La guerre contre l’Iran. Trump rejette le « Project Freedom » – Une autre arnaque de « paix » sur le marché pétrolier – Perte de confiance dans la protection des États-Unis


Par Moon of Alabama – Le 6 mai 2026

Chaque jour, il devient de plus en plus difficile de couvrir la guerre actuelle contre l’Iran. Les commentaires officiels des États-Unis et les déclarations changent d’heure en heure sans aucune cohérence.

L’opération « Project Freedom », c’est-à-dire la protection américaine des navires quittant le golfe Persique, a été annoncée dimanche. Elle s’est arrêtée lundi. Elle avait été annoncée (vidéo) par le « secrétaire aux crimes de guerre » Pete Hegseth et le Secrétaire d’État Marco Rubio mardi pour être, à peine cinq heures plus tard, abandonnée par le président Trump.

Le but du « projet » était peut-être d’obtenir un avantage pour la négociation. Après que l’Iran ait contré le projet, il a été immédiatement abandonné.

La principale nouvelle d’aujourd’hui est une nouvelle arnaque sur le marché pétrolier lancée par la Maison Blanche.

Le journaliste d’Axios, Barak Ravid, un agent du renseignement israélien et de la Maison Blanche qui avait annoncé les sept faux derniers accords de paix avec l’Iran, en a promu un autre :

La Maison Blanche pense qu’elle se rapproche d’un accord avec l’Iran sur un mémorandum d’entente d’une page pour mettre fin à la guerre et établir un cadre pour des négociations plus détaillées sur le nucléaire, selon deux responsables américains et deux autres sources informées sur la question.

Vue d’ensemble : Les États-Unis attendent des réponses iraniennes sur plusieurs points clés dans les prochaines 48 heures. Rien n’a encore été convenu, mais les sources ont déclaré qu’il s’agissait du plus proche accord entre les parties depuis le début de la guerre.

Entre autres dispositions, l’accord impliquerait que l’Iran s’engage à un moratoire sur l’enrichissement nucléaire, que les États-Unis acceptent de lever leurs sanctions et de libérer des milliards de dollars de fonds iraniens gelés, et que les deux parties lèvent les restrictions concernant le transit par le détroit d’Ormuz.

Bon nombre des conditions énoncées dans la note dépendraient de la conclusion d’un accord final, laissant la possibilité d’une reprise de la guerre ou d’un vide prolongé dans lequel la guerre chaude s’est arrêtée mais rien n’est vraiment résolu.

Il est bien sûr risible de penser que l’Iran accepterait n’importe quel papier d’une page, non contraignant, de la part de la Maison Blanche. Les contrats à terme sur le pétrole ont chuté dès l’ouverture des marchés.

Cette « info » était évidemment une autre tentative lancée par des initiés de la Maison Blanche pour escroquer les marchés :

Selon notre analyse, des shorts de pétrole brut d’une valeur d’environ 920 millions de dollars ont été pris 70 minutes avant qu’un rapport d’Axios n’affirme que les États-Unis et l’Iran étaient proches d’un accord “en 14 points” pour mettre fin à la guerre.

À 3 h 40 HE aujourd’hui, près de 10 000 contrats courts sur le pétrole brut ont été conclus sans aucune nouvelle majeure.

Cela équivaut à environ 920 millions de dollars en valeur notionnelle, une transaction inhabituellement importante pour 3h40 HE.

À 4 h 50 HE, à peine 70 minutes plus tard, Axios rapportait que les États-Unis étaient “proches” d’un “protocole d’accord” pour mettre fin à la guerre en Iran.

À 7h00 HE, les prix du pétrole avaient chuté de plus de -12%, permettant à ces positions courtes sur le pétrole brut de gagner plus de 125 millions de dollars.

Le professeur Mohammad Marandi, un porte-parole officieux de Téhéran, a qualifié (vidéo) la nouvelle d’un accord d’absurdité.

La dernière tentative américaine de lutte pour le contrôle du détroit ayant échoué, l’Iran a annoncé sa nouvelle Autorité du détroit du Golfe Persique et ses conditions pour que les navires traversent le détroit d’Ormuz :

Les navires ayant l’intention de traverser le détroit d’Ormuz doivent envoyer un e-mail à info@PGSA.ir.

Les points les plus importants considérés dans le mécanisme de transit :

1) Priorité de paiement en monnaie nationale iranienne

2) Placement de garanties dans les banques iraniennes

3) Si un pays a causé des dommages à l’Iran lors de la récente guerre, il doit d’abord payer les dommages avant d’obtenir un permis de passage. Les pays qui ont sanctionné l’Iran ou bloqué l’argent iranien ne sont pas autorisés à passer.

4) Le titre correct « Golfe Persique » doit être écrit sur tous les documents.

5) Le non-respect de ce qui précède entraînera la saisie et une amende de 20% de la valeur de la cargaison.

Pendant ce temps, le Washington Post constatait que les dommages causés par l’Iran aux installations américaines dans le Golfe étaient beaucoup plus importants que ce que les États-Unis ont admis.

L’Iran a touché beaucoup plus d’actifs militaires américains que ce qui a été rapporté, selon des images satellites (archivé) – Washington Post

Des images publiées par des médias affiliés à l’État iranien et vérifiées par le Post montrent des dommages pour au moins 228 structures ou équipements sur des sites militaires américains.

Les frappes aériennes iraniennes ont endommagé ou détruit au moins 228 structures ou pièces d’équipement sur des sites militaires américains dans tout le Moyen-Orient depuis le début de la guerre, frappant des hangars, des casernes, des dépôts de carburant, des avions et des radars clés, des équipements de communication et de défense aérienne, selon une analyse d’imagerie satellite du Washington Post. La quantité de destruction est beaucoup plus importante que ce qui a été publiquement reconnu par le gouvernement américain ou précédemment rapporté.

Il n’est pas étonnant que les États du Golfe aient perdu confiance dans la protection des États-Unis. Comme le rapporte le Wall Street Journal, dont le journaliste réside à Dubaï (archivé) :

Depuis le début de la guerre, le 28 février, les dirigeants iraniens ont fréquemment répété une phrase, attribuée au président égyptien déchu Hosni Moubarak, selon laquelle « ceux qui s’habillent américain sont nus ». Le sentiment aux Émirats Arabes Unis et dans les autres monarchies du Golfe après que Téhéran a relancé les frappes de missiles et de drones lundi est que Moubarak pourrait bien avoir raison, selon des diplomates et des analystes.

L’Iran a frappé le seul port d’exportation de pétrole en activité des Émirats Arabes Unis, Fujairah, provoquant un incendie et blessant trois personnes, et a tiré des missiles balistiques et de croisière sur d’autres cibles émiraties. Au total, les attaques ont impliqué 15 missiles et quatre drones.

Trump a qualifié l’attaque de mineure, bien qu’elle ait perturbé les vols et forcé le gouvernement des Émirats Arabes Unis à fermer les écoles pour le reste de la semaine.

Mardi, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré qu’en ce qui concerne Washington, “le cessez-le-feu tient certainement.

La crainte parmi les gouvernements amis en Europe et en Asie est que Trump – tout comme avec les Émirats Arabes Unis – pourrait de la même manière choisir d’ignorer les attaques sur leur propre territoire par la Russie, la Chine ou la Corée du Nord, si cela lui convient.

À long terme, cette attitude soulève la question de savoir si les bases américaines dans le monde représentent un actif de sécurité – ou un passif – pour les pays hôtes.

Si vous pensiez acheter la loyauté américaine, vous allez maintenant penser que tout ce qu’une base américaine fait, c’est de faire de moi une cible, alors que les États-Unis sont tout aussi susceptibles de me vendre en aval”, a déclaré le maréchal de l’air à la retraite Edward Stringer, l’ancien chef des opérations au ministère britannique de la Défense.

Trump, bien sûr, n’avait d’autre choix que de rester assis. Une nouvelle campagne de bombardements contre l’Iran causerait beaucoup plus de dégâts aux États du Golfe et à l’économie mondiale que ce qui est déjà prévu.

Si la guerre actuelle a un aspect positif, c’est celui-ci : la souveraineté externalisée est une grande illusion. Quiconque avait l’illusion que les États-Unis défendraient tout ce qui n’était pas dans son intérêt immédiat devra revenir sur terre. Il n’y a aucun avantage à avoir les États-Unis comme “amis”. Les bases américaines dans un pays ne sont rien d’autre que des cibles potentielles.

Au cours des prochaines années, les États arabes du Golfe en tireront les conséquences.

J’espère que les vassaux européens des États-Unis arriveront à des conclusions similaires.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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