« Une crise survient lorsque la fragilité rencontre le choc. » − Yuri Bezmenov’s Ghost sur X
Par James Howard Kunstler – Le 13 février 2026 – Source Clusterfuck Nation

En fermant le gouvernement pendant au moins dix jours, soi-disant à cause du financement du département de la Sécurité intérieure (DHS), le Parti démocrate, tel Wile E. Coyote, s’apprête à faire exploser une autre bombe Acme dans son museau galeux. Je vais vous dire pourquoi. Premièrement, cette affaire du DHS n’est qu’une farce stupide destinée à tromper le public. Elle ne mettra pas fin aux opérations de l’ICE, comme le prétend Chuck Schumer. L’ICE a déjà reçu un financement de 75 milliards de dollars dans le cadre du Big Beautiful Bill de l’année dernière. La fermeture ne fera que priver de financement les garde-côtes et la sécurité des aéroports. (Est-ce que cela vous semble intelligent ?)
Deuxièmement, les sénateurs quitteront le marécage de Washington pour rentrer chez eux dans leurs États respectifs où, selon les sondages, les électeurs des deux partis sont favorables à une réforme électorale à 84 %. La Chambre a transmis le SAVE Act au Sénat pour qu’il se prononce, pour ou contre. Pendant au moins dix jours de fermeture, les sénateurs devront expliquer pourquoi prouver que l’on est citoyen pour pouvoir voter est une mauvaise idée — ou, à l’inverse, pourquoi permettre aux non-citoyens de voter est une bonne idée. Merci donc aux Démocrates d’avoir renvoyé les sénateurs chez eux pour qu’ils affrontent leurs électeurs.
Finalement, les sénateurs devront retourner au Capitole américain et se pencher sur le SAVE Act. La loi exigera une preuve de citoyenneté pour s’inscrire, une pièce d’identité avec photo pour voter en personne et pour demander un bulletin de vote par correspondance. Le projet de loi interdirait le vote par correspondance universel, exigerait que les bulletins de vote par correspondance soient reçus avant le jour du scrutin, imposerait une peine de cinq ans de prison pour avoir aidé quelqu’un à s’inscrire sans les documents requis et prévoirait des dispositions pour nettoyer les listes électorales des États.
Une autre loi, toujours en cours d’examen à la Chambre des représentants, présentée par le représentant Bryan Steil (R-WI), prévoit que le jour du scrutin, le vote ne pourra se faire qu’en personne, à l’aide de bulletins papier, tandis que d’autres projets de loi en attente d’être examinés prévoient la suppression des machines à voter électroniques. Toutes les dispositions ci-dessus sont courantes dans la plupart des autres pays civilisés (et même dans quelques-uns qui ne le sont pas, comme l’Afghanistan). Le Parti démocrate s’oppose à toutes ces mesures, car il ne peut remporter les élections nationales que par la tromperie et la supercherie.
Lorsque les sénateurs retourneront à Washington, ils devront surmonter l’obstruction parlementaire telle qu’elle existe actuellement, c’est-à-dire l’obstruction silencieuse ou dite « zombie ». En effet, avant 1972, si les sénateurs voulaient faire obstruction, ils devaient occuper la tribune du Sénat et parler sans interruption, paralysant ainsi toutes les activités du Sénat jusqu’à ce qu’ils abandonnent ou que la majorité parvienne à rassembler suffisamment de voix pour clore le débat. C’était physiquement très difficile pour les sénateurs, une véritable épreuve, et pour passer le temps pendant ces heures de bavardage insignifiant, ils lisaient l’annuaire téléphonique, l’Almanach mondial ou un journal du dimanche, de la première page aux nécrologies, ce qui les exposait au ridicule.
Après 1972, le Sénat a introduit ce qu’il a appelé le système « à deux voies », qui permettait à l’assemblée de passer à d’autres questions pendant une obstruction parlementaire, sans exiger qu’un membre se lève pour prendre la parole.
Il suffisait qu’un sénateur informe la direction qu’il avait l’intention de bloquer un vote, avec le soutien de 40 autres sénateurs. Cela a entraîné une augmentation spectaculaire du recours à l’obstruction parlementaire, qui est passée d’une manœuvre rare et physiquement exigeante à une menace procédurale courante.
Le hic, c’est que ce changement de procédure n’a jamais fait l’objet d’un vote officiel. Le passage de l’obstruction parlementaire « parlante » à l’obstruction parlementaire « silencieuse » n’est pas le résultat d’une décision délibérée de l’ensemble du Sénat de modifier les règles, mais d’une solution de contournement procédurale introduite en 1972 par le leader de la majorité de l’époque, Mike Mansfield. Il s’agit simplement d’une coutume déguisée en règle, que le leader de la majorité actuel, John Thune (R-SD), pourrait déclarer nulle et non avenue.
Cela permettrait de rétablir l’ancienne obstruction parlementaire parlante. Les opposants à un projet de loi donné, tel que le SAVE Act, devraient alors se présenter devant le Sénat et présenter leurs arguments contre la réforme électorale, ou bien lire l’annuaire téléphonique de Chicago. Dans les deux cas, ils s’exposeraient au ridicule. Peut-être que ces dix jours passés chez eux pendant la fermeture actuelle du gouvernement entraîneront un changement d’attitude.
Si cela ne suffit pas, considérez que dans les semaines et les mois à venir, vous verrez les résultats de la saisie des registres électoraux de 2020 du comté de Fulton, en Géorgie, qui a eu lieu en janvier. Comme le FBI est intervenu avec un mandat, ce qui signifie qu’un juge a estimé qu’il y avait des motifs raisonnables de soupçonner une fraude électorale, le pays sera probablement exposé pour la première fois à des preuves tangibles qu’un État pivot crucial a mené une opération électorale corrompue, et les Démocrates ne pourront plus crier que ces allégations sont « sans fondement » ou « démenties ».
Le fait que nous débattions encore de la réforme électorale à ce stade est un signe étonnant de déclin culturel. Les mesures introduites pendant la pandémie de Covid-19 – vote par correspondance illimité, « collecte de bulletins de vote » organisée, dépouillement des bulletins pendant des semaines après le jour du scrutin, utilisation de machines Dominion / Smartmatic connectables à Internet et non-respect des exigences en matière de chaîne de contrôle – étaient manifestement et de toute évidence malhonnêtes. C’est ce qui vous a valu quatre ans de « Joe Biden », un mensonge ambulant. Y a-t-il quelque chose sur lequel le Parti démocrate ne ment pas ? J’attends votre réponse.
James Howard Kunstler
Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
