Par Dmitry Orlov − Le 9 Mai 2026 − Source Club Orlov

RIA Novosti/Sergeï Bobylev
Nous célébrons aujourd’hui le 81e anniversaire de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie et ses alliés européens (Italie, Autriche, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Finlande, Slovaquie, Croatie) ainsi que sur divers pays prétendument neutres qui avaient été occupés par l’Allemagne nazie et avaient contribué à l’effort de guerre nazi (France, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Norvège…). En substance, l’URSS a été attaquée par toute l’Europe (qui est aujourd’hui l’Union européenne) et a remporté la victoire. Au cours de cette guerre, le peuple de l’URSS a été confronté à une menace existentielle : le plan officiel d’Hitler était de réduire la population de l’URSS, une fois conquise, de 200 millions à 30 millions d’habitants par le biais d’un génocide.
Ce plan ne s’est pas concrétisé. Mais aujourd’hui, huit décennies plus tard, un génocide similaire est perpétré sur une partie importante de l’ancienne URSS : la République socialiste soviétique d’Ukraine. Au moment de la dissolution de l’URSS, l’économie ukrainienne était technologiquement avancée, très diversifiée et aussi importante que celle de l’Allemagne, et sa population s’élevait à 52 millions d’habitants. Aujourd’hui, son économie est plus petite que celle de la Moldavie — le pays le plus pauvre d’Europe — et sa population a diminué de 22 à 25 millions de personnes (selon le ministre ukrainien de la Politique sociale). Elle affiche désormais le taux de mortalité le plus élevé et le taux de natalité le plus bas au monde.
La raison de cet échec colossal est que, depuis son indépendance, l’Ukraine a été dirigée par des criminels qui l’ont pillée sans relâche. Et aujourd’hui, ces mêmes criminels pillent l’Union européenne, alors que les miasmes de la corruption et de la criminalité se sont répandues en son sein. Pour justifier ce pillage, les dirigeants de l’UE utilisent ce qui reste de l’Ukraine pour mener une guerre par procuration désespérée contre la Russie. Alors que ce conflit ne représente en aucun cas une menace existentielle pour la Russie, la Fédération de Russie, en tant qu’héritière de l’URSS, se retrouve une fois de plus confrontée à une opposition militaire de la quasi-totalité de l’Europe. L’Union européenne est poussée vers la guerre avec la Russie par un régime nazi renaissant qui pratique un racisme anti-russe artificiel tout en glorifiant ouvertement les collaborateurs nazis de la Seconde Guerre mondiale. La tragédie de la Seconde Guerre mondiale se répète sous forme de farce, mais les parallèles sont trop flagrants pour être ignorés.
Le discours politique russe est assez précis et de légers changements dans le langage des discours officiels signalent souvent des changements majeurs de politique. Dans le discours de Vladimir Poutine, qu’il a prononcé aujourd’hui lors du 81e défilé annuel de la victoire du 9 mai sur la Place Rouge à Moscou, certaines phrases n’avaient jamais été formulées de cette manière auparavant :
Nous nous souviendrons toujours de l’exploit du peuple soviétique — c’est lui qui… a rendu leur souveraineté aux États qui avaient capitulé devant l’Allemagne nazie et étaient devenus les complices dociles de ses crimes.
Ces mots laissent entendre la complicité des Européens d’aujourd’hui dans les nombreux (et minutieusement documentés) crimes de guerre des « nouveaux nazis » du régime ukrainien. À propos de ce conflit…
L’exploit de la génération victorieuse inspire les soldats qui mènent aujourd’hui l’opération militaire spéciale. Ils font face à une force agressive armée et soutenue par l’ensemble du bloc de l’OTAN. Et malgré cela, nos héros vont de l’avant.
« La clé du succès réside dans notre force morale, notre courage et notre bravoure… » alors que tout ce que possède le camp adverse, c’est la criminalité, la corruption et des fantasmes nazis irrédentistes idiots fondés sur une invention éhontée : une identité raciale ukrainienne totalement factice.
Nous inclinons la tête en mémoire de nos fils, filles, pères, mères, grands-pères, arrière-grands-pères, maris, femmes, frères, sœurs, parents et amis. Une minute de silence est observée…
Pourquoi une énumération aussi longue ? Parce qu’elle définit la famille élargie de chaque Russe. L’État russe est le protecteur et le garant de la famille élargie de chaque Russe, il considère sa mémoire comme sacrée et, en poussant un peu plus loin le raisonnement, l’État russe est la famille élargie de chaque Russe.
L’image idéalisée qui est ici renforcée est celle d’une Russie en tant que famille élargie unie par des liens du sang, dotée de force morale, de courage et de vaillance, et qui considère sa mémoire commune comme sacrée. Mais que dire des ennemis de la Russie de l’autre côté du vieux rideau de fer rouillé que Winston Churchill avait érigé à la hâte dès la fin des hostilités de la Seconde Guerre mondiale ? Les mots utilisés par Poutine ont-ils la même signification de l’autre côté de ce rideau et, si ce n’est pas le cas, qu’est-ce que cela révèle quant à la possibilité de trouver une entente commune qui serait nécessaire pour éviter un conflit armé plus large ?
Pour répondre à cette question, je laisse la parole à Vlad Khan, un blogueur russe prolifique (traduction de ma part).
L’inévitabilité de la guerre
Le langage est plus qu’un simple outil de transmission d’informations. C’est une carte de la réalité, qui consacre les lois de l’existence accumulées au fil de millénaires d’expérience humaine, de conscience et de vision spirituelle. Lorsque cette carte est précise, les mots servent de vecteurs de vérité. Mais lorsque le langage perd son lien avec la réalité objective, il cesse de refléter le monde, devenant une arme d’illusion de masse.
Note du Saker Francophone
Depuis quelques temps, des gens indélicats retraduisent “mal” en anglais nos propres traductions sans l’autorisation de l’auteur qui vit de ses publications. Dmitry Orlov nous faisait l’amitié depuis toutes ses années de nous laisser publier les traductions françaises de ses articles, même ceux payant pour les anglophones. Dans ces nouvelles conditions, en accord avec l’auteur, on vous propose la 1ere partie de l’article ici. Vous pouvez lire la suite en français derrière ce lien en vous abonnant au site Boosty de Dmitry Orlov.
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Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.
Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone