Réalignements


Une société saine d’esprit ne peut pas sortir de la psychose par le débat. Elle doit diagnostiquer le patient avec une précision impitoyable et rétablir la frontière ancestrale entre les fous et les libres. − LHGrey à propos de « X »


Par James Howard Kunstler – Le 17 août 2026 – Source Clusterfuck Nation

À l’époque des voiliers, une certaine zone subtropicale de l’océan était connue sous le nom de « latitudes des chevaux ». Là-bas régnait un calme sinistre, parfois pendant des semaines, paralysant la progression des navires en pleine traversée. Dans un élan désespéré pour économiser l’eau à bord, les capitaines ordonnaient de jeter par-dessus bord les chevaux transportés vers l’Amérique, et les carcasses gonflées de ces animaux dérivaient en un cortège sinistre, servant d’avertissement aux autres marins s’aventurant dans cette zone d’immobilité et de mort.

Cette période de plusieurs semaines à la fin de l’été est devenue, pour la politique américaine, l’équivalent des « latitudes des chevaux » dans les affaires humaines. Les primaires sont pour l’essentiel terminées, du moins celles qui comptaient. Le Congrès a quitté le marécage du Potomac pour les lacs, les côtes et les foires de campagne, là où le maïs pousse haut. La chaleur de la mer d’Oman doit transformer le pont d’un porte-avions américain en une plaque chauffante géante que les marins craignent de fouler [Référence à des tentatives de suicides de marins à bord d’un porte-avions de l’US Navy, Ndt]. Même la multitude d’avocats du pays éteint ses téléphones portables et contemple l’horizon vide et aqueux, la tête pleine de liqueur brune glacée.

Nous, les civils, sommes coincés entre le marteau et l’enclume… deux partis politiques tournoyant vers le gouffre de l’extinction dans une nation qui semble dériver vers les confins du monde connu. En arrière-plan, un remaniement massif se met en place. Les anciens partis du travail et de la propriété ont oublié leur raison d’être. Le travail s’est enfui au Mexique, en Chine et vers d’obscures contrées lointaines, il y a des décennies. La classe possédante est toujours là, mais elle s’est entièrement fourvoyée dans l’escroquerie et la fraude.

En l’absence de travailleurs à défendre, les Démocrates sont devenus un parti de racketteurs agitant les spectres de la race et du genre, qui se rassemblent désormais en une horde insectoïde de marxistes prédateurs ; dans l’ensemble, leurs pitreries s’apparentent à un spectre de maladies mentales. Les électeurs qui ont réussi tant bien que mal à préserver un certain sens de la décence mentale abandonnent de plus en plus cette coalition de fous — mais vers qui se tourner ? C’est exactement ce qui se passe dans l’État du Michigan avec la montée en puissance d’Abdul el-Sayed, qui ajoute un wagon de djihad à son train de folie bolchevique. Des Démocrates de longue date, comme l’avocat Démocrate Julian Epstein, quittent publiquement le navire pour soutenir l’adversaire d’el-Sayed, Mike Rogers [un Républicain, NdT].

Les vieux schnocks incompétents à la tête du Parti démocrate — du genre de Chuck Schumer, Hakeem Jeffries, Mark Warner, Liz Warren, Chris Murphy, Sheldon Whitehouse — sont soudainement introuvables (et se font discrets). Ils n’osent pas dénoncer cette dernière vague de folies « nouvelles et améliorées » car, apparemment, la folie est tout ce qui reste au parti : voler les biens d’autrui… prétendre changer de sexe… organiser des fraudes à grande échelle… exiger des dédommagements pour des affronts imaginaires… et nourrir le Léviathan vicieux qu’ils veulent voir devenir le gouvernement.

Et ne soyez pas trop sûrs que le fait de se rallier autour de la figure d’une certaine AOC en 2028 va sauver cette formation. Sandy essaie de faire croire qu’elle se situe quelque part entre les deux, entre l’ancienne direction officielle incompétente et les communistes purs et durs, mais elle reste membre de l’odieuse « Squad » composée de la fraudeuse somalienne Ilhan Omar, de la djihadiste Rashida Tlaib et de la profiteuse raciste Ayanna Pressley — ce qui signifie qu’il s’agit exactement du même genre de folie que le parti cultive depuis plus d’une décennie. Ce qu’il reste à l’Amérique de découvrir au sujet d’Alexandria Ocasio-Cortez, c’est qu’elle n’est qu’une simple opportuniste sans aucune substance, si ce n’est un certain talent pour les jeux de collégiennes… Une Eva Perón sans le sens des affaires.

À l’autre extrémité du spectre politique se tiennent les fantômes Républicains du Congrès, occupés à ne rien faire depuis un an et demi malgré leur majorité dans les deux chambres. Ils sont parfaitement incarnés par le sénateur Mitch McConnell, qui est très probablement mort, pour autant que l’on sache vraiment. John Thune, quant à lui, est une sorte d’anti-leader, faisant tout son possible pour se soustraire à ses devoirs : il étouffe la réforme électorale sous des conneries procédurales obscures, fait obstruction à la confirmation d’importants candidats à des postes dans les agences et de juges fédéraux, et « ouvre » des séances fantômes de sa chambre pour empêcher le président de procéder à des nominations pendant la suspension des travaux. Et pourquoi ? Probablement pour la simple raison qu’il souhaite simplement se dissocier, ainsi que bon nombre de ses collègues, du président, car celui-ci est jugé trop maladroit pour leur club.

À ce propos, on voit M. Trump et sa faction se démarquer, mais pas seulement eux, dans ce grand jeu. Il traverse une période difficile en cette saison estivale morose. Mais malgré les apparences, et malgré les fanfaronnades émanant de Téhéran, il a déjà réussi à neutraliser l’Iran tandis que le secrétaire Bessent maintient le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), véritable force déchaînée, dans un étau économique qui se resserre sans cesse. Il y a des raisons de croire que cela finira bien pour le Moyen-Orient, en fait par un réalignement épique des intérêts réels, plutôt que par des animosités tribales obsolètes.

M. Trump travaille également d’arrache-pied pour réorienter les intérêts américains sur le plan intérieur vers une économie fondée sur la production de biens de valeur, plutôt que sur la simple réalisation de profits grâce à des manœuvres financières trompeuses. C’est une tâche gigantesque qui prendra du temps à porter ses fruits, car on ne construit pas d’usines du jour au lendemain et on ne peut pas réorienter instantanément une classe ouvrière démoralisée vers des opportunités qui ne se concrétiseront que dans plusieurs mois. En attendant, ayez un peu de foi si vous le pouvez, même si ces dernières décennies ont été particulièrement dépourvues de foi pour notre nation en proie à tant de maux, et que nous sommes trop habitués à la mauvaise foi.

Tenez bon pendant ces jours d’août apathiques et torpides, et préparez-vous à passer à l’action à l’automne, car cela approche. Et cela inclut un règlement de comptes tant attendu pour les nombreux crimes commis contre les habitants de ce pays par certains des nôtres. Une nouvelle structure de permissions se met en place là-bas, dans le crépuscule brumeux : vous serez libres de cesser de faire semblant sur bien de choses qui comptent.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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