Hong-Kong : « Bis repetita non placent »…


…la « révolution de couleur » à Hong Kong a échoué malgré le soutien du New York Times


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Albama – Le 31 juillet 2019

Lorsque les États-Unis déclenchent ce qu’on appelle des « révolutions de couleur », les principaux médias transatlantiques sont généralement favorables. Mais le soutien est rarement aussi extrême que celui, extraordinaire, que le New York Times accorde aux émeutiers de Hong Kong.

Nous vérifions, sur Wikipedia,  la chronologie des protestations anti-extradition contre le projet de loi  de 2019 à Hong Kong :

Les manifestations contre le projet de loi ont eu lieu pour la première fois en mars et en avril, mais leur ampleur et leur intensité ont considérablement augmenté à partir de juin. Au moins 240 000 personnes (jusqu'à un million selon les organisateurs) ont manifesté contre le projet de loi le 9 juin.
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La dirigeante de Hong-Kong, Carrie Lam, a suspendu le projet d'extradition le 15 juin et l'a déclaré "mort" le 9 juillet.

Peu de temps avant les premières grandes manifestations contre un amendement proposé à un projet de loi sur l’extradition, le New York Times avait ouvert ses colonnes à un infâme fameux «activiste politique» de Hong Kong. Le 4 juin, Ray Wong Toi-yeung écrivait dans les pages d’opinion du Times :

Lorsque les chars sont arrivés sur la place Tiananmen à Pékin le 4 juin 1989, beaucoup de Hongkongais ont regardé avec horreur la télévision. Quelques jours auparavant, un million d'entre eux avaient manifesté leur solidarité avec les Chinois rebelles rassemblés sur la place pour demander plus de libéralisme et de démocratie aux autorités chinoises. Trente ans plus tard, Hong Kong se bat pour les valeurs démocratiques - et même pour sa survie politique, en réalité - contre une nouvelle attaque du même gouvernement communiste à Beijing.

Wong, qui vit maintenant en Allemagne, était l’un des leaders du mouvement Umbrella en 2014, également connu sous le nom d’émeutes de Hong Kong –  financées par le NED. Il y était depuis, avec plusieurs autres organisations anti-continentales de Hong Kong. En 2016, il a été vu lors de réunions secrètes avec le personnel du consulat américain.

D’autres organisateurs et sympathisants de la manifestation à Hong Kong se sont vu offrir une tribune d’opinion dans le Times les 10, 15, 17 et 28 juin. Des éditoriaux complémentaires ont été publiés les 10, 13 et 17 juin.

Le 30 juin, un éditorial de Fred Chan Ho-fai – mis à jour plus tard – tentait de justifier la violence des émeutiers :

Une idée importante qui circulait dans les forums en ligne est maintenant fermement ancrée dans mon esprit. C'est ce qu'on appelle la théorie de la violence marginale (邊緣) et elle soutient que les manifestants ne doivent pas activement utiliser ou préconiser la violence, mais plutôt utiliser les actions non-violentes les plus agressives possibles pour pousser la police et le gouvernement à leurs limites.
 
C’est ce que certains manifestants ont fait aujourd’hui, le 1er juillet, à l’anniversaire du transfert de Hong Kong à la Chine par la Grande-Bretagne en 1997. Après une cérémonie marquant cet anniversaire, un groupe de manifestants a pris d'assaut le bâtiment du Conseil législatif. Bien qu'ils aient endommagé des biens, ils ne cherchaient à nuire à personne.(sic, NdT)

De telles actions sont un moyen de faire du bruit et d'attirer l'attention. Et s’ils incitent la police à réagir avec une force inutile, comme cela s’est passé le 12 juin, le public désapprouvera et sera dégoûté des autorités. Les manifestants devraient intensifier de manière réfléchie la non-violence, voire même recourir à une force modérée, pour pousser le gouvernement à bout. C’était l’objectif de nombreuses personnes qui ont encerclé et barricadé le quartier général de la police pendant des heures le 21 juin.

Provoquer de violentes réactions policières est le but déclaré des émeutiers.

D’autres éditoriaux au sujet de Hong Kong dans le NYT ont suivi les 1er, 2 et 3 juillet. Un quatrième éditorial a été publié le 4 juillet. D’autres éditoriaux ont suivi les 5, 8 et 12 juillet.

Après une série extraordinaire de 16 tribunes sur la question en 38 jours à peine, les pages d’opinion du NYT se sont soudainement calmées. Qui a dit aux éditeurs d’arrêter ?

Quoi qu’il en soit, cela ne signifie pas que le New York Times s’est arrêté de soutenir les émeutes antigouvernementales. Pour témoin le reportage d’aujourd’hui qui non seulement dénigre le gouvernement et la police de Hong Kong, mais ment également effrontément :

Des centaines de manifestants ont encerclé un commissariat de police à Hong Kong mardi, certains se bagarrant avec des officiers, après que les autorités aient déclaré avoir inculpé des dizaines d'émeutiers lors des affrontements avec la police quelques jours auparavant.
 
Les accusations portées contre les émeutiers constituaient une nette escalade dans la réponse du gouvernement aux manifestations qui secouent Hong Kong depuis des semaines.

Des « affrontements avec la police » ont eu lieu lors d’une manifestation non approuvée. Participer à ces activités n’est pas un péché pour moi, j’ai déjà fait ça aussi. Mais si l’on prend part à des émeutes, il faut être prêt à en accepter les conséquences. Certaines personnes violentes ont été attrapées. Le gouvernement va les punir. Ce sont les règles universelles du jeu. Alors, pourquoi est-ce considéré comme une « nette escalade » lorsque le gouvernement de Hong Kong accuse des émeutiers ?

Les accusations vont probablement ajouter à la colère du public. Le gouvernement a annoncé mardi soir que 44 personnes arrêtées dimanche soir avaient été accusées d'émeutes. En outre, un homme de 33 ans serait également accusé d'avoir agressé un agent de police et un homme de 24 ans a été accusé de possession d'armes offensives.
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À mesure que la nouvelle des accusations se répandait, des centaines de personnes vêtues de noir, couleur du mouvement de protestation, se sont rassemblées autour du poste de police de Kwai Chung, où les suspects étaient détenus. La police a ordonné à la foule de se disperser et a utilisé du gaz au poivre contre certains manifestants.

L’auteur semble croire à la «théorie de la violence marginale». Il pense que les accusations contre eux augmenteront le soutien des émeutiers. Il sera déçu. La plupart des habitants de Hong Kong méprisent les attaques contre les policiers et les émeutes qui perturbent leurs affaires et leur quotidien.

À propos – ceux qui doutent encore que les incidents à Hong Kong soient une tentative de « révolution de la couleur » à l’initiative des États-Unis devraient relire le dernier paragraphe ci dessus : « les gens vêtus de noir, la couleur du mouvement de protestation ».

Vient maintenant un paragraphe dans lequel l’auteur du New York Times ment carrément :

Vers 23 heures, un petit nombre d’agents sont sortis du poste pour affronter les manifestants, dont un policier tenant un fusil qu’il a pointé sur les personnes rassemblées, mais il n’a pas tiré. L’arme n’avait pas la couleur orange distincte de celle utilisée par la police pour tirer des balles en caoutchouc, faisant craindre qu’elle déploie des armes plus meurtrières.

Le Times utilise cette photo pour illustrer la scène :

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Cela ressemble à un flic agressif.

Cependant, l’image et le texte du Times sont très trompeurs. Ci-dessous deux vidéos postées par Stella Lee de HK News. Elles montrent que la foule a violemment attaqué deux policiers solitaires, leur a jeté des objets, et a même tiré l’un d’eux au sol et l’a piétiné. Les assaillants ne se retirent que lorsque l’un des policiers lève son arme.

Stella Lee @StellaLeeHKnews - 18h34 UTC · 30 juil. 2019
 
Une vidéo diffusée en ligne montre un policier braquant son arme sur les manifestants après avoir été battu par eux près du commissariat de Kwai Chung. #antiELAB

Stella Lee a ensuite posté une autre vidéo montrant un petit groupe de policiers, constamment attaqués, se retirant de la scène.

Stella Lee @StellaLeeHKnews - 19:52 UTC · 30 juil. 2019
 
Les manifestants ont jeté des bouteilles et des parapluies sur des policiers déployés pour retrouver un homme évanoui près de la station de métro de Kwai Fong. Les policiers ont réagi en les aspergeant de gaz au poivre. #ExtraditionBill

Alors, qui est l’agresseur ici ?

Le South China Morning Post note :

Un policier a pointé un fusil sur une foule de manifestants mardi soir, craignant pour sa vie, après qu'il a été encerclé et que son casque a été volé, a annoncé la police.

Le sergent a braqué son arme, chargée de cartouches de plomb, lors d'affrontements au cours desquels 23 autres officiers ont été agressés et éclaboussés de liquide corrosif, a-t-il ajouté.
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À 21h30, lorsque deux véhicules de la police ont quitté le poste de police, les manifestants ont jeté un liquide corrosif sur les agents à proximité.

Une heure plus tard, des officiers ont été envoyés à la station de Kwai Fong, où il y aurait eu un assaut. Il était écrit dans la déclaration que, à leur retour de la station : «Deux officiers étaient entourés d’un groupe important de manifestants radicaux qui ont lancé des objets et des attaques».

«L'un d'entre eux a été agressé par de nombreuses personnes. Afin de protéger sa vie et sa sécurité personnelle, il a brandi un fusil chargé de cartouches de plomb», a-t-il poursuivi. "L'officier a également eu son casque arraché."
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La police a déclaré que 24 policiers avaient été agressés ou avaient reçu des liquides corrosifs dans le fracas qui a suivi, et cinq d'entre eux avaient été envoyés à l'hôpital.

Les vidéos soutiennent la description de l’incident par la police. Le reportage du NYT est clairement faux.

Le policier qui a échappé au lynchage a été immédiatement identifié par les manifestants. Sa famille aura besoin d’une protection :

Des informations personnelles sur l'agent et une supposée photo de sa famille sont apparues sur les réseaux sociaux quelques heures après que des images de son geste pointant le fusil aient été largement diffusées.

Que les manifestants ne soient pas des enfants de chœur pacifiques est évident. Cela se voit également sur ces photos de combats antérieurs avec la police.

Le South China Morning Post a également publié en direct sur son blog les émeutes de dimanche :

La police de Hong Kong et les manifestants se sont encore affrontés dimanche soir dans ce qui est devenu une scène habituelle à Hong Kong.
 
La police a procédé à au moins une douzaine d'arrestations alors que des gaz lacrymogènes étaient tirés à divers endroits de l'île de Hong Kong. Les manifestants ont défilé sans autorisation pour la deuxième nuit consécutive, après une manifestation illégale qui s'est terminée dans des affrontements sanglants à la station de métro de Yuen Long samedi

La violence a continué jusqu'à ce que les manifestants se dispersent à minuit ...

Certaines des images en direct du blog montrent les projectiles utilisés par les manifestants contre la police :

23h31 - Davantage de manifestants rejoignent la dernière tribune dans la rue Jubilee.

Une centaine de manifestants sont venus de la direction de Wan Chai pour reprendre leur place à un barrage routier de la rue Jubilee. La zone est celle où la police a repoussé les manifestants hors du bureau de liaison. Sur une passerelle à proximité, on voit des briques et des bâtons de bambou taillés dans des échafaudages.
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Les briques et les bâtons de bambou sont prêts à être utilisés contre les policiers. Le recours à une telle violence contre eux, promue le 30 juin dans les éditoriaux du Times, semble avoir un certain effet. À la fin, l’article du NYT d’aujourd’hui les encourage à faire leur travail :

La police était visiblement plus agressive lorsqu'elle avait attrapé des manifestants et en avait arrêté au moins 49 le lundi matin. Parmi eux, 32 hommes et 17 femmes âgés de 16 à 41 ans. Deux d'entre eux ont été libérés à titre temporaire, tandis que deux autres ont été libérés sous caution dans l'attente d'un complément d'enquête, ont annoncé les autorités. Les accusés devaient comparaître devant le tribunal mercredi matin.

Le gouvernement de Hong Kong a bien traité le problème. Il supprimait, pour le moment, l’amendement utilisé comme prétexte pour lancer les manifestations de «changement de régime». La participation à celles-ci a immédiatement commencé à diminuer. Le gouvernement a ensuite retourné la « théorie de la violence marginale » contre les manifestants. Cela a permis aux principaux manifestants, qui sont pour la plupart des étudiants issus de mouvements que les États-Unis soutiennent secrètement, d’escalader la violence. Tandis que la police se retenait d’utiliser des mesures extrêmes, les émeutiers ont augmenté le niveau des leurs. Même les médias de Hong Kong qui ont soutenu les manifestations ont dû en prendre note. Maintenant les fruits sont mûrs. Le gouvernement peut arrêter les dirigeants des émeutes et les mettre en prison. Tout le monde sauf le NYT reconnaît que c’est la chose légale et juste à faire. Cela ne fera pas protester un public plus large.

Les États-Unis et le NYT ont perdu leur deuxième tentative de retourner Hong Kong contre la Chine continentale. Dans trois ou cinq ans, ils réessayeront. Ce sera de nouveau en vain.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

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