Poutine et Israël : une relation complexe à plusieurs niveaux

Saker US
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Par le Saker US – Le 23 décembre 2015 – Source thesaker.is

Le récent assassinat de Samir Kuntar par Israël a, une fois encore, enflammé le débat sur la relation entre Poutine et Israël. C’est un sujet extrêmement complexe et ceux qui aiment les explications simples, en boîte, devraient tout de suite cesser de lire. La vérité est que la relation entre la Russie et Israël et, même avant ça, entre juifs et Russes, mériterait un livre entier.

Putin and Israel – a complex and multi-layered relationship

En fait, Alexandre Soljenitsyne a déjà écrit ce livre, il s’intitule «deux-cent ans ensemble», mais vu la poigne de fer des sionistes sur les médias anglo, il n’a toujours pas été traduit en anglais. Cela devrait déjà vous dire quelque chose – un auteur de renommée mondiale qui a obtenu le prix Nobel de littérature ne peut pas obtenir que son livre soit traduit en anglais parce que son contenu pourrait ébranler le récit officiel sur les relations russo-juives en général et sur le rôle que les juifs ont joué dans la politique russe du XXe siècle en particulier ! Une autre preuve de la réalité de la subordination de l’ancien Empire britannique aux intérêts sionistes est-elle nécessaire ?

J’ai déjà écrit sur ce thème dans le passé et, pour le moins, je vous demanderai de lire les deux articles de fond suivants avant de continuer la lecture de ce billet :

Anglosioniste : petit guide d’introduction pour les nouveaux venus

Comment un concept médiéval de l’ethnicité fait une fois de plus commettre à l’Otan une gaffe dangereuse

Avant d’aborder quelques-unes des particularités de la relation russo-israélienne, je tiens à souligner une chose très importante : vous ne devriez tout simplement pas supposer que la relation entre juifs et non-juifs en Russie est similaire à ce qu’elle est en Occident. Ce n’est pas le cas. Sans entrer dans une discussion détaillée de l’émancipation des juifs en Occident et leur long cheminement depuis leurs shtetls dirigés par les rabbins jusqu’aux conseils d’administration des plus grandes sociétés occidentales, je dirai simplement que pour les juifs russes, ce processus d’émancipation s’est déroulé d’une manière beaucoup plus violente et catastrophique. La deuxième grande différence entre juifs occidentaux et juifs russes est que, plus ou moins entre 1917 et 1939, un sous-ensemble spécifique de juifs (juifs bolcheviques) ont contrôlé quasi totalement la Russie. Pendant cette période, les juifs bolcheviques ont persécuté les Russes et, en particulier, les chrétiens orthodoxes avec une haine véritablement génocidaire. C’est un fait historique dont la plupart des Russes sont très conscients, même si c’est encore considéré comme un crime de pensée dans la plupart des cercles occidentaux. Il est également important de souligner ici que les juifs bolcheviques ont persécuté non seulement les chrétiens orthodoxes, mais tous les groupes religieux, y compris, en l’occurrence, les judaïques. Poutine est très conscient de ces faits auxquels il a fait référence en parlant à un groupe de Judaïques à Moscou :

(Extrait vidéo de 48 secondes, les sous-titres sont en anglais)

Dans le second article mentionné ci-dessus, j’ai discuté de ces questions et tout ce que je veux, c’est vous montrer que Poutine est très conscient de ce passé et qu’il a le courage et l’honnêteté intellectuelle de le rappeler aux juifs russes.

L’autre fait absolument crucial sur la relation entre la Russie et Israël est l’immigration des Juifs russes en Israël. Ici, je vais vous présenter quelque faits soulignant qu’il s’agit d’un facteur crucial :

1. Peu importe s’ils ont fini en Autriche, en Allemagne, aux États-Unis ou en Israël, l’immigration des Juifs russes en Israël a permis à ces juifs qui ne voulaient pas rester en Russie de partir. Inversement, ceux qui ne sont pas partis sont restés par choix. Cela signifie que la grande majorité, sinon la totalité des juifs russophobes enragés et haïssant le christianisme ont quitté la Russie. Ceux qui sont restés en Russie l’ont fait parce qu’ils ont décidé que c’était là chez eux.

2. Un grand nombre (certaines estimations vont jusqu’à 20% ) des soi-disant juifs qui ont quitté la Russie ne sont pas juifs du tout, y compris certains de ceux qui se sont installés en Israël. La vérité est que les difficultés économiques et sociales auxquelles faisait face la société soviétique sous Brejnev & Co et la Russie sous Eltsine ont fait que beaucoup de non-juifs de Russie se sont inventés quelques origines juives (fictives) juste pour émigrer. Ainsi il y a beaucoup de vrais Russes, par opposition aux juifs russes, en Israël.

3. En raison de cette grande immigration, il y a d’innombrables liens personnels entre les individus et les familles qui vivent en Israël et en Russie. Cela signifie que lorsque, par exemple, l’Irak ou le Hezbollah envoient une pluie de roquettes en Israël, il y a des gens en Russie qui sont personnellement soucieux pour leurs amis en Israël, même s’ils n’approuvent pas nécessairement la politique israélienne.

4. Ce qu’on appelle la mafia russe est, en réalité, la plupart du temps une mafia de juifs russes. C’est particulièrement vrai dans l’ouest. En Russie, il y a des gangsters juifs, mais pas vraiment une pègre juive en tant que telle. Les gangsters russes et juifs s’entendent à merveille, ce qui crée aussi, dirons-nous, de forts liens d’affaires entre oligarques russes et Israël.

5. Sous Eltsine, le pays était de facto dirigé par ce qu’on a appelé la semibankirshchina, le règne des sept banquiers. C’étaient les sept grands banquiers de Russie, qui possédaient environ 50% de l’ensemble de l’économie russe. Tous, sauf un (Potanine) étaient des juifs.

6. Pendant les années Eltsine, la grande majorité des membres du gouvernement et, surtout, leurs conseillers étaient des juifs. Les juifs contrôlaient également la quasi-totalité des grands médias. Pour vous donner une idée de la façon dont cette tendance était répandue dans les années 1990, nous vous présentons ci-dessous une liste des juifs haut placés dans la Russie d’Eltsine.

En vérité, les gens qui compilent ces listes sont rarement motivés par des fins purement scientifiques et souvent ils ne se sentent pas contraints par les strictes règles de preuve. Donc, il est tout à fait possible qu’un certain pourcentage de juifs énumérés ne soient pas juifs du tout. Mais même avec une large marge d’erreur, vous pouvez vous faire une idée.

1991- 1999

Boris Eltsine (Eltsine – juif marié à une juive).
Naina Eltsine – Juive. 
Livshits – Juif, conseiller du Président sur les questions économiques Pendant tout le règne d'Eltsine, la majorité de ses conseillers étaient juifs.
Chef de l'administration présidentielle Filatov, Tchoubaïs, Volochine, tous des Juifs. La fille du président (un nouveau poste aux autorités juives), Tatyana Dyachenko (par la loi juive – Halakha, comme fille d'un juif – une juive) 

Au gouvernement

Tous les ministres clés sont Juifs : 

Ministre de l’Économie – Yasin 
Zam. Ministre de l'Economie – Urinson
Le ministre des Finances – Panskov 
Zam. Ministre des Finances – Vavilov 
Président de la Banque centrale – Paramonov 
Ministre des Affaires étrangères – Kozyrev 
Ministre de l'Énergie – Shafranik 
Ministre des Communications  Bulhak 
Ministre des Ressources naturelles – Danilov 
Ministre des Transports – Efimov 
Ministre de la Santé – Netchaïev 
Ministre de la Science – Saltykov 
Ministre de la Culture – Sidorov 
Président des médias – Rodents 

Dans les médias

News – Golembiovskiy
Komsomolskaïa Pravda – Fronin 
Moskovski Komsomolets – Gusev (Drabkin) 
Arguments and Facts  Starks 
Work  Potapov 
Moscow News  Karpinski 
Kommersant  Yakovlev (Ginsburg) 
New Look  Dodolev 
Nezavissimaïa Gazeta  Tretyakov 
Evening Moscow – Lisin
Literary Newspaper  Udaltsov 
Publicity  Izyumov 
Interlocutor  Kozlov 
Rural Life  Kharlamov
Top Secret – Borovik 
TV and radio, Ostankino  A. Yakovlev 
Russian TV and Radio Company  Poptsov 
1996-1999 – Les sept banquiers

Aven 
Berezovsky
Goussinski 
Potanine 
Smolensk 
Friedman 
Khodorkovski 
Abramovich

Les participants juifs dans le gouvernement soviétique de 1917-1939 sont tout à fait semblables. Vous pouvez les trouver vous même sur Internet.

Tout comme entre 1917 et 1939, entre 1991 et 1999, les rênes du pouvoir en Russie étaient fermement aux mains des juifs et, dans les deux cas, avec des conséquences vraiment catastrophiques. La grande différence est que si, au début du XXe siècle, les juifs au pouvoir étaient les adversaires idéologiques de l’Empire anglo-américain, à la fin de ce même siècle, les juifs en Russie étaient pratiquement une extension de l’Empire anglosioniste.

A propos des extensions de l’Empire anglosioniste.

J’ai déjà expliqué à plusieurs reprises dans le passé que la candidature de Poutine pour succéder à Eltsine a été un compromis entre les services de sécurité russes et les riches russes qui ont poussé M. Medvedev comme contre-poids à Poutine. Je me réfère généralement aux forces soutenant Poutine comme eurasiennes-souverainistes et les forces qui soutiennent Medvedev comme intégrationnistes atlantistes. Le but des premières est de rendre la Russie entièrement souveraine et d’en faire un élément clé du continent eurasien multipolaire mais unifié, alors que l’objectif des dernières est d’être accepté par l’Empire anglosioniste comme un partenaire égal et d’intégrer la Russie aux structures de pouvoir de l’Ouest. La suite est quelque chose de si important que je vais le souligner dans un paragraphe distinct :

Les intégrationnistes atlantistes ont toujours le plein contrôle du secteur financier et bancaire russe, de tous les postes clés des ministères de l’Économie et du gouvernement, ils contrôlent la Banque centrale de Russie et ils sont, de loin, la plus grande menace à l’autorité de Poutine et de ceux qui le soutiennent. Considérant que près de 90% des Russes soutiennent maintenant Poutine, ceci signifie que ces intégrationnistes atlantistes sont la plus grande menace pour le peuple russe et la Russie dans son ensemble.

Comment tout cela est-il lié à Israël ? Facile !

Poutine a hérité d’un système créé par et pour l’Empire anglosioniste. C’était un candidat de compromis entre deux partis radicalement opposés et il lui a fallu des années pour d’abord se débarrasser de la plupart des oligarques russes (juifs) puis, très progressivement, commencer le processus de nettoyage dan