La Pravda américaine : discrimination raciale à Harvard


Par Ron Unz − Le 22 octobre 2018 − Source UNZ Review


Cette semaine a débuté à la cour fédérale de Boston le procès dans lequel de multiples associations d’Asiatiques-Américains accusent Harvard de discrimination raciale dans son processus d’admissions. Le New York Times, notre quotidien national de référence, a couvert presque quotidiennement l’évolution de l’affaire, qui a même fait occasionnellement la une du quotidien.

Dimanche dernier, juste avant que ne débute la procédure juridique, le Times a publié un article majeur expliquant les dessous de la controverse, et quel ne fut pas mon plaisir de constater que mes anciens articles furent cités comme étant une des raisons pour lesquelles la procédure juridique fut intentée, un journaliste allant jusqu’à inclure un lien direct vers mon article de 2012, long de 26 000 mots, « Le mythe de la méritocratie américaine », qui fournissait de nombreuses preuves quantitatives de l’existence de quotas anti-Asiatiques. L’historien économique Niall Ferguson, qui fut longtemps un des plus éminents professeurs à Harvard et qui a récemment décampé à Stanford, a également fait référence à mes études dans sa rubrique du London Sunday Times.

Il y a deux décennies de cela, je publiais un éditorial qui fit beaucoup parler de lui dans le Wall Street Journal sur des questions similaires de discrimination raciale au sein des admissions d’institutions prestigieuses. Mais mon article plus récent était plus long et plus complet, et attira une attention bien plus grande que tout ce que j’ai pu publier, avant ou après. Il fut peu après repris par The American Conservative, attirant des centaines de milliers de vues, battant tous les records jamais enregistrés par ce magazine, et attira une incroyable attention dans les médias. Le contributeur du Times, David Brooks classa cette étude comme peut-être le meilleur article de magazine de l’année aux États-Unis, un verdict qui fut confirmé par un des principaux éditorialistes de The Economist, si bien que le Times lui-même décida d’organiser une conférence sur le sujet des quotas asiatiques, auquel je participais volontiers. Forbes, The Atlantic, The Washington Monthly, Business Insider et d’autres magazines reprirent aussi les résultats percutants de mes recherches.

Les cercles conservateurs développèrent un fort intérêt sur ce sujet, notamment Charles Murray qui mit en exergue mes conclusions et le National Review publia par la suite un article dans lequel j’expliquais les conséquences importantes de mes découvertes pour la validité juridique de la décision Bakke de 1978 de la Cour suprême des États-Unis.

Les réactions de la communauté académique furent elles aussi considérables. Je reçu promptement des invitations à présenter mes recherches publiquement de la part de la Yale Political Union, de la faculté de droit de Yale et de celle de l’université de Chicago, pendant que le Professeur Ferguson expliquait le caractère dérangeant de mes analyses dans un long article conjoint de Newsweek/Daily Beast intitulé « La fin du rêve américain ».

De surcroît, je publiais à la même époque une critique supplémentaire suggérant qu’au cours des années, ma chère alma mater, l’université de Harvard s’était muée en un des plus importants hedge funds du monde, rattaché à une faculté rudimentaire à des seules fins d’exemption fiscale. Cette affirmation généra elle aussi des débats houleux dans les cercles médiatiques, avec le journaliste libéral Chris Hayes envoyant des tweets expliquant généreusement qu’il était « très jaloux » de ne pas avoir écrit l’article lui-même, pendant que nombre de ses collègues firent la promotion de l’article assorti de compliments similaires, et pendant que l’université émit rapidement une réponse vague à ce qui était de sérieuses accusations de nature financière.

Dans le même temps, sans que ni moi ni d’autres observateurs extérieurs ne soient au courant, Harvard lança sa propre enquête interne sur ce travers anti-asiatique que je dénonçais. Il semble que les premiers résultats de cette enquête corroboraient mes accusations, à savoir que si les étudiants étaient admis uniquement sur des critères de réussite académique objectifs, beaucoup plus d’Asiatiques recevraient leur lettre d’acceptation. Mais les échelons supérieurs de l’administration de Harvard décidèrent d’enterrer leur propre rapport, et de ne rien faire, les faits les plus importants n’étant révélés que des années plus tard, pendant le processus d’enquête relatif à la plainte actuelle sur les quotas asiatiques.

Seule la première partie de mon très long article était relative à la discrimination raciale anti-asiatique dans le processus d’admission des universités prestigieuses, mais cette partie attira plus d’attention que n’importe quel autre point de mon enquête.

Durant de nombreuses années, il existait une forte suspicion au sein de la communauté asiatique-américaine que de telles pratiques discriminatoires avaient lieu, une suspicion qui était illustrée par de nombreuses anecdotes factuelles. Mais l’administration de l’université avait toujours solennellement rejeté de telles accusations, et les médias n’y avaient jamais vraiment prêté attention. Cependant, mes nouvelles preuves de nature quantitative étaient difficiles à ignorer.

Parmi d’autres éléments, je décidais de me focaliser sur les listes étatiques, accessibles au grand public, des « demi-finalistes méritants nationaux » (NMS), regroupant le demi-pour cent supérieur des étudiants les plus performants de chaque lycée de chaque État américain. Par une heureuse coïncidence, la taille de cette fraction supérieure du corps estudiantin américain coïncidait assez étroitement à l’effectif total des étudiants des universités de l’Ivy League et des autres universités prestigieuses telles que Stanford, Caltech (California Institute of Technology) et le MIT (Massachusetts Institute of Technology). La base de données du NMS avait été jusqu’alors presque toujours ignorée par les chercheurs, mais elle fut pour moi une corne d’abondance en terme d’informations concrètes directement utilisables.

Puisqu’il est très facile d’identifier les patronymes asiatiques, il me fut possible de conclure que les Asiatiques constituaient au niveau national environ 25 à 30% de cette élite lycéenne, soit un chiffre largement supérieur à leur effectif au sein de l’université de Harvard ou d’autres universités prestigieuses. Cette conclusion se vérifiait par une domination encore plus grande des Asiatiques dans des compétitions encore plus sélectives telles les Olympiades de mathématiques et la Intel Science Talent Search, bien que les nombres d’étudiants concernés soient bien plus petits, réduisant ainsi leur poids dans la précision statistique de mon analyse.

Mais ma trouvaille la plus importante reposait sur une analyse encore plus triviale des données publiques, qui était passée inaperçue jusqu’alors. Comme je l’écrivais dans ma contribution au New York Times :

« À l’instar de leur prédécesseurs des années 1920 qui avaient toujours nié l’existence de quotas juifs’, l’administration de Harvard, Yale, Princeton et d’autres universités de la Ivy League nient aujourd’hui catégoriquement l’existence de ‘quotas asiatiques’. Mais il existe une très forte preuve statistique qui démontre le contraire.

Chaque année, les universités américaines fournissent la liste de leurs effectifs par catégorie raciale au Centre national de statistique éducative, qui rend ces données publiques en ligne. Après la clôture au début des années 90 d’une enquête du Ministère de la justice au sujet d’une discrimination de l’université de Harvard à l’encontre des candidats asiatique-américains, l’effectif des étudiants asiatiques-américains commença à décliner progressivement, de 20,6% en 1993 à 16,5% au cours de la dernière décennie.

Cela peut sembler être une baisse marginale. Mais lors de ces mêmes années, on observe une hausse massive de la population asiatique-américaine en âge d’entrer à l’université, qui a presque doublé entre 1992 et 2011, alors que le nombre d’étudiants blancs non-hispaniques n’a presque pas évolué. Ainsi, selon les statistiques officielles, le pourcentage d’étudiants asiatique-américains inscrits à Harvard a décliné de plus de 50% au cours de deux dernières décennies, alors que le pourcentage de blancs n’a presque pas changé. Ce déclin du nombre relatif d’asiatiques-américains inscrits est plus important que l’impact des quotas juifs de 1925, qui réduisaient le pourcentage de nouveaux inscrits juifs de 27,6% à 15%.

Les pourcentages des inscrits d’origine asiatique-américaine dans la plupart des autres universités de la Ivy League ont également décliné au cours de la même période, tandis que ces dernières années, les effectifs asiatiques dans toutes ces universités ont convergé vers le même niveau, et ont stagné depuis. Ces faits tendent à montrer qu’il existe une politique de l’Ivy League de restreindre le nombre d’étudiants asiatiques-américains en son sein à un certain pourcentage pré-décidé. »

Cette révélation statistique fut illustrée dans un graphique démontrant que lors des deux dernières décennies les effectifs asiatiques-américains ont progressivement convergé vers un niveau identique dans toute l’Ivy League, en déconnexion totale avec la croissance accélérée de la population asiatique-américaine, avec pour exception la très méritocratique Caltech, dont les effectifs suivent la croissance de la population concernée.

On imagine difficilement une preuve plus visuelle de l’existence de quotas asiatiques au sein de l’Ivy League, et ce graphique circula auprès des organisations et des militants asiatiques-américains, qui décidèrent de lancer leur action en justice l’année suivante. S’ils parviennent à obtenir gain de cause auprès d’une court fédérale, les livres d’histoire rapporteront peut-être que l’université la plus puissante et la plus riche a concédé une défaite basée sur un simple graphique.

Pendant des décennies, la question de la discrimination positive a été une pomme de discorde de la politique américaine, créant de profondes différences idéologiques, il est donc peu surprenant que ma nouvelle analyse génère une telle couverture médiatique. Mais, enfouies au plus profond du même article on pouvait trouver des conclusions encore plus explosives, apparemment beaucoup trop polémiques pour pouvoir prétendre à un quelconque éclairage médiatique.

Non sans raison, la plupart des journalistes considèrent les questions relatives aux Juifs comme étant le rayon létal de leur profession, et une bonne partie de ma recherche présentait des conclusions inattendues dans ce domaine. Ces conclusions ont attiré une large fascination personnelle de nombreux chercheurs réputés et membres des médias, mais aucun de ces individus n’était prêt à diffuser publiquement les conclusions qui avaient captivé leur attention.

Ainsi, ces conclusions ont été largement ignorées – exception faite de ceux qui ont pris le temps de lire intégralement mon très long article – et n’ont jamais été amenées à la connaissance du grand public. Je prends pour exemple le professeur Jordan Peterson, un intellectuel de haut-vol largement suivi sur YouTube, qui a récemment démontré qu’il n’était pas au courant de ces faits importants. Ainsi, je saisis cette opportunité pour résumer les éléments de mon analyse sur la méritocratie américaine qui ont attiré une grande attention à titre privé, sans être vraiment portés à l’attention du grand public.

Quelques années auparavant, Jerome Karabel, un éminent sociologue de l’université de Berkeley, a publié The Chosen (Les élus), une histoire magistrale des effectifs juifs dans les universités de l’Ivy League, qui lui a valu de nombreuses félicitations. Ses recherches ont démontré de façon concluante l’existence, niée jusqu’alors, de quotas juifs dans le passé de ces universités, appliqués par les élites dominantes WASP (White Anglo-Saxon Protestants) pour garder le contrôle de ces institutions à l’encontre de leurs concurrents ethniques. Ainsi que je l’écrivais :

« La colossale source documentaire de Karabel, plus de 700 pages et 3000 notes infra-paginales, prouve le fait remarquable que le système américain d’admission universitaire, si particulièrement complexe et subjectif, est l’héritage d’un conflit larvé de dimension tribale et ethnique…

Comme le démontre à plusieurs reprises Karabel, les changements drastiques dans les politiques d’admissions qui suivirent étaient habituellement déterminés par des facteurs relevant du pouvoir politique brut et de l’équilibre des forces en présence, plutôt que par des considérations idéalistes. Par exemple, suite à la Deuxième guerre mondiale, les organisations juives et leurs alliés ont mobilisé leurs ressources politiques et médiatiques pour contraindre les universités à augmenter leurs effectifs ethniques en modifiant le poids assigné à divers critères d’évaluation académiques et non-académiques, en augmentant le poids des premiers au détriment des derniers. Dix ou vingt ans plus tard, ce même procédé fut répété dans la direction opposée, permettant aux militants noirs des années 1960, et leurs alliés libéraux, de contraindre les universités à aligner la composition de leurs effectifs sur la composition ethnique de la population, en s’éloignant progressivement de leurs récents critères de sélection basés purement sur des considérations académiques.

En effet, Karabel note que l’augmentation la plus soudaine et la plus extrême dans les effectifs issus des minorités ont eu lieu à l’université de Yale en 1968-1969, largement attribuable à la peur d’émeutes raciales dans la ville à majorité noire de New Haven, où se trouve le campus de Yale.

La cohérence philosophique semble largement absente de la pensée des grandes figures libérales et conservatrices de l’époque impliquées dans la bataille des admissions, favorisant tour à tour et indifféremment le mérite académique et des facteurs extra-académiques, pour peu que le facteur choisi produise l’effet désiré dans la composition ethnique des admissions, voulue pour des raisons personnelles ou idéologiques.

Des camps politiques se lancèrent dans de longues batailles pour le contrôle de certaines universités, et de soudains changements dans la composition des admissions eurent lieu selon que ces camps politiques gagnaient ou perdaient de l’influence dans l’appareil universitaire : Yale remplaça son équipe en charge des admissions en 1965, et l’année suivante le nombre d’admis juifs doubla presque. »

Les sections de la Hillel, l’association des étudiants juifs, existent sur la plupart des campus américains, et elles compilent annuellement, depuis des décennies, des estimations de pourcentages des effectifs juifs locaux, fournissant à Karabel et d’autres universitaires les sources nécessaires pour tracer les évolutions des effectifs juifs. J’ai expliqué comment Karabel utilisait ces données pour célébrer la victoire méritocratique finale des candidats juifs sur leurs précédents oppresseurs WASP.

« En effet, Karabel débute le dernier chapitre de son livre en… notant l’ironie extrême qui veut que le groupe démographique des WASP, qui a pendant si longtemps complètement dominé les élites universitaires et ‘quasiment toutes les plus grandes institutions de la vie américaine’ est devenu en l’an 2000 ‘une petite minorité assiégée à Harvard’, constituant désormais un effectif inférieur à celui des Juifs qu’ils tentaient naguère de restreindre. Des résultats similaires apparaissent dans toutes les universités de l’Ivy League, avec des disproportions souvent supérieures à celles notées dans l’exemple choisi par Karabel. »

Karabel a montré que l’effondrement de la résistance des WASP à l’admission des étudiants juifs méritants a rapidement modifié de façon drastique la composition ethnique de ces institutions, et dans un ton triomphant, suggère que cette transformation a tiré les standards académiques vers le haut, ainsi que propulsé la qualité du corps étudiant vers de nouveaux sommets. Pendant des décennies, j’avais complètement intégré cette simple fable moralisatrice, qui nous était racontée de façon implicite ou explicite par tout le monde, libéraux et conservateurs, au sujet de l’histoire de nos prestigieuses universités de la Nouvelle-Angleterre.

Cependant, je commençai à explorer cette question, utilisant la même méthode et les mêmes bases de données que j’avais employées pour déterminer l’existence d’une sévère discrimination à l’encontre des étudiants asiatiques, et je mis à jour des faits d’une nature tout à fait opposée. Je réalisai rapidement que nombre de mes certitudes étaient en fait de simples contes de fées idéologiques, parfois d’une crédibilité à peine supérieure aux affirmations soviétiques de l’enthousiasme des paysans russes à rejoindre les kolkhozes.

Même si les patronymes juifs ne sont pas aussi faciles à identifier que les patronymes asiatiques, on peut tout de même les identifier avec une certaine exactitude, et appliquer l’analyse Weyl à un sous-groupe composé des patronymes les plus typiques, tels Goldstein, Silverberg, Cohen et Kaplan nous permet de valider les résultats ainsi obtenus.

En analysant ainsi des douzaines de listes NMS au niveau des États, je découvrais rapidement que les Juifs étaient beaucoup moins présents dans les effectifs d’étudiants méritants que je l’imaginais, ne dépassant probablement pas 6% du total des listes NMS au niveau national. Les listes des gagnants des meilleurs compétitions académiques que j’avais analysées auparavant pour les étudiants asiatiques me livraient des résultats similaires.

Les patronymes hispaniques sont facilement identifiables, et la population noire est moins nombreuse et relativement moins performante au niveau académique, rendant l’identification de ces deux groupes au sein des listes NMS relativement facile à déterminer. Une fois que l’on a soustrait le total des Asiatiques, Juifs, Hispaniques et Noirs, ce qu’il reste est le total des Gentils blancs non hispaniques. Les résultats ainsi obtenus sont extrêmement révélateurs :

« L’indice provenant de la liste récente des demi-finalistes de la NMS semble être le plus concluant, étant donné la taille immense de l’échantillon statistique. Comme nous l’avons relevé plus tôt, ces étudiants constituent le 0,5% supérieur en terme de réussite académique, en d’autres termes les quelques 16,000 lycéens de terminale qui devraient être admis dans les universités de la Ivy League ainsi que les autres institutions prestigieuses des États-Unis. En Californie, les patronymes gentils dépassent les patronymes juifs d’un rapport de 8 à 1, au Texas ce rapport est de 20 à 1, en Floride et en Illinois de 9 à 1. Même à New York, l’État américain à la plus grande population juive, on compte plus de deux étudiants gentils hautement méritants pour chaque Juif. Basé sur la distribution de la population américaine dans son ensemble, il apparaît qu’environ 65 à 70% des étudiants américains à haut mérite académique sont des gentils blancs, soit plus de dix fois le total des Juifs, qui est en-dessous de 6%.

Il va sans dire que ces proportions diffèrent grandement des proportions que l’on constate dans les effectifs des étudiants d’Harvard et des universités de même calibre, qui sont de nos jours les autoroutes directes vers les postes décisionnels dans les domaines universitaire, juridique, des affaires et de la finance. Basé sur les statistiques mentionnées, les Juifs sont aussi plus nombreux que les Blancs non-juifs à Harvard et dans la plupart des universités de la Ivy League, ce qui semble être exagérément disproportionné. En effet, les statistiques officielles indiquent que le groupe les Blancs non-juifs à Harvard est le groupe de population le plus sous-représenté aux États-Unis, et qu’ils sont admis à une fraction bien inférieure de leur nombre total que les Noirs ou les Hispaniques, malgré le fait qu’ils obtiennent des notes bien supérieures.

Lorsque l’on examine les indications statistiques, un regroupement adéquat des données est indispensable. Prenons le ratio récent des effectifs sur les années 2007-2011 des étudiants asiatiques à Harvard en proportion de leur taille estimée dans les listes des demi-finalistes NMS, ce qui constitue une variable raisonnable de la population à haut mérite académique en âge d’entrer à l’université, et comparons ce résultat aux chiffres concernant les Blancs. Le ratio asiatique est de 63%, juste au-dessus du ratio blanc de 61%, chacun de ces chiffres étant très en-dessous d’un ratio égalitaire, du fait de la présence substantielle de minorités raciales sous-représentées telles les Noirs, les Hispaniques, les étudiants étrangers et ceux de races non-déclarées. Ainsi, il ne semble pas exister de preuve d’un quelconque parti pris contre les Asiatiques, même en excluant les critères ne tenant pas compte de la race que sont la performance sportive, les admissions héréditaires, et la diversité géographique.

Toutefois, si l’on sépare les étudiants juifs en tant que groupe distinct, leur ratio se trouve être de 435%, alors que le ratio résiduel des Blancs non-juifs tombe à seulement 28%, moins de la moitié du ratio asiatique. Par voie de conséquence, les Asiatiques semblent être sous-représentés par rapport aux Juifs par un facteur de 7, tandis que les Blancs non-juifs sont de loin le groupe le plus sous-représenté de tous, malgré les avantages qu’il pourrait avoir dans des facteurs tels la performance sportive, l’héritage ou la localisation géographique. Les autres universités de l’Ivy League suivent un modèle identique, avec un ratio d’étudiants juifs moyen de 381%, le ratio asiatique à 62% et le ratio Blanc non-juif en-dessous de 35%, tous relatifs au nombre d’étudiants à haut mérite académique de leur propre groupe.

Les tendances des effectifs sont tout aussi choquantes que ces chiffres exagérément disproportionnés. Au cours des trente années écoulées depuis que je suis diplômé d’Harvard, la présence de Gentils blancs a diminué de presque 70%, alors qu’il n’y a pas eu de déclin comparable ni dans la taille de ce groupe ni dans sa performance académique ; dans le même laps de temps, le pourcentage des étudiants juifs a augmenté. On enregistre certes au cours de cette même période une augmentation rapide des effectifs asiatiques, hispaniques et des étudiants étrangers, ainsi qu’une certaine augmentation des étudiants noirs. Mais il est étrange que toutes ces augmentations en effectifs issus de la diversité se soient faites au détriment des Blancs de confession chrétienne, et jamais au détriment des Juifs. »

Plusieurs graphiques tirés de mon article démontrent de façon éloquente ces faits notables.

Basé sur ces chiffres, il apparaît que les étudiants juifs ont 1000% de chance de plus que les étudiants Gentils blancs d’être admis à Harvard et le reste de la Ivy League, à performance académique égale. C’est une conclusion effarante si l’on considère qu’en règle générale, toute sous-représentation de l’ordre de 20 à 30% d’un groupe donné est considérée par les tribunaux comme une preuve suffisante de discrimination raciale.

Dans la continuité de mon raisonnement, je proposais l’hypothèse que ce déséquilibre pourrait être lié à la forte domination juive dans l’administration de ces institutions :

« Il serait déraisonnable d’ignorer le fait majeur que cet immense parti pris en faveur de candidats juifs moins performants coïncide avec une toute aussi immense distorsion ethnique aux échelons les plus élevés de l’administration des universités en question, ce qui s’apparente exactement aux conclusions de Karabel dans les années 20. En effet, Karabel explique qu’en 1993, les présidents de Harvard, Yale et Princeton étaient juifs, ce qui est aussi le cas aujourd’hui pour Yale, Penn, Cornell et probablement Columbia, ainsi que Princeton pendant toutes les années 90, mais aussi le nouveau président de Yale, et les trois derniers présidents de Harvard, qui sont soit juifs soit ont un conjoint juif.

Dans la plupart des universités, le recteur est le second administrateur dans la hiérarchie, avec la responsabilité des opérations académiques courantes. Même si le président de Princeton aujourd’hui n’est pas juif, les sept derniers recteurs de Princeton étaient juifs, sans discontinuer depuis 1977, tandis que les autres universités de l’Ivy League sont dans une situation similaire. On retrouve le même degré de sur-représentation dans les échelons supérieurs de l’administration des universités de l’Ivy League, mais aussi dans les institutions académiques américaines en général, or ce sont ces institutions qui sélectionnent nos futures élites nationales. »

Depuis la publication de mon article en 2012, Harvard et Princeton ont sélectionné un nouveau président, tous les deux juifs, tandis que le président juif de Yale a conservé son poste.

Le mécanisme exact par lequel s’applique cette immense parti pris en faveur des candidats juifs dans nos prestigieuses universités n’est pas encore complètement éclairci, et je doute que cela soit sous la forme assez grossière d’un recrutement direct par les décideurs du département des admissions de candidats juifs sous-qualifiés. Au contraire, je suggère qu’un des facteurs principaux est la « pression négative » des médias, principalement juifs, et des différents groupes militants juifs, qui s’insurgeraient systématiquement et de façon brutale aux premiers signes de déclin des effectifs juifs :

« Dans le même temps, le plus petit soupçon d »anti-sémitisme’ dans le département des admissions est considéré comme un pêché mortel, et toute réduction des effectifs juifs serait justement qualifiée de la sorte par les médias juifs à la détente facile. Ainsi, en 1999, l’université de Princeton découvrit que ses effectifs juifs avaient décliné à seulement 500% du ratio qui lui reviendrait si les admissions étaient égalitaires, alors que ce ratio était à 700% dans les années 80, ce qui plaçait Princeton loin derrière Harvard ou Yale. Cette situation fut immédiatement dénoncée sur la place publique sous la forme d’un encart de quatre pages en couverture du Daily Princetonian, un article majeur dans le New York Observer, et une couverture médiatique nationale dans le New York Times et le Chronicle of Higher Education. Ces articles incluaient des dénonciations du long héritage historique d’anti-sémitisme de Princeton, qui furent promptement suivis d’excuses officielles de l’Université, et suivis immédiatement d’un bond de 30% supplémentaire des effectifs juifs. Dans le même temps, les effectifs non-juifs dans toutes les universités de l’Ivy League déclinèrent de 50%, amenant ces effectifs bien en-dessous des ratios que chaque groupe mériterait dans un système non-biaisé, mais ceci fut reçu dans les médias par un silence assourdissant, voire par quelques félicitations sur les progrès que faisaient les prestigieuses universités américaines en terme de multiculturalisme.

Je suspecte que l’effet combiné de ces différentes pressions, plutôt qu’un parti pris planifié de façon intentionnelle, est la première cause de ces choquantes statistiques d’effectifs que nous venons d’examiner. En effet, les équipes des départements d’admission, souvent pas très futées en plus d’être facilement surmenées, et en général avec une connaissance très limitée des méthodes d’analyse quantitative, ont reçu pour instruction de leurs supérieurs et leurs ‘surveillants médiatiques’ la double mission idéologique d’enrôler plus de Juifs et moins de Blancs, avec la menace permanente en cas d’échec d’être accusés d’anti-sémitisme et de racisme. Or il se trouve que par une logique implacable, maximiser le nombre de Juifs et de non-blancs implique qu’il faille minimiser le nombre de Blancs non-juifs. »

Je notais de plus que cet ouragan médiatique de 1999 attaquant Princeton pour son supposé « anti-sémitisme » eut lieu à l’époque où à la fois son président et son recteur étaient juifs, et que le campus venait d’ouvrir à grands frais (4,5 millions de dollars) son Centre pour la vie juive.

En 2002, Jacques Steinberg, le correspondant de longue date sur les questions éducatives pour le New York Times, publia Les Gardiens,  un succès de librairie largement plébiscité qui offrait un point de vue d’initié sur le processus des admissions universitaires, basé sur son année de recherche au sein du département de l’Université Wesleyan, et la réédition de son livre en 2012 explique que rien n’avait changé depuis la première édition. Je fus profondément alarmé par la description du profil des employés en charge des admissions :

« En fait, il semble probable que certains de ces parti pris évidents que nous avons remarqués dans le processus d’admission soient attribuables à des défauts de caractère humains et à de faibles capacités académiques constatés chez de nombreux employés de l’université pourtant en charge de ces décisions capitales. Comme nous l’avons mentionné précédemment, le poste de responsable des admissions est peu rémunéré, ne requiert pas de compétence professionnelle particulière et n’offre que peu de perspectives d’avancement. Ces postes sont donc souvent pourvus par des individus au pedigree professionnel pour le moins incohérent.

L’université Wesleyan étant considérée comme une mini-Ivy League, elle est l’une des plus prestigieuses universités dans le domaine des arts, et la description que fait Steinberg du cheminement professionnel des employés de son petit département des admissions est plein de révélations : le directeur intérimaire des admissions était jusqu’à récemment éligible pour recevoir des coupons d’aide alimentaire et s’occupait d’un centre de réinsertion pour patients psychiatriques, un autre avait travaillé comme employé dans un chenil et était gérant d’un magasin de photographie, un troisième avait échoué à obtenir un emploi de personnel naviguant chez United Airlines, tandis que d’autres étaient d’anciens diplômés avec un goût prononcé pour le sport et les études ethniques. La grande majorité semblait n’avoir que des compétences académiques rudimentaires et peu de centres d’intérêts intellectuels, ce qui pose la question de leur capacité à évaluer raisonnablement des candidats de bien meilleure qualité qu’eux. »

Des ouvrages rédigés par d’anciens membres du département des admissions des universités de Harvard et de Dartmouth corroborent d’ailleurs ces conclusions :

« Pour preuve supplémentaire, on peut considérer que ‘Que faut-il vraiment faire pour être accepté dans l’Ivy League ?’, un livre de développement personnel écrit en 2003 par Chuck Hugues, qui a passé cinq ans comme officier supérieur des admissions de Harvard, après avoir été lui-même diplômé de cette université. Même s’il insiste sur la participation de son université dans les sports d’équipes universitaires, il ne parle jamais de ses propres centres d’intérêts académiques, et vers la fin de son ouvrage sur les admissions dans les universités prestigieuses, il semble inclure Duke, Northwestern et Rice comme faisant partie de l’Ivy League.

Un autre exemple plus parlant de ce problème peut se trouver dans l’ouvrage A comme Admissions, un ouvrage très sincère de 1997 qui décrit le processus des admissions dans des universités prestigieuses, écrit par Michele A. Hernandez, qui a passé quatre années au poste de vice-directrice des admissions de l’Université de Dartmouth. Dès le début de son ouvrage, Hernandez explique que plus de la moitié des agents d’admission des universités de l’Ivy League ne sont eux-mêmes pas diplômés de ces institutions très exigeantes, n’ont probablement pas les capacités intellectuelles pour y entrer, et confondaient parfois les résultats du test SAT avec d’autres outils d’évaluation académique. Elle mit en garde les étudiants contre la tentation de se montrer trop subtils dans leurs dissertations, de crainte que leur vocabulaire soit mal compris par leurs évaluateurs au sein du département des admissions, qui ont plus probablement un diplôme en sciences de l’éducation que dans toute discipline académique sérieuse. »

Dans un telle situation désespérée, ne nous étonnons pas outre mesure du caractère scandaleux des anecdotes relatées par Steinberg au sujet des admissions :

« Prenez le cas de Tiffany Wang, une immigrée chinoise élevée dans la région de la Silicon Valley où son père travaillait comme ingénieur. Même si l’anglais n’était pas sa langue maternelle, ses résultats au test SAT dépassaient de 100 points la moyenne des étudiants de Wesleyan, et elle était demi-finaliste au classement NMS, ce qui la plaçait dans le 0,5% supérieur des lycéens (et non pas les 2% supérieurs, tel que l’annonce Steinberg de façon erronée). Malgré cela, l’agent des admissions évalua ses résultats comme ‘moyens’, mais fut en revanche plus impressionné par son militantisme ethnique dans le club asiatique-américain de son école locale. Cependant, il tamponna quand même son dossier du mot ‘REFUSE’, mais admis plus tard à Steinberg qu’elle aurait pu être admise si il avait été au courant de tout le temps qu’elle passait à manifester contre la peine de mort, une cause politique à laquelle il était lui aussi sensible. Étrangement, je suspecte qu’un étudiant qui se vanterait de militer pour la peine de mort comme activité extra-scolaire aurait rencontré un destin encore pire dans le processus d’admission. Et probablement pour des raisons similaires, Tiffany Wang fut rejetée de toutes les universités prestigieuses qu’elle convoitait, Yale, Penn, Duke et Wellesley comprises, ce qui ne manqua pas de surprendre et d’attrister son père immigré.

Il y eut aussi le cas de Julianna Bentes, moitié brésilienne, avec une vague ascendance noire, issue de la classe moyenne, partiellement boursière d’une des meilleures classes préparatoires du pays, dans laquelle les frais de scolarité annuels s’élèvent à 30,000 dollars. Ses résultats au test d’évaluation SAT étaient légèrement supérieurs à ceux de Tiffany, et elle était également une excellente danseuse. Cette combinaison de ses performances académiques, son talent de danseuse et son ascendance ‘multiraciale’ ont fait d’elle un des candidats les plus convoités pour les meilleurs universités américaines, qui lui ouvrirent leurs portes, assorti de généreuses facilités financières de la part de Harvard, Yale, Stanford et toutes les autres universités prestigieuses dans lesquelles elle a postulé, dont un prix très prestigieux assorti d’une bourse à l’université de Chicago, ainsi que de l’opportunité de rencontrer Chelsea Clinton en personne pendant qu’elle visitait le campus de Stanford, ce qu’elle ne manqua pas de faire, même si elle choisit ensuite d’étudier plutôt à Yale.

Enfin, il y eut le cas de Becca Jannol, fille d’une famille de la haute bourgeoisie juive près de Beverly Hills, qui étudiait à la même école préparatoire que Julianna, mais dont les parents payaient intégralement les frais de scolarité. Malgré ses nombreux avantages de classe, incluant la possibilité de passer les tests d’entrée à volonté, ses résultats au test SAT étaient inférieurs de 240 points à ceux de Julianna, sur une échelle de 1600 points, ce qui la plaçait au bas du classement de l’université Wesleyan ; elle étoffa sa candidature à l’examen d’entrée avec une dissertation sur ses réflexions philosophiques relatives à son expulsion provisoire de l’école préparatoire pour utilisation illégale de stupéfiants. Mais, étant une des favorites du conseiller d’orientation de son école préparatoire, qui était un ancien camarade de classe du directeur des admissions de l’université de Wesleyan, ce dernier tamponna de sa propre initiative le dossier d’admission de cette étudiante du précieux sésame ‘ADMIS’. Mais ses résultats scolaires lamentables eurent pour conséquence une annulation de cette première décision d’admission suite à un vote unanime en session plénière de tous les autres membres du comité d’admissions. Le directeur des admissions refusa cette décision, et s’entêta contre vents et marées à lui trouver une place au sein des admis, allant jusqu’à proposer d’annuler l’admission préalable d’autres candidats pour garantir une place à sa pouliche. Enfin, il réussit à déplacer son dossier de la pile des refus vers celle de la liste d’attente, et fit remonter secrètement son dossier vers le haut de la pile des attentes.

Au final, les ‘connexions’ eurent gain de cause, et elle fut admise à la Wesleyan, même si elle finit par refuser cette place pour une place plus prestigieuse à l’université de Cornell, qu’elle avait obtenue par des manigances similaires. Rapidement, elle fit part de son peu d’affection pour l’université de Cornell, détestant les cours et clamant à qui voulait l’entendre qu’elle ‘ne voyait pas l’utilité d’être ici’. Toutefois, ses faibles résultats académiques ne freinèrent pas son ascension, du fait que la même personne qui arrangea son admission la fit entrer de force, et par la voix express,  dans un programme ‘honorifique’ dont elle assurait la direction, réservé à seulement 40 des 3500 élèves chaque année. Ce programme l’exemptait de toute performance académique, incluant une exemption de cours et d’examens, ce qui lui permit de passer ses quatre années d’université à voyager de par le monde au nom d’un soi-disant ‘projet spécial’. Après la cérémonie de remise des diplômes, elle accepta un poste au célèbre cabinet d’avocats de son père, ce qui ne manqua pas de lui faire prendre conscience de l’avantage d’être membre de l’élite au pouvoir formée par la Ivy League et d’appartenir, selon ses propres mots, ‘à l’élite de l’élite’. »

Le récit de Jannol contient également un élément particulièrement étonnant. L’épreuve de la dissertation est devenue un élément majeur des tests d’entrée dans les universités prestigieuses, et atteint tout son potentiel si elle relate des expériences personnelles douloureuses et de victimisation. Étant donné son origine privilégiée et fortunée, Jannol avait au préalable songé à focaliser sa dissertation sur sa condition de petite-fille de survivant de l’Holocauste, mais se ravisa en dernière instance parce que la plupart de ses collègues de classe auraient recours au même stratagème, ce qu’elle expliqua à Steinberg en ces mots : « Tout le monde va y aller de son couplet sur sa Mamie Holocauste ».

Au cours des dernières décennies, nos industries de l’information et du divertissement ont élevé la souffrance juive pendant la deuxième guerre mondiale au niveau de la plus monumentale et horrible des tragédies de l’époque moderne, et il n’est pas impossible qu’une part non-négligeable de l’avantage injuste des Juifs dans les admissions des universités prestigieuses provienne de quelque chose d’aussi simple que l’habileté des enfants de familles juives à se draper dans le statut ultime de la victimisation du survivant de l’Holocauste.

Si cela était le cas, la situation serait particulièrement ironique, étant donné les multiples preuves que l’Holocauste est pour une partie substantielle une supercherie, si ce n’est pas dans sa totalité, à savoir un canular propagé par les studios de Hollywood, pour leur grand partie détenus par des Juifs, et peut-être dans le but de cacher la réalité inévitable du fait que per capita, les Juifs du monde entier sont sûrement les plus grands meurtriers de masse au cours du vingtième siècle.

J’ai été stupéfait des preuves que j’ai découvertes de la sur-représentation déraisonnable des étudiants juifs au sein de nos plus prestigieuses institutions académiques, et la plupart des chercheurs et journalistes qui ont lu mes analyses semblent avoir eu la même réaction d’étonnement. Une analyse plus approfondie mettait en avant quelques-unes des raisons les plus importantes de cette myopie collective, que j’ai expliqué dans le chapitre intitulé « L’étrange effondrement de la performance académique juive ».

« De mon propre point de vue, je trouvais ces résultats statistiques pour le moins surprenants, pour ne pas dire choquants.

J’ai toujours été au fait de la forte présence juive au sein des institutions académiques de prestige. Mais le pourcentage décevant du nombre d’étudiants juifs qui, de nos jours, obtient des notes élevées aux tests d’aptitude académique m’a totalement surpris, et sont pour le moins différents de l’impression que j’avais pendant mes années au lycée et à l’université il y a une génération de cela. Un examen plus approfondi d’autres statistiques disponibles semble corroborer mes souvenirs et indique un récent et pour le moins sévère déclin dans la performance académique des Juifs américains.

Les Olympiades mathématiques des États-Unis ont débuté en 1974, et les patronymes des meilleurs participants sont facilement consultables sur internet. Au cours des années 1970, plus de 40% du total étaient juifs, et pendant les années 1980 et 1990, ces derniers constituaient environ 30% du total. Toutefois, durant les treize premières années du nouveau millénaire, seulement deux patronymes sur un total de 78 (soit 2,5%) semblent être juifs. L’examen Putnam est le plus difficile et le plus prestigieux des concours de mathématiques pour les étudiants des universités américaines, avec seulement cinq ou six gagnants choisis chaque année depuis 1938. Plus de 40% des gagnants du Putnam avant 1950 étaient juifs, et chaque décennie entre les années 50 et 90, entre 22 et 31% des gagnants venaient du même groupe ethnique. Mais depuis l’an 2000, ce pourcentage est tombé à moins de 10%, et lors des sept dernières années, pas un seul patronyme juif n’apparaît.

Ce tableau d’un déclin constant et brutal se confirme lorsqu’on examine les statistiques du Science Talent Search, qui a sélectionné 40 étudiants comme finalistes pour le prix scientifique le plus prestigieux des lycées américains depuis 1942, ce qui nous donne un énorme échantillon de plus de 2800 étudiants scientifiques de haut niveau. Durant chaque décennie entre les années 50 et les années 80, les étudiants juifs représentaient de façon constante 22 à 23% des étudiants sélectionnés, avec un pourcentage qui descend à 17 dans les années 90, 15% dans les années 2000 et seulement 7% depuis 2010. En effet, sur les trente étudiants les mieux classés au cours des trois dernières années, un seul semble être juif. De la même manière, les Juifs représentaient plus de 25% des étudiants les mieux classés des Olympiades de physique entre 1986 et 1997, mais ce chiffre est tombé à seulement 5% au cours de la dernière décennie, un résultat qui doit certainement faire se retourner dans sa tombe Richard Feynman.

* * *

Prises dans leur ensemble, ces tendances montrent toutes qu’au cours de la dernière décennie, voire plus, on assiste à un effondrement brutal de la performance académique des Juifs, en tout cas à l’échelon de l’excellence.

Plusieurs explications possibles semblent raisonnablement plausibles pour tenter d’expliquer ce résultat empirique. Même si le potentiel inné d’un groupe a peu de chance de s’effondrer soudainement, la performance est fonction à la fois de la compétence et de l’effort, et les étudiants juifs d’aujourd’hui, si massivement riches, sont probablement moins disposés à l’effort dans leurs habitudes de travail et moins concentrés sur la réussite comme ont pu l’être leurs parents et grand-parents, qui vécurent au quotidien les défis inhérents à la vie d’un immigré. Dans ce qui semble soutenir cette hypothèse, on constate qu’environ la moitié des finalistes juifs des Olympiades de mathématiques des vingt dernières années portent le genre de patronyme hautement identifiable qui tendrait à les identifier comme des immigrés récents en provenance de l’ex-bloc soviétique ou d’ailleurs, et ces patronymes se retrouvent aussi fréquemment parmi les listes des étudiants scientifiques juifs les plus méritants, même si ce groupe ne représente plus que 10% des Juifs américains d’aujourd’hui. En effet, il semble probable que ce large apport d’immigrés juifs hautement méritants depuis la fin des années 80 a permis de partiellement camoufler le déclin rapide concomitant des étudiants juifs américains les plus performants, ce qui, sans cet apport de sang neuf, serait apparu au grand jour au moins une décennie plus tôt.

Ce modèle selon lequel les étudiants américains de troisième et quatrième génération n’auraient ni la motivation ni l’acharnement qu’avaient leurs ancêtres n’est ni surprenant ni unique aux Juifs. Prenons le cas des Japonais-américains, qui sont à peu près tous arrivés aux États-Unis à la même époque. Ce groupe a toujours été très performant, avec une forte tradition académique, et les notes des Japonais dans les enquêtes internationales PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) sont parmi les plus hautes au monde. Mais lorsqu’on examine la liste des demi-finalistes des listes NMS en Californie, on note que moins de 1% des patronymes sont japonais, ce qui correspond à peu près à la part qu’ils représentent de la population californienne. En parallèle, Chinois, Coréens et Asiatiques du sous-continent indien représentent 6% de la population californienne mais 50% des étudiants les plus performants, soit un multiplicateur de 8, la différence majeure étant qu’ils sont des immigrés récents. En fait, même si l’immigration japonaise récente a été de taille modeste, une portion non négligeable des étudiants japonais les plus performants portent des prénoms ‘non assimilés’ japonais [c’est à dire des prénoms typiquement japonais, et non pas anglais, NdT] qui indiqueraient qu’ils viennent de ce petit contingent d’immigrés récents.

Dans son ouvrage de 1996 intitulé L’élite créative en Amérique, Weyl analysait les patronymes pour conclure sur un remarquable effondrement similaire de la performance académique au sein de la population américaine de tradition puritaine, qui à une époque représentait une part disproportionnée de l’élite intellectuelle, mais qui pour diverses raisons déclina rapidement à partir de 1900. Il mentionne également la disparition de la remarquable contribution intellectuelle des Écossais au sein de la vie intellectuelle britannique à partir de 1800. Même si la preuve de la corrélation de ces deux événements historiques est forte, les facteurs de causalité ne sont pas tout à fait clairs, même si Weyl avance quelques hypothèses.

Tout bien considéré, cela pourrait être la sur-compétitivité académique des Juifs du passé qui était hautement anormale, et l’actuelle convergence vers les mêmes niveaux de performance académique que les Blancs qui serait moins surprenante. Depuis des années, on entendait partout que le QI moyen des Juifs est une déviation complète, de plus de 15 points au-dessus de la moyenne des Blancs qui est de 100, mais cette affirmation ne se vérifie pas dans la réalité. Richard Lynn, un des experts les plus connus sur la question du QI, s’est livré à une lecture exhaustive qui lui a permis de rassembler 32 études d’échantillonage de QI de Juifs américains, collectées entre 1920 et 2008. Pour les 14 premières études menées entre 1920 et 1937, le QI des Juifs était très proche de celui des Blancs, et ce n’est que des décennies plus tard que le chiffre moyen de QI des Juifs serait monté à 107-111.

Dans un article précédent intitulé ‘Race, QI et Richesse’, je suggérais que le QI des groupes ethniques semble être un critère beaucoup plus élastique que beaucoup de gens ne souhaitent l’admettre, et que cela serait le fait de facteurs tels que l’urbanisation, l’éducation et la richesse. Étant donné que les Juifs ont de tout temps été le groupe le plus urbanisé des États-Unis, et qu’ils sont devenus les plus riches pendant les décennies en question, ces facteurs peuvent être en grande partie responsables de l’augmentation moyenne du QI de ce groupe pendant la majeure partie du 20ème siècle. Mais avec les avancées de la technologie moderne qui comble les écarts en termes d’environnement social et d’opportunités éducatives entre les mondes ruraux et urbains aux États-Unis, on peut s’attendre à ce qu’une partie de ce différentiel de QI s’estompe graduellement. Les Juifs-américains sont certainement un groupe à haut potentiel, mais l’avantage inné qu’ils auraient sur les autres populations blanches à haut potentiel est probablement bien moindre qu’on a tendance à le penser.

Cette conclusion est corroborée par le Sondage Social Général, une base de données en ligne de dizaine de milliers de réponses à des sondages américains sur les quarante dernières années qui inclut le test de vocabulaire Wordsum, une variable très utile du test de QI, qui y est corrélée d’un coefficient de 0,71 [-1 : corrélation négative parfaite, 0 : pas de corrélation, +1 : corrélation positive parfaite, NdT]. Converti en points de QI correspondants, le QI-Wordsum des Juifs est en effet assez élevé, à 109. Mais les Américains d’origine anglaise, galloise, écossaise, suédoise et irlandais catholique ont aussi un QI assez élevé de 104 ou plus, et le nombre combiné de ces populations est d’un rapport de 15 à 1 avec les Juifs, ce qui sous-entend qu’ils devraient dominer totalement les grades supérieurs de la distribution de la compétence académique des Blancs américains, même si on excluait les deux tiers restants des Blancs américains, dont nombreux sont ceux qui ont également un QI assez élevé. De plus, tous ces groupes sont largement moins urbains et moins riches que les Juifs, ce qui indique que leurs notes sont toujours relativement défavorisées artificiellement. Nous devrions également garder à l’esprit que les performances intellectuelles des Juifs ont tendance à être biaisées, étant exceptionnellement fortes dans la sous-catégorie de l’élocution verbale, beaucoup plus basse en mathématiques et complètement médiocre en perception spatiale ; ainsi, un test totalement centré sur l’élocution comme l’est le test Wordsum aurait tendance à exagérer le QI des Juifs.

Diviser la population blanche américaine le long de lignes religieuses produit des résultats similaires. L’analyse des données du Sondage longitudinal national de la jeunesse montre que les Américains élevés au sein de l’Église épiscopale ont un QI moyen plus élevé que celui des Juifs, tandis que plusieurs autres catégories religieuses s’en approchaient, ce qui mène à la conclusion que la majeure partie de la population blanche américaine à haut potentiel académique a des origines non-juives.

Finalement, dans le cas des Juifs, ce déclin relatif de la performance académique, dû à des facteurs d’assimilation ou d’environnement social, pourrait avoir été renforcé par de fortes tendances démographiques. Au cours des deux dernières générations, les femmes juives typiques de famille de classe aisée ou même de famille ordinaire se sont mariées tardivement et eurent à peine plus d’un enfant, alors qu’une minorité de femmes juives de la communauté ultra-orthodoxe se marièrent souvent pendant leur adolescence et donnèrent naissance à sept ou huit enfants. Par voix de conséquence, cette sous-catégorie de population extrêmement religieuse double tous les vingt ans, pour représenter aujourd’hui plus de 10% du total, incluant un pourcentage beaucoup plus élevé de jeunes Juifs. Mais les Juifs ultra-orthodoxes sont généralement de médiocres étudiants, souvent affectés par de très hauts taux de pauvreté et de dépendance aux aides sociales. Ainsi, la combinaison de ces deux tendances radicalement opposées de la démographie juive a stabilisé le nombre de jeunes Juifs, tout en ayant pour effet probable de faire chuter la moyenne de leur performance académique.

Même si l’importance relative de ces facteurs individuels à l’origine du déclin de la performance académique des Juifs est encore mal établie, le déclin lui-même semble être un fait empirique qui ne fait pas de doute, et l’ignorance générale de ce fait a de profondes conséquences sociales.

L’image d’Épinal que j’ai des meilleurs étudiants américains d’aujourd’hui est basée sur mes souvenirs datant d’une génération, quand les étudiants juifs, et parfois moi-même, récoltions régulièrement un bon quart sinon plus des médailles et autres récompenses les plus prestigieuses suite à des tests standardisés ou à la suite de compétitions académiques prestigieuses ; ainsi, il semblait parfaitement normal que Harvard et la plupart des université de l’Ivy League aient 25% d’étudiants juifs, au nom de la méritocratie. Mais l’évidence objective veut que dans l’Amérique de nos jours, seulement 6% de nos meilleurs étudiants sont juifs, ce qui rend de tels hauts niveaux d’admissions d’étudiants juifs dans nos meilleures universités totalement absurde et ridicule. Je soupçonne fortement qu’un effet de décalage temporel similaire est responsable de la confusion apparente dont sont victimes beaucoup d’autres observateurs de la situation.

Par exemple, au fil des pages de son ouvrage très détaillé, Karabel semble systématiquement expliquer que les augmentations du nombre d’admissions d’étudiants juifs seraient le fait d’une pure méritocratie académique, alors que les périodes de déclin du nombre d’admissions d’étudiants juifs seraient dues à l’existence d’un parti-pris anti-juif ou de discrimination, et ces suppositions sont maintenues même lorsque son propos se déplace sur la période 1990-2000. Karabel est né en 1950, a été diplômé de Harvard en 1972 où il est retourné pour y soutenir un thèse de doctorat en 1977, on peut donc imaginer que cela ait été la réalité durant ses années à Harvard. Mais il semble étonnamment ignorant du fait que le monde a changé depuis, et que lors des deux dernières décennies, la méritocratie et les admissions d’étudiants juifs sont devenues deux courants opposés : au plus les critères de mérite sont forts, au moins les Juifs sont admis.

La preuve du remarquable déclin de la performance académique juive se voit aisément dans une série de graphiques :

Des conclusions aussi importantes, qui devraient avoir une incidence majeure sur les politiques publiques, n’auront un impact significatif que si elles sont partagées avec le plus grand nombre, et c’est précisément dans cette tâche que je me suis heurté à de formidables obstacles.

Mon article fut publié dans The American Conservative, une publication politique confidentielle dont j’étais le rédacteur en chef, ce qui exigeait que mes conclusions puissent trouver leur chemin dans des médias plus grand public pour toucher un lectorat significatif. Mais The American Conservative avait par le passé souvent été dénoncé férocement par des militants juifs et leurs organisations, principalement sur des questions de politique étrangère, et des paragraphes de mon article étaient bien plus polémiques que tout ce que j’avais pu publier avant. S’il est vrai que des dénonciations virulentes pourraient aider à promouvoir mes informations dans certains cercles idéologiques, elles pourraient aussi dissuader les médias de grand chemin d’y prêter attention, et stigmatiseraient aussi suffisamment mes écrits pour que tout homme respectable n’ose les citer dans ses conversations ou écrits futurs.

Ma première décision fut de placer mon chapitre sur les quotas asiatiques au début de ce très long article. En plus de l’importance intrinsèque de ce chapitre, je pensais qu’il servirait d’accroche relativement inoffensive pour les lecteurs intéressés dont ils pourraient se servir pour décrire et promouvoir mon analyse, tout en leur permettant d’éviter de mentionner le reste du travail, dont les conséquences sociales seraient l’équivalent de mettre les doigts dans une prise électrique ; et c’est exactement ce qui arriva. Mais un telle stratégie serait vouée à l’échec sauf si je parvenais à faire garder le silence aux militants hyper-sensibles à propos de mes articles au lieu de les diaboliser de façon caricaturale. Ainsi, je décidais de lancer ce que je considérais être une première frappe préventive contre les organes centraux du militantisme juif, mais de façon détournée.

Jerome Karabel était certainement le spécialiste mondial sur la question des admissions d’étudiants juifs au sein de l’Ivy League, et son ouvrage était ma source principale, même si mes conclusions étaient radicalement différentes des siennes. Il semblait fort probable que dès que les organisations juives auraient pris connaissance des éléments controversés de mon analyse, il ferait partie des premières personnes contactées à la fois pour connaître son opinion sur mon analyse et peut-être pour lui fournir des éléments de langage pour démonter mon analyse.

Ainsi, je me procurai les coordonnées postales de Karabel et lui envoyai la version primeur de mon article des semaines avant sa publication, en lui expliquant que je trouvais intéressant que quelques-unes de mes conclusions soient différentes des siennes. Je m’attendais à ce qu’après avoir lu attentivement mon analyse, il conclurait que mes arguments étaient bien trop forts pour être réfutés, et ferait part de son verdict aux organisations militantes lorsqu’elles le contacteraient, ce qui les pousserait à adopter une réponse de « silence stratégique » afin d’éviter d’attirer trop l’attention du public sur mes conclusions. Il se trouve que ce fut exactement la façon dont ces militants réagirent, et aucun militant ou groupe juif d’importance ne donna de réponse publique à mes conclusions pour le moins polémiques, en dépit de la considérable attention qu’elles ont générée par la suite.

Non seulement cette absence complète de représailles organisées me donna le feu vert pour la très favorable couverture médiatique que je commençais bientôt à recevoir, mais cela ouvrit également la porte à un traitement fort amical de la part de membres de la communauté juive organisée elle-même, qui découvrirent et lurent mon article sans a priori négatif.  La plupart des discussions portaient sur les preuves du déclin soudain de la performance académique des étudiants juifs dans les grandes universités, et la sur-représentation qui s’ensuivait des Juifs dans ces universités, avec un professeur en études talmudiques de l’université de Yeshiva qui publia un éditorial de mille mots intitulé « Le génie juif en danger », et le Centre Berman pour la politique juive de l’université de New York qui posta mon article sur son site internet. Même la presse israélienne mentionna mon article, avec un éditorialiste d’Israel Hayom, le quotidien à grand tirage de Sheldon Adelson, se fendant d’un article de 1500 mots analysant mes conclusions, en particulier celle sur la sur-représentation juive.

Même si des militants juifs connus maintenaient leur veto absolu contre toute tentative de discussion sur mes conclusions, la communauté juive n’ayant jamais manqué de fanatiques radicalisés, il s’en trouva quelques-uns pour lancer des attaques violentes contre mes travaux. Cependant, il s’agissait d’extrémistes à la marge, si bien qu’ils étaient assez longs à la détente à s’exprimer et qu’ils manquaient de crédibilité ou de soutien médiatique. Ainsi leurs jérémiades n’eurent que peu d’impact, principalement parce que leurs arguments portaient en eux leurs propres contradictions.

Le plus sévère de mes contradicteurs était un certain chercheur en cancérologie du nom de Janet Mertz, une féministe fanatique dont les efforts précédents consistaient principalement à vilipender et contredire l’ancien président de Harvard, Larry Summers, pour son hypothèse pourtant prudente mais ô combien politiquement incorrecte que les hommes pourraient être un peu meilleurs que les femmes en mathématiques, une position qu’elle considérait comme parfaitement odieuse. Dans cette perspective, elle publia un article de 10 000 mots, relu par ses pairs, analysant les données sur les participants aux Olympiades de mathématiques des dernières décennies, qui démontraient que quelque soit la période ou le pays, environ 95% des meilleurs mathématiciens étaient des hommes et seulement 5% des femmes. Mais sa conclusion à elle était d’affirmer de façon très étrange que cela prouvait de façon concluante que les hommes et les femmes ont exactement la même aptitude aux mathématiques, et elle réussit ensuite à persuader le Science Daily et d’autres médias influençables de publier à leur une son histoire selon laquelle elle serait parvenue à invalider la mythologie machiste de supériorité masculine.

Mertz fit aussi preuve de zèle communautaire juif, en n’économisant aucun effort pour calculer le pourcentage exact d’ascendance juive de tous les participants américains aux dernières Olympiades de mathématiques. Ainsi, elle dénonça comme étant du simple « pifomètre » mes propres estimations du nombre de Juifs concernés, que j’avais établies sur la base des patronymes, appuyées par l’analyse de Weyl. Je pense que ma réponse porta ses fruits :

« Il se trouve qu’elle, ainsi que ses collègues co-auteurs de l’article, avaient recherché l’appartenance ethnique des ‘Olympiens mathématiques’ de la période 1988-2007 dans un article cité ci-dessus de 2008, et par le biais d’une recherche biographique complète et des interviews personnelles et confidentielles, avaient pu déterminer le nombre de Juifs authentiques et de partiellement Juifs parmi les 120 étudiants de l’échantillon, ce qui donna lieu à une publication dans le tableau 7 cité ci-dessus, ainsi que des catégories raciales plus larges.

Étant donné que j’avais établi mes propres estimations ethniques en cinq minutes d’observation rapide des patronymes, pendant que Mertz et ses associés dévouaient cinq semaines de recherche à la même tâche, je concède volontiers que leurs résultats sont certainement beaucoup plus précis que les miens. En effet, si l’on considère les chiffres avancés par Mertz comme étant l’étalon-or, alors les comparer à mes propres chiffres nous fournit un bon moyen d’évaluer la qualité générale de ma technique d’inspection directe, une technique qui a constitué le pilier central de mon étude dans son ensemble. Cela nous permet d’établir si mon approche était effectivement du pifomètre sans intérêt comme elle le prétend.

Son article, révisé par ses pairs, explique que les 120 Olympiens mathématiques américains des années 1988-2007 se répartissaient ainsi : 42 Asiatiques, 26 Juifs et 52 Blancs non-juifs. Mes estimations grossières étaient de 44 Asiatiques, 23 Juifs et 53 Blancs non-juifs. Chaque lecteur doit décider par lui-même si ces erreurs d’estimation sont si majeures qu’elles invalident totalement mes conclusions générales, mais je serais personnellement satisfait si le taux d’erreur restait de cet ordre de grandeur sur les dizaines de milliers de patronymes que j’ai passé en revue dans le reste de mon article.

À l’évidence, de telles techniques d’appréciation peuvent être complètement erronées pour de tout petits groupes de noms, et  devraient être utilisées seulement sur des listes de taille substantielle. Par exemple, dans une phrase de mon article de 30,000 mots, j’ai affirmé que seuls 2 noms sur 78 noms de finalistes des Olympiades depuis l’an 2000 semblaient être juifs, et Mertz m’a attaqué à plusieurs reprises pour cette affirmation, expliquant que j’avais manqué le nom hébreux du finaliste ‘Oaz Nir’. Elle a raison, et parce que Nir a gagné deux fois, en 2000 et 2001, l’erreur unique de ma part représente la totalité de la différence entre mes propres résultats sur les Olympiades entre 1988 et 2007, et ceux issus de la recherche exhaustive produite par Mertz et ses trois co-auteurs. »

La seule raison pour laquelle j’entendis parler, tout comme le public, de la critique sévère de mon analyse par Mertz fut la promotion massive qu’elle reçut d’Andrew Gelman, un professeur de statistique à l’université de Columbia, doublé d’un blogueur célèbre, qui avait apparemment espéré pouvoir contester mes conclusions sans avoir à s’aventurer lui-même dans le débat, ce qui aurait risqué d’entacher sa réputation. Après que je l’eus mis au courant des précédentes saillies académiques de Mertz sur la question du genre, il sembla abandonner son projet de critique.

Une alliée proche de Mertz était une femme beaucoup plus jeune du nom de Nurit Baytch, que j’avais déjà rencontrée en personne. Alors que je donnais un cours à la faculté de droit de l’université de Chicago, je ne pouvais manquer de remarquer une femme de petite taille assise au premier rang, me toisant d’un œil torve. Je ne suis pas mannequin pour marques de vêtements, mais je peux dire que son accoutrement était pour le moins étrange, et quand elle se leva à la fin du cours pour venir me « porter la contradiction », ses manières et sa façon de parler me parurent également pour le moins étranges. De manière générale, son apparence me rappela vraiment les photos des membres féminins du groupe terroriste des Weather Underground de la fin des années 60, dont la plupart venaient également de familles juives.

Finalement, Mme Baytch finit par commettre un énorme document réfutant soi-disant mon analyse sur la méritocratie, et puisqu’elle ne put jamais le publier nulle part, elle finit par le poster sur internet sous la forme d’un fichier GoogleDocs, qui fut repris par un nombre incalculable de militants juifs qui en parlèrent comme s’il s’agissait de la preuve définitive de la fausseté de mes conclusions. Mais ses dizaines de milliers de mots, additionnés en un verbiage pompeux, n’ont pas réussi à avoir raison du simple fait que seulement 6% des étudiants américains les plus méritants selon la liste NMS sont Juifs, et les 94% restants des Gentils.

Son angle d’attaque alternatif fut de dénoncer mon utilisation des chiffres de la Hillel sur les effectifs juifs, qui seraient selon elle complètement falsifiés, sans pour autant avancer un début de preuve pour étoffer son accusation. Même si pendant des décennies, les chiffres fournis par la Hillel ont été unanimement acceptés par tous les médias et les chercheurs universitaires, je les avais utilisé avec circonspection, étant certainement le premier à le faire.

« De la même manière, presque tous nos chiffres sur les effectifs juifs provenaient des estimations de la Hillel, l’association nationale des étudiants universitaires juifs, et il s’agit évidemment d’approximations. Toutefois, la base de données Hillel est la meilleure source d’information que nous possédons pour les dernières décennies, et elle est régulièrement citée dans le New York Times et d’autres médias de grand chemin, tout en servant de base à tout le travail de Karabel, qui reçut de nombreux prix. De plus, à partir du moment où toute erreur latente dans la base de donnée reste constante, on peut toujours correctement analyser les variations dans le temps. »

Balayer d’un revers de la main les dizaines de milliers d’estimations des effectifs juifs compilées par la Hillel pendant les cinquante dernières années éliminerait presque entièrement toute la connaissance que nous avons de l’histoire et de la trajectoire de la présence juive dans des milliers d’universités américaines, et détruirait du même coup les études sociologiques de nombreux universitaires. Mais heureusement, il est hautement improbable que ces chiffres soient aussi inutilisables que ce que Baytch prétend de façon aussi désinvolte.

Ces estimations de la Hillel ont été largement utilisées par la communauté juive pendant des décennies et reprises dans des publications juives, principalement pour guider les familles juives dans leur sélection des campus universitaires avec un taux d’effectifs juifs qu’elles estimaient nécessaires. Pour la plupart des familles, le coût de l’éducation universitaire est un des plus gros investissements jamais fait, et si pendant des décennies, des dizaines voire centaines de milliers de famille juives avaient choisi leur université en se basant sur les chiffres d’admission fournis par la Hillel pour découvrir soudainement que ces chiffres n’ont aucun rapport avec la réalité, il y aurait certainement eu une réaction forte de colère. Mais on n’a jamais entendu parler de quelque plainte que ce soit de la communauté juive envers les estimations de la Hillel.

Pendant de nombreuses années, la Hillel de Harvard a régulièrement affirmé que la moitié voire plus des étudiants blancs de Harvard étaient juifs, et si ce chiffre était largement faux, il y aurait sûrement quelqu’un à la Hillel de Harvard pour remarquer et corriger cette erreur, de même qu’à Yale, Columbia, Penn et nombreuses autres universités. De toute évidence, les critères permettant de classifier un étudiant en tant que juif sont assez élastiques, et on peut facilement supposer que ces estimations contiennent des étudiants seulement partiellement juifs, qui se seraient identifié à cette communauté, et qui auraient pu être exagérées dans un élan d’auto-agrandissement communautaire. Mais il est hautement improbable que ces chiffres soient totalement faux et que cela puisse être prouvé.

Ces arguments basés sur le caractère généralement plausible de ces estimations sont fortement soutenus par des preuves quantitatives, et ont été apportées, assez ironiquement, par Baytch elle-même. À peu près à l’époque où elle commit sont long document impubliable, la Hillel de Harvard revendiquait des effectifs juifs au niveau de la licence de 25%, et dès les début de son texte, Baytch dénonce ce chiffre comme étant évidemment faux, citant un sondage du Harvard Crimson [le magazine du campus de Harvard, NdT] qui indiquait que seulement 9,5% des étudiants de la promotion 2017 étaient juifs. Cependant, elle a mal compris que le sondage faisait référence aux étudiants qui s’identifiaient comme étant des juifs religieux, ce qui est complètement différent d’être juif dans le sens ethnique et ancestral du terme, surtout lorsqu’on sait que les Juifs sont parmi les groupes les plus laïcs de la société américaine, et que 42% des étudiants de Harvard se décrivent comme étant athées, agnostiques ou « autre ». En effet, un sondage mondial montre que seuls 38% des Juifs (ethniques) suivent les préceptes de la religion juive. Si le sondage du Harvard Crimson était correct et que les Juifs de Harvard étaient fidèles aux habitudes de leur communauté, cela voudrait dire que 9,5%/0,38 = 25% (!!!) des nouveaux entrants à Harvard seraient ethniquement juifs, ce qui est exactement le chiffre avancé par la Hillel de Harvard. Les idéologues fanatisés comme Baytch ont parfois tendance à marquer contre leur camp à la fin du temps réglementaire, sans même s’en apercevoir.

En général, la classification d’un individu dans la catégorie de juif est de nature protéiforme, avec des définitions qui s’entrelacent basées sur la religion, l’ethnicité, une ascendance juive complète ou partielle, ce qui permet à la définition d’être étendue ou restreinte à souhait. Je soupçonne que la confusion dont a fait preuve Baytch sur ce sujet était totalement sincère, en rapport avec les tendance maniaques dont elle fait preuve dans la vie de tous les jours. Mais d’autres pourraient employer ces définitions changeantes basées sur des considérations plus pragmatiques.

Il est de notoriété publique que pendant de nombreuses décennies, le parti communiste américain, et surtout ses échelons supérieurs, était majoritairement composé de juifs, même à une époque ou ceux-ci ne représentaient que 3% de la population nationale. Mais les leaders de la communauté juive n’aimaient pas cette situation, allant parfois jusqu’à nier catégoriquement la réalité, insistant qu’il n’y avait en fait aucun juif communiste, arguant du fait que c’était impossible étant donné la détestation des communistes pour toutes les religions.

De la même manière, mes conclusions selon lesquelles les juifs étaient admis à Harvard et autres universités prestigieuses à un taux de 1000% supérieur par rapport à celui des Gentils, à niveau égal de compétence scolaire, a certainement déclenché le signal d’alarme quelque part au sein des dirigeants des organisations militantes juives, qui se demandèrent comment gérer voire camoufler cette information potentiellement dangereuse. Avec une plainte en cours très médiatisée pour discrimination contre la communauté asiatique, et ma propre initiative avortée en 2016 de présenter un groupe de candidats pour le Comité superviseur de Harvard, la possibilité que cette affaire ne devienne publique devenait certainement menaçante.

L’apparente confusion que fit Baytch entre « être d’ascendance juive » et « pratiquer la religion juive » aurait été bien connue dans ces cercles d’associations militantes, et leur offrait une solution évidente. Si les chiffres d’admissions juives étaient ramenés seulement aux étudiants qui déclaraient suivre la foi juive, alors la sur-représentation flagrante des Juifs dans les prestigieux campus américains en aurait été grandement diminuée. En même temps, un grand nombre de candidats moins qualifiés d’ascendance juive mais sans conviction religieuse continuerait de profiter d’une admission injuste en se contentant d’écrire leurs dissertations sur le thème de la « Mamie Holocauste », laissant ainsi 98% de la population Gentille être le dindon de la farce.

Certainement pour cette raison, la Hillel semble avoir récemment adopté cette pratique, à savoir réduire de façon drastique ses estimations publiées des effectifs juifs de Harvard et d’autres universités prestigieuses, éliminant ainsi un exemple flagrant de parti-pris ethnique, par le coup de baguette magique d’un simple changement de la définition d’« être juif ». Par exemple, le site de la Hillel annonce aujourd’hui que seuls 11% des étudiants en licence à Harvard sont juifs, une réduction drastique des 25% cités précédemment, et un chiffre étrangement proche de ceux provenant du sondage du Harvard Crimson réalisé il y a quelques années ne comptabilisant que les Juifs qui déclaraient leur foi religieuse juive. Les chiffres de Yale, Princeton et de la plupart des universités prestigieuses ont connu le même phénomène de déclin des effectifs juifs, et de la même amplitude.

Un indice fort au sujet de cette nouvelle définition des effectifs juifs vient de Caltech, une école d’ingénieur et scientifique de renom qui a peu de chances d’attirer des Juifs se réclamant de la foi juive. Selon le site internet de la Hillel, les effectifs juifs sont de 0%, ce qui signifie qu’il n’y aurait aucun Juif sur le campus. Malgré cela, le même site internet décrit la vie juive à Caltech, avec les Juifs de Caltech s’impliquant dans toutes sortes d’activités locales et autres projets. Ce paradoxe absurde est de toute évidence dû à la distinction qui est dorénavant faite entre les individus qui se réclament de la foi juive et ceux qui sont juifs par leur ascendance.

Comme la tornade médiatique de 1999 de Princeton l’a démontré, un lent et léger déclin des effectifs juifs sur une période de quinze ans aurait par le passé provoqué un tollé et des dénonciations colériques de la part des organisations juives. Mais l’absence totale de réponse organisée à la soudaine disparition de presque 60% des juifs de Harvard indique que le seul changement qui a eu lieu le fut non pas au niveau des admissions mais simplement au niveau de la définition d’« être juif ».

Il y a de nombreuses années, le jeune et naïf étudiant que j’étais passait ses dîners à discuter de toutes sortes de questions politiques et de politiques publiques avec ses camarades dans la cantine de Harvard.

La discrimination positive était un sujet régulier de nos conversations, et je remarquais déjà à l’époque à quel point l’Amérique était étrange sur ce point. Aucun autre exemple ne venait à l’esprit que celui d’un groupe ethnique qui ait réussit à établir un système légal de discrimination raciale envers ses propres membres, pendant que des systèmes similaires d’exclusion ou de concurrence déloyale envers d’autres groupes ethniques étaient monnaie courante dans le monde entier.

Au fil des décennies, je remarquai progressivement que le nombre massif et grandissant des admissions d’étudiants non-Blancs et étrangers dans nos meilleures universités se faisait au détriment des admissions des Gentils blancs, mais bizarrement, n’avait pas causé la moindre réduction dans les effectifs juifs. Il est de notoriété publique que les militants juifs ont été la force motrice dans l’établissement des politiques de discrimination positive et autres politiques d’admission dans les universités, et je commençais à me poser la question sur leur vraie motivation, qu’elle soit consciente ou inconsciente.

L’objectif était-il celui qui avait été annoncé, à savoir donner la même opportunité d’éducation à des groupes qui en étaient préalablement exclus ? Ou était-ce simplement une excuse pour faire avancer une politique publique visant à exclure les Gentils blancs, qui étaient leur plus grand concurrent ethnique ? Avec une population juive représentant seulement 2% de la population totale, il existait une limite évidente au nombre de places auxquelles les Juifs pouvaient prétendre dans les meilleures universités, [proportion qui, à compétences égales et dans une vraie méritocratie, serait toujours inférieure au nombre de places pour les Gentils blancs, NdT] mais si d’autres groupes ethniques étaient également admis, le groupe des Gentils blancs pourrait être ramené à des niveaux inférieurs, même s’ils constituent toujours la majorité de la population.

Les Asiatiques représentent un cas intéressant. Au fur et à mesure que leur nombre augmentait rapidement, les Gentils blancs furent progressivement expulsés, et cela fut applaudi par toute la communauté universitaire. Mais à la fin des années 80, le nombre d’étudiants asiatiques augmenta tellement qu’il était inévitable qu’il commencerait à empiéter sur les effectifs que se réservaient les Juifs dans les meilleures universités, et que les augmentations futures ne feraient qu’empirer la situation. C’est à ce moment-là que le processus d’admissions des étudiants asiatiques fut stoppé net, et le nombre d’admissions asiatiques fut même réduit, avant de se voir imposer un quota. J’avais déjà en arrière-pensée les conséquences de cette situation lorsque je rédigeais en 1998 mon éditorial dans le Wall Street Journal décrivant certains de ces intéressants faits de nature raciale.

Le très médiatisé procès actuel à Boston est décrit largement dans les médias comme un conflit entre les étudiants asiatiques-américains, dont les intérêts académiques pâtissent dans l’actuel système opaque et subjectif d’admissions, et les groupes ethniques noirs et hispaniques, dont le nombre d’admissions pourrait fortement baisser si les solutions proposées sont mises en place. Les Gentils blancs sont décrits comme de simples spectateurs, Harvard allant jusqu’à expliquer que le nombre d’étudiants blancs ne changerait de toute façon pas, même sous la nouvelle politique d’admissions proposée. Mais le terme « Blanc » englobe les Juifs comme les Gentils, et camoufle donc plus qu’il ne révèle.

Les conséquences possibles mises en lumière dans mon article « Méritocratie » sont certainement connues de tous les protagonistes de la bataille juridique qui a lieu en ce moment, mais le pouvoir terrifiant de l’Anti-Diffamation League et de ses alliés médiatiques assure que certains aspects de la situation actuelle ne seront jamais sujets à une large discussion publique. Les militants asiatiques dénoncent très justement l’injustice de l’actuel système d’admissions dans les meilleures universités, mais reste tout à fait muet quand il s’agirait de pointer du doigt le groupe qui contrôle ces institutions.

À travers l’énorme controverse médiatique qui entoure le procès de Harvard à Boston, tous les participants font de leur mieux pour éviter de remarquer l’éléphant de 2% dans la salle. Et cette cécité est bien la meilleure preuve de la taille énorme et du pouvoir immense de cet éléphant dans la société américaine contemporaine.

Ron Unz

Article original paru sur The Unz Review

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Israel Shamir : Ron Unz va au fond des choses

Traduit par Laurent Schiaparelli, relu par Cat pour Le Saker Francophone

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