La fin est-elle proche ?


Ce sont les derniers jours d’Hitler, avec une touche perse. − LH Grey sur X


Par James Howard Kunstler – Le 23 mars 2026 – Source Clusterfuck Nation

Non seulement l’heure la plus sombre précède l’aube, mais la pensée collective est à son paroxysme, et la lumière au bout du tunnel pourrait bien être une explosion qui vous explosera le cul. La Garde révolutionnaire iranienne (le CGRI), de plus en plus décapitée, tourbillonne dans son vortex de martyre alors que les derniers pièges se referment sous ses pieds. Dites aux houris aux yeux écarquillés du paradis de se parer pour une nouvelle moisson de vrais croyants.

On dirait que M. Trump ne se défile pas, comme ses détracteurs aiment à le prétendre. On dirait que quelqu’un est déjà en train de couper le courant autour de Téhéran, probablement les Israéliens. Bientôt, il sera très difficile pour un CGRI sans tête de dire à son corps de tueurs psychopathes quoi faire. Les unités individuelles sont probablement livrées à elles-mêmes à présent, de toute façon, se demandant ce que les autres unités pourraient bien faire… ou penser, tandis qu’en ce moment même, les Perses ordinaires, accablés, qui souffrent depuis longtemps et qui sont sacrément furieux, vont découvrir que personne n’est aux commandes, et peut-être, enfin, que c’est à leur tour d’agir, alors que les lumières vacillent.

Sur le terrain, dans les appartements, les cafés, les bureaux, les grands bazars de Téhéran, Ispahan, Tabriz et Shiraz, la vie est déjà devenue quasiment impossible. Ce qui reste du gouvernement vient d’émettre des billets de dix millions de rials, d’une valeur de sept dollars américains. Tout le monde là-bas a plein d’argent. Tout le monde est millionnaire, mais personne ne va se pavaner dans la rue Fereshteh en haut-de-forme et monocle, à faire du shopping chez Hermès, Louis Vuitton et Rolex.

En réalité, plus rien ne peut fonctionner normalement quand la monnaie n’a absolument aucune valeur, y compris la distribution régulière de nourriture et de carburant, et l’histoire nous enseigne que la révolution n’est jamais qu’à neuf repas manqués. Il va falloir que quelque chose cède.

Les médias américains, en particulier le New York Times, restent implacablement irrités par l’opération « Epic Fury ». Les médias restent prisonniers de leur propre fureur épique contre M. Trump à la tête du pouvoir exécutif, parce que, euh, pourquoi ? Les tweets ! La coiffure déroutante ! Les filigranes dorés qui recouvrent le Bureau ovale ! Ucchhh… ! Ça les rend complètement dingues. Ils veulent que l’opération en Iran échoue parce qu’alors M. Trump échouera… et ensuite… ? Et ensuite… ? On sent qu’ils n’y ont peut-être pas vraiment réfléchi.

Peut-être que les médias estiment qu’il est injuste de priver État Islamique [sic, Ndt] d’une bombe nucléaire et de son arsenal de missiles et de drones. (Ce n’est pas possible que les médias soient anti-guerre, car ils continuent de soutenir à 100 % la guerre en Ukraine. Ils ne veulent pas que ça s’arrête de sitôt parce que, euh, eh bien, la Russie !) En réalité, les médias abhorrent toute action décisive et surtout tout changement du statu quo géopolitique, et tout particulièrement celui qui révèle petit à petit que les États-Unis ont des intérêts qui recoupent en fait ceux de la Russie post-soviétique.

Comme préserver la civilisation occidentale. Contrairement aux mauviettes, aux cocus et aux clowns qui dirigent l’Euroland et qui s’affairent à jeter deux mille ans d’histoire sous les roues du djihad, et à foncer les yeux fermés vers un avenir néo-médiéval sans chauffage, sans lumière, sans industrie, sans art, ni repas décents.

L’Europe — la Grande-Bretagne en particulier — aspire à un spasme guerrier de fin d’époque contre la Russie parce que… euh… parce que Poutine (genre, parce que Trump). Vous comprenez qu’ils sont totalement incapables de mener une telle guerre, puisqu’ils manquent d’armées, de marines et d’armes suffisantes, mais ils ne peuvent s’empêcher d’en parler sans arrêt.

Les médias américains ne peuvent accepter la possibilité que l’armée américaine procède de manière systématique et par étapes claires au désarmement des fous du CGRI. Que reste-t-il au CGRI ? Apparemment, ils ont des lance-missiles enfouis dans des quartiers urbains, la vieille routine du bouclier humain, comme le Hamas et le Hezbollah. Et des silos à missiles en forme de trous d’araignée dans le désert, censés être difficiles à détecter sous les sables mouvants. Sans parler des « villes souterraines » situées jusqu’à 500 mètres de profondeur où sont fabriqués et stockés des missiles et des drones. Ce sont des éléments centraux de l’architecture militaire iranienne. Nous savons où se trouvent la plupart d’entre eux. Voyons comment ils fonctionneront si l’électricité venait à manquer dans tout l’Iran. Disposent-ils tous de générateurs de secours et de carburant diesel pour faire tourner ces générateurs plus de quelques jours ?

Le président Trump a lancé un ultimatum ce week-end : rouvrir entièrement le détroit d’Ormuz à toute la navigation sans menaces, ou bien les États-Unis « frapperaient et anéantiraient » les différentes centrales électriques iraniennes, « en commençant par la plus grande ». Si cela se produit, attendez-vous à une déchirure dans les rangs iraniens. Tous les techniciens du CGRI ne veulent pas être ensevelis là-bas, dans la pénombre souterraine. Et quel pourcentage de ces défections faudra-t-il pour détruire le peu qui reste de la structure de commandement du CGRI ? Et qu’en est-il de l’armée régulière iranienne, l’Artesh ? Supposons qu’il y ait parmi eux des officiers de haut rang, des colonels, peut-être quelques généraux, qui sont déçus par le CGRI et de plus en plus impatients de voir leur pays tourner la page sur quarante-sept ans de pure folie.

Quelques minutes avant la publication de ce blog, la Maison Blanche a annoncé que les États-Unis et l’Iran négociaient « une résolution complète et totale de nos hostilités au Moyen-Orient » et que le président repousserait de cinq jours son délai pour attaquer les centrales électriques iraniennes. Les coulisses diplomatiques doivent être en effervescence en ce moment. Tout cela serait-il sur le point de prendre fin ?

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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