L’armée syrienne libère la ville de Deraa


Moon of Alabama

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Par Moon of Alabama – Le 12 juillet 2018

Aujourd’hui, la campagne militaire du gouvernement syrien dans le gouvernorat de Deraa a connu un autre temps fort. Les « rebelles » de la partie sud de la ville de Deraa ont déposé les armes et ont fait la paix avec le gouvernement. L’armée syrienne est en train de prendre le contrôle de la région. Le drapeau syrien a été hissé au-dessus de ses bâtiments.

La campagne du gouvernorat de Deraa dans le sud-ouest de la Syrie s’est déroulée à une vitesse étonnante. En trois semaines seulement, les forces gouvernementales ont récupéré 84% du territoire détenu par les « rebelles », et des dizaines de villes et de villages sans grand combat. La Jordanie et les États-Unis avaient finalement refusé de soutenir les « rebelles » et leur seul choix était de faire la paix ou de mourir. Presque tous ont choisi d’abandonner le combat. Une énorme quantité d’armes, dont au moins 18 systèmes de missiles antichars TOW de fabrication américaine et deux véhicules blindés d’infanterie de fabrication britannique, ont été remis au gouvernement syrien.

Les cartes montrent la situation telle qu’elle était au début de la campagne et telle qu’elle est aujourd’hui. (en rouge – gouvernement syrien ; en vert – « rebelles », et al-Qaïda ; en gris – État islamique ; en bleu – plateau du Golan occupé par Israël ; la Jordanie est au sud). Note : La partie sud encerclée de la ville de Deraa sur la carte de la situation actuelle est toujours en vert car le gouvernement n’en prend le contrôle qu’en ce moment.

19 juin 2018. Pour agrandir

 

12 juillet 2018. Pour agrandir

Israël menace les forces syriennes de représailles si elles s’approchent de la ligne de déconfliction sur le plateau du Golan. Il veut garder un tampon de djihadistes entre lui et l’armée syrienne. Il n’y parviendra pas. La Syrie et ses alliés sont déterminés à éradiquer les djihadistes.  Comme il s’agit de combattants expérimentés prêts à mourir, le combat durera probablement plusieurs semaines. Après cela, l’armée syrienne avancera vers le nord et libérera Idleb.

C’est à Deraa qu’a commencé la « rébellion » financée par l’étranger. En mars 2011, une manifestation aux raisons obscures s’est transformée en émeutes qui sont vite devenues violentes. Des magasins et des commissariats de police ont été incendiés et des policiers ainsi que des manifestants ont été tués. La police a trouvé des armes dans la mosquée principale de Deraa au cours d’un raid.

Les cellules dormantes des Frères musulmans, longtemps interdits en Syrie, avaient trouvé des sponsors étrangers pour alimenter leur campagne contre le gouvernement. La CIA dépense au moins un milliard de dollars par an pour organiser la guerre contre l’État syrien. Avec l’aide du MI-6 britannique, ses médias ont fait la promotion de groupes fanatiques qui ne cachaient pas leur intention de commettre des  massacres de masse en Syrie. Le Qatar, l’Arabie saoudite et le Koweït dépensent chacun plusieurs milliards par an pour payer les combattants « rebelles » et leur fournir des milliers de tonnes d’armes entre autres choses. Près de 100 000 combattants étrangers se sont rendus en Syrie et ont combattu sous les drapeaux de l’État islamique et d’al-Qaïda contre l’État syrien et, plus tard, les uns contre les autres.

Ce n’est qu’avec l’aide de ses alliés iraniens et russes que l’État de Syrie et son peuple ont pu survivre à l’assaut. Depuis 2015, une campagne militaire gouvernementale de grande ampleur a permis de renverser la situation. Tous les pans de la « Syrie utile » sont sous le contrôle du gouvernement.

On s’attendait à ce que les « rebelles » qui tenaient la partie sud de la ville de Deraa résistent un certain temps avant d’abandonner. Ils ont eu des années pour préparer le terrain et ils avaient une énorme quantité d’armes ainsi que suffisamment de nourriture pour plusieurs mois. Mais la population locale, et pas seulement à Deraa, en a depuis longtemps assez de cette histoire de « révolution » démente :

« Une grande partie des millions de personnes qui vivent sous le contrôle des rebelles sont désillusionnées par la révolution syrienne, dégoûtées par les factions rebelles et mécontentes des structures gouvernementales mises en place par l’opposition et les ONG qui opèrent dans leur région. L’impossibilité des journalistes étrangers à aller dans les parties de la Syrie tenues par les rebelles ainsi que le biais idéologique des correspondants locaux et des journalistes citoyens ont contribué à la méconnaissance de ce phénomène. Le régime Assad exploite cette réalité pour conclure des accords de reddition qui permettent d’éviter les combats dans la mesure du possible. »

Les « rebelles » ont depuis longtemps perdu le soutien de la population. Dans la ville de Deraa, c’est une fois de plus l’équipe de réconciliation russe qui a convaincu les « rebelles » d’abandonner sans vraiment se battre. Ceux qui ne veulent pas vivre sous le contrôle du gouvernement syrien seront transportés dans le gouvernorat d’Idleb, dans le nord-ouest, où divers groupes « rebelles », islamistes de Ouïghours et de combattants d’Al-Qaïda et de l’EI sont occupés à s’entretuer.

La partie du nord-est de la Syrie détenue par les États-Unis et contrôlée par les Kurdes a également connu des luttes intestines et des conflits entre la population arabe et les forces kurdes, alliées aux États-Unis, qui tentent de la contrôler. Cette année, la province du nord-est de Hasaka, en temps normal le grenier à grain de la Syrie, a souffert d’un grand déficit de récolte dû à une sécheresse dévastatrice :

« ‘Plus de 90 % des cultures de blé non irriguées, qui représentent environ 55 % du total du blé semé à Hasakah, ont été perdues cette année’, a écrit la Direction de l’agriculture de Hasakah, une institution gérée par le gouvernement syrien,  à Syrie Direct, dans une lettre officielle. L’orge a subi le même taux de perte. »

Les autorités locales kurdes qui refusent de revenir sous le contrôle de l’État syrien n’ont pas d’argent pour aider les agriculteurs :

« Les autorités locales prévoient d’acheter une partie de la récolte de blé et d’orge de cette année, mais elles disposent de peu d’autres ressources pour aider les agriculteurs locaux qui ont subi des pertes.

‘Le volume des pertes de cette saison est trop important pour que l’auto-administration puisse compenser [les agriculteurs] en ce moment’, explique Shakir. »

Les agriculteurs aux abois vont probablement vouloir revenir sous le contrôle du gouvernement syrien.

Les néoconservateurs étasuniens essayent toujours de convaincre l’administration Trump d’intervenir en attaquant à nouveau l’État syrien. Leurs arguments sont sans valeur et leur campagne échouera. Trump a depuis longtemps décidé de mettre fin à l’aberrante campagne de Syrie que son prédécesseur a commencé en pure perte.

Traduction : Dominique Muselet

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