La Russie et la guerre froide 2.0 1/2


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La guerre froide 1.0

Yeltsin

C’est un fait purement historique que « dans un revirement brutal de son retrait de l’Europe après 1918, consécutivement à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Washington employa tous les outils de diplomatie publique et culturelle disponibles pour influencer le cœur et l’esprit des Européens » 1 en tant que stratégie de la politique menée par les États-Unis pendant la guerre froide contre l’URSS 2 et la Russie de 1991 jusqu’à aujourd’hui. Sans aucun doute, les États-Unis ont réussi après 1990 à se transformer en la seule puissance hégémonique politico-militaire mondiale – un cas sans précédent dans l’histoire du monde 3.

On considère généralement que la fin de l’URSS et de ses alliés d’Europe de l’Est mit un terme à la guerre froide en tant que caractéristique cruciale des relations internationales et de la politique mondiale dans la seconde moitié du XXe siècle. Cependant, en réalité, la guerre froide n’était pas terminée en 1989, puisque selon l’approche occidentale, elle n’en était qu’à sa première étape et à sa première caractéristique (la guerre froide 1.0). Pendant 40 ans, les États-Unis et l’URSS ont combattu dans la guerre froide 1.0 qui était l’élément central de la politique internationale mondiale. Cependant, comme la principale cible des États-Unis dans cette lutte n’était pas l’URSS, mais essentiellement la Russie et que celle-ci a survécu après 1989, l’administration américaine a simplement poursuivi la même lutte dans le cadre d’une nouvelle guerre froide ou Guerre froide 2.0. La guerre froide 1.0 était la crise mondiale la plus grave après la Seconde Guerre mondiale, car les deux parties disposaient d’énormes quantités d’armes nucléaires et pouvaient compter sur leurs alliés. C’est totalement faux de prétendre que « tout cela prit fin – complètement et définitivement, surprenant pour beaucoup – en 1989 »4 puisque tout cela n’a pas pris fin. Par exemple, l’OTAN n’a pas pris fin, bien au contraire, l’OTAN est, après la guerre froide 1.0, dans un processus d’élargissement sans précédent. En d’autres termes, la guerre froide 1.0 est prolongée directement après 1989 par les bellicistes américains dans un nouveau paquet idéologique. Nous ne pouvons pas oublier non plus que la Guerre froide 1.0 a commencé en 1949 par la création de l’OTAN et, par conséquent, la Guerre froide 2.0 sera terminée lorsque la même organisation sera dissoute.

L’époque de la Guerre froide 1.0 est aussi appelée l’ère de la bipolarité, lorsque le monde était divisé en deux camps armés antagonistes. L’URSS craignait l’impérialisme américain et du fait que les États-Unis tentent de restaurer le système politique et économique de type occidental en Europe de l’Est. D’un autre côté, les États-Unis craignaient que l’URSS n’envahisse l’Europe occidentale. Face à ces craintes, les deux parties ont cherché à se défendre en nouant des alliances. Washington a également tenté de contenir l’URSS (en fait, la Russie) en créant une série de bases militaires autour du périmètre soviétique. La plus importante de ces bases a été celle pour les bombardiers nucléaires américains.

Pendant la guerre froide 1.0, il y a eu plusieurs cas de guerre au cours desquels deux superpuissances auraient pu entrer directement en conflit :

  1. La guerre de Corée de 1950-1953 a été la première expression belliqueuse de la Guerre froide 1.0 que mena la lutte bipolaire entre deux superpuissances de l’Asie et du Pacifique après la Deuxième Guerre mondiale. Occupée en août 1945 par les troupes soviétiques et américaines, la péninsule coréenne est devenue de facto politiquement divisée. Pendant la guerre, après les premiers succès militaires nord-coréens, les Américains contre-attaquent sous le commandement du général MacArthur et avancent vers la frontière avec la Chine. Ce mouvement entraîna à la fois l’intervention chinoise en octobre 1950 et une impasse, qui prit fin avec l’armistice de Panmunjom en 1953 et la partition de la péninsule le long du 38e parallèle 5.
  2. De 1945 à 1954, les habitants de l’Indochine luttaient pour leur libération de l’oppression coloniale française. Après la défaite de Dien Bien Phu en 1954, les troupes françaises se retirent, mais les États-Unis refusent de souscrire aux accords de Genève et construisent un gouvernement contre-révolutionnaire à Saigon sous Ngo Dinh Diem. La deuxième guerre indochinoise a donc éclaté de 1957 à 1975. Malgré les bombardements massifs et le déploiement de 500 000 soldats (y compris ceux de Corée du Sud), les États-Unis n’ont pas réussi à briser la résistance nord-vietnamienne pour la liberté et l’indépendance. Un arrangement de compromis en 1973 a finalement conduit à l’effondrement de Saigon en 1975, lorsque les troupes américaines ont évacué le Vietnam 6.
  3. Entre 1946, lorsque les troupes britanniques et soviétiques se sont retirées d’Iran, et 1955, le Moyen-Orient n’a pas tellement été affecté par la guerre froide 1.0. Cependant, après le Pacte de Bagdad de 1955, considéré aux yeux des Soviétiques comme une menace pour ses frontières méridionales, et la guerre de Suez de 1956, la situation générale dans la région changea radicalement. Lorsque les États-Unis sont intervenus au Liban en 1958, l’URSS s’est manifestée en faveur de la Syrie. Moscou a également soutenu les États arabes contre l’Israël sioniste soutenu par les États-Unis pendant les guerres israélo-arabes de 1967 et 1973 et renforça ses forces navales en Méditerranée orientale pour faire contrepoids à la sixième flotte des États-Unis. La guerre froide 1.0 divisa néanmoins le Moyen-Orient en deux blocs antagonistes (Israël sioniste contre les Arabes) avec des États formellement neutres qui ont essayé de maintenir un équilibre entre ces deux blocs centraux 7.
  4. En janvier 1961, deux ans après la Révolution cubaine, l’administration américaine rompit ses relations diplomatiques et autres avec le nouveau gouvernement cubain de Fidel Castro – un dirigeant de la Révolution cubaine. Trois mois plus tard, une invasion de Cuba par les exilés cubains de Floride, organisée par la CIA, échoua. Le 14 octobre 1962, un avion de surveillance américain découvre les missiles soviétiques et les sites de missiles à Cuba, le président américain Kennedy proclame une « quarantaine » de Cuba et avertit Moscou que les États-Unis riposteraient immédiatement contre l’URSS si les missiles devaient être utilisés. Les autorités de l’URSS ont accepté le 26 octobre de la même année de retirer les missiles. La menace réelle de guerre nucléaire dans ce cas particulier marqua un tournant dans l’histoire de la guerre froide 1.0.8.
La foule s’est rassemblée dans la rue pour voir le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev à Des Moines, Iowa, le 23 septembre 1959.

Cependant, il s’est avéré que l’évolution des systèmes de guidage et de lancement des ogives nucléaires américaines rendirent les politiques américaines obsolètes en général alors que, dans le même temps, le bloc de l’OTAN commençait à se relâcher, en particulier depuis 1958 lorsque la France, sous la présidence du Général de Gaulle, refusa d’accepter le leadership politique des États-Unis et en 1960 lorsque le conflit sino-soviétique éclata.

Une politique mondiale de l’après-guerre froide 1.0

En raison de la politique mondiale agressive de l’OTAN et de son élargissement vers l’Est après la fin officielle de la Guerre froide 1.0 (1949-1989), la question de la sécurité de l’État russe est réapparue comme l’une des préoccupations majeures en Russie.9. Pour l’OTAN, cependant, et son chef de file face aux États-Unis, la Guerre froide est toujours à l’agenda du monde puisqu’après 1990, son expansion et sa politique visent directement la Russie10 avec aussi la Chine en perspective. Néanmoins, le fait que l’OTAN n’ait pas été dissoute après la fin de l’Union soviétique (en dépit de toutes les explications officielles) est un argument crucial de l’opinion selon laquelle la guerre froide est toujours une réalité dans la politique mondiale et les relations internationales après 1989, en tant que Guerre froide 2.0.

Reagan Gorbachev
Le Président Reagan et Mikhaïl Gorbatchev après la signature du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en 1987.

Il est à noter que l’URSS fut tout simplement dissoute par la décision d’un seul homme – le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, qui, à ce sujet, conclut un accord crucial en octobre 1986 avec l’administration américaine lors de deux jours de rencontre bilatérale avec le président américain Ronald Reagan à Reykjavik en Islande.11 C’est un fait que l’URSS a été le seul empire dans l’histoire du monde qui fut dissous par son propre gouvernement alors que le reste des empires du monde ont été détruits soit de l’extérieur après les guerres perdues, soit de l’intérieur après des guerres ou révolutions civiles sanglantes 12.

Il y a à notre avis trois raisons hypothétiques principales qui expliquent la décision de M. Gorbatchev de simplement dissoudre l’Union soviétique :

1. La corruption personnelle de M. Gorbatchev par les gouvernements occidentaux (les États-Unis et la commission européenne).
2. La volonté de M. Gorbatchev d’empêcher l’exploitation économique de l’unité fédérale russe par le reste des républiques soviétiques qui était une pratique courante depuis le tout début de l’URSS après la (contre-)révolution bolchévique (anti-russe) et la guerre civile de 1917-1921.
3. La détermination de M. Gorbatchev à transformer la Fédération de Russie, se débarrassant d’abord du reste des républiques soviétiques, en un pays économiquement prospère et riche en vendant les ressources naturelles (gaz et pétrole) de sa propre Sibérie à l’Occident aux prix du marché mondial.

Pour ne pas gâcher de très bonnes relations d’affaires avec l’Occident, la politique étrangère russe de 1991 jusqu’en 2000 fut totalement molle et même soumise à l’Occident, à la merci duquel Moscou a laissé le reste du monde, y compris les anciennes républiques soviétiques avec au moins 25 millions de personnes d’ethnie russe en dehors de la Russie mère patrie. A titre de comparaison, Belgrade, en 1991, laissa également toutes les autres républiques yougoslaves quitter la fédération sans frais, au moins pour l’hypothétique deuxième raison de M. Gorbatchev de dissoudre l’URSS, mais avec une différence cruciale par rapport au cas russe de la même année : les Serbes de souche en dehors de la Serbie n’ont pas, du moins pas aussi gratuitement, été laissés à la merci des gouvernements des nouveaux États proclamés indépendants (anti-serbes et néonazis) sur l’épave de l’ex-Yougoslavie (anti-serbe et dominée par la Croatie et la Slovénie) 13. C’était le principal « péché » de la Serbie dans les années 1990 et c’est la raison pour laquelle elle était et est toujours sévèrement condamnée par l’Occident 14.

L’identité nationale de la Russie et la sécurité de l’État : D’Ivan le Terrible à la guerre froide 2.0

La politique étrangère et de sécurité de la Russie après la dissolution de l’URSS s’inscrit dans le cadre d’un débat plus large sur « l’intérêt national » de la Russie et même sur la nouvelle identité russe 15. Depuis 1991, lorsque son indépendance fut officialisée et reconnue internationalement, la Russie est en quête de son identité nationale et de sa politique étrangère et sécuritaire d’État.

Les cercles intellectuels russes ont beaucoup débattu du contenu de l’identité nationale russe pendant des siècles. Essentiellement, deux groupes et forces politiques opposés se sont formés dans à cet égard :

  1. D’une part, il y avait/a ceux qui croient que la culture russe fait partie de la culture européenne et, en tant que telle, la culture russe peut accepter certaines valeurs européennes (occidentales) cruciales dans son développement, comme ce fut le cas du temps de l’empereur Pierre le Grand (1672-1725) 16. Ce groupe, nous pourrions les appeler les « Occidentaux », n’a jamais nié l’existence des caractéristiques spécifiques de la Russie en tant que pays eurasien, mais ont toujours cru que rester dans le cadre du « spectre russe » équivaut au suicide national (un effet de « peur de l’isolement »).
  2. D’autre part, il y a ceux qui ont toutefois essayé de préserver toutes les formes traditionnelles de vie et d’organisation russes, y compris les caractéristiques politiques et culturelles de la civilisation russe, sans nier en même temps que la Russie est aussi un pays européen. Nous pouvons les appeler le groupe « patriotique », ou les « patriotes », d’orientation slave, en partie nationaliste, lesquels ont cru et croient encore que les valeurs civilisationnelles et culturelles de l’Europe (de l’occident) ne pourraient jamais être adaptées au caractère national russe et qu’il n’est nul besoin de le faire dans l’intérêt national russe (effet « peur de l’autodestruction »).

Une confrontation entre ces deux groupes caractérise à la fois l’histoire russe en général et le développement politique et culturel actuel en particulier. Une situation très similaire est, par exemple, celle de la Serbie d’aujourd’hui, où la société est fortement divisée entre les soi-disant partisans de la « Première » (« patriotique ») et de la « Deuxième » (« occidentale ») Serbie.

À l’heure actuelle, les éléments fondamentaux de l’identité nationale russe et la politique de l’État sont :

  1. La préservation de l’unité territoriale de la Russie.
  2. La protection de l’intégrité intérieure de la Russie et de ses frontières extérieures.
  3. Le renforcement de l’État russe, en particulier contre la politique en direction de l’Est par l’OTAN pendant la guerre froide 2.0.
  4. La protection de la diaspora russe sur le territoire de l’ex-URSS afin de ne pas connaître le destin des Serbes en dehors de la Serbie après la destruction violente de l’ex-Yougoslavie par l’Occident et leurs régimes-clients régionaux.

La Russie post-soviétique rejeta dans les années 1990 l’élément le plus important de sa politique étrangère historiquement existant depuis l’époque de l’empereur Ivan le Terrible (1530-1584), le code impérial (universel) – l’expansion constante de son territoire ou, du moins, la position d’une puissance qui ne peut être négligée dans le règlement des questions stratégiques globales 17.

Nous devons nous rappeler que le pouvoir croissant du Grand-Duché de Moscou, qui obtint son indépendance des Mongols en 1480 sous Ivan III, s’est d’abord exercé à l’est et au sud-est. Novgorod fut soumis en 1478 et Pskov peu après. La conquête du Khanat de Kazan par la Russie en 1552 ouvrit la voie à l’avancée à travers l’Oural et en Sibérie. La conquête du Khanat d’Astrakhan en 1556 donna le contrôle de la Volga et ouvrit une voie vers la mer Caspienne. C’était la traite des fourrures qui tenta les Russes entreprenants de plus en plus profondément en Sibérie jusqu’à ce que la côte du Pacifique soit finalement atteinte en 1639 et que l’emprise russe soit établie sur toute l’Asie du Nord. Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, la Russie s’est penchée sur la récupération de la Russie occidentale du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Lituanie (le Commonwealth des deux nations selon l’Union de Lublin signée en 1569) 18 lorsque des gains territoriaux importants furent réalisés jusqu’en 1686, Kiev et le Dniepr moyen ayant été libérés et les terres retournées à la Russie. Les Cosaques du Dniepr inférieur transférèrent leur allégeance de la Pologne à la Russie en 1654, et leur territoire, connu sous le nom de Zaporozh’ye, fut légalement incorporé en Russie de plein gré de ses habitants.

À la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle, la colonisation russe s’est répandue vers le sud à travers la rivière Oka. Néanmoins, l’isolement demeurait l’un des problèmes majeurs de l’époque pour la Russie, car il existait une forte demande potentielle de produits forestiers russes parmi les puissances maritimes occidentales. La Russie ne put toutefois pas tirer profit de ces exigences parce que le Royaume de Suède, le Sultanat ottoman et le Commonwealth des Deux Nations (Pologne et Lituanie) bloquèrent simplement le système de communication commerciale terrestre et maritime avec l’Europe occidentale. Les marchands britanniques ouvrirent la voie nord vers la mer Blanche et l’empereur russe Ivan le Terrible établit le port d’Archangelsk en 1584. Néanmoins, ce port maritime n’était disponible pour le commerce russe que pendant la courte saison estivale. L’empereur Pierre le Grand se donna pour tâche principale de percer à travers la mer Baltique et après la Grande Guerre nordique en 1700-1721 que la Suède déclencha, la Russie obtint le territoire suédois de l’Estonie et de la Lettonie actuelles et ainsi acquis le port maritime médiéval de Riga qui fut bientôt suivi par la recherche d’un autre territoire dans les pays baltes – Saint-Pétersbourg en 1703.

Ce qui fut fait par Pierre le Grand pour les pays baltes fut accompli dans le sud par l’impératrice russe Catherine la Grande (1762-1796)19. Elle mena des guerres en 1768-1792 qui conduisirent finalement à la destruction du Khanat des Tatars dans la péninsule de Crimée et au remplacement du contrôle ottoman par le contrôle russe sur la rive nord de la Mer noire, en Crimée, autour de la mer d’Azov et dans les steppes voisines20. La ville d’Odessa, fondée en 1794, devint bientôt pour la région de la mer Noire ce que la ville d’Archangelsk était pour la mer Blanche et Saint-Pétersbourg pour la mer Baltique – le port maritime central pour les exportations russes. De 1772 à 1815, les frontières de l’État russe progressèrent de quelque 960 km aux dépens du Commonwealth des Deux Nations. Par trois vagues de partitions (1772, 1793, 1795) 21, la Russie reçu la plus grande partie de la Pologne-Lituanie, et après les guerres napoléoniennes, le Congrès de Vienne accepta que l’empereur russe Alexandre Ier (1801-1825) devienne le roi d’un royaume reconstitué, le Royaume de Pologne (connu comme le Royaume du Congrès polonais) avec son propre gouvernement et administration polonaise 22. En conséquence de l’influence géopolitique russe, elle est devenue après le Congrès de Vienne la grande puissance la plus forte en Europe continentale.

Yeltsin
Le président Bill Clinton et le président russe Boris Eltsine à Paris en 1997

Après la guerre froide 1.0, la Russie d’Eltsine accepta toutefois le rôle mondial des États-Unis dans la troisième Rome du nouveau monde 23 et les États-Unis en tant que seule puissance hégémonique mondiale 24. Pour l’illustration, les États-Unis ont aujourd’hui 900 bases militaires dans 153 pays du monde. La position de serviteur de la Russie d’Eltsine à l’Ouest fut clairement prouvée lors de la destruction barbare de la Serbie par l’OTAN en 1999 – un fait qui légitima simplement la politique de l’OTAN sur l’impérialisme mondial américain.

Néanmoins, d’un point de vue historique, on peut dire que l’impérialisme américain a commencé en 1812 lorsque l’administration américaine proclama la guerre au Royaume-Uni afin d’annexer la colonie britannique du Canada 25. Cependant, les protagonistes d’une « théorie de stabilité hégémonique » soutiennent qu’« une puissance militaire et économique dominante est nécessaire pour assurer la stabilité et la prospérité dans une économie libérale mondiale. Les deux exemples clés de ces hégémons libéraux sont le Royaume-Uni à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, et les États-Unis depuis 1945 ». 26

A suivre

Traduit par Fabio, relu par Kira pour le Saker Francophone

Notes

  1. A. Stephan (ed.), The Americanization of Europe. Culture, Diplomacy, and Anti-Americanism after 1945, New York−Oxford: Berghahn Books, 2006
  2. D. Junker (ed.), The United States and Germany in the Era of the Cold War, 1945−1990: A Handbook, Cambridge: Cambridge University Press, 2004.
  3. D. P. Forsythe, P. C. McMahon, A. Wedeman (eds.), American Foreign Policy in a Globalized World, New York−London: Routledge, 2006
  4. J. Haynes, P. Hough, Sh. Malik, L. Pettiford, World Politics, New York: Routledge, 2011, 701.
  5. Voir plus dans B. Cumings, The Korean War: A History, New York: Random House, 2011
  6. Voir plus dans [R. Freedman, Vietnam: A History of the War, New York: Holiday House, 2016
  7. Voir plus dans Ch. Herzog, The Arab-Israeli Wars: War and Peace in the Middle East, New York: Random House, 2004
  8. Voir plus dans D. Munton, D. A. Welch, The Cuban Missile Crisis: A Concise History, New York, USA−Oxford, UK, 2011
  9. Sur l’histoire de la guerre froide, voir dans J. Lewis, The Cold War: A New History, New York: Penguin Books, 2005; M. V. Zubok, A Failed Empire: The Soviet Union in the Cold War from Stalin to Gorbachev, The University of North Carolina Press, 2007
  10. K. W. Thompson, NATO Expansion, University Press of America, 1998.
  11. J. G. Wilson, The Triumph of Improvisation: Gorbachev’s Adaptability, Reagan’s Engagement, and the End of the Cold War, Ithaca: Cornell University Press, 2014; K. Adelman, Reagan at Reykjavik: Forty-Eight Hours That Ended The Cold War, New York: HarperCollins Publishers, 2014.
  12. Sur la chute de l’URSS, voir dans S. Plokhy, The Last Empire: The Final Days of the Soviet Union, New York: Basic Books, 2014
  13. Sur différentes opinions de la nature de la Yougoslavie, voir dans J. B. Allcock, Explaining Yugoslavia, New York: Columbia University Press, 2000; R. Sabrina, The Three Yugoslavias: State-Building and Legitimation, 1918−2005, Indiana University Press, 2006
  14. Sur les guerres pour la succession de la Yougoslavie dans les années 1990, voir dans S. Trifunovska (ed.), Yugoslavia Through Documents: From its creation to its dissolution, Dordrecht-Boston-London: Martinus Nijhoff Publishers, 1994; S. L. Woodward, Balkan Tragedy: Chaos and Dissolution after the Cold War, Washington, D. C.: The Brookings Institution, 1995; R. H. Ullman, (ed.), The World and Yugoslavia’s Wars, New York: A Council on Foreign Relations, 1996; D. Oven, Balkan Odyssey, London: Indigo, 1996; B. Marković, Yugoslav Crisis and the World: Chronology of Events: January 1990−October 1995, Beograd, 1996; J. Guskova, Istorija jugoslovenske krize, I−II. Beograd: Izdavački grafički atelje „M“, 2003; V. B. Sotirović, Emigration, Refugees and Ethnic Cleansing: The Death of Yugoslavia, 1991−1999, Saarbrücken: LAP LAMBERT Academic Publishing, 2013
  15. M. Laruelle (ed.), Russian Nationalism, Foreign Policy, and Identity Debates in Putin’s Russia: New Ideological Patterns After the Orange Revolution, Stuttgart: ibidem-Verlag, 2012
  16. Sur Pierre le Grand et ses réformes de la Russie, voir dans L. Hughes, Russia in the Age of Peter the Great, New Haven−London: Yale University Press, 2000; J. Cracraft, The Revolution of Peter the Great, Cambridge, Mass.−London, England: Harvard University Press, 2003; J. Anisimov, Rusijos istorija nuo Riuriko iki Putino. Žmonės. Įvykiai. Datos, Vilnius: Mokslo ir enciklopedijų leidybos centras, 2014, 203−229
  17. Sur l’idée de Russie sacrée comme Troisième Rome, voir dans M. R. Johnson, The Third Rome: Holy Russia, Tsarism and Orthodoxy, The Foundation for Economic Liberty, Inc., 2004
  18. Z. Kiaupa, J. Kiaupienė, A. Kuncevičius, The History of Lithuania Before 1795, Vilnius: VILSPA, 2000, 243−251.
  19. Elle était d’origine protestante allemande convertie à la foi orthodoxe russe. A propos de sa biographie, voir dans M. W. Simmons, Catherine the Great: Last Empress of Russia, Make Profits Easy LLC, 2016
  20. Sur la Russie et la question occidentale, voir dans Ф. И. Успенски, Источно питање, Београд−Подгорица: Службени лист СЦГ−ЦИД, 2003
  21. I. Kapleris, A. Meištas, Istorijos egzamino gidas: Nauja programa nuo A iki Ž, Vilnius: Briedis, 2013, 174−179
  22. P. R. Magocsi, Historical Atlas of Central Europe, Revised and Expanded Edition, Seattle: University of Washington Press, 2002, 76.
  23. A propos de l’impérialisme et de l’hégémonie mondiale de l’après-Guerre froide 1.0 aux États-Unis, voir dans G. V. Kiernan, America, The New Imperialism: From White Settlement to World Hegemony. London: Verso, 2005; J. Baron, Great Power Peace and American Primacy: The Origins and Future of a New International Order, London−New York: Palgrave Macmillan, 2014
  24. N. Chomsky, Hegemony or Survival: America’s Quest for Global Dominance, New York: Penguin, 2004.
  25. H. B. Parks, Istorija Sjedinjenih Američkih Država, Beograd: Izdavačka radna organizacija „Rad“, 1986, 182−202.
  26. A. Heywood, Global Politics, London−New York: Palgrave Macmillan, 2011, 229.
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