Les universités comme foyer de propagande


Par Hanne Herland − Le 26 septembre 2019 − Source wnd.com

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De nos jours, les universités semblent être les foyers principaux de la propagande partiale et politiquement correcte. C’est là que les étudiants apprennent à ne pas penser librement. C’est là que les jeunes apprennent à devenir obéissants aux élites ordinaires et illibérales qui s’efforcent chroniquement de détruire la pensée libre en Occident, écrit Hanne Herland dans sa chronique hebdomadaire du principal média conservateur américain, WND.

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Les débats ne sont plus libres et ouverts ; le campus universitaire est plutôt le théâtre d’une poussée autoritaire stricte contre la liberté d’expression et la diversité des opinions.

Basé sur sa vision idéologique, le professeur donne des cours et imprègne efficacement l’esprit des jeunes. Et il n’est pas nouveau que la recherche repose souvent sur des hypothèses purement subjectives.

Thomas S. Kuhn, historien et philosophe des sciences, a attiré l’attention par ses travaux dans les années 1960, en montrant à quel point la recherche à l’université était très subjective, et à quel point il était facile de promouvoir de la propagande. La vision dominante du monde influence fortement les opinions des professeurs et des étudiants.

Le scientifique est – individuellement – souvent très influencé par les idéologies de son temps et soumis à la pression de ses pairs, pour parvenir aux conclusions dont il sait qu’elles seront applaudies. Il a tendance à finir par interpréter son sujet conformément aux tendances.

Dans «La structure des révolutions scientifiques», Kuhn explique qu’en science, la compréhension dominante de la réalité repose sur une série d’hypothèses. Il incombe à l’intellectuel de produire des preuves à l’appui du consensus académique dominant, que Kuhn appelle le paradigme dominant.

Un paradigme est le cadre théorique d’une école scientifique, la manière populaire de voir le monde. Il peut fonctionner à merveille et permettre aux scientifiques de fournir une base pour inclure les éléments de ses découvertes dans un système global de compréhension. Pourtant, si les paradigmes sont inadéquats, ils finissent par faire de fausses hypothèses et leurs conclusions échouent. Ils arrivent aux mauvaises conclusions.

Kuhn souligne que le rôle de l’intellectuel de l’opposition est de remettre en question le paradigme dominant et de briser le blocage des suppositions politiquement correctes. Si personne n’ose sortir de l’impasse, et si personne ne pose des questions critiques pour examiner l’hypothèse courante, la qualité de la pensée intellectuelle se trouve progressivement réduite. Le résultat final est un système totalitaire dans lequel le travail du professeur n’est plus d’examiner les preuves, mais de présenter des arguments qui soutiennent les idées des élites en place.

En effet, d’autres avant Kuhn avaient étudié le problème de la distorsion de l’histoire afin de mieux l’adapter aux paradigmes en vogue.

Dans les années 1600, Francis Bacon se plaint, dans «Novum Organum», du scientifique médiéval, qui n’a pas effectué suffisamment d’expériences avant de formuler ses conclusions. Le scientifique a d’abord posé la question, puis cherché les réponses qu’il souhaitait, dit Bacon, celles qui correspondaient à ses hypothèses, pour commencer. Il a déclaré que la méthode d’un scientifique finissait trop souvent par accommoder les preuves à sa propre idéologie ou à ses préférences.

C’est, par exemple, un fait historique que le haut Moyen Âge était une époque où les monastères étaient les principaux lieux d’apprentissage intellectuels. Ils formaient l’élite et fournissaient des soins aux pauvres et aux nécessiteux. Pourtant, les professeurs des temps modernes ont souvent qualifié cet âge «l’âge des ténèbres».

Il est vrai que le terme fait également référence à la période postérieure à la chute de l’Empire romain, mais beaucoup l’utilisent régulièrement lorsqu’il est fait référence au début du Moyen Âge, en se focalisant négativement sur la vision religieuse du monde de l’époque. D’autre part, les années 1600 sont décrites comme «l’ère des lumières», ce qui implique la croyance que cela rendait l’époque plus «éclairée» que les précédentes, en mettant en question Dieu et en critiquant de plus en plus la religion traditionnelle, recherchant d’autres explications à la nature.

Il semble exister un besoin sous-jacent, un ordre du jour caché, pour insinuer qu’une époque de fortes convictions religieuses était automatiquement «une phase sombre» de l’histoire européenne. Pourtant, ce sont les penseurs médiévaux de l’époque chrétienne qui ont, les premiers, développé la rationalité à grande échelle, plaçant la capacité de raisonnement au même niveau que la foi, affirmant que ces deux chemins conduisent à la connaissance. Les scolastiques du Moyen Âge ont étudié la nature et le cosmos pour mieux comprendre Dieu et ont fortement insisté sur la nécessité de la rationalité. Ils ont jeté les bases de l’étude ultérieure de la science moderne et de l’ordre dans la nature.

Les professeurs et les intellectuels devraient défendre sans crainte la liberté de parole, au lieu de devenir les marionnettes d’une élite universitaire, et plutôt faire entendre des voix critiques, posant des questions à ceux qui sont au pouvoir. Si les voix critiques sont réduites au silence et que les discussions ouvertes cessent, la recherche scientifique elle-même glisse dans un état apathique d’auto-confirmation. Ceci devient, comme le dit Harvey Mansfield, professeur à Harvard, une forme subtile de tyrannie, un despotisme mou.

Hanne Herland

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Le domaine pseudo-scientifique le plus connecté à la vie quotidienne est l'économie. Et c'est là que la propagande est la plus agressive. Les Écoles de Commerce ne font que préparer les étudiants à vivre dans un système libérale d'économie de marché, sans même étudier les théories et pratiques alternatives telles qu'elle ont été expérimentées dans le passé - voir ici le programme de prépa à HEC, voie scientifique. Celles-ci sont, au mieux, abordées anecdotiquement dans une optique paléontologique, comme dans un musée, mettant à jour les fossiles de l'esprit, heureusement disparus à jamais - selon eux.
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