La lumière et les ténèbres


Il est étonnant que quoi que ce soit existe. − Ludwig Wittgenstein


Par James Howard Kunstler – Le 11 septembre 2026 – Source Clusterfuck Nation

Joseph diGenova

Est-ce une semaine qui nous vide l’âme, ou quoi ? Hier, le souvenir de Charlie Kirk, un jeune homme intègre connu pour avoir agi noblement à une époque ignoble, fauché (selon les allégations devant le tribunal) par un pathétique produit du culte « woke » — l’ange vengeur trans, avatar de notre maladie mentale nationale. Et aujourd’hui, le souvenir du 11 septembre, pour lequel aucune théorie alternative ni aucun cours d’ingénierie ne peut effacer la trajectoire solitaire de ces petits corps tombant en chute libre depuis les tours en flammes vers le néant.

Alors, on passe à autre chose parce qu’il n’y a rien d’autre à faire, vraiment… qu’on soit triste, furieux, ou quoi que ce soit d’autre… puis on fait ce qu’on peut pour remettre de l’ordre dans ce bazar. Si c’était une maison en pleine tempête, on entendrait les solives gémir et les chevrons grincer alors qu’ils se tordent, comme juste avant que tout le bazar ne s’écroule. Pendant ce temps, on apprend que Joe DiGenova, l’ancien procureur fédéral de Washington chargé de superviser les travaux du grand jury en Floride concernant le « RussiaGate » et les trahisons associées, n’est plus là. Il a déclaré avoir « démissionné ». C’est généralement une couverture. Quelqu’un l’a mis à la porte, et c’était soit Todd Blanche, soit le président Trump. Pourquoi ? Je suppose que nous le découvrirons.

Des insinuations malveillantes circulent sur les réseaux habituels, selon lesquelles il n’aurait pas pu rassembler suffisamment de preuves pour monter des dossiers solides, mais je n’y crois pas une seconde, pas plus que je ne crois que M. DiGenova ait réellement tenu de tels propos. Quoi qu’il en soit, au moins vingt millions de citoyens « là-bas » suivent de près depuis des années cette danse mortelle constitutionnelle. Nous connaissons par cœur les noms, les actes, les notes de service, les e-mails, les pistes financières, les liens et les justificatifs. Beaucoup sont même capables de réciter de longs mémoires juridiques concernant des personnages tels que John Brennan, Adam Schiff, Jim Comey, Hillary, Strzok, Page, etc., avec les dates, les heures et les numéros de documents.

Joe DiGenova est vieux, disent certains. Ce n’est pas un bon organisateur, apparemment… ni un bon chef d’équipe… ce genre de choses. Eh bien, peut-être que sa forte personnalité ou sa célèbre ardeur à réparer les insultes épiques portées à la nation ont masqué tout cela. Quoi qu’il en soit, il a été recruté pour remplacer une avocate fédérale du nom de Maria Medetis Long, et je parie qu’aucun d’entre vous ne connaît même son nom. Elle s’occupait de l’affaire là-bas, en Floride, pendant le mandat malheureux de Pam Bondi, trop fade même pour entrer dans l’histoire comme un exemple d’infamie. Pour l’observateur occasionnel, toute cette affaire sordide commence à ressembler à une véritable pagaille.

Ou peut-être une partouze. Et, bien sûr, tout le monde se demande : quelle sera l’ampleur des retombées cette fois-ci ? Le district sud de la Floride du ministère de la Justice parviendra-t-il à retrouver un certain équilibre, à aller de l’avant et à traduire cette imposante bande de scélérats devant les tribunaux ? Ou bien va-t-il s’effondrer comme une avant-première de Broadway à New Haven ? Tout cela va-t-il désormais être aspiré dans un tourbillon de causes perdues ? Et ne serait-ce pas démoralisant ?

Mon hypothèse : ces actes commis contre le pays et son peuple sont trop graves, trop importants, pour simplement disparaître, et ils ne disparaîtront pas. Ce que la bourde de diGenova semble indiquer, c’est que les personnes et les parties derrière cette trahison — et vous devinez sans doute à quoi je pense : la (soi-disant) « communauté » du renseignement et ses innombrables ramifications — sont à la fois suffisamment désespérées et puissantes pour tenter de faire dérailler la procédure.

Imaginez un peu combien il y a d’anciens agents de renseignement rebelles en liberté après plus de soixante-dix ans d’existence, disons, de la CIA à elle seule. Ils doivent être nombreux, y compris les cinquante et un anciens pontes des services de renseignement qui ont signé la lettre ouverte sur l’ordinateur portable de Hunter Biden en 2020 pour saboter l’élection.

On est en droit de se demander si l’agence dont John Ratcliffe est censé avoir la direction ne dispose pas d’une organisation parallèle tout aussi importante composée de ces personnes, opérant peut-être sous les ordres d’un ancien grand ponte de la CIA comme John Brennan. Et puis, on ne peut s’empêcher de se demander sur quelles structures gouvernementales ils ont encore la main ? Ou peut-être ont-ils simplement fait passer le message que chercher à trouver une résolution juste aux manœuvres traîtresses qu’ils ont infligées à l’Amérique pourrait nuire à la santé de n’importe qui. Quoi qu’il en soit, je n’hésite pas à souligner que les légions d’anciens agents secrets et leurs hommes de main ont tous des noms et des antécédents et… eh bien… avec un peu de charabia anthropique… nous saurons où vous habitez et ce que vous avez mangé au petit-déjeuner avant la pause de 10 heures.

Là où je veux en venir — et je regrette même de devoir feindre la modestie —, c’est que le départ de Joe diGenova pourrait signifier une sorte de « bataille des titans », une guerre civile non pas sur le terrain entre de simples citoyens trop abrutis par l’hystérie sexuelle pour se battre, mais entre les officiers généraux de deux dominations d’élite opposées : la légitime et l’ombre, la lumière et les ténèbres.

L’action ne restera pas longtemps en coulisses. Les barbares sont bel et bien aux portes, et ces portes, ce sont les élections de mi-mandat. L’Amérique est devenue tellement folle qu’elle ne semble même plus se rendre compte à quel point bon nombre de candidats à de hautes fonctions sont déments. La domination de l’ombre semble également être derrière eux : Telarico, el-Sayed, Peggy Flanagan, Becerra, Hochul… Seigneur, ayez pitié ! Ce ne sont pas simplement des gens qui sortent de l’ordinaire. Ce sont de véritables malades, qui s’efforcent de détruire le pays.

Eh bien, la Fête du Travail est passée, et avec elle les charmes de l’été. Il est temps d’arrêter de bouder. Tout le monde sur le pont. La cloche a sonné.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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