Cela fait trois fois que Netanyahu échoue à relancer la guerre. Des négociations entre l’Arabie Saoudite et l’Iran


Par Moon of Alabama – Le 26 octobre 2026

Le Likoud, le parti de l’actuel Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, risque de perdre les élections de demain.

Les sondages montrent un tel résultat depuis un certain temps, c’est pourquoi Netanyahou cherche d’autres moyens de conserver son titre.

Son option préférée, jusqu’à hier, était de créer une situation d’urgence en relançant une guerre contre l’Iran. Les représailles venues d’Iran, sous la forme d’attaques de missiles et de drones contre Israël, lui auraient permis de reporter l’élection.

Une autre option était de provoquer une situation d’urgence après les élections mais avant qu’un nouveau gouvernement puisse être formé. Cette période peut prendre entre un et quatre mois. Cela lui permettrait d’appeler à un « gouvernement d’union« , comme Israël l’a déjà fait lorsqu’il était sous pression, Netanyahu conservant son poste de Premier ministre.

Il y a eu jusqu’à présent trois tentatives de la part de Netanyahou pour créer l’urgence souhaitée.

La première fut de pousser le président américain Donald Trump à mener une autre attaque contre l’Iran :

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu presse de reprendre des frappes à grande échelle contre l’Iran, augmentant le risque de reprise du conflit régional malgré l’opposition du président américain Donald Trump, a rapporté le Financial Times mercredi [21 octobre], citant des personnes familières avec le sujet.

L’armée israélienne avait préparé une campagne de bombardements de plusieurs jours pour le week-end du 10 octobre, ciblant les centrales électriques, les installations nucléaires et les actifs du régime iranien, mais l’opération a été mise de côté après que Trump se soit opposé à la reprise du conflit avant les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre, a rapporté le FT.

Lors de la deuxième tentative, Netanyahou espérait provoquer une violente réaction iranienne en feignant une attaque israélienne :

Des dizaines d’avions de combat israéliens et d’avions ravitailleurs ont survolé la Syrie et l’Irak en direction de la frontière iranienne plus tôt cette semaine, suivant une trajectoire de vol ressemblant à une attaque contre l’Iran, rapporte Channel 12, citant des responsables américains.

Les avions ont fait demi-tour peu de temps avant d’atteindre le territoire iranien et sont retourné en Israël, selon le rapport, qui fait suite à un précédent reportage de Fox News sur le sujet.

Israël avait informé Washington de la sortie, affirmant qu’il s’agissait d’un exercice militaire et d’une démonstration de force destinés à dissuader l’Iran, ont déclaré les sources à Channel 12. Cependant, plusieurs sources disent qu’elles pensent que certains responsables israéliens espéraient peut-être que l’Iran tirerait sur les avions, fournissant à Israël une justification pour lancer une attaque.

Netanyahou espérant que toute riposte de l’Iran amènerait les États-Unis à se joindre au combat.

La troisième tentative de Netanyahou a eu lieu ce week-end lorsqu’il a donné l’ordre direct à l’armée israélienne de lancer une autre attaque contre l’Iran.

Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a reçu l’ordre mais a refusé de l’exécuter. Il a d’ailleurs « divulgué » l’incident au média Channel 12 et a veillé à ce que le reportage qui s’en est suivi ne soit pas censuré (traduction automatique) :

Une confrontation sans précédent entre le chef de cabinet et le Premier ministre qui a atteint son apogée, ou son point bas, ces derniers jours.

Le fond du problème : l’Iran. Et les craintes de Zamir que Netanyahu et l’échelon politique ne conduisent à un scénario d’erreur de calcul contre l’Iran juste avant les élections

Une source du milieu sécuritaire : Il s’agit d’une action qui pourrait conduire à une confrontation soudaine avec l’Iran à un moment sensible et dramatique, et créer une erreur de calcul.

Des sources bien informées des détails : Les craintes par l’échelon militaire d’une tentative d’exploiter le problème iranien pour un avantage politique, une affirmation que les personnalités politiques nient et soutiennent être un mensonge pur et simple. Quoi qu’il en soit, 2 sources me disent que cela a atteint un niveau où, aujourd’hui lors de la visite à Palmachim, l’atmosphère de la discussion était extrêmement tendue.

Au cours des derniers jours, Zamir a reçu des directives de l’échelon politique mais a demandé une discussion approfondie avant l’exécution. Il a également demandé des autorisations légales signées par l’échelon politique avant d’agir.

Un haut responsable de la sécurité : L’histoire n’oubliera pas le rôle que Zamir a joué ici ces derniers jours. Et en bout de ligne : Une confrontation exceptionnelle entre Zamir et Netanyahu, autour du problème iranien, juste avant la date des élections.

Nous soulignons : Tous les détails de ce rapport ont été approuvés par la censure militaire.

La divulgation publique de ce conflit interne va coûter des voix supplémentaires à Netanyahou.

Comme ses tentatives préélectorales de relancer une guerre avec l’Iran ont échoué, Netanyahou va maintenant essayer d’organiser une provocation postélectorale qui, espère-t-il, augmentera ses chances de rester à son poste.

Mais les militaires ne voulant pas suivre des ordres déraisonnables, il devra chercher différentes justifications ou des moyens non militaires pour déclencher de nouveaux conflits.

Les États-Unis semblent prêts à frapper à nouveau l’Iran, mais Trump n’a pas encore donné un tel ordre. Je doute qu’il le fasse avant les élections de mi-mandat et je ne vois actuellement aucune raison pour qu’il le fasse par la suite.

Aujourd’hui, une délégation de haut niveau de la « coalition de la Mecque« , l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, se rend à Téhéran. Il y a aussi des infos indiquant que des délégués du Qatar arrivent aussi.

La préoccupation saoudienne la plus importante est son conflit avec le Yémen. Le 14 juillet, les Saoudiens ont rompu le cessez-le-feu avec le Yémen en attaquant l’aéroport yéménite de Sanaa. La coalition yéménite Ansarullah a répondu de la même manière. Le Yémen, dévasté par les précédentes campagnes saoudiennes et américaines, n’a pas grand-chose à perdre alors que les Saoudiens sont assis dans une maison de verre. Leurs aéroports et leurs installations pétrolières subissent maintenant des tirs continus. Les conséquences économiques sont dévastatrices.

Les Saoudiens demanderont à l’Iran de demander à Ansarullah d’arrêter leurs attaques. L’Iran et Ansarullah pourraient bien le faire, mais cela coûtera un lourd tribut politique à l’Arabie saoudite. L’Iran pourrait bien demander aux Saoudiens de rompre toutes leurs relations avec Israël et les États-Unis.

Le dictateur saoudien Muhammad bin Salman a envoyé son propre frère, le ministre de la Défense Khalid bin Salman, à Téhéran. Le Pakistan a envoyé le chef de son armée et la Turquie son chef du renseignement.

Que ces pourparlers se tiennent à un niveau aussi élevé signifie qu’ils sont sérieux.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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