Quel prix l’humanité devra-t-elle payer pour l’effondrement de l’Empire ?


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 13 avril 2018 – Source The Saker

« Je suis encerclé, ils sont dehors, je ne veux pas qu’ils me prennent et me fassent défiler, lancez la frappe aérienne, ils se moqueront de moi et de cet uniforme. Je veux mourir dignement et emmener tous ces salauds avec moi. S’il vous plaît, conduisez l’attaque aérienne, ils me tueront de toute façon. C’est la fin mon commandant, merci, dites à ma famille et à mon pays que je les aime. Dites-leur que j’ai été courageux et que je me suis battu jusqu’à la fin. S’il vous plaît, prenez soin de ma famille, vengez ma mort, au revoir, commandant, dites à ma famille que je les aime. »

Alexandre Prokhorenko

« C’est pour nos gars »

Roman Filipov

Nous vivons actuellement les jours les plus dangereux dans l’histoire humaine. Vous pensez que c’est une hyperbole ?

Réfléchissez encore.

Nous risquons un Armageddon nucléaire

La premier chose à comprendre, c’est que cela ne concerne pas, je répète, ne concerne pas la Syrie ou les armes chimiques, ni à Salisbury, ni à Douma. Ce genre de non-sens n’est que « du foin mental pour les prolétaires » à destination des drones idéologiques débiles mentaux, politiquement aveugles ou autrement zombifiés qui, du Maine au golfe du Tonkin, à l’attentat de la gare de Bologne perpétré par le Gladio de l’OTAN  et jusqu’au meilleur et au plus grand d’entre eux – le 9/11 bien sur – croiront tout ce que « leur » camp (comme ils le pensent) leur dit. La vérité est que les Anglosionistes sont les principaux multiplicateurs d’armes chimiques dans l’histoire (et les premiers assassins d’Arabes et de musulmans aussi !). Donc leurs larmes de crocodile ne sont que ça – des larmes de crocodile, même si leur machine de propagande dit autre chose.

Quelqu’un croit-il sérieusement que Trump, May, Macron ou Netanyahou seraient prêts à risquer une guerre thermonucléaire apocalyptique qui pourrait tuer plusieurs centaines de millions de gens en quelques heures seulement uniquement parce que Assad a utilisé des armes chimiques contre des dizaines, des centaines ou même des milliers de civils syriens innocents ? (en supposant, pour les besoins de l’argumentation, que cette accusation est fondée). Depuis quand les Anglosionistes se soucient-ils des Arabes ? Ça n’a aucun sens !

À ceux qui diraient que parler de « plusieurs centaines de millions de gens » tués est une hyperbole, je recommanderais de regarder les précédents plans occidentaux pour « résoudre le problème russe » dont :

  • Le Plan Totality (1945) destinait 20 villes soviétiques à l’anéantissement dans une première frappe : Moscou ; Gorki ; Kouïbychev ; Sverdlovsk ; Novossibirsk ;  Omsk ; Saratov ; Kazan ; Leningrad ; Bakou ; Tachkent ; Tchelyabinsk ; Nijny Taguil ; Magnitogorsk ; Molotov ; Tbilissi ; Stalinsk ; Grozny ; Irkoutsk et Iaroslavl.
  • Operation Unthinkable (1945) prévoyait une attaque surprise par plus de 47 divisions britanniques et américaines dans la région de Dresde, au milieu des lignes soviétiques. Cela représentait presque la moitié de 100 divisions (environ 2.5 millions d’hommes) dont disposaient à l’époque les quartiers généraux britannique, américain et canadien. (…) La plus grande partie des opérations offensives aurait été entreprise par les forces américaines et britanniques ainsi que par des forces polonaises et plus de 100 000 soldats allemands de la Wehrmacht.
  • Operation Dropshot (1949) comprenait des profils de mission qui auraient utilisé 300 bombes nucléaires et 29 000 bombes hautement explosives sur 200 cibles dans 100 villes et villages pour anéantir 85% du potentiel industriel de l’Union soviétique d’un seul coup. Entre 75 et 100 des 300 armes nucléaires étaient destinées à détruire les avions de combat soviétiques au sol.

Des articles comme celui-ci, celui-ci, et celui-là sont également de bons indicateurs (ce sont tous des estimations, bien sûr, personne ne sait rien avec certitude : tout ce qui compte, c’est un ordre de grandeur approximatif).

D’ailleurs, je ne suggère pas qu’à ce stade les Anglosionistes voudraient délibérément déclencher une guerre thermonucléaire avec la Russie. Ce que je suggère, c’est qu’il y a une asymétrie très simple et de base entre les forces russes et anglosionistes au Moyen-Orient qui pourrait conduire à un tel résultat, indépendamment des intentions de départ. Voici comment :

Comment risquons-nous un Armageddon nucléaire ?

Première étape : les Anglosionistes frappent la Syrie assez fort pour forcer les Russes à riposter.
Deuxième étape : outragés par la réponse russe, les Anglosionistes ripostent contre les forces russes en Syrie.

À ce stade, il est essentiel de se rappeler que si les Russes ont un meilleur équipement et de bien meilleurs soldats que leurs adversaires « occidentaux » (les exemples d’ Alexander Prokhorenko ou Roman Filipov vous diront tout ce que vous devez savoir sur la façon dont les Russes combattent en Syrie, en particulier comparé au genre de personnel déployé par les États-Unis et l’OTAN)  les CENTCOM + NATO + Israël + Arabie saoudite ont un avantage numérique énorme. Peu importe l’efficacité des défenses aériennes russes ou leur (minuscule) supériorité aérienne lorsqu’elles sont tout simplement submergées par le nombre. Tout ce que l’Empire doit faire, c’est de tirer en premier un grand nombre de vieux missiles de croisière Tomahawk, de laisser les Russes utiliser leurs stocks de missiles de défense aérienne puis de suivre avec leurs armes plus avancées. La vérité est que si l’Empire le voulait, il pourrait même instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie et complétement anéantir la force d’intervention russe. Bien sûr, il y aurait des pertes des deux côtés, les Russes combattraient héroïquement mais ils perdraient. À moins, bien sûr, qu’ils n’aient reçu de l’aide de la Mère patrie, en particulier sous la forme d’attaques de missiles de croisière depuis la Flotte de la mer Noire, de la flottille de la Caspienne, des avions stationnés au sud de la Russie (en Crimée) ou même de l’Iran. La Russie frappe aussi avec des missiles basés au sol et en mer. Donc elle a la capacité d’atteindre de nombreuses cibles importantes (et plus ou moins sans défense) des États-Unis et de la « coalition » dans tout le Moyen-Orient. Mais quelles seraient les conséquences ?

Troisième étape : les frappes russes sur des cibles du CENTCOM obligeraient l’Empire à riposter et à attaquer des navires de la Marine russe et, encore pire, des installations militaires en Russie même.
Quatrième étape : les attaques des US/OTAN sur le territoire russe déclencheraient inévitablement une réponse russe sur les États-Unis eux-mêmes.

Cette réponse serait d’abord conventionnelle mais comme les pertes des deux côtés augmenteraient, l’utilisation d’armes nucléaires serait presque inévitable.

Oui, en théorie, à n’importe quel moment de ce cycle d’escalade, les deux camps pourraient décider de faire baisser les enchères. En théorie. Mais dans le monde réel, je ne vois pas cela se produire ni n’ai jamais vu aucun modèle qui expliquerait de manière convaincante comment une telle désescalade pourrait arriver (en particulier avec le genre d’individus narcissiques et psychopathes de qualité exceptionnellement mauvaise aux commandes aux États-Unis – pensez à Trump ou à Bolton ici – et leur pseudo-patriotisme insensé « nous sommes les meilleurs et les plus grands et les plus géniaux »).

Je ne suis pas en train de prédire que c’est ce qui se passera effectivement, mais je dis que c’est le risque que l’Empire anglosioniste est prêt à prendre afin de réaliser… Quoi, exactement ? Qu’est-ce qui vaut la peine de prendre un tel risque ?

Je pense que c’est le ministre britannique de la Défense qui l’a le mieux exprimé : les Anglosionistes veulent que la Russie « s’en aille et se taise ».

Pourquoi nous risquons un Armageddon nucléaire (va-t-en et tais-toi !)

« Va-t-en et tais-toi » a été le rêve de tous les dirigeants occidentaux depuis au moins un millénaire (entrecoupé et renforcé par des tentatives régulières (et ratées) de conquérir et/ou de convertir les Russes). Pensez seulement combien il a été frustrant pour une civilisation qui a établi des colonies dans le monde entier, y compris dans les régions les plus reculées de notre planète, d’avoir cette nation irréductible juste à côté et qui non seulement refusait de se soumettre  mais qui les vainquait régulièrement sur le champ de bataille même s’ils unissaient tous leurs forces, dirigées par leurs chefs « les meilleurs et les plus brillants » (Napoléon, Hitler et… Trump ?). Imaginez seulement comment une civilisation centrée et dirigée par des banquiers deviendrait folle en réalisant que ces immenses richesses étaient littéralement « juste à côté » mais que ceux qui vivaient sur ce territoire refuseraient, pour des raisons incompréhensibles, de leur permettre de les exploiter ! L’existence même d’une « Russie russe » est un affront à toutes les véritables valeurs (par opposition aux valeurs officielles) occidentales et ce n’est tout simplement pas quelque chose que les dirigeants de l’Empire sont prêts à tolérer. D’où la Syrie, d’où l’Ukraine, d’où toutes les accusations idiotes d’attaques au « Novitchok ». Ce sont toutes les expressions de la même politique :

  1. Dépeindre la Russie comme une sorte de Mordor et créer une autre « grande coalition » contre elle ;
  2. Forcer la Russie à se soumettre à l’hégémonie anglosioniste ;
  3. Vaincre la Russie politiquement, économiquement ou militairement.

Ce sont des objectifs pour lesquels il vaut la peine de tout risquer, en particulier lorsque votre propre Empire s’effondre et que le temps ne joue pas en votre faveur. Ce à quoi nous assistons depuis au moins 2015, c’est à une nouvelle Croisade occidentale contre la Russie, une sorte de guerre sainte menée au nom de tout ce que l’Occident tient pour sacré (l’argent, le pouvoir, l’hégémonie mondiale, la laïcité, etc.) contre tout ce qu’il abhorre (la souveraineté, l’indépendance, la spiritualité, les traditions).

La vérité est simple : sans les capacités militaires de la Russie, l’Occident aurait « rayé la Russie de la carte » il y a longtemps et l’aurait remplacée par quelque chose de similaire à un certain nombre de « mini-Polognes »