L’administration Trump affirme son ambition de dominer le secteur de l’énergie


Par Moon of Alabama – Le 9 février 2026

Les États-Unis tentent de dominer le contrôle du secteur mondial de l’énergie et de contrôler les itinéraires par lesquels l’énergie est livrée aux clients du monde entier.

Cette accusation est faite par le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov, dans une interview à la chaîne de télévision BRICS media network. L’entretien aborde également d’autres aspects. Les extraits de l’interview publiés ci-dessous ne sont que ceux qui concernent les questions énergétiques :

De multiples centres de croissance économique rapide, de pouvoir et d’influence financière et politique ont ainsi émergé. Le monde est remodelé par la concurrence. L’Occident est réticent à abandonner ses positions autrefois dominantes.

De plus, avec l’arrivée de l’administration Trump, cette lutte pour contraindre les concurrents est devenue particulièrement évidente et explicite. En effet, l’administration Trump affirme ouvertement son ambition de dominer le secteur de l’énergie et d’exploiter ses concurrents.

Des méthodes manifestement injustes sont utilisées contre nous : les opérations des compagnies pétrolières russes telles que Lukoil et Rosneft sont interdites, et il y a des tentatives pour dicter et restreindre le commerce de la Russie, la coopération en matière d’investissement et les liens militaro-techniques avec nos principaux partenaires stratégiques, y compris l’Inde ainsi que d’autres États des BRICS.

Toutes ces confrontations géopolitiques, ainsi que les tentatives de faire dérailler le cours objectif de l’histoire, affectent inévitablement les relations bilatérales. Je ne vais pas tous les mentionner ; ceux-ci incluent les sanctions, la soi-disant “flotte fantôme” inventée par l’Occident, les tentatives de retenir des navires par la force militaire en haute mer en violation flagrante de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, et bien plus encore. Les taxes douanières imposées pour l’achat de pétrole ou de gaz auprès de certains fournisseurs sont maintenant devenus monnaie courante.

Ils nous disent que le problème ukrainien doit être résolu. À Anchorage, nous avons accepté la proposition américaine. Si nous le considérons “entre hommes« , cela signifie qu’ils l’ont proposé et que nous avons accepté, donc le problème doit être résolu. …

Jusqu’à présent, la réalité est tout le contraire : de nouvelles sanctions sont imposées, une « guerre » contre les pétroliers en haute mer est menée en violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ils essaient d’interdire à l’Inde et à nos autres partenaires d’acheter des ressources énergétiques russes bon marché et abordables (l’Europe n’a plus ce droit depuis longtemps) et les forcent à acheter du GNL américain à des prix exorbitants. Cela signifie que les Américains se sont donnés pour tâche de parvenir à la domination économique.

De plus, alors qu’ils ont ostensiblement fait une proposition concernant l’Ukraine et que nous étions prêts à l’accepter (maintenant ce n’est plus le cas), nous ne voyons pas non plus d’avenir brillant dans le domaine économique. Les Américains veulent prendre le contrôle de toutes les routes pour approvisionner en ressources énergétiques les principaux pays du monde et tous les continents. Sur le continent européen, ils lorgnent sur les Nord Streams, qui ont explosé il y a trois ans, le système de transport de gaz ukrainien et le Turkish Stream.

Cela montre que l’objectif américain – dominer l’économie mondiale – se réalise à l’aide d’un assez grand nombre de mesures coercitives incompatibles avec une concurrence loyale. Taxes, sanctions, interdictions directes, interdisant à certains de dialoguer avec d’autres – nous devons prendre tout cela en compte.

Un article du NY Times publié aujourd’hui sur l’accaparement du pétrole vénézuélien par Trump fait, en partie, un constat similaire (archivé):

En Chine, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré le mois dernier que M. Trump “intimidait” le Venezuela pour qu’il renonce à son pétrole. L’Espagne s’est jointe à cinq pays d’Amérique latine, dont le Mexique et le Brésil, pour dénoncer “l’appropriation par l’extérieur” des ressources naturelles du Venezuela comme illégale.

Trump a cherché à renverser la vapeur, accusant le Venezuela de “nous avoir enlevé notre pétrole” et de “voler nos actifs” en 2007 lorsqu’il a accru le contrôle de l’État sur son industrie pétrolière et forcé deux des trois entreprises américaines opérant dans le pays à abandonner leurs projets à des frais considérables.

Que ce soit la véritable motivation de M. Trump n’est pas clair. Il a affirmé le droit des États-Unis de “prendre le pétrole” d’autres pays, de l’Irak à la Syrie en passant par la Libye, bien qu’il ne l’ait pas encore fait.

C’est une rupture brutale avec les décennies précédentes…

Une stratégie ambitieuse pour contrôler l’énergie mondiale ne tombe pas du ciel :

  • Où est le document d’orientation qui a présenté les plans pour ce faire ?
  • Qui l’a écrit ?
  • Qui est la personne de référence à la Maison Blanche qui dirige cette stratégie ?

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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