’invention, comme disent les Britanniques.

Je ne crois pas que Trump soit assez stupide pour attaquer réellement la Corée du Nord. Je pense que son plan imbécile est probablement d’abattre un missile nord-coréen pour montrer qu’il a « rendu sa grandeur à l’Amérique » ou une ânerie du même genre. Le problème ici est que je ne suis pas sûr du tout de la manière dont Kim Jong-un et les sbires de son parti pourraient réagir à cette menace de perdre la face. Qu’en serait-il s’ils décidaient qu’ils doivent tirer quelques missiles de plus, dont certains dans la direction générale des forces américaines dans la région (il y a des cibles étasuniennes fixes partout). Et ensuite ? Comment Trump prouvera-t-il qu’il est le plus grand chien du quartier ? Pourrait-il décider de « punir » le site de lancement de missiles comme il l’a fait avec la base aérienne d’al-Chayrat en Syrie ? Et si Trump le fait, quelle sera la réaction de Kim Jong-un ?

Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que la « très puissante armada » fera autre chose que dépenser l’argent des contribuables américains. J’ai le sentiment très fort que Trump fait primer l’apparence sur la substance, ce que les Russes nomment « показуха » – une sorte de fausse démonstration de force, pleine d’effets spéciaux et d’opérations photos cool, mais sans réelle substance.  Pourtant, être le destinataire final de la показуха (po-kah-zoo-kha) de Trump doit être déconcertant, en particulier si vous avec déjà des tendances paranoïaques naturelles. Je ne suis pas sûr du tout que Kim Jong-un trouvera la présence du groupe d’attaque du porte-avion américain aussi pathétique et inutile que moi.

Tant la Russie que la Syrie ont montré une retenue impressionnante lorsqu’elles ont été provoquées par la Turquie ou les États-Unis. C’est principalement dû au fait que les dirigeants russe et syrien sont des gens bien élevés, qui sont moins préoccupés par la possibilité de perdre la face que par la réalisation de leur but final. Au contraire, Kim Jong-un et Trump sont des dirigeants faibles et peu sûrs d’eux, avec un urgent besoin de prouver à leurs peuples (et à eux-mêmes !) qu’ils sont des types durs. Exactement le genre de mentalité la plus dangereuse possible dans n’importe quelle puissance nucléaire, qu’elle soit immense comme les États-Unis ou minuscule comme la RPDC.

Mais qu’est-ce que tout cela a à faire avec le ZOG et les siocons ?

Tout.

Ils sont LES SEULS qui veulent vraiment maintenir l’Empire anglosioniste à tout prix. Trump a expliqué clairement à de nombreuses reprises que sa priorité était les États-Unis et le peuple américain, pas l’Empire. Et pourtant, il joue aujourd’hui au sale jeu de la « poule mouillée nucléaire » avec la RPDC.  Est-ce que cela ressemble au « vrai Trump », selon vous ? Peut-être, mais pas pour moi. Toutes ces folles sottises autour de la RPDC et des (quelques) armes nucléaires qu’elle possède apparemment n’est qu’un prétexte pour « jouer à l’empire », pour montrer, comme Obama aimait à le dire, que les États-Unis sont « la nation indispensable » .  Que Dieu me pardonne mais les pays du coin devraient résoudre ce problème par eux mêmes, sans que les groupes d’intervention du porte-avion de l’US Navy ne soient impliqués dans la « résolution » de ce problème !

Aparté
En passant, c’est aussi exactement la même situation en Syrie : les Russes ont organisés seuls un processus de paix viable sur le terrain puis l’ont poursuivi avec une conférence multipartite à Astana, au Kazakhstan. Cela semble très bien, sauf qu’il y a un problème : la nation indispensable n’y a même pas été invitée. Pire encore, les perspectives de rupture de la paix sont devenues terriblement réelles. Ladite nation indispensable s’est donc « invitée » en bombardant de manière illégale (et inefficace) une base aérienne syrienne, puis, ayant prouvé leur capacité de briser tout processus de paix, les États-Unis sont revenus au centre des négociations sur l’avenir de la Syrie. C’est pervers, mais c’est presque sensé.

Donc oui, nous avons un problème et ce problème est que le ZOG contrôle totalement l’Empire et n’acceptera jamais de le lâcher, même si cela signifie détruire les États-Unis au cours du processus.

Je peux imaginer l’exclamation d’horreur et de dégoût que pousseront certains d’entre vous en me voyant utiliser l’expression de ZOG. Je vous l’assure, c’est tout à fait délibéré de ma part. Je veux 1) vous réveiller et 2) vous montrer que vous ne pouvez pas permettre l’inconfort créé par le conditionnement de guider vos analyses. Comme pour toutes les autres formes de crimepensée, je vous recommande de beaucoup vous y engager, de préférence en public, et vous vous y habituerez. Au commencement, ce sera difficile, mais au fil du temps, cela deviendra plus facile (c’est aussi très amusant). En plus, il faut que quelqu’un soit le premier à crier « l’empereur est nu ».  Ensuite, une fois qu’une personne l’a fait, les autres réalisent que c’est sain et d’autres suivent. L’élément clé ici est de ne pas permettre à des « vaches sacrées » idéologiques de rôder autour de votre espace intellectuel et de vous limiter dans votre pensée. Les dogmes devraient être limités aux révélations divines, pas s’appliquer aux constructions idéologiques humaines.

À partir de là, où allons-nous ?

Les choses arrivent. Trump s’est présenté comme une véritable alternative à Hillary, la shabbos-shiksa belliciste suprême.  Il est maintenant tout à fait évident que ce que nous avons eu n’est qu’une nouvelle marionnette, mais que les marionnettistes n’ont pas changé. La bonne nouvelle est que ceux qui étaient sincères dans leur opposition à la guerre parlent aujourd’hui ouvertement de la grande trahison de Trump. De Ann Coulter à Pat Buchanan, de nombreux paléo-conservateurs l’ont compris. Comme les vrais progressistes. Ce qu’il nous reste est ce que j’appelle l’ « extrême centre », des zombies complets qui prennent leurs informations dans les médias sionistes, ou siomédias, et qui ont tellement de blocages psychologiques qu’il faut des semaines d’efforts concentrés pour les ramener à la réalité.

La question fondamentale ici est de savoir comment rassembler ceux qui sont encore capables de penser. Je pense que nous pouvons nous mettre d’accord sur un programme minimal, composé des points suivants :

  1. Paix/pacifisme
  2. Droit international
  3. Droits humains et civils
  4. Démocratie
  5. Pluralisme
  6. Anti-racisme
  7. Éthique et vertu

Cela vous semble inoffensif ? Ça ne l’est pas, je vous assure. Le ZOG ne peut survivre que par la violence, le terrorisme et la guerre. En outre, l’Empire anglosioniste ne peut se conformer à aucun principe du droit international. Quant aux droits humains et civils, un bref coup d’œil sur le Patriot Act (qui était déjà prêt au moment où l’attentat sous fausse bannière du 9/11 a été perpétré) vous dira comment le ZOG se situe sur ces questions. D’autres preuves ? Qu’en est-il de tout le foin  autour des « fausses nouvelles » ? Qu’en est-il des nouveaux niveaux de censure sur YouTube, Facebook ou Google?  Ne voyez-vous pas que c’est tout simplement une attaque frontale à la liberté d’expression et au Premier amendement ? Qu’en est-il de Black Lives Matter – n’est-ce pas un prétexte parfait pour justifier de nouveaux pouvoirs policiers et une plus grande militarisation des forces de police ? Penser que les sionistes se soucient des droits humains ou civils est une plaisanterie ! Il vous suffit de lire ce que le super-sioniste et (supposé) défenseur des droits de l’homme, le grand Alan Dershowitz, écrit sur la torture, Israël ou la liberté d’expression (pour Norman Finkelstein).  Ou de lire ce que l’ultra-libéral méga droit-de-l’hommiste (bon, après être retourné à la vie civile) et ex-président Jimmy Carter écrit sur Israël ! Ou observez la politique du régime bolchevique en Russie. Il est clair que ces types non seulement se fichent des droits humains ou civils mais qu’ils sont profondément offensés et indignés lorsqu’on leur dit qu’ils ne peuvent pas violer ces droits.

Et la démocratie? Comment peut-elle être une arme intellectuelle ? C’est simple : vous montrez que chaque fois que le peuple (aux États-Unis ou en Europe) a voté pour X, ils ont eu Y. Ou on leur a dit de revoter et de revoter encore et encore jusqu’à ce que, pour finir, Y l’emporte. C’est un évident manque de démocratie. Donc si vous dites que vous voulez restaurer la démocratie, vous défendez fondamentalement un changement de régime, mais gentiment emballé dans un « bon » paquet idéologique. Les démocraties occidentales sont profondément anti-démocratiques. Montrez-le !

Le pluralisme? C’est la même chose. Tout ce que cela nécessite est de prouver que la société occidentale est devenue une société « mono-idéologique » où la véritable dissidence n’est tout simplement plus tolérée et où le vrai pluralisme est totalement absent du discours public. Demandez qu’on donne aux ennemis du système le même temps d’antenne et assurez-vous toujours qu’on donne aux partisans du système un temps équivalent dans les organes de presse que vous (nous) contrôlez. Puis demandez-leur de comparer. C’est exactement ce que fait la Russie actuellement (allez voir ici si vous êtes intéressé). Les démocraties occidentales sont profondément anti-pluralistes. De nouveau, montrez-le !

L’antiracisme? Ce devrait être évident pour le lecteur à ce jour. Dénoncez, rejetez et attaquez toute idée qui donne à n’importe quel groupe un statut spécial quelconque. Obligez vos opposants à avouer le fait que ce qu’ils veulent vraiment lorsqu’ils affirment lutter pour l’« égalité » est un statut spécial pour leur minorité d’une seule cause. Rejetez tous les groupes d’intérêts spéciaux et, en particulier, rejetez l’idée que la démocratie consiste à défendre la minorité contre la majorité. En réalité, les minorités sont toujours beaucoup plus mues et motivées par une unique question, et c’est pourquoi une coalition de minorités accède inévitablement au pouvoir. Ce dont le monde a besoin est l’exact opposé : une démocratie qui protège la majorité contre les minorités. Oh bien sûr, elles vous combattront sur ce point, mais puisque vous avez raison, c’est un argument intellectuel que vous devriez être capable de faire passer assez facilement (souvenez-vous quand même, ne laissez pas les accusations de crimepensée vous figer dans la terreur).

Enfin, mon préféré : l’éthique et la vertu. La société occidentale moderne a été construite sur un rejet catégorique de l’éthique et de la moralité. Des slogans tels que « Dieu est mort » ou « Au-delà du bien et du mal » ont eu pour résultat le siècle le plus abject et cruel de l’histoire humaine : le XXe siècle. En outre, la plupart des gens peuvent dire maintenant que Hollywood, et son grand frère, l’industrie américaine du porno, ont joué un rôle central dans l’élimination de catégories comme « bon », « vérité » ou « honneur » de l’esprit de ceux qui sont infectés par les médias de masse américains, en particulier la boîte à idioties (c’est-à-dire le « télécran » dans le livre 1984 d’Orwell). À la place, la cupidité et la consommation sans limite sont devenues l’expression la plus haute et la plus sacrée de « notre mode de vie », comme les Américains aiment à le dire. Les films de Hollywood ont proclamé que « la cupidité est bonne ». En fait, au cœur même de l’idéologie capitaliste, est la croyance que la somme totale de la cupidité de chacun produit la société la plus heureuse et la plus réussie possible. Sottise folle et malade, mais je n’ai pas la place d’en discuter ici. Tout ce que je dirai est que réhabiliter des notions telles que vrai et faux, bon et mal, vérité et mensonge, sain et naturel versus artificiel et pathologique est un moyen formidable (au moins jusqu’ici) de combattre l’Empire. Idem pour la morale sexuelle et la famille. Il y a une raison pour laquelle tous les films de Hollywood présentent inévitablement uniquement des héros divorcés ou changeant souvent de partenaire : ils essaient de détruire l’unité familiale naturelle parce qu’ils identifient correctement la famille traditionnelle comme une menace pour l’ordre anglosioniste. De même, il y a aussi une raison pour laquelle toutes les élites occidentales font constamment l’objet d’accusations de pédophilie et autres scandales sexuels. Un commentateur russe, Vitali Tretiakov, a récemment paraphrasé avec humour le vieux slogan communiste et a déclaré : « Naturels de tous les pays – venez en Russie » (en russe moderne, « naturel » est l’antonyme d’ « homosexuel »). Il plaisantait, mais il mettait le doigt sur un point important : la Russie est devenue le seul pays qui ose soutenir ouvertement les valeurs centrales du christianisme et de l’islam (ce qui, bien sûr, ne fait qu’ajouter à la haine des siocons pour la Russie).

Aparté
Cela dit, et contrairement à la croyance populaire, la Russie n’est pas du tout un pays particulièrement religieux. Alors que seule une minorité de Russes est vraiment religieuse, une majorité de Russes semble soutenir les valeurs religieuses en tant que valeurs civilisationnelles. Je ne pense pas que cela puisse durer très longtemps, soit la Russie deviendra plus religieuse, soit plus sécularisée, mais pour le moment, nous avons cette situation apparemment paradoxale d’une société généralement laïque soutenant des valeurs traditionnelles et religieuses.

Vous pourriez vous demander comment le pacifisme, le droit international, les droits humains et civils, la démocratie, le pluralisme, l’antiracisme, l’éthique et la vertu peuvent aider à éviter une guerre nucléaire en Corée. En vérité, ils ne le peuvent pas directement. Mais à long terme, je crois fermement que ces valeurs peuvent corrompre l’Empire anglosioniste de l’intérieur. Et regardez les alternatives : organiser des partis politiques ne fonctionne pas dans un système où l’argent détermine le résultat. L’« action directe » ne fonctionne pas dans un système qui traite les libertariens et les écologistes comme des terroristes potentiels. Les manifestations de masse ne fonctionnent pas dans un régime où les siomédias décident quelle manifestation est couverte et laquelle ne l’est pas. La désobéissance civile ne fonctionne pas dans un régime qui n’a aucun problème à avoir le taux d’incarcération par habitant le plus élevé de la planète. Chercher à se faire élire ne fonctionne pas dans un régime qui sélectionne la mollesse, l’immoralité et, par dessus tout, la soumission. Et même fuir à l’étranger ne fonctionne pas lorsqu’il s’agit d’un Empire qui a de 700 à 1000 (cela dépend de comment on compte) bases militaires partout dans le monde et qui bombardera tout gouvernement qui aspire à une vraie souveraineté, même modeste. La seule option qui reste est l’« exil intérieur », lorsque vous vous construisez votre propre monde intérieur de liberté spirituelle et intellectuelle et que vous « vivez là-bas », essentiellement, sans signes extérieurs indiquant que vous avez « fui » la sordide réalité de l’Empire. Mais si des ICBM dotés d’ogives nucléaires commencent à voler, aucune dose d’« exil intérieur » ne vous protégera, même pas si vous combinez cet exil intérieur avec une vie au diable vauvert.

L’eschatologie chrétienne orthodoxe nous enseigne que la Fin des temps est inévitable. Cependant, les Pères enseignent également que nous pouvons repousser la Fin des temps par nos actions collectives, par nos prières ou sous la forme d’une résistance ouverte au Mal dans notre monde. J’ai trois enfants, une fille et deux garçons, et j’ai l’impression que je leur dois de combattre pour rendre meilleur le monde dans lequel ils devront vivre, même de façon marginale. Et même si tous mes efforts sont vains, je sais que j’ai résisté avec tout ce que j’avais. Au moins, j’espère que cela les incitera à lutter pour leurs propres enfants. Je crois aussi que je dois résister à cet Empire à cause de toutes les personnes bonnes, dignes et gentilles que j’ai rencontrées dans ma vie, y compris les Américains avec lesquels j’ai vécu depuis tant d’années maintenant. Je ne veux pas qu’aucun d’entre eux meure dans une guerre inutile et stupide provoquée par les esprits déments d’une minuscule minorité diabolique de psychopathes haïssant le genre humain qui, entraînés par leur capacité apparemment infinie de mal et d’aveuglement, se sont apparemment convaincus que soit ils posséderont la planète, soit ils la détruiront.

Saint Paul a très précisément expliqué

« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » (Éphésiens 6:12).

Quant à Ernesto Che Guevara, il a écrit que

« le vrai révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d’amour » (Le Socialisme et l’Homme à Cuba).

Aujourd’hui, c’est la Sainte Pâque, le jour le plus joyeux et le plus sacré de l’année orthodoxe, le jour qui marque la victoire du Christ sur la mort elle-même. Selon les paroles superbes de Saint Jean Chrysostome :

Ô mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire ? Christ est ressuscité et tu as été terrassé. Christ est ressuscité et les démons sont tombés. Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie. Christ est ressuscité et voici que règne la vie. Christ est ressuscité et il n’est plus de morts dans les tombeaux.

Ces mots et cette promesse devraient nous donner le courage de résister, peu importe combien le monde qui nous entoure peut devenir laid, mauvais et insensé. Parce que nous ne luttons pas contre la chair et le sang, mais contre la méchanceté en haut lieu, et parce que nous ne sommes pas mus par la haine mais par l’amour pour nos frères humains.  Et pour finir, j’espère que les mots écrits par un vrai juif il y a plusieurs millénaires nous donneront à tous le courage de lutter jusqu’à la victoire :

« Je ne crains pas les myriades de peuples qui m’assiègent de toutes parts. Lève-toi, Éternel! sauve-moi, mon Dieu! Car tu frappes à la joue tous mes ennemis, Tu brises les dents des méchants. Le salut est auprès de l’Éternel : Que ta bénédiction soit sur ton peuple! » (Psaumes 3).

Je vous adresse à tous l’ancien salut chrétien : Christ est ressuscité !

The Saker

PS : Je sais à peu près à quoi m’attendre. D’abord, certains me feront dire des choses que je n’ai jamais dites en commençant leur paraphrase malhonnête par les mots « en d’autres termes… », puis en remplissant les blancs avec des sottises que je n’ai jamais prononcées. D’autres essaieront de résumer ce texte de plus de 6 000 mots en un slogan d’une seule ligne qui déformera grossièrement mon analyse. Je ne demanderai pas aux modérateurs d’interdire de tels commentaires, mais je veux seulement vous avertir que l’usage de l’une ou l’autre de ces techniques garantira que j’ignore votre post. De même, j’ai inclus beaucoup d’indications sur les textes et sources extérieures et si vous décidiez de ne pas les lire et que cela se voit dans votre commentaire, je l’ignorerai également. Vous avez été avertis 😉

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Michèle pour le Saker francophone

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  1. Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Ed. Fayard, 2008
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