Qu’est-ce que la mondialisation ?


Comment l’économie mondiale a-t-elle influencé les États-Unis  ?


Le 29 octobre 2018 – Source Peterson institute

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Après des siècles rythmés par le progrès technologique et la création de partenariats internationaux, le monde est plus connecté que jamais. Mais à quel degré la hausse des échanges, ainsi que l’économie mondiale moderne, a-t-elle contribué ou nui au marché, aux travailleurs, et aux consommateurs américains ? Voici un guide simple sur un sujet large et longtemps controversé, soutenu par des recherches actuelles.

Note du Saker Francophone

Cet article est issu d'un site globaliste, il est la suite de la frise chronologique déjà publiée. Il est toujours intéressant de comprendre comment pensent les élites systèmes. Il ne faut pas les caricaturer car leur logique est puissante et surtout séduisante pour ceux qui sont les gagnants de ce système puissamment inégalitaire. Elle fait même rêver certaines de ses victimes.

La mondialisation est le terme utilisé pour décrire l’interdépendance croissante des économies, des cultures et des populations du monde, qui résulte des échanges transnationaux de biens et services, de technologie et des flux d’investissements, de personnes et d’informations. Ces nations ont construit des partenariats économiques pour suivre la tendance, et ce depuis des siècles. Le terme a connu un regain de popularité à la suite de la guerre froide au début des années 90, à mesure que des accords de coopération ont façonné la vie quotidienne moderne. Ce guide utilisera le terme d’une manière plus restreinte, afin de n’en faire mention que pour symboliser les échanges internationaux et les investissements dans les économies développées, et en particulier aux États-Unis.

L’influence de la mondialisation sur le monde est large, complexe, et très politique. Comme toute avancée technologique, la mondialisation bénéficie à toute la société, mais nuit à certaines communautés. Comprendre le coût et les bénéfices relatifs à ce phénomène est un bon moyen pour prévenir des problèmes futurs tout en continuant à maximiser les gains.

Aujourd’hui, les Américains dépendent de l’économie mondiale pour faire du commerce, agrandir leurs entreprises et faire des investissements. Bien des produits et services sont devenus accessibles aux Américains disposant d’un budget modeste grâce à la production coordonnée entre les pays.

Aujourd’hui, les Américains comptent sur l’économie mondiale pour beaucoup de choses qu’ils achètent et vendent, pour développer leurs entreprises et pour faire des investissements. De nombreux produits et services sont devenus abordables pour l’Américain moyen grâce à la coordination de la production entre les pays.

L’histoire de la mondialisation est portée par la technologie, le transport et la coopération internationale

Depuis l’Antiquité, l’Humanité a toujours cherché à s’étendre, à produire, et à échanger des biens grâce au développement de nouvelles technologies et de moyens de transport. Pourtant, la mondialisation n’a pris son essor qu’à partir du 19e siècle. Suite à des siècles de colonisation européenne et d’activités commerciales, la première « vague » de mondialisation a été propulsée par les bateaux à vapeur, les chemins de fer, le télégraphe, et d’autres avancées technologiques. Le renforcement de la coopération économique entre les pays a également joué un rôle dans sa diffusion. La tendance de la mondialisation s’affaiblit puis s’estompe entièrement en raison du début de la Première Guerre mondiale, suivie de la période protectionniste d’Entre-deux-guerres, la Grande Dépression, et de la Seconde Guerre mondiale. Après cette dernière, les États-Unis ont poursuivi leurs efforts pour relancer le commerce mondial et les investissements dans le cadre de nouvelles règles fondatrices renégociées. C’est le début de la seconde vague de la mondialisation, qui est toujours en cours, bien que secouée par des périodes de récessions et des crises politiques de plus en plus violentes.

Note du Saker Francophone

L'article original propose ici une frise chronologique que vous pouvez retrouver sur un article dédié.

La mondialisation en chiffre

 

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La quantité des échanges a explosé pendant le siècle dernier Échanges mondiaux en fonction du PIB (1500-2011) Note : ce graphique compile des données provenant de trois sources. Les données des années 1500 à 1820 constituent la moyenne haute et basse et n’incluent que les années 1500,1600,1700 et 1820. Informations manquantes pour les années 1821-1869. Sources

 

Trade grew to a third of the US economy and over half of the world's economy.
Le commerce représente un tiers de l’économie américaine et plus de la moitié de l’économie mondiale Le commerce américain et mondial en fonction du PIB (1960-2016) Sources : Banque mondiale, sa base de données, et l’International Debt Statistics ; le FM I; International Financial Statistics et la base de données des bases de paiements. Le PIB est calculé en fonction des données de la Banque Mondiale et l’OECD.

 

Investments coming into the United States and going abroad have grown.
Les investissements entrants et sortants des États-Unis ont augmenté Les investissements directs étrangers sur le sol américain en fonction du PIB (1970-2017) – Source : UNCTAD Statistics

 

US import taxes dropped considerably post-World War II.
Les taxes douanières américaines ont considérablement chuté après la Seconde Guerre mondiale. Les taxes douanières en moyenne sur les produits taxables (1790-2016) Note : Les tarifs sont pondérés en fonction de la valeur des échanges. La ligne en pointillé indique les années où les données sont manquantes. Sources : Commission Internationale du Commerce américain, compilé par Douglas A.Irwin

 

Major economies dropped tariff rates and kept them low.
Les industries majeures réduisent en masse leurs taxes douanières et les gardent basses Montant moyen des taxes douanières (1988-2016). Note : Il est seulement montré les dix plus gros pays industriels mondiaux de 2016. Les tarifs sont pondérés en fonction de la valeur des échanges. Les lignes en pointillé indiquent les années où les données sont manquantes. Source : banque de données de la Banque Mondiale.

 

Global supply chains dominate world trade.
Les chaînes d’approvisionnements mondiales dominent le commerce mondial. Comparaison des échanges mondiaux de produits intermédiaires et de produits finis en fonction du pourcentage du PIB (1970-2017). Sources : remarques d’Augustin Carstens dans son essai « les structures du marché mondial et le prix du protectionnisme » au sujet du 42e symposium de la Réserve Fédérale du Kansas à Jackson Hole dans le Wyoming, le 25 août 2018.

 

 

 

Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont des réseaux de production qui assemblent des produits dont l’origine des composants est internationale ; ils sont aussi connus sous le nom de produits intermédiaires. Aujourd’hui, 80 % des échanges mondiaux sont portés par des chaînes d’approvisionnement pilotées par des multinationales. Le commerce de produits intermédiaires est maintenant presque deux fois plus important que celui des produits finis, en particulier dans les manufactures complexes comme pour l’industrie automobile.

China has become the biggest source of US imports.
La Chine est le premier exportateur de biens aux États-Unis. Sources principales d’importation de biens et services en millions de dollars (2000-2016) – Source

 

Canada and Mexico remain best customers of US exports, with Chinese market growing.
Le Canada et le Mexique restent les plus grands importateurs de produits américains, alors que le marché chinois est en pleine croissance. Destinations prisées des exportations américaines des biens et services en milliards de dollars (2000-2016) –  Source

 

The surplus in services suggests the competitive strength of US services in the global market. The United States had an overall trade deficit of $447 billion in 2017, according to the US International Trade Commission, as a result of Americans spending more than they earn and financing the difference with foreign credit. For more, watch the video, “Is the US Trade Deficit a Problem?”
Les États-Unis produisent trop de services alors qu’ils ne produisent pas assez de biens. Balance commerciale américaine comparée aux millions de dollars générés par la production de services (1992-2016). Note : les valeurs annuelles sont calculées à partir des moyennes mensuelles. Sources : le Bureau des Analyses Économique et Bureau du Recensement des Etats-Unis. « Trade Balance : Goods, Balance of Payments Basis [BOPGTB] » et « Trade Balance Serivces, Balance of Payments Basis [BOPSTB] » récupéré sur le site FRED (Federal Reserver Bank of St. Louis), le 12 septembre 2018.

L’excédent de production des services témoignerait de la force concurrentielle des États-Unis sur le marché mondial. En 2017, les États-Unis ont enregistré un déficit commercial global de 447 milliards de dollars. D’après la Commission du commerce international américaine, ce déficit résulte des dépenses trop importantes des Américains par rapport à leurs revenus ; ces derniers contractent alors des crédits à l’étranger pour combler la différence. Pour en savoir plus, regarder la vidéo « Est-ce que le déficit commercial américain est vraiment un problème ? »

« J’ai constaté qu’il était impossible de dissocier les concepts de commerce avec ceux de la guerre et de la paix. […] et que la guerre était souvent déclarée en raison de la concurrence déloyale. […] J’ai adopté une philosophie qui […] associe le libre marché à la paix ; les taxes élevées, les barrières commerciales, la concurrence déloyale à la guerre. […] Si nous pouvons jouir du commerce sans contraintes, dans le sens où il y aurait moins de discriminations et de barrières, pour que les pays ne soient plus jaloux les uns envers les autres, et que les conditions de vie s’améliorent, on éliminerait tous les mécontentements à l’origine des guerres et nous aurons peut-être trouvé la solution pour une paix durable. » Cordell Hull, secrétaire d’État des États-Unis sous le gouvernement de Franklin D. Roosevelt, d’après ses mémoires écrites en 1948.

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Les représentants nationaux lors de la Conférence de Bretton Woods en 1944.

La mondialisation, instrument de paix et de prospérité

Suite à la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont contribué à forger une économie mondiale régulée par des règles admises de tous, et supervisée par des institutions multilatérales. L’objectif était de bâtir un monde meilleur en coopération avec les pays désirant encourager la prospérité et la paix. Le libre marché et l’État de droit étaient les piliers de ce système. Ils ont permis d’éviter que les disputes économiques ne dégénèrent en des conflits plus graves. Les institutions établies comprenaient :

 

 

 

 

 

FMI ONU Banque Mondiale OMC OTAN
Fonds monétaire international Organisation des Nations unies Organisation mondiale du Commerce Organisation du traité de l’Atlantique Nord
Fondé en 1944

189 pays membres

Fondée en 1945

193 pays membres

Fondée en 1945

189 pays membres

Fondée en 1948, en tant qu’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Puis remplacé par l’OMC en 1995

164 pays membres

Fondée en 1949

29 pays membres

Contribue à stabiliser les systèmes et à aider les pays à faire face à la balance des paiements et aux crises économiques Aspire à prévenir des conflits internationaux en réglementant les rapports entre les pays et fournit son assistance dans les crises humanitaires Ouverte pour aider l’Europe de l’après-guerre à se reconstruire en lui proposant des crédits et des conseils sur les méthodes de développement des pays. Élabore des lois pour réglementer le commerce international et arbitrer les disputes entre les pays membres. Les pays membres acceptent la charte de l’OMC, mais peuvent également négocier des traités de libre-échange entre eux. Les États-Unis profitent d’accord de libre-échange avec 20 pays. Le bastion de l’alliance pour la sécurité occidentale

 

Les effets de la mondialisation

Plus de produits à prix plus bas

La mondialisation encourage chaque pays à se spécialiser dans ce qu’il produit de mieux tout en optimisant son utilisation des ressources : c’est ce qu’on appelle l’avantage comparatif. Ce concept pousse à l’optimisation de la production, promeut la croissance économique et favorise la baisse des prix des biens et services, ce qui les rend plus abordables surtout pour les ménages à faible revenu.

Imaginez que chaque pays soit comme un chef cuisinier, avec chacun leurs spécialités respectives. Découvrez comment le commerce aide chaque partie à être plus efficace. Pour plus d’information, rendez-vous sur Échanges accrus : La clef pour améliorer : la productivité.

Le commerce à plus grande échelle

Des marchés plus larges sont l’opportunité pour les entreprises d’atteindre plus de consommateurs et de bénéficier d’une plus grande rentabilité sur les coûts fixes des affaires de projets tels que la construction d’usines ou la poursuite de recherches. De cette façon, les entreprises technologiques disposent d’un avantage particulier en innovant.

Plus de qualité et de diversité

La concurrence internationale pousse les entreprises américaines à améliorer leurs produits. Les consommateurs profitent alors de meilleurs produits et d’un choix plus large.

L’innovation

Le commerce à plus grande échelle incite au partage de technologies, d’innovations et d’idées. Les leaders du marché voient leurs idées les plus innovantes facilement propagées.

La mobilité de l’emploi

La mondialisation crée de nouvelles opportunités, mais contribue aussi à la suppression d’emplois. Le nombre d’emplois disponibles sur le marché du travail n’est pas pour autant touché, car ce dernier est principalement influencé par le cycle des entreprises, la Réserve Fédérale et les politiques fiscales. Néanmoins, une étude de l’Institut Peterson note qu’entre 2001 et 2016, 156 250 emplois ont été supprimés chaque année aux États-Unis en raison du commerce accru de produits manufacturés. Ce chiffre représente moins de 1 % de la moyenne annuelle du nombre de postes supprimés lors d’une année moyenne. 1 ont été licenciés ou congédiés (c’est-à-dire des départs involontaires)]. Les ouvriers les plus démunis de certaines régions sont les plus touchés. Nombre d’entre eux souffrent d’une diminution de leurs revenus ou ont été forcés à quitter le marché du travail. Cette situation dépend de l’évolution du marché en soi, mais est influencée plus largement par l’arrivée de technologies qui favorisent la diminution des coûts salariaux, comme les machines automatisées ou l’intelligence artificielle. Des emplois mieux rémunérés ont vu le jour sur le marché de l’exportation de biens manufacturés, notamment dans le secteur des technologies de pointe comme des ordinateurs, des produits chimiques et des équipements de transport. De plus, d’autres emplois hautement qualifiés ont été créés dans le secteur tertiaire, en particulier dans la finance et l’immobilier (voir la partie Emploi).

La réduction des inégalités entre les riches et les pauvres à l’échelle mondiale n’est pas constatée aux États-Unis

La mondialisation a favorisé la réduction des inégalités de revenus, divisant par deux depuis 1990 le nombre de personnes vivants dans l’extrême pauvreté. Mais au sein de nombreux pays, y compris aux États-Unis, les inégalités sont en hausse. Un panel d’études universitaires affirme à l’unisson que la mondialisation a contribué minoritairement à la hausse des inégalités des salaires aux États-Unis, estimant cette hausse de 10 à 20 %. L’explication la plus probable de la hausse des inégalités aux États-Unis serait que la technologie réduit la demande de travailleurs à bas et moyen salaire, accroissant, à la place, la demande de travailleurs hautement qualifiés demandant en raison un salaire plus élevé. Les économistes sont cependant toujours « à la recherche » de la raison de l’absence d’évolution des salaires. Les pays touchés par la mondialisation ont atténué les inégalités grâce à différentes taxes et systèmes d’assistance publique. Parmi les économies avancées, les États-Unis ont exercé l’action la plus faible pour mobiliser les politiques gouvernementales et réduire les inégalités.

La mondialisation a fait remplacer des ouvriers tout en encourageant la création d’emplois hautement qualifiés

La mondialisation a influencé l’offre d’emploi, mais n’a que peu d’effet sur le nombre global d’emplois disponibles sur le marché américain, sans cesse en mutation. Néanmoins, certains travailleurs ont directement profité de la croissance du commerce mondial croissant ; une autre partie du salariat industriel issu de régions spécifiques a perdu au change, comme les industries du bâtiment, du textile, de la sidérurgie, des pièces automobiles et des équipements électroniques au Tennessee, Michigan et dans les États du centre-est du pays. Une étude largement citée prouve qu’entre 1991 et 2007, les ouvriers d’usine faiblement rémunérés, faisant face à la concurrence des importations, ont fait l’expérience de larges pertes de revenus répétées dans le temps, alors que les ouvriers à salaire plus élevé de ces mêmes industries n’ont pas été touchés. Les ouvriers modestement rémunérés manquaient peut-être de compétences et de mobilités pour la transition vers d’autres domaines, alors que les ouvriers bénéficiant d’un salaire plus élevé ont pu être relocalisés. Des études montrent que la mondialisation a également diminué le pouvoir de négociation des travailleurs américains pour obtenir un salaire plus élevé.

FAQ : Qu’est-il arrivé à l’emploi manufacturier aux États-Unis ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le secteur de l’emploi aux États-Unis s’est progressivement transformé en une industrie tertiaire plutôt que secondaire. Pourcentage d’embauche dans le secteur secondaire comparé aux embauches dans les secteurs non secondaires (secteur agricole non compris) de 1939 à septembre 2018. Note : les secteurs non secondaires comprennent l’industrie minière, l’exploitation forestière, la fourniture de services privés, et l’embauche par l’État. Les données ont été collectées mensuellement. Sources : Institut Américain de Statistiques du Travail, statistiques actuelles de l’emploi.

 

La production américaine continue de croître, mais a besoin de moins en moins d’ouvriers. La production américaine de biens comparée au nombre d’ouvriers (1972-2018), Index (janvier 1972 = 100) Note : Les valeurs annuelles sont basées sur des données mensuelles.

 

La part du nombre d’emplois dans les manufactures américaines est en constant déclin depuis les années 1940, c’est-à-dire avant l’essor de la Chine, de l’ALENA ou de l’OMC, principalement parce que les technologies ont rendu la production de biens plus aisée. La production industrielle américaine est à son plus haut point historiquement, mais moins de main-d’œuvre a été employée à la concrétisation de ce projet. La part du nombre d’emplois dans les manufactures a également diminué, car les consommateurs consacrent un pourcentage moins élevé de leurs revenus à l’achat de biens manufacturés dans le but de consommer plus de services liés à l’immobilier, la santé, la restauration, le tourisme et les aspects juridiques. La création d’emplois dans le secteur tertiaire, en particulier dans les domaines non agricoles et non gouvernementaux, a progressé d’environ 50 à 84 %.

Puisque les industries américaines surpassent la concurrence internationale dans l’offre de services hautement qualifiés, comme dans le secteur juridique, de l’ingénierie, du conseil, de la recherche, de la gestion et de l’informatique, les travailleurs employés dans ces domaines sont ceux qui ont le plus bénéficié de la mondialisation.

« L’embauche dans le secteur tertiaire a augmenté de plus de 20 % entre 2006 et 2016. Ces emplois rapportent un salaire 20 % plus élevé que dans une manufacture. »

Les entreprises étrangères installées sur le sol américain ont employé des Américains à une cadence plus soutenue que les employeurs privés nationaux entre 2007 et 2015. De plus, ils rémunèrent plus justement, investissent davantage de capitaux dans la recherche et développement et exportent plus de biens que les entreprises américaines les plus communes. Cette affirmation est également vraie à propos des entreprises américaines qui investissent à l’étranger. Un ouvrier américain sur cinq est maintenant employé par une entreprise étrangère implantée aux États-Unis.

Il est fort probable que la demande d’ouvriers hautement qualifiés augmente dans plusieurs domaines tels que ceux de l’ingénierie, la gestion, la finance, l’informatique, les mathématiques et la vente. Actuellement, les plus grands secteurs profitant de la croissance en matière de création d’emploi aux États-Unis sont les services professionnels et aux entreprises, les soins de santé et l’aide sociale, et les services éducatifs. Il faut plus de formations professionnelles et éducatives pour préparer les travailleurs à ces métiers.

Pourquoi soutenir la mondialisation si elle déplace des emplois ?

Les économistes observent les effets globaux de la mondialisation sur l’économie pour peser ses avantages et ses inconvénients. Comme le bénéfice général est beaucoup plus intéressant que les dommages subis par les travailleurs individuels ou les groupes, presque tous les économistes favorisent l’ouverture d’un marché mondial favorisant le libre-échange plutôt que le protectionnisme. (voir cet exemple).

Between 1950 and 2016, trade expansion increased the size of the US economy by $2.1 TRILLION, the equivalent to $7,000 per person or $18,000 per household every year. Effects on US manufacturing jobs (2001–16): 100,000 jobs gained every year, including shifts from other industries; 200,000 jobs lost, moved elsewhere, or replaced by other jobs every year; out of 4 million manufacturing job separations for all reasons. Trade did not contribute to increased manufacturing unemployment. In fact, when manufactured imports rose relative to GDP, the manufacturing unemployment rate declined. This demonstrates how the overall state of the economy is more important in determining job numbers than trade factors. 51 to 1: Payoff to US GDP compared with wage losses of affected workers, end of World War II to 2016. Wage losses are TEMPORARY, limited in time to each cohort of affected workers. Gains are PERMANENT, recurrent and accumulating year after year on a national scale.

Note : l’expansion du commerce se réfère aux effets produits par la croissance de l’importation et l’exportation de produits manufacturés. Source : Gary Clyde Hufbauer and Zhiyao (Lucy) Lu, Les bénéfices de la mondialisation pour l’Amérique : Un regard nouveau considérant les dommages subis par les travailleurs. Pour les sources du graphique, voir la Figure 3 dans la note d’intention. Totalité des cessations d’emploi dans l’industrie, selon les enquêtes sur les offres d’emploi et la rotation du personnel, Bureau des Statistiques sur le Travail.

L’expansion du commerce entre 1950 et 2016

Traduction du graphique ci-dessus.

… à fait injecter dans l’économie américaine 2100 milliards de dollars.

Cela équivaut à

7000 $ par personne 18000 $ par foyer Chaque année

Influence sur le secteur de l’emploi américain (2001-2016)

100 000 emplois créés chaque année, inclus les transitions vers les autres secteurs 200 000 emplois supprimés, relocalisés, ou remplacés par un autre type d’emploi Sur les 4 millions de cessations d’emplois

Le commerce n’a pas contribué à l’augmentation du taux de chômage dans les usines.

D’après les faits, quand les imports manufacturiers augmentent en relation avec le PIB, le taux de chômage diminue.

Cela démontre comment la santé de l’économie influence beaucoup plus la quantité d’emploi disponible sur le marché que les facteurs liés au commerce international.

Un gain de 51 pour 1 par rapport au PIB américain en comparaison aux pertes salariales des travailleurs touchés.

La diminution du salaire est temporaire limitée dans le temps à chaque cohorte de travailleurs touchés.

Les gains sont permanents réguliers et accumulés au fil des années à l’échelle nationale.

Autres arguments courants :

  • La mondialisation est similaire au progrès technologique. L’un comme l’autre perturbent l’existence de certains tout en accroissant la part du gâteau économique et en créant de nouvelles opportunités d’emploi mieux rémunéré. Internet, par exemple, a rendu beaucoup d’emplois obsolètes, mais en a aussi créé de nouveaux mieux rémunérés, provoquant ainsi la création de nouvelles industries encore totalement inconnues il y a quelques décennies.
  • Le protectionnisme favorise des groupes spécifiques, mais à un coût élevé pour tous les autres. Certains producteurs d’acier locaux seraient par exemple favorisés si l’on imposait des taxes douanières sur son marché ; mais davantage d’emplois existent dans des secteurs où leur production est abordable grâce à de l’acier importé plus économique. Les consommateurs américains en sont arrivés à payer plus cher les biens étrangers à cause des taxes douanières, ce qui résulte à l’augmentation des prix des biens produits à l’échelle nationale, car les producteurs augmentent souvent leurs prix en l’absence de concurrence étrangère. Les effets sont pires encore lorsque les partenaires commerciaux imposent, en représailles, leurs propres taxes douanières sur les exportations américaines. L’agriculture américaine est particulièrement vulnérable aux représailles.

Une étude montre que les taxes douanières américaines sur les pneus chinois ont sauvé 1 200 emplois de fabrication de pneus sous la présidence de Barack Obama. Mais les consommateurs américains ont payé 900 000 $ par emploi sauvé, et 3 700 emplois ont été perdus lorsque les pneus sont devenus plus chers.

  • Les États-Unis doivent maintenir leurs marchés ouverts pour rester compétitifs mondialement. Les autres pays continuent d’ouvrir leurs marchés les uns aux autres, constituant des chaînes logistiques régionales qui rendent la production plus efficace et les produits plus abordables à l’intérieur de leur bloc commercial. En négligeant ces accords, les exportations américaines ont du mal à être compétitives. Les entreprises américaines pourraient aussi choisir de déplacer leurs activités à l’étranger pour accéder à ces marchés.

Le revenu réel américain en 2030 est estimé à 133 milliards de dollars de moins que ce qu’il aurait été si le président Trump était resté dans l’Accord de Partenariat Transpacifique. D’autres pays maintiennent cet accord sans les États-Unis, se garantissant ainsi un accès préférentiel à leurs marchés respectifs.

  • En opérant dans un cadre réglementé, on peut facilement résoudre les conflits. Dans certains cas, des pratiques commerciales trompeuses causent du tort aux producteurs américains. Le maintien des cadres internationaux pour régler ces problèmes est la clé pour éviter des guerres commerciales mutuellement destructrices – et même des guerres au sens militaire. L’intégration économique renforce les alliances de défense américaines, tandis que les guerres commerciales diminuent les possibilités pour les États-Unis de collaborer avec ses alliés.

FAQ : Comment les États-Unis peuvent-ils aider les travailleurs à trouver de nouveaux emplois sans sacrifier les profits commerciaux ?

Dans un monde idéal, les travailleurs licenciés à cause de la concurrence commerciale devraient pouvoir trouver de nouveaux emplois, que ce soit en déménageant ou en acquérant de nouvelles compétences. En réalité, beaucoup de ces travailleurs ont eu des difficultés à faire la transition, provoquant des effets durables sur les individus et les communautés. L’expert en commerce Clyde Hufbauer souligne que l’augmentation du revenu national par le commerce étendu est 10 fois plus importante que ce qui serait nécessaire pour aider de manière significative les travailleurs ayant perdu leur emploi suite à la concurrence des importations.

Au lieu de sacrifier les profits commerciaux, beaucoup d’économistes recommandent des politiques locales comme la garantie du salaire, des crédits d’impôt élargis, de meilleures allocations chômage, et des aides à l’assurance maladie pour tous les travailleurs licenciés, quelle qu’en soit la cause. De telles politiques pourraient diminuer l’inquiétude des travailleurs par rapport au renouvellement du personnel, que cela provienne du commerce ou d’autres facteurs généraux. Actuellement, le gouvernement soutient un programme nommé Aide à l’Ajustement Commercial (TAA), bien qu’il ne vienne en aide qu’aux travailleurs directement impactés par le commerce et que le montant des indemnités soit limité. Les États-Unis dépensent seulement un cinquième de ce que les autres économies avancées dépensent en moyenne pour aider la population à trouver un nouvel emploi à travers l’éducation, la formation, l’aide à la recherche d’emploi et d’autres programmes tournés activement vers le marché du travail.

Des politiques locales plus larges peuvent également aider les travailleurs à s’adapter à un marché du travail en perpétuelle évolution, en proposant un accès à une éducation supérieure et à des soins de santé. Cependant, les Américains entretiennent un rapport conflictuel avec le rôle du gouvernement dans ces programmes de protection sociale. Les autres économies développées ont généralement augmenté la voilure des programmes gouvernementaux lorsqu’elles se sont ouvertes au commerce.

La chine ne joue pas le jeu, mais faire marche-arrière dans la mondialisation et crée d’autres problèmes

L’émergence de la Chine est devenue un des facteurs les plus prégnants dans l’économie mondiale. Elle est entrée dans l’Organisation mondiale du commerce en 2001 et a entrepris de nombreuses réformes, diminuant les barrières douanières et d’autres taxes. Cependant, l’économie chinoise ne s’est pas totalement métamorphosée en une économie de marché, comme ses partenaires commerciaux l’attendaient. De nombreuses grandes entreprises chinoises entretiennent d’étroites relations avec le gouvernement et leurs comportements ont faussé les règles de concurrence équitable entre les marchés. À titre d’exemple, il arrive que la Chine exige injustement que des propriétés intellectuelles américaines lui soient cédées en guise de contrepartie pour accéder au commerce sur son territoire. Ces pratiques sont discriminatoires non seulement à l’égard des Américains, mais aussi à l’égard de tous les pays partenaires des États-Unis.

Le gouvernement américain a adopté différentes mesures visant à remédier à cette situation. Le partenariat Transpacifique, négocié pendant la présidence Obama, avait comme objectif d’inciter la Chine à améliorer ses pratiques commerciales en l’autorisant à se joindre à cet accord lucratif à la condition que le pays accepte de se conformer à de nouvelles règles. Le président Trump y renonce néanmoins et, depuis mars 2018, impose des droits de douane à la Chine pour lui faire changer de comportement. Jusqu’à présent, la seule réaction chinoise a été d’imposer à son tour des droits de douane sur les produits américains. L’Union européenne, les États-Unis et le Japon poursuivent actuellement des négociations pour que de nouvelles règles puissent être intégrées à l’OMC.

En plus d’imposer des droits de douane à la Chine en raison de ses pratiques commerciales déloyales, le président Trump a instauré des taxes similaires sur presque toutes les importations d’acier et d’aluminium après que son gouvernement les ait qualifiées de menaces pour la sécurité nationale. Aux États-Unis, la plupart de l’acier est importée depuis des pays alliés, comme le Canada et les pays de l’Union européenne. Le président américain a également menacé à plusieurs reprises de se retirer de divers accords commerciaux, de l’OMC, et d’autres décisions qu’il juge « antimondialistes ».
La mondialisation s’est tellement enracinée dans l’économie américaine et mondiale que démanteler son réseau complexe d’activités, ce que les taxes et autres barrières imposées par le gouvernement Trump provoqueraient, pourrait avoir l’effet inverse et compromettre la croissance économique et les alliances nationales sur la sécurité. La désorganisation des chaînes d’approvisionnement va probablement freiner la croissance de l’emploi, du commerce et de l’investissement, augmenter les coûts pour les consommateurs et nuire à la compétitivité mondiale des États-Unis.

Mesures commerciales Risques
Entamer une guerre commerciale, résultant en une escalade des représailles douanières. • La diminution du volume des échanges commerciaux entraînera une situation économiquement désavantageuse pour les deux pays.
• L’augmentation des prix va affaiblir à la fois la compétitivité des États-Unis et le pouvoir d’achat des foyers.
• Des représailles nuiront aux exportations américaines.
Se retirer des accords de libre-échange, comme l’ALENA. • Désorganiser les chaînes d’approvisionnement mondiales desquelles les entreprises, les travailleurs et les consommateurs dépendent pour limiter l’inflation et réduire les coûts.
• Désavantager les États-Unis, puisque les autres pays continuent de conclure entre eux des ententes qui favorisent leur compétitivité.
• Entraîner la hausse des droits de douane sur les exportations américaines, ce qui réduirait les ventes et nuirait aux entreprises et aux travailleurs américains.
• Compromettre le leadership des États-Unis dans la coopération internationale, ce qui compliquerait la résolution des problèmes liés à la sécurité nationale, à l’immigration et à l’environnement.
Enfreindre les règles de l’OMC ou contourner les procédures établies. • Fragiliser les règles du système commercial sur lesquelles les États-Unis et une grande partie du monde comptent pour maintenir les marchés étrangers ouverts et pour résoudre les conflits.
Promouvoir des politiques de soutien préférentielles aux achats de produits américains. •  Occasionner plus de suppressions d’emplois que de créations à mesure que les autres pays lancent leurs représailles.
Augmenter le prix des achats gouvernementaux.
Imposer des droits de douane pour préserver les emplois manufacturiers américains dans des secteurs d’activité bien précis. • Préserver peu d’emplois, mais entraîner des charges très élevées pour les contribuables et les consommateurs.
• Risquer de mettre un pays allié ou son propre pays en péril puisque la domination du commerce international par les chaînes d’approvisionnement mondiales rend toute confrontation avec un autre pays plus complexe.
Réduire l’importation en provenance de certains pays pour tenter de résorber les déficits commerciaux bilatéraux. Aucune amélioration du déficit commercial global des États-Unis.
• Les déficits commerciaux bilatéraux sont inefficaces et n’aboutissent pas au redressement économique.
• Cette stratégie de négociation n’est pas rentable en matière d’opérations commerciales.
• Des représailles internationales sont probables et attendues.

 

L’opinion publique diverge sur la question de la mondialisation

Quelle est l’opinion des Américains sur la mondialisation ? Les multiples débats portant sur la question peuvent porter à confusion. En effet, il n’est pas surprenant de constater que les résultats des sondages varient considérablement suivant la manière et le moment où la question est posée au public.

Survey Question: In general do you think that free trade agreements between the United States and other countries have been a good thing or a bad thing for the United States?
Sondage : En général, pensez-vous que les accords de libre-échange entre les États-Unis et d’autres pays ont été utiles ou néfastes pour les États-Unis ? Source : Pew Research Center

D’après ce sondage effectué par le Pew Research Center, l’opinion publique tendrait à soutenir les accords de libre-échange. Le sondage effectué en 2016 par Bloomberg posait, lui, la question ainsi : « Selon vous, la politique commerciale américaine devrait-elle imposer davantage de restrictions sur l’importation de produits étrangers pour protéger les emplois américains, ou, au contraire, favoriser les importations pour faire en sorte que les consommateurs américains bénéficient de davantage de choix et de prix plus compétitifs ? » En réponse à cette question, 65 % des sondés déclaraient vouloir voir les restrictions augmenter. Ce constat va donc à l’encontre des résultats observés suite au sondage organisé par le Pew Research Center.

Il est parfois difficile de convaincre l’opinion publique des bienfaits de la mondialisation. En effet, ses avantages sont redistribués à grande échelle et ils ne sont, par conséquent, pas aussi faciles à appréhender que les frais individuels supportés par des entreprises ou des travailleurs bien précis.

La situation s’envenime à cause de la quasi-inaction des responsables politiques pour aider les travailleurs et les collectivités à s’adapter alors que les Américains les plus riches se partagent la majorité des ressources. En règle générale, ce sont les jeunes qui appuient davantage le libre-échange. Cette situation s’explique par le fait qu’ils n’ont, pour la plupart d’entre eux, jamais vécu dans un monde dépourvu de ce système.

Avant 2016, la plupart des républicains étaient favorables aux opérations commerciales américaines alors que les démocrates votaient généralement contre ces dernières. Le président Trump a renoncé au partenariat Transpacifique et a menacé de se retirer de l’ALENA, de l’Accord « KORUS » de libre-échange entre la Corée et les États-Unis (révisé et signé ultérieurement) et de l’OMC. Le gouvernement Trump a négocié l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (en anglais USMCA) pour remplacer l’ALENA, qui doit maintenant être ratifié par chaque pays. Plusieurs dirigeants du Congrès, membres du parti républicain, ont pris position contre Trump sur certaines questions commerciales (cf. exemple), mais n’ont pour l’instant encore créé aucune législation pour s’opposer à ses politiques.

Soutenir la mondialisation par des mesures politiques

L’économie mondiale a généré d’immenses bénéfices pour les États-Unis, mais des problèmes demeurent, indubitablement. Il y a des abus au sein du système et les règles doivent être mises à jour. Les accords commerciaux devraient tenir compte de l’ère numérique moderne dans laquelle nous vivons. Des différends subsistent quant au commerce de certains biens. Ils peuvent être liés à des produits surreprésentés sur certains marchés, aux subventions accordées aux industries, à la protection constante de biens ou de secteurs économiques spécifiques, etc. Le meilleur moyen de résoudre de tels problèmes, qui ne manqueront pas de se poser et d’évoluer avec le temps, reste de négocier et de se coordonner avec les partenaires commerciaux (selon les procédures établies) afin d’éviter des luttes commerciales coûteuses, dans lesquelles de nouveaux obstacles finiront par causer du tort à toutes les parties.

Cependant, les négociations commerciales ont leurs limites. Trop peu a été fait pour venir en aide à ceux qui ont souffert de la concurrence commerciale. En réalité, les problèmes auxquels les gens sont aujourd’hui confrontés dépassent de loin les effets de la mondialisation. Les travaux manuels sont de plus en plus automatisés, ce qui réduit la demande en main-d’œuvre. Alors que les salaires stagnent, les coûts des soins de santé et de l’enseignement supérieur augmentent. Les inégalités se creusent.

Des politiques intérieures soutenant non seulement les laissés-pour-compte de la concurrence commerciale, mais qui maximiseront les gains de tous les Américains, tout en assurant une croissance inclusive cruciale au bien-être national et en prévenant l’érosion des systèmes multilatéraux que les États-Unis ont contribué à mettre en place et qui, depuis près d’un siècle, ont servi le pays et le reste du monde.

Le marché mondial a toujours un grand potentiel pour l’économie américaine. Aujourd’hui, peu importe où ils se trouvent, deux individus ne sont plus séparés que par un SMS, un clic, un appel ou un vol. 95 % des clients potentiels pour l’achat de biens ou de services se trouvent ainsi hors du territoire américain, prêts à se fournir dans d’autres pays si les producteurs américains devaient être exclus de leurs marchés. Si les producteurs américains souhaitent échanger avec ces consommateurs, les États-Unis doivent permettre aux producteurs extérieurs d’échanger avec les consommateurs américains, comme ça a été le cas pendant des années pour des voitures, des appareils, des smartphones et d’autres produits qui intéressent les Américains. Des échanges commerciaux plus ouverts pourraient ajouter 540 milliards de dollars supplémentaires à l’économie américaine d’ici 2025, soit l’équivalent d’un revenu annuel de 1 600 $ par personne.

Voici une partie des domaines cruciaux sur lesquels, selon des économistes, les États-Unis devraient se concentrer, comme le soulignent de nombreuses études du Peterson Institute et d’autres organisations politiques. Si ces objectifs sont simplement énoncés, ils posent de toute évidence des défis à relever. Les enjeux sont élevés pour redonner confiance en un système mondial qui a contribué à assurer la prospérité et la paix.

  • Investir dans une éducation plus inclusive et de meilleure qualité afin de préparer les citoyens à l’économie de demain.
  • Apporter à tous les travailleurs déplacés un soutien financier et administratif suffisant pour les aider à trouver un nouvel emploi, et les indemniser pour leur perte de revenu.
  • Combattre les inégalités croissantes de revenu par le biais du régime fiscal et de programmes de dépenses.
  • Veiller à ce que le système de sécurité sociale n’empêche pas les travailleurs de trouver un nouvel emploi ou ne cause pas de difficultés financières importantes.
  • Se servir des accords de libre-échange pour améliorer la compétitivité des entreprises américaines, accroître le commerce total et stimuler la croissance économique globale.
  • Travailler avec l’Organisation mondiale du commerce et divers accords de libre-échange pour régler les différends, assurer l’équité, protéger la propriété intellectuelle et les droits d’investissement, et promouvoir la réciprocité et la croissance. Améliorer les règles du système au lieu de les abandonner.
  • Collaborer avec les alliés pour combattre les abus commerciaux.

Glossaire

  • Des biens sont des articles physiques et produits, faisant l’objet d’échanges commerciaux entre pays, comme du maïs, des pièces mécaniques ou des produits chimiques.
  • Des services sont des activités commerciales entre pays, comme le tourisme, la finance, les assurances, l’immobilier, les échanges scientifiques, les services professionnels, la gestion des affaires, l’éducation, les soins de santés, les arts, le divertissement, l’hébergement et les services alimentaires.
  • Des exportations sont des biens et des services vendus à des individus ou à des entreprises hors de leur pays d’origine.
  • Des importations sont des biens et des services achetés à l’étranger.
  • On parle de déficit commercial lorsque les dépenses d’importation dépassent les recettes d’exportation. À l’inverse, on parle d’excédent commercial lorsque les recettes d’exportation dépassent les dépenses d’importation. La balance commerciale d’un pays, qu’elle soit excédentaire ou déficitaire, n’est pas affectée par les droits de douane ou les accords commerciaux, mais par des facteurs économiques plus importants, comme les dépenses publiques et la politique monétaire.
  • Le protectionnisme désigne les restrictions gouvernementales sur le commerce international, visant à bloquer l’importation de produits étrangers et à inciter les entreprises et les consommateurs à acheter des biens et des services produits sur le territoire national. Le gouvernement peut adopter, entre autres réglementations, des taxes sur les importations (des droits de douane), des limites sur la quantité des importations (des quotas) ou le versement de subventions aux industries nationales. Les droits de douane sont payés par les importateurs, et non par les gouvernements ou exportateurs étrangers.
  • La libéralisation des échanges est l’opposé du protectionnisme : le pays autorise les individus et les entreprises à acheter et à vendre au-delà de ses frontières avec moins de restrictions. Dans ce contexte, le terme libéral se réfère à un commerce plus libre ou plus ouvert.

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SOURCES

Traduit et relu par Remi D, Manuel H, Lucie K, Marie M et Cyriaque L

  1. En 2016, 19,9 millions de travailleurs [PDF
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Une réflexion au sujet de « Qu’est-ce que la mondialisation ? »

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