Trump a ignoré de mauvais conseils et cela a permis des progrès en Syrie


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 23 octobre 2019

Lorsque les bureaucrates et les fonctionnaires, également connus sous le nom de Borg, contredisent la politique étrangère du président, ils créent inévitablement le chaos. Nous avons expliqué hier comment cela se passait :

Depuis que Donald Trump est devenu président, beaucoup de ses subordonnés ont tenté de bloquer ses décisions. Au lieu de mettre en œuvre les idées et les choix de Trump, ils essayent d’implémenter les leurs. Certains le font parce qu'ils pensent que c'est la "bonne chose à faire" tandis que d'autres ignorent les souhaits de Trump pour suivre les leurs.

Trump a été assez intelligent pour contourner ce Borg en ce qui concerne le nord-est de la Syrie. Cela a conduit au retrait des troupes américaines et à l’accord turco-russe, qui est un excellent résultat pour toutes les parties.


Agrandir

Un commentateur, Ben, et d’autres ont critiqué le post d’hier :

Je participe à ce site depuis 14 ans, et je ne crois pas avoir jamais vu un point de vue autant "hors sujet" que celui sur DJT. [Donald Junior Trump, NdT]

Cet "homme" n'a jamais été autre chose qu'un escroc et un grand arnaqueur. Pratiquement tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour s'enrichir et enrichir sa famille. C'est-à-dire qu'en plus de déconstruire le gouvernement U$ pour enrichir les gens de sa classe (les ignominieusement riches), il annule des règlementations qui protègent les Américains ordinaires de l'avidité des méga-corporations.

C'est un flagorneur pour les entreprises monstrueuses qui possèdent maintenant les U$A. Tout ce qu'il a fait, il ne l’a pas fait pour l’égalité mais pour son enrichissement personnel et celui des monstres pour lesquels il travaille.

Quand ils en auront fini avec lui, ils le jetteront sous le bus, comme nous tous....

Je suis d’accord avec ce que Ben dit de Trump. Je n’aime pas la plupart de ses politiques. Mais cela ne change rien au fait que Donald Trump est le président élu des États-Unis et qu’il a ainsi le droit de diriger la politique étrangère des États-Unis comme bon lui semble.

L’opinion de Ben et la mienne sur Trump n’invalident pas ce que j’ai dit auparavant. Les décisions de Trump, en particulier pour les relations internationales, sont sabotées ou cooptées par le Borg, l’establishment non élu dans les différents départements et groupes de réflexion. C’est un phénomène dangereux qui, plus ou moins, gêne tout président élu, surtout ceux qui veulent faire la paix. Il faut y résister.

Les personnes occupant des postes de direction dans l’exécutif travaillent « au bon plaisir du président ». Leur tâche est d’exécuter ses politiques. Lorsqu’ils s’abstiennent de le faire ou mettent en œuvre leurs propres préférences, ils créent du désordre.

Prenons deux autres exemples, tous deux publiés hier, qui décrivent comment James Jeffrey, le Représentant spécial pour l’Engagement en Syrie, a tenté de saboter la décision de Trump de quitter la Syrie et, ce faisant, a induit les Kurdes en erreur :

Lors d'une réunion à Washington, un haut responsable du département d'État a déclaré à un dirigeant kurde syrien que les États-Unis ne retireraient pas complètement leurs forces du nord-est de la Syrie et a conseillé à son administration de ne pas s'engager avec le gouvernement de Bachar al-Assad ni avec la Russie.

Selon deux sources familières avec la réunion du lundi 22 octobre, un haut responsable de l'équipe diplomatique de Washington se serait fâché et aurait dit à Ilham Ahmed, président du Comité exécutif du Conseil Démocratique Syrien (CDS), que les Etats-Unis ne permettraient pas au CDS de conclure un accord avec le régime Assad ou la Russie pour se protéger contre cette attaque menée par la Turquie. ...
Des responsables du CDS ont déclaré au Defense Post que les responsables américains avaient promis par le passé qu’ils ne retireraient pas les forces américaines tant qu'un règlement politique n'aurait pas été mis en place pour assurer leur avenir dans le système politique syrien.

Trump avait annoncé depuis longtemps que l’armée américaine quitterait la Syrie. Il n’avait fait aucune promesse aux Kurdes. Le fonctionnaire du département d’État n’a pas fait son travail, mais a contredit les politiques de Trump.

Un autre rapport sur une réunion antérieure du département d’État avec les Kurdes dresse un tableau similaire :

Le National Interest a appris de multiples sources que les diplomates du CDS et les responsables du Département d’État qui supervisent la politique de l'administration Trump à l'égard de la Syrie ont eu des entretiens très tendus. Selon de multiples sources, le Département d’État a insisté à plusieurs reprises pour que le CDS travaille avec les rebelles islamistes soutenus par la Turquie tout en réprimandant les responsables kurdes syriens et en refusant d'écouter leurs préoccupations. 

Une source ayant participé à cette séance a déclaré à National Interest que le sous-secrétaire d'État adjoint, Joel Rayburn, un envoyé spécial pour la Syrie, a engueulé les représentants du CDS et a cassé un crayon sur le visage d'un traducteur. Deux sources ayant des informations de seconde main ont confirmé cette version des événements.
 
"[Rayburn] aime les groupes islamistes syriens," a dit l'une des trois sources. "Il pense qu'ils peuvent contrer l'Iran. Il rêve."
"Il pousse [le CDS] à rencontrer les djihadistes ", a ajouté la source.

Ordonner aux Kurdes anarcho-marxistes du YPG/PKK de s’unir aux djihadistes d’Erdogan est une idée absolument débile. Ni les Kurdes ni Erdogan n’accepteraient un tel partenariat. Ces décisions étaient impossibles à appliquer. Elles n’avaient aucun sens.

Jeffrey et son équipe ont clairement travaillé contre les ordres de Trump et contre les intérêts américains. Jeffrey est clairement en faveur de la Turquie, où il a déjà travaillé comme ambassadeur des États-Unis et, surtout, d’Israël :

En plus de la tension exprimée dans les échanges verbaux, les trois sources ont décrit au National Interest comment les responsables du département d'État ont tenté de condamner le meurtre brutal de la femme politique kurdo-syrienne, Hevrin Khalaf, mais leurs efforts ont été empêchés par l'ambassadeur James Jeffrey, qui supervise la lutte contre ISIS. Jeffrey a bloqué cette déclaration, ont-ils expliqué. ...
Aujourd'hui, alors même que les troupes américaines se retirent pour permettre à la Turquie d'attaquer les forces kurdes syriennes soutenues par les États-Unis, l'équipe de Jeffrey est en train d'élaborer des plans pour retirer les arabes des Forces Démocratiques Syriennes afin de les utiliser pour construire une force anti iranienne loin de la frontière turque.

C’est Jeffrey qui fait pression pour que les États-Unis continuent d’occuper les champs de pétrole syriens. Ce n’est pas la décision de Trump, il la contredit.

Aymenn Al-Tamimi fait une remarque similaire :

Quand [Trump en décembre 2018] a dit à ses conseillers qu'il voulait retirer les forces américaines de Syrie, il le pensait. Le message aurait dû être clair : élaborer un plan de retrait ordonné.

Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Au lieu de cela, les efforts et l'attention ont été orientés vers le maintien indéfini des forces américaines en Syrie.

On peut reprocher à Trump de ne pas avoir choisi des conseillers et des envoyés qui suivent ses instructions. Mais Trump est un homme d’affaires new-yorkais et non un politicien avec des décennies d’expérience à Washington. Il ne sait pas en qui il peut avoir confiance. Il doit procéder par tâtonnements jusqu’à ce qu’il trouve des gens prêts à aller travailler avec lui contre ces puissances qui sont là en permanence et qui dirigent habituellement la politique étrangère américaine.

Lors d’une audition au congrès hier, James Jeffrey a admis (vidéo) que Trump ne l’avait pas consulté avant son appel téléphonique avec Erdogan.

En prenant l’initiative de cet appel téléphonique et en donnant le feu vert à l’invasion turque, Trump a réussi – malgré la résistance au sein de son propre gouvernement – à créer une situation gagnant-gagnant-gagnant-gagnant en Syrie :

Erdogan pouvait montrer qu'il luttait contre les terroristes du PKK et empêchait leurs tentatives de devenir un proto-État. Trump pouvait tenir sa promesse électorale de ne plus utiliser les troupes américaines pour des interventions inutiles à l’étranger. La Syrie a repris ses terres au nord-est et les importantes ressources économiques de cette région. La Russie a acquis un prestige mondial et une influence supplémentaire au Moyen-Orient.

Nous devrons attendre les mémoires de Trump (et de Poutine) pour savoir dans quelle mesure tout cela a été coordonné en coulisse.

Pour ma part, je considère qu’il s’agit là d’une réalisation majeure en matière de politique étrangère pour Trump et je suis heureux de ce résultat.

erdopout

Agrandir

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

www.pdf24.org    Envoyer l'article en PDF