Rêve américain : bienvenue à Cacaland


Le 25 août 2019 − Source The Washington Times

Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, prononce le discours-programme du 23e Sommet annuel de Lake Tahoe, mardi, à South Lake Tahoe, Californie, le mardi 20 août 2019. Le sommet est un rassemblement de dirigeants fédéraux, étatiques et locaux pour discuter de la restauration et de la durabilité du lac Tahoe. (AP Photo/Rich Pedroncelli)

L’Amérique « s’encacane », grâce à la Californie, devenue une référence. Il est indéniable que le Golden State est à l’avant-garde d’une crise de la défécation qui déborde déjà dans les États voisins. La côte Ouest est devenue la patrie des sans-abri, des âmes perdues du pays qui ont apparemment pris le parti de simplement exister plutôt que de vivre. Dormir dans les espaces ouverts et faire caca dans les lieux publics sont des signes frappants qu’un segment de la société a mis les pouces. La spirale descendante de démoralisation va probablement s’accélérer à moins que les Américains ne résolvent de mettre de l’ordre dans leurs actes.

Les trottoirs des villes sont occupés par les abris de fortune de 36 000 vagabonds qui ont assailli les habitants de Los Angeles et le nombre de sans-abri à San Francisco a dépassé les 8 000. Les villes voisines de Seattle et de Portland ont aussi leurs lugubres labyrinthes de milliers de sans-abri. Vivre à la dure signifie se passer des principes fondamentaux d’assainissement, comme les toilettes. Ramasser les étrons après la défécation est presque partout obligatoire, mais sur la côte ouest, les sans-abri ont pris l’habitude de laisser des cadeaux pâteux dans les rues, les parcs et d’autres lieux où les promeneurs risquent de se faire surprendre.

Les explications sont nombreuses pour expliquer le phénomène croissant des masses dépossédées : temps clément, services sociaux généreux, traitement tolérant des autorités municipales, logements coûteux et accès facilité à la drogue grâce à la légalisation du pot de marijuana récréatif.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, qui a été témoin du développement  persistant de la précarité à San Francisco alors qu’il était maire, a mis au point une nouvelle explication : les Texans. Le démocrate libéral est récemment apparu à la télévision, affirmant : « La grande majorité [des sans-abri de San Francisco] viennent également du Texas – et nous le savons bien. C’est juste un fait intéressant. »

S’il s’agit d’un fait, c’est faux, selon les vérificateurs de Politifact. Ils ont trouvé des registres des villes indiquant que 70% avaient vécu à San Francisco avant de devenir sans-abri, 22% avaient habité ailleurs en Californie et seulement 8% venaient de l’extérieur de l’État.

Charles Kesler, rédacteur en chef du Claremont Review of Books, signale dans un article du 16 août du Wall Street Journal que la pauvreté fait depuis longtemps partie de l’histoire américaine, mais que le manque de dignité fondamentale est quelque chose de nouveau :

La majorité des sans-abri de la nation vit maintenant en Californie. Il y a une myriade de causes possibles, sans aucun doute. Mais il n’existait pas de «crise de la défécation», terme habituellement associé à l’Inde rurale. Dans les années 1930, même avec un taux de chômage de 25%, des vagabonds errant dans le pays, des bidonvilles et des «Hoovervilles» [Hoover était président des États-Unis pendant la grande dépression 1929-1933, NdT] jaillissaient de partout.

Le problème de l’assainissement en Californie ne peut être séparé de ses racines «progressistes». Au plus tôt la société pourra-t-elle se dégager de son passé superstitieux : la misogynie, le sexisme, le racisme et le capitalisme, selon la théorie, au plus tôt la vraie liberté – la vie sous le ciel bleu et au-delà des règles archaïques – pourra-t-elle émerger. Les hipsters de la contre-culture sont toujours prêts à se lancer dans la transformation, mais ils doivent tout de même regarder où ils vont. Comme “The Eagles” le rappelaient dans “Lyin’ Eyes” pendant les années 70 : “ Toute forme de refuge a son prix.”

Les aficionados de la culture de la drogue réfuteraient toute tentative d’associer le problème du développement de l’usage de la drogue à la légalisation sur la marijuana. Les chercheurs découvrent cependant des liens étroits entre la marijuana et la psychose. Une étude menée par le King’s College de Londres entre 2010 et 2015 a révélé que les personnes qui fumaient de la marijuana à forte concentration étaient cinq fois plus susceptibles de développer une maladie mentale que les non-fumeurs. Une deuxième étude publiée dans JAMA Pediatrics en décembre a révélé que la proportion d’adolescents interrogés qui avaient fumé de la marijuana l’année précédente et avaient développé une psychose atteignait 40%.

La consommation de drogues – légales et illégales – et l’attrait de la vie au-delà des frontières culturelles ne sont sûrement pas les seules explications de la montée en puissance des desperados vivant à la belle étoile. Il existe des handicapés mentaux et physiques qui se retrouvent sans défense, sans espoir et sans abri. Ils ont besoin de toute l’aide qu’une société compatissante peut leur offrir.

La prolifération de la rupture des liens familiaux est également un facteur incontournable. Avec 50% des enfants américains poussés dans le monde sans le soutien affectif d’une famille biparentale, le dysfonctionnement psychologique devient plus la règle que l’exception. Il n’est pas difficile de concevoir une cellule familiale brisée comme un précurseur naturel à la précarité itinérante.

Plutôt que de réinventer la société sur la base de notions «progressistes» non éprouvées, il est préférable de rappeler simplement ce qui fonctionne : terminer le lycée, obtenir un emploi à temps plein, retarder le mariage, avoir des enfants à partir de 21 ans, et rester marié. C’est une formule qui a construit une nation – sans la prolifération de drogue et de caca.

Traduit par jj, relu par Hervé et San pour le Saker Francophone

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