Un Axe Asiatique contre les États-Unis


Par Yasemin Asan et Fazlı Şahan – Le 13 juin 2019 – Source yenisafak.com

Asya'nın önemli güçleri 14-15 Haziran tarihlerinde Tacikistan'ın başkenti Duşanbe'de buluşuyor.

Washington est déjà devenue la « plus grande menace mondiale» en raison de ses attaques financières, de ses sanctions et de ses tentatives de sabotage. Les 14 et 15 juin, une réunion de la Conférence sur les mesures d’interaction et de renforcement de la confiance en Asie (CICA) se tiendra à Douchanbé. Les journalistes du Yeni Shafak sont certains que l’attention du monde entier sera attirée par ce sommet. La Turquie, la Chine, la Russie, le Pakistan et l’Iran devraient apporter une réponse puissante aux États-Unis.


Les 14 et 15 juin, les pays asiatiques sous pression américaine se rencontrent à Douchanbé. La Turquie, la Chine, la Russie, le Pakistan et l’Iran devraient apporter une réponse puissante aux États-Unis. Washington est déjà devenue la « plus grande menace mondiale » à cause des organisations terroristes qu’elle crée et soutient, de ses attaques financières, de ses sanctions et de ses tentatives de sabotage.

La recherche d’une union des forces contre les États-Unis, qui sont devenus la plus grande menace au monde contre la sécurité et la stabilité, prend de l’ampleur. Alors que Washington applique de plus en plus une politique de pression et de sanctions, et tente d’imposer son hégémonie, les principales puissances asiatiques se réunissent les 14 et 15 juin à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan.

À cet égard, l’attention du monde sera attirée sur le cinquième Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Conférence sur les mesures d’interaction et de renforcement de la confiance en Asie (CICA). Le président Erdogan, qui devrait à nouveau apparaître sur la même photo que le président chinois, Xi Jinping, et que le président russe, Vladimir Poutine, appellera de ses vœux une « coopération plus active » pour transformer le système international actuel, devenu intenable.

La CICA est une organisation internationale très importante qui vise à renforcer la coopération en Asie. Cette organisation est considérée comme l’un des indicateurs les plus importants de l’évolution des rapports de forces sur la scène mondiale. La CICA, qui regroupe 27 pays membres représentant 90% de la population du continent, définira une feuille de route décrivant les mesures à prendre contre les États-Unis, qui sont devenus le moteur de l’instabilité dans le monde entier.

Un banditisme incontrôlé

La réunion de cette année se distingue des sommets précédents en ce que les pays qui sont les locomotives de la CICA, comme la Chine, la Russie, la Turquie et l’Inde, sont, à divers titres, menacés par des sanctions des États-Unis. On s’attend à ce que ces quatre pays, désireux de prendre des mesures contre le blocus économique, politique et militaire imposé par Washington, en leur qualité d’acteurs d’un monde nouveau, envoient de puissants signaux depuis Douchanbé.

L’alliance sioniste-évangélique, qui utilise l’« arme du dollar » pour affaiblir les économies nationales, qui sème le chaos au sein de nombreuses régions du monde – pour garder le contrôle des routes commerciales internationales – et qui soutient, par des coups d’États, le renversement d’acteurs perçus comme des « menaces », et qui, avec l’aide d’organisations terroristes s’efforce de redessiner les frontières en mettant en danger la vie de millions de personnes par le biais de sanctions, peut se voir opposer la plus sérieuse résistance de la part de l’axe asiatique, constitué par la coopération entre la Chine, la Russie et la Turquie.

En effet, à l’heure actuelle, les États-Unis constituent la principale menace pour les membres de la CICA. Beijing, Moscou, Ankara, New Delhi, Islamabad et Téhéran ont de nombreux sujets de conflit avec Washington. Ces contradictions peuvent être brièvement résumées comme suit.

La menace du dollar. On sait que les États-Unis ont récemment ciblé les économies nationales au moyen du dollar. Washington utilise le pouvoir déterminant du dollar dans l’économie mondiale comme une arme. À Douchanbé, la recherche de moyens de créer un nouvel ordre commercial fondé sur les monnaies nationales à l’échelle mondiale sera également abordée.

Le projet « Une ceinture, une route ». Ce projet chinois également appelé « nouvelle route de la soie », est capable de bouleverser profondément l’économie américano-centrée. Dans ce projet d’un montant estimé à mille milliards de dollars, et qui regroupe des dizaines de pays d’Asie, d’Afrique et d’Europe, le Tadjikistan joue également un rôle stratégique.

Les Guerres technologiques. Le géant chinois des télécommunications Huawei, menacé de sanctions et de blocus par les États-Unis et leurs alliés occidentaux, devrait également figurer à l’ordre du jour de la CICA. L’annonce selon laquelle cette entreprise de technologie chinoise construira une infrastructure 5G en Russie, porte gravement atteinte à la politique des sanctions de Washington.

ISIS. [Organisation interdite dans la Fédération de Russie, NdT]. Les services de renseignement chinois et russes ont déterminé que l’organisation terroriste ISIS, qui joue un rôle de « clé de voûte » du chaos américain au Moyen-Orient et en Afrique, a récemment fui en Asie centrale. Il est à noter que les États-Unis, après avoir déplacé l’organisation terroriste ISIS en Afghanistan et dans la vallée dE Ferghana, souhaitent à nouveau déstabiliser l’Asie centrale. Le sommet de Douchanbé examinera également les mesures à prendre contre cette présence d’ISIS.

Le Système de défense aérienne S-400. La Turquie, qui a reçu des menaces des États-Unis depuis la signature de l’accord S-400 avec la Russie, fera également l’objet de sanctions économiques et militaires le mois prochain après la livraison des missiles. Washington exclut Ankara du projet F-35, dans lequel la Turquie est partenaire, et fait ainsi preuve d’un banditisme sans précédent. L’Inde, comme la Turquie, se prépare à acquérir le S-400 auprès de la Russie. Bien sûr, ce pays est également confronté au chantage des États-Unis.

L’Ennemi Commun

La Chine. Les États-Unis sont entrés dans une guerre commerciale féroce contre la Chine. Cette lutte, qui a commencé par une augmentation des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, s’est étendue au secteur des technologies, et les États-Unis ont mis en place un certain nombre d’interdictions à l’encontre du géant technologique chinois, Huawei. Récemment, le président américain Trump a déclaré que si le président chinois Xi Jinping ne participait pas au sommet du G20 ce mois-ci, et ne le rencontrait pas, des droits de douane supplémentaires seraient alors imposés sur les produits chinois.

L’Inde. C’est un autre pays qui, avec la Turquie, fait face aux menaces américaines en raison de l’achat des S-400 russes. Les États-Unis ont exercé des pressions sur l’Inde, notamment via la Turquie. Les États-Unis, opposés à l’acquisition des S-400 par l’Inde auprès de la Russie, ont lancé des menaces, citant la Turquie à titre d’exemple. Les États-Unis ont déclaré: « Prêtez attention au conflit très sérieux avec notre allié de l’OTAN, la Turquie. Dans le cas de l’achat par l’Inde des S-400,  les mêmes conséquences auront lieu ».

La Russie. Les États-Unis et  la Russie se livrent une rude bataille à l’échelle mondiale. Dans la mesure où les intérêts des deux pays rentrent en collision dans différentes régions, de l’Ukraine à la Méditerranée orientale, Washington menace souvent Moscou.

Le Pakistan. Le Pakistan fait également partie des pays qui participeront au sommet. Le Pakistan est également sous la menace et la pression des États-Unis. Les États-Unis, affirmant que « le Pakistan luttait de manière inefficace contre les organisations terroristes », ont gelé toute aide financière au Pakistan. Le fait que les États-Unis aient adopté une telle position à l’égard de ce pays joue sans aucun doute un rôle dans les tentatives d’Islamabad de développer des relations étroites avec Beijing.

L’Iran. C’est le premier pays auquel les États-Unis sont confrontés. À la suite du retrait de l’accord nucléaire conclu sous l’administration Obama, et du durcissement des sanctions économiques, les États-Unis ont introduit de nouvelles sanctions à l’encontre de l’industrie pétrochimique iranienne. Les sanctions visent les entreprises pétrochimiques qui apportent un soutien financier au Corps des gardes de la révolution islamique (CGRI) d’Iran. Il y a quelques mois, les États-Unis ont déclaré que le CGRI était une organisation terroriste.

À Douchanbé, la parole est à la Turquie

La Turquie a été présidente par intérim de la CICA de 2010 à 2014, après quoi elle a transmis le relai à la Chine. Pendant la présidence de la Turquie, l’Irak ; le Vietnam ; Bahreïn ; le Cambodge ; le Bangladesh et le Qatar sont devenus membres du forum, tandis que les Philippines et le Sri Lanka ont été admis en qualité d’observateurs. Le statut d’observateur de la CICA, qui regroupe 27 membres, compte huit États et cinq organisations internationales. L’attention, lors du forum, sera sans aucun doute portée sur le président Erdoğan. Erdoğan, qui présentera ses idées dans de nombreux domaines, allant de l’énergie à la lutte contre le terrorisme, de la sécurité à la migration, de la défense au commerce, lancera un appel en faveur du réel lancement d’actions efficaces contre l’alimentation en sous-main du chaos par le banditisme mondial. Outre Erdoğan, de nombreux dirigeants, dont Vladimir Poutine, Xi Jinping, Hassan Rouhani et Mahmoud Abbas, participeront au sommet organisé par le président tadjik Emomali Rahmon. En marge du sommet, Erdoğan tiendra de nombreuses discussions bilatérales.

Le professeur Dr. Salih Yılmaz a commenté les tâches du sommet : « L’Amérique utilise le dollar comme une arme. Il est possible de neutraliser le dollar en créant un centre financier à base de crypto-monnaies. La Turquie peut obtenir financièrement des concessions de la part de la Chine et de la Russie ». Et le directeur du Centre turc d’études stratégiques pour l’Asie (TASAM), Süleyman Şensoy, a déclaré: « Le sommet de la CICA est une version asiatique de l’OSCE. Les contacts pris par le président Erdoğan lors du sommet montreront une nouvelle fois le rôle de la Turquie en qualité d’organisme de régulation de la sécurité entre l’Est et l’Ouest. »

Yasemin Asan et Fazlı Şahan

Traduit du Turc par par Carpophoros, relu par Cat pour le Saker Francophone

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