Prétendre que « l’Amérique d’abord » signifie « je ne me soucie que de ma maison, pas de mon quartier » est aussi stupide que cela en a l’air. − Jesus Enrique Rosas
Par James Howard Kunstler – Le 5 janvier 2026 – Source Clusterfuck Nation

Badass en chef
La capture de Nicolás Maduro rend les gauchistes complètement fous, et pour cause : elle annonce la fin de leur bouée financière, puisque Señor Maduro utilisait son pays comme une machine à blanchir l’argent du Parti communiste chinois (PCC) et, par ricochet, celui des cartels de la drogue, afin de faire passer des milliards de dollars via Cuba vers le Parti démocrate américain et ses satellites politiques. Même George et Alex Soros ne peuvent combler ce vide.
Pour un État presque en faillite, Cuba a réussi à exercer une influence indue sur la vie politique américaine pendant des décennies. La maire de Los Angeles, Karen Bass, y a été formée à la révolution marxiste dans les années 1970 et s’est rendue à Cuba à de nombreuses reprises pendant son mandat au Congrès. Les représentantes Ilhan Omar et Pramila Jayapal se sont rendues à La Havane pendant la dernière année électorale. Des ONG telles que le Center for Democracy in the Americas servent de relais pour distribuer l’argent qui transite par Cuba et soutient les militants de gauche aux États-Unis. Ne soyez pas surpris si une grande partie de cet argent blanchi a également fini dans les comptes bancaires de membres du Congrès et de sénateurs américains. Gardez cela à l’esprit lorsque vous les voyez hurler sur vos écrans.
Hélas, le Cuba communiste est sur le point d’expirer, étranglé. Cuba dépend du pétrole de Señor Maduro depuis la dissolution de l’Union soviétique, et maintenant que l’approvisionnement est coupé, l’île ne bénéficie que de quelques heures d’électricité par jour. Bientôt, l’obscurité s’installera… et les choses politiques commenceront à s’agiter et à bouillonner dans le noir. Il y a fort à parier que cela ne se passera pas très bien pour les communistes. Cela fera donc deux de moins, et il en restera encore quelques-uns. Quoi qu’il en soit, les frères Castro ont disparu depuis longtemps, emportant avec eux leur charisme. Le président actuel, Miguel Díaz-Canel, n’est personne.
Bien sûr, cette escapade de Maduro a soulevé une question plus large pour la gauche américaine : quelle partie de la doctrine Monroe ne comprenez-vous pas ? Certes, elle est ancienne. James Monroe n’était que notre cinquième président. Mais même à l’époque, il était évident que l’hémisphère occidental serait la sphère d’influence des États-Unis, et c’était notre façon d’informer les puissances étrangères de ce fait afin d’éviter les problèmes. C’était aussi une politique assez solide et sensée, même si notre mainmise sur le sud a certainement suscité de nombreuses plaintes au fil des ans… la United Fruit Company, et tout le reste.
Il était devenu évident, comme l’ont expliqué M. Trump et le secrétaire Rubio ce week-end, que le Venezuela de Sr. Maduro était devenu une plateforme pour l’aventurisme néfaste des adversaires de l’Amérique, en particulier le PCC, qui était très actif dans toute l’Amérique du Sud pour préparer divers pays à rejoindre son initiative « Belt and Road », c’est-à-dire son projet de réseau colonial mondial de ressources (alias empire). La veille de son enlèvement, Sr. Maduro avait reçu la visite d’émissaires du PCC. La Chine avait conclu toutes sortes d’accords au Venezuela, en particulier dans le domaine du pétrole.
Le pétrole est évidemment un élément important du tableau. Mais la situation est un peu plus compliquée qu’il n’y paraît à première vue. Avant Sr. Maduro, le président Hugo Chávez avait saisi les actifs d’ExxonMobil et de ConocoPhillips en 2007, puis était revenu sur sa décision de les indemniser. L’industrie pétrolière nationalisée, Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), a connu un long et désastreux déclin de sa production, passant de 3,5 millions de barils par jour à environ 1 million en 2025. L’équipement est vétuste et PDVSA a perdu la majeure partie de son expertise technique. Voici pourquoi M. Trump tient tant à relancer la production dans ce pays.
Le pétrole vénézuélien est généralement un pétrole lourd. Les États-Unis ont besoin de pétrole lourd car le pétrole de schiste américain, qui représente environ 64 % de la production totale des États-Unis, est très léger, principalement de l’essence. Les raffineries de pétrole américaines, construites il y a longtemps, sont calibrées pour du pétrole plus lourd. Depuis des années, les États-Unis doivent importer du brut lourd pour le mélanger à leur pétrole de schiste afin de produire un approvisionnement suffisant en distillats plus lourds, en particulier du diesel et du carburant aviation, qui sont essentiels à l’économie américaine.
Le gisement dont vous entendez parler actuellement est principalement celui du bassin de Maracaibo. Cela ne signifie pas que les États-Unis vont voler le pétrole du Venezuela. Vous verrez probablement des accords assez équitables entre les compagnies pétrolières américaines qui reviennent et le Venezuela. Les États-Unis n’ont pas besoin d’une nouvelle révolution communiste dans ce pays. Si la production de pétrole augmente, le Venezuela et les États-Unis s’en porteront mieux pendant un certain temps, mais il faut garder à l’esprit que les gisements de schiste américains sont en déclin, et que ce déclin risque d’être rapide en raison des profils des puits du bassin permien.
L’autre volet de cette histoire pétrolière concerne les célèbres sables bitumineux de l’Orénoque, présentés comme les plus grandes réserves de pétrole au monde, équivalentes à toutes les réserves mondiales de pétrole conventionnel. Ce gisement est distinct de celui de Maracaibo et pose plusieurs problèmes majeurs. Il s’agit de sables bitumineux très lourds. Ils ne jaillissent pas du sol. Ils doivent être extraits à l’aide de beaucoup de chaleur et d’autres techniques souvent très coûteuses. Les sables bitumineux se trouvent également dans la jungle, un endroit très difficile à exploiter, notamment du point de vue sanitaire. Préparez-vous à une certaine déception concernant la manne pétrolière vénézuélienne, aussi vaste soit-elle.
M. Maduro se rend ce matin au tribunal de Manhattan pour être mis en accusation. Selon certaines rumeurs, le ninja du droit Norm Eisen pourrait l’accompagner pour faire valoir ses objections à la procédure. L’affaire a été confiée à Alvin K. Hellerstein, 92 ans, juge senior du district sud de New York (SDNY), réputé pour ses convictions de gauche. Ne serait-ce pas incroyable s’il ordonnait la libération de Sr. Maduro, comme l’a fait le juge Boasberg à Washington avec « Maryland Dad » Kilmar Abrego Garcia ? Je dis ça comme ça. Les festivités débutent aujourd’hui à midi.
James Howard Kunstler
Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
