La métamorphose du rêve américain : Le plan du Quatrième Reich fasciste


Par Phil Butler – Le 9 novembre 2016 – Source New Eastern Outlook

Le rapport que vous allez lire peut vous troubler. Certains d’entre vous peuvent douter des découvertes annoncées ici, au moins par réflexe. Quelles que soient les difficultés que vous avez peut-être éprouvées à déchiffrer les événements mondiaux actuels, au moment où vous aurez fini de lire, vous pourrez certainement recoller les morceaux de notre monde brisé. La nouvelle guerre froide dont vous êtes témoin est le genre de «pire scénario» pour l’humanité que vous pouvez lire dans les horribles histoires de science fiction. Les gens qui sont en charge de l’Amérique du Nord, de l’Europe et d’autres parties du monde, ont mis Armageddon en mouvement. Lisez la suite, si vous osez.

Lorsque mon collègue, l’analyste hollandais en géo-politique Holger Eekhof, est entré dans mon bureau avec une pleine poignée de documents dans ses mains la semaine dernière, je n’avais aucun moyen de savoir qu’il avait découvert un quatrième Reich nazi. Vous savez, si j’avais lu une telle suggestion il y a quatre ans, j’aurais certainement zappé la page.  Donc je ne vais pas vous blâmer si vous faites la même chose maintenant. Le terme nazi est trop souvent utilisé pour désigner un mal guttural, mais jamais aussi correctement que dans ce cas. Permettez-moi de vous mettre au courant, et alors nous pourrons suivre le pire cauchemar pour l’humanité.

Commençons par revoir l’Histoire telle que nous la connaissons

Lorsque Adolf Hitler a accédé au pouvoir en Allemagne dans les années 1930, les industriels du monde l’ont hissé sur le dos de l’humanité. Les entreprises britanniques, allemandes et américaines ont investi des milliards de dollars, en valeur actuelle, afin de créer la machine de guerre la plus dévastatrice que le monde ait jamais connue. Ford, General Electric, I.G. Farben (Bayer), Thyssen, les Rothschild, les Rockefeller et une liste de bienfaiteurs de l’élite européenne étaient des partisans irréfutables du Reich nazi naissant. Ce long rapport nomme quelques-unes des sociétés les plus rentables d’aujourd’hui qui ont financé les tueurs les plus efficaces de l’histoire. Ces faits sont en réalité déjà connus, mais ont besoin d’être rappelés ici pour une bonne raison. Ce financement continue.

Afin de saisir l’ampleur de la situation actuelle, il faut se rappeler quels étaient les objectifs du Troisième Reich d’Hitler. En outre, sachant ce que nous savons du rôle de la Grande-Bretagne et de l’Amérique pendant et après la Seconde Guerre mondiale, cela aidera le lecteur à réaliser ce qu’aurait pu être derrière le vrai Troisième Reich et avec quelle stratégie. C’est une enquête très approfondie, alors laissez-moi simplifier. Et si les vrais auteurs des horreurs nazies n’étaient pas les Allemands ou les Autrichiens ? Comment les intérêts américains et britanniques pouvaient-ils bien trouver leur compte dans une guerre si horrible ? Compte tenu des résultats il me semble prudent d’envisager que l’Allemagne a probablement été utilisée comme substitut pour parvenir à l’Alliance de l’Atlantique Nord, par exemple. Après tout, quelles sont les entreprises ou les élites qui ont disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale ? La réponse est évidente, alors passons à autre chose.

Des documents que mon collègue a apporté à nos bureaux proviennent du Parlement européen et sont innocemment intitulés : «Les communications stratégiques de l’UE en vue de lutter contre la propagande». À première vue, j’ai pensé : « Qu’y a-t-il de si différent ici, l’OTAN parle de la cyberguerre anti-russe depuis des mois ?» Cependant, en lisant les propositions, j’ai commencé à comprendre la véhémence d’Eekhof. «Nous devons le faire savoir aux gens maintenant», m’a-t-il dit. C’est pourquoi j’ai rapidement  rédigé cet article pour New Eastern Outlook. Remarquant les avertissements de Spoutnik et de Russia Today à cette époque, il me semblait que la question avait été correctement couverte pour le moment, jusqu’à ce que M. Eekhof ait invoqué un point important que j’avais manqué, la référence du document au christianisme orthodoxe. Environ trois jours après m’avoir livré les documents, Eekhof a rendu visite à un vieil ami, un puissant dirigeant de Trèves, un ancien de la CDU, pour lui poser des questions sur la position du parti de Merkel au sujet de cet aspect religieux. Ce que l’homme a dit à Eekhof lui a tourné la tête. Apôtre dévot d’Angela Merkel, Eekhof voulait que son ami ne soit pas d’accord avec le fait que la CDU s’en prenne à la religion orthodoxe. La réponse qu’il obtint stupéfia le Hollandais. «Si vous n’êtes pas d’accord avec les politiques de la CDU, alors vous devriez peut-être quitter le parti», lui répondit l’ancien officiel. Après avoir contacté la CDU pour une déclaration officielle, les responsables ont botté en touche et détourné le sujet. Il n’empêche que ces stupéfiantes déclarations restent. Ce projet de résolution devant le Parlement de l’UE est une doctrine pour condamner et finir par censurer la religion orthodoxe. Oubliez les allégations disant que RT et les autres réseaux russes sont de pires propagandistes que les médias occidentaux, du moins pour le moment. Ce langage reflète les théories diaboliques et la pratique d’Hitler lui-même. Cet extrait de son Mein Kampf est révélateur :

«La propagande ne doit pas rechercher la vérité objectivement et, dans la mesure où celle-ci est favorable à l’autre partie, la présenter selon les règles théoriques de justice. Elle ne doit présenter que l’aspect de la vérité qui lui est favorable. (…) Les pouvoirs réceptifs des masses sont très limités, et leur compréhension est faible. D’autre part, elles oublient vite. Dans ces conditions, toute propagande efficace doit se limiter à quelques rudiments essentiels et ceux-ci doivent être exprimés autant que possible dans des formules stéréotypées. Ces slogans doivent être répétés avec persistance jusqu’à ce que le dernier individu ait compris l’idée qui a été présentée. (…) Chaque changement introduit dans le sujet d’un message propagandiste doit toujours mettre en évidence la même conclusion. Le slogan principal doit évidemment être illustré de plusieurs manières et sous plusieurs angles, mais à la fin il faut toujours en revenir à affirmer la même formule.»

Le ministère de la Propagande du Quatrième Reich

Nous en arrivons donc à Russia Today, Spoutnik, RIA Novosti et à l’Église orthodoxe elle-même, qui deviennent complices et ennemis de l’Europe. Il n’y a pas d’autre moyen d’exprimer ce que Bruxelles est en train d’entreprendre. Cela nous amène à la révélation que l’Allemagne et les autres nations de l’UE sont essentiellement dirigées par un club familier. Cela nous amène à des comparaisons entre le journal nazi Völkischer Beobachter, et ses équivalents modernes appartenant à des entreprises familières. Nous devons nous rappeler ce qu’Hitler et sa machine de propagande ont fait juste avant d’envahir la Pologne. Je cite de nouveau le redoutable nazi :

«Je vais fournir un casus belli grâce à la propagande. Sa crédibilité n’a aucune importance. On ne demandera pas au vainqueur s’il a dit la vérité.»

La plupart des gens dans le dénommé «Occident» comprennent maintenant que leurs médias ont été achetés et sont vendus. Quant à ce qu’il faut faire à ce sujet, cela reste un dilemme, après tout il n’y a nulle part ailleurs où se brancher. J’ai pris note des entreprises américaines et britanniques qui se sont emparées de l’information, tout comme une centaine d’autres journalistes indépendants. Google accédant à des millions de personnes pour «promouvoir le message» en Europe, des oligarques occidentaux comme Rupert Murdoch possédant la presse, et même un contrôle gouvernemental direct est visible aujourd’hui. Comme il y a beaucoup d’intention machiavélique dans tout ceci, ce que nous avons découvert cette semaine a choqué cet écrivain américain. Quand Holger Eekhof m’a remis une copie d’un document d’Axel Springer [le plus grand groupe médiatique allemand, NdT], je n’en croyais pas mes yeux. Quelque chose, a-t-il dit, que «chaque Allemand sait», mais qui est absolument inconnu de 99% des Américains. Selon les directives d’Axel Springer, les journalistes qui ont signé doivent suivre à la lettre les points suivants :

  • Protéger les intérêts de l’Allemagne et de l’Union européenne.
  • Ne pas mettre les intérêts des Allemands au-dessus des intérêts des juifs et couvrir les nouvelles israéliennes.
  • Soutenir les publications de l’OTAN et les valeurs des États-Unis en général.
  • Condamner le totalitarisme.
  • Protéger le libre marché.

C’est une prise de conscience stupéfiante. En Grande-Bretagne ou en Amérique, le contrôle éditorial se fait en termes non écrits mais intégrés. En Allemagne cependant, la terre où tout est écrit en trois exemplaires, les nouvelles et les opinions sont contractuellement contrôlées. La liberté de la presse est morte et enterrée, comme si Hitler lui-même l’avait décrété sur son lit de mort. Quand j’ai demandé à Eekhof si cette société de médias allemande encore plus grande, Bertelsmann, avait un «contrat» similaire, le Hollandais a simplement dit : «Pourquoi en aurait-elle besoin ?» Quand je l’ai interrogé plus avant, la réalité a semblé s’effondrer. Toute personne qui dépend d’une organisation médiatique telle que la massive Bertelsmann ne peut littéralement plus travailler nulle part si elle est virée. La plupart des Américains n’ont aucune idée de ce que ce conglomérat allemand possède ; Penguin Random House est la plus grande société d’édition de livres au monde, BMG Music, sans parler des participations dans plus de 100 startups du paysage numérique. Encore moins de gens se rendent compte que des personnes comme Heinrich Mohn, dont la famille maintient le contrôle sur les conseils d’administration de Bertelsmann, étaient des SS de Schutzstaffel et ont inséré l’entreprise dans l’effort de guerre comme nul autre. Bertelsmann a utilisé le travail esclave juif dans les imprimeries en Lituanie pour fournir de la littérature à la Wehrmacht.

La genèse du darwinisme social

À ce stade, il est essentiel que le lecteur se souvienne qu’après la prise du pouvoir nazie, en 1933, Hitler a établi un ministère de l’Enseignement public et de la Propagande du Reich dirigé par Joseph Goebbels. L’objectif du ministère était de faire en sorte que le message nazi soit transmis avec succès par l’art, la musique, le théâtre, les films, les livres, la radio, le matériel éducatif et la presse. Cela nous ramène à la situation actuelle des démocraties occidentales et à un obscur rapport du renseignement militaire américain, désigné EW-PA 128. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce rapport de trois pages envoyé par valise diplomatique à Cordell Hull, le secrétaire d’État américain pendant la Seconde Guerre mondiale, détaillait comment les industriels allemands projetaient de créer un «quatrième Reich» souterrain, à partir des cendres de l’empire failli d’Hitler. Le Troisième Reich a été vaincu militairement à la fin de la guerre, mais les puissants banquiers de l’époque nazie, les industriels et les fonctionnaires, retoqués en démocrates, ont bientôt prospéré dans la nouvelle Allemagne de l’Ouest. Leur travail ultérieur a abouti à l’Europe d’intégration économique et politique que nous connaissons aujourd’hui, mais le Red House Report, comme on l’a parfois mentionné, parle de partenariats avec des intérêts commerciaux américains et internationaux. Cette histoire sur Mail Online détaille comment ces industriels ont détourné fonds et influence vers l’Ouest jusqu’à ce que l’Allemagne puisse prendre le leadership économique sur le reste de l’Europe. Ce document s’inscrit bien dans un jeu de détente internationale que nous voyons maintenant renverser les gouvernements et établir un nouvel ordre mondial économique. Aujourd’hui, les théories de la conspiration qui nous ont séduits, puis révulsés plus tard, paraissent plus vraies que la «vérité» qui nous est diffusée. Je me souviens avoir lu quelques années plus tôt comment les Soviétiques ont affecté le Major L. Besymenski du KGB, à la fin des années 1960, à l’enquête sur la «mort ou l’évasion» d’un des nazis les plus notoires, Martin Bormann. Son rapport convaincant suggère que l’homme qui a organisé l’économie pour Hitler a réussi à se sauver avec succès en Amérique du Sud, plutôt que de périr dans un fossé de Berlin.

Que Bormann ait fui ou non vers l’Argentine, le flux de capitaux vers les États-Unis, la Suisse et l’Amérique latine était volumineux. J’ai peu de place pour décrire dans cette première partie comment ce nazi célèbre a aidé à financer un quatrième Reich, mais il suffira de dire ce que le célèbre chasseur de nazis, Simon Wiesenthal, a déclaré : «Les dernières informations crédibles confirment la présence de Bormann près du village d’Ibiruba, près de la frontière paraguayenne, dans la province brésilienne de Rio Grande do Sul.» Ce chapitre de l’histoire du monde est un puits profond de machinations cachées d’une ampleur inégalée pour la planète. Sur Bormann et les «industriels», je vous laisse avec une citation du livre Trading with the Enemy – The Nazi – American Money Plot 1933-1949 de Charles Higham :

«Hermann Schmitz de I.G. Farben, le fréquentait fréquemment pour déjeuner au Cloud Room de l’édifice Chrysler, le repaire préféré de Teagle à Manhattan de la fin des années 1920 jusqu’au années 1930. Teagle a également été ami avec le pro-nazi Sir Henri Deterding, de la Royal Dutch-Shell, qui approuvait ses idées sur la domination capitaliste de l’Europe et le besoin ultime de détruire la Russie.»

C’est Schmitz qui a investi sa fortune dans la Standard Oil de Rockefeller, allant jusqu’à égaler la participation de l’industriel américain dans l’entreprise à un moment donné. Dans ce fait, et dans cette relation, nous trouvons la clé pour déchiffrer le chaos économique et sociétal d’aujourd’hui. Que les nazis comme Bormann se soient ou non échappés du bunker d’Hitler en 1945, il est certain que les objectifs économiques et les idéaux du national-socialisme ont survécu et prospéré non seulement en Allemagne, mais surtout aux États-Unis. L’influence de l’investissement et des principaux dirigeants nazis ainsi que les structures économiques du nazisme peuvent être facilement perçues dans l’ultralibéralisme américain d’aujourd’hui. En outre, l’idée de «darwinisme social», ou l’élévation des idées et des individus «supérieurs», imprègne la psyché sociale américaine. Pour tout ce qui concerne l’égalité dans mon pays, la réalité est une société conforme à ces concepts de «Quatrième Reich». Dans mes prochains articles, je discuterai des gens et des systèmes qui ont favorisé cet état de choses, mais pour l’instant il est important de saisir la notion que l’Allemagne nazie fut une première tentative de mondialisation (globalisation).

En observant les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’UE d’aujourd’hui, il est facile de voir des industriels occidentaux comme George Soros, et diverses ONG comme ses Open Society Foundations et d’autres, qui ont fait plier les sociétés d’Europe de l’Est et dans le monde entier, afin d’étendre l’hégémonie (du Reich). Des organisations comme International Crisis Group et une myriade d’institutions politiques (néo-conservateurs), financières (FMI), éducatives (Free Exchange Campus) et médiatiques (NewsCorp) forment le réseau fondamental du nouveau fascisme. Comme nous l’avons vu avec le renflouement de l’administration de Wall Street par Obama, le profit est privé, tandis que le fardeau de la perte financière est socialisé, comme le décrit déjà le politicien antifasciste italien Gaetano Salvemini dans les années 1930. Ce personnage clé dans la lutte idéologique de classe de l’humanité a été pratiquement oublié. Cependant, ses théories et idées de «troisième voie» ont refait surface (si ironiquement) par la réémergence de la Russie et l’administration d’un Vladimir Poutine. Salvemini a préconisé une troisième voie pour le gouvernement et la société entre le communisme et la démocratie chrétienne pour l’Italie d’après-guerre, et maintenant Poutine est le champion de la Russie moderne. Cela ouvre la voie au conflit ouest-est d’aujourd’hui. Le drame est cependant du déjà vu.

Dans un prochain article, je discuterai plus en détail où ce Quatrième Reich nous a conduit. À travers l’analyse de documents tels que ceux liés au terme allemand Neuordnung, ou «Nouvel Ordre», le cadre de ce Quatrième Reich, l’importance de la place de l’Allemagne dans celui-ci, et comment le néo-fascisme travaille à déconstruire d’abord, puis à reconstruire, aux États-Unis comme ailleurs.

Phil Butler

Article original publié sur New Eastern Outlook

Traduit par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone.

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