Prévisions 2017 : La sortie de route est devant nous 2/2


Par James Howard Kunstler – Le 1er Janvier 2017 – Source kunstler.com

Partie 1

Mesures désespérées

L’une des autres grandes et sombres tendances de l’année écoulée a été le branle-bas le combat des gouvernements du monde entier – et aussi des économistes / nécromanciens qui les conseillent – pour interdire l’argent liquide afin de regrouper tous les citoyens dans un système bancaire numérique qui permettra aux autorités de suivre toutes les transactions financières et d’aspirer chaque cent d’impôt possible dans les coffres nationaux. Ce serait aussi une occasion pour la cabale des banques et des gouvernements d’imposer des taux d’intérêt négatifs (NIRP) sur les comptes bancaires pour que l’argent pénétrant dans le système numérique puisse être « taxé » de façon subreptice en chargeant les titulaires de comptes. Il est un peu difficile de voir comment cela pourrait se produire maintenant dans un environnement de taux qui globalement remontent, mais ce serait le pendant naturel à l’interdiction de l’argent liquide – et un QE agressif renouvelé (QE pour toujours !) pourrait faire l’affaire.

L’économiste de Harvard, Kenneth Rogoff, a écrit un livre sur la malédiction de l’argent, Princeton University Press, 2016, un argumentaire mensonger selon lequel l’argent comptant ne ferait que permettre aux narcotrafiquants et aux terroristes d’opérer et ne serait pas indispensable dans une économie régulière. Rogoff semblait être à la recherche du poste au Trésor dans le cabinet de Hillary, et cela aurait parfaitement coïncidé avec cette attaque totalitaire sur la liberté financière du public – mais, comme nous le savons, Hillary n’a pas eu son poste non plus.

Les efforts visant à éliminer les liquidités sont déjà en cours dans le monde. L’UE a officiellement supprimé le billet de 500 € de la circulation. Le collègue de Harvard de Ken Rogoff, Larry Summers, demandait l’abolition du billet de 100 $ il y a un an. La Suède apprend avec succès à son peuple à sortir de la couronne sous forme de monnaie papier. Le premier ministre indien, Narendra Modi, a pris tout le monde par surprise en novembre en interdisant les billets de 1000 et de 500 roupies (14 $ et 7 $), et a jeté l’économie de l’Inde dans une crise d’épilepsie. L’idée était de discipliner les fraudeurs aux impôts qui opèrent dans une économie du cash. L’attrait était que plus de 85% de l’économie de l’Inde fonctionne sur la base du cash et parmi eux, les personnes trop pauvres pour avoir des comptes bancaires et des cartes de crédit – y compris des millions de chauffeurs de camions et de travailleurs ordinaires.

Naturellement, l’économie indienne s’est bloquée. Personne ne pouvait plus être payé. Les aliments ont pourri dans des camions bloqués sur la route. Les retraits aux distributeurs étaient limités à quelques jours de vie normale. Les citoyens ne pouvaient même pas échanger leurs billets de 1 000 et de 500 roupies auprès des banques sans passer par un lourd et fastidieux chemin bureaucratique, y compris les empreintes digitales et la soumission à des dossiers fiscaux. Le processus a conduit à décourager de longues files d’attente de se former devant les banques, et a probablement été conçu pour décourager l’échange des billets de 1000 et 500 roupies au lieu de seulement les retirer de la circulation – ce qui signifie que beaucoup de pauvres ont perdu les quelques économies qu’ils avaient pour les coups durs.

Il est difficile de voir le gouvernement des États-Unis interdire l’argent aussi maladroitement qu’en Inde, mais ils ont d’autres moyens de regrouper les multitudes dans la boîte noire de la banque entièrement numérique. L’auteur financier James Rickards appelle cela le programme Ice-Nine, en référence à l’isotope de l’eau dans le roman de science-fiction de Kurt Vonnegut Cat’s Cradle qui gèle le monde dans une réaction en chaîne horrifiante. Le cauchemar financier de Rickards, Ice-Nine, inclurait des fonctionnalités telles que le gel des comptes bancaires, le renflouement des banques (confiscation de comptes), les restrictions sur les retraits dans les guichets automatiques et le « contrôle » des fonds d’investissement. Ice-Nine serait invoqué dans une situation d’urgence bancaire – disons, un « accident » sur les dérivés qui attraperait un géant Too-Big-Too-Fail, ou vraiment tout ce qui provoquerait des failles extrêmes dans le système financier mondial ultra-fragile que les élites ont bricolé ensemble pour empêcher la barge des ordures de la finance globale de couler. Dans son récent ouvrage, La Route vers la ruine, Rickards rappelle aux lecteurs que l’état d’urgence signé par Bush deux jours après le 11 septembre est demeuré en vigueur sous Obama, de sorte que l’Amérique est « à un seul coup de téléphone de la loi martiale ».

Une autre méthode pour priver les citoyens de leur liberté financière serait pour le gouvernement de déclarer que les comptes d’actifs pour les retraites doivent contenir un pourcentage fixe de bonds du Trésor américain – une fois de plus enfermant les gens dans un corral financier contre leur volonté – afin de soutenir la valeur des emprunts obligataires et la compression des taux d’intérêt. David McAlvany (écouter son excellent podcast ici) fait une analyse intéressante disant que si enfermer le public dans un corral financier numérique était un ingrédient clé pour « rendre sa grandeur a l’Amérique », qui pourrait objecter à cela ? Parce que maintenant vous seriez opposé à la grandeur américaine ! Trump a hérité d’un problème bien plus important que celui de Barack Obama en 2009. Obama avait encore suffisamment de savon doux dans la machine pour faire exploser davantage de bulles. Trump arrive sur la scène avec la machine à bulle soufflant des sortilèges. Il sera accablé par le désordre financier en 2017 et alors le centre d’intérêt de la nation se tournera vers une scène politique tumultueuse

Ensauvagement des rues

Le public est tout simplement énervé, et reste très tendu après la victoire de Trump. La colère des gens a fermenté pendant des décennies pendant que leurs perspectives économiques diminuaient et ils ont commencé à comprendre comment tout a travaillé contre eux. La classe moyenne accablée pourrait avoir connu le frisson temporaire de l’élection, mais beaucoup de ses membres sont encore sans travail, ou travaillent dans des emplois poubelles plus humiliants qu’autre chose, qui ont remplacé leurs anciens emplois perdus dans la vieille économie réelle. Le pire est à venir sur le chemin de 2017. Le leur est une vraie crise existentielle.

Même dans les circonstances les plus favorables, un programme de relance ne sortirait probablement pas du Congrès avant plusieurs mois dans une année 2017 déjà bien entamée, et je doute même personnellement que cela se passera tout court. Les très heureux retraités branchés sur leurs pensions représentent un autre problème potentiel. Les caisses de retraite sont en train de disparaître dans tout le pays devant l’incapacité de rester solvables dans un environnement proche du ZIRP. En 2016, des fissures ont commencé à se produire dans des endroits comme la police de Dallas et le fonds de pension des pompiers, lorsque les remboursements des retraités ont été fermés. Il y a des fonds de pension partout dans le pays qui se débattent dans les mêmes conditions, puisque la Fed a pris le « fixe » du « revenu fixe ». En l’absence de « rendement » décent, les fonds de pension ont été regroupés dans des marchés boursiers risqués. Si ces marchés explosent, les caisses de retraite vont être soufflées avec eux… puis la vie des retraités va exploser… Et alors peut-être l’ordre civil va se dissoudre dans tout le pays.

C’est peut-être le moment où le président Trump et son cabinet militarisé vont choisir la loi martiale. Quel putain de gâchis ! Il n’y a pas un pays civilisé sur la terre avec autant d’armes légères par habitant que les États-Unis, et malgré l’apparition effrayante de forces de police militarisées, vous ne pouvez pas sous-estimer combien de coups montés mortels un petit nombre de personnes allumées peut faire avec des fusils automatiques, des grenades à propulsion, des explosifs en plastique Semtex et autres trucs amusants. Cela pourrait facilement se transformer littéralement en une guerre contre les banquiers et Wall Street en particulier, surtout si Ice-Nine entre en vigueur. Gardez à l’esprit que beaucoup de vétérans des guerres interminables au Moyen-Orient appartiennent à cette classe économique en souffrance, et ils ont effectivement une certaine formation dans les arts guerriers.

Leurs homologues politiques de l’élite côtière progressiste démocrate, Hillary la hardcore, la foule des Politiquement Corrects cocufiés passent, selon la théorie de Kubler-Ross, par les étapes de la prise de conscience, du déni post-électoral à la colère. Les deux parties sont donc très en colère et préparées pour le conflit. La gauche fera certainement tout son possible pour s’opposer à Trump et essayer de le dépeindre le plus mal possible, que ce soit dans l’intérêt du public de le faire ou non. Ils jetteront tous les grains de sable possibles dans le mécanisme de gouvernance, jusqu’à et y compris la hiérarchie de la Réserve fédérale (principalement pondérée par le Parti démocrate), dont le taux d’intérêt « remonté point par point » pourrait vraiment être un complot pour se venger de Trump. Bien sûr, cela va probablement leur exploser au visage puisque proportionnellement les élites côtières possèdent beaucoup plus d’actions que les Trumpenlumpenprole red-staters [Littéralement le lumpenprolétariat acquis à Trump vivant dans les États rouges, comprendre républicains, NdT], et ils pourraient être anéantis par une chute significative des marchés déclenchée par la hausse des taux d’intérêt. Mais c’est une vérité de la rage politique : c’est l’opposé du rationnel.

Il n’y a aucun signe que les « progressistes » démocrates aient reconnu que leur politique identitaire toxique a joué un rôle significatif dans leur défaite électorale. Ils n’abandonneront pas cet effort en 2017. Ils vont même redoubler d’efforts. Et comme cela s’est déjà produit, le Parti démocrate va suivre le chemin des whigs en 1856 – avec un long gémissement, pas un bang. Dieu sait qui ou quoi les remplacera comme opposition crédible au crypto-républicanisme trumpiste, bien que Trump lui-même ait aussi une bonne chance de conduire ce parti vers l’oubli, si ma prévision d’une grande explosion financière vient à se réaliser.

L’action de la garde rouge sur les campus va pouvoir se poursuivre, mais il est difficile d’imaginer ces Tanguy se vantant de leurs pitreries infantiles de 2016. Ce qu’ils démontrent maintenant, c’est que la politique identitaire coercitive est juste une nouvelle forme de loisirs sur le campus, comme une partie de frisbee ou des pintes de bière pour les plus anciens ! Amusez-vous à détruire les carrières du corps professoral et à vous prélasser sur Facebook ! Quelques personnes silencieuses de toutes les tendances politiques sont malades de leurs attaques visant à les censurer, de persécutions téméraires et d’insultes à la réalité – telles que la rééducation obligatoire des « privilégiés blancs » et les croisades sur les pronoms personnels liés au genre. Je prédis qu’il y aura une révolte parmi les universitaires et les conseils d’administration contre les présidents de collèges et les doyens qui se complaisent dans l’hystérie maoïste, comme un dommage à l’enseignement supérieur et, plus généralement, à la liberté intellectuelle qui se manifeste enfin par la baisse des inscriptions et la perte du financement public .

Il y a tous les signes que les conflits raciaux entre Noirs et Blancs vont s’aggraver dans l’année à venir. La semaine après Noël 2016 a vu un nombre impressionnant de rassemblements massifs d’adolescents noirs dans des centres commerciaux de tout le pays. Pendant des années, les médias ont relayé sans faille l’histoire hyperbolique que des hommes noirs innocents étaient tués par la police sans aucune raison – alors que la majorité écrasante des cas impliquait des victimes brandissant des fusils ou affichaient grossièrement une mauvaise conduite susceptible de les mettre dans une mauvaise posture. La victimologie règne toujours en Amérique. C’est un mécanisme de défense psychologique qui soulage de la honte et de l’anxiété des « progressistes » démocrates à l’issue de la longue campagne de défense des droits civiques, à savoir la désintégration de la famille noire, l’échec scolaire et un taux choquant de meurtres entre Noirs. Une industrie de griefs subsidiaires, récemment dirigée par Black Lives Matter, attise les flammes de la vengeance contre le méchant universel, le petit Blanc, dont le « privilège » empêche l’épanouissement des autres (sauf, remarquez, les migrants de Chine, de Corée, du Vietnam, de l’Inde et d’autres endroits où le Blanc est absent).

Donc, maintenant que ce soit à gauche ou à droite, les deux camps grondent de colère. Cela signifie aussi que vous avez deux groupes antagonistes qui pourraient se donner la permission de devenir violents pour justifier leurs griefs. Si les marchés financiers coulent et que l’économie tombe en chute libre, il est facile d’imaginer le potentiel de conflits violents entre les « progressistes » démocrates avec leurs proxys, les Black Lives Matter contre les Trumpenlumpenproles. Ce serait une terrible distraction tragique pour l’entreprise de réparer le bien commun, l’économie et la culture commune – mais il en va ainsi de la guerre civile.

Le dilemme du pétrole

Les rapports sur la mort du PeakOil sont exagérés, pour emprunter une blague de M. Twain. Il s’agit simplement d’une méthode pour bon nombre d’entre nous qui ne l’avaient pas anticipée et qui est toujours au cœur de notre situation économique, à savoir que vous ne pouvez pas rationaliser un taux annuel de croissance de la dette de 8% si votre taux de croissance économique réel est de moins de 4% (pour paraphraser Chris Martenson de Peak Prosperity.com).

Nous n’avons pas manqué de pétrole, mais nous avons manqué de pétrole rationnellement économique à sortir du sol. Le soi-disant « miracle du pétrole de schiste » a prolongé l’âge du pétrole de quelques années par des ficelles financières payées par la dette. Oui, nous avons fait monter la production de pétrole aux États-Unis, presque jusqu’à la production maximale de 1970, autour de 10 millions de barils par jour (b / j). Le problème, c’est que les entreprises qui le produisaient ne faisaient pas un cent de marge dans le processus. Elles ont juste couru très vite pour devancer une quantité énorme de dette à refinancer, pour poursuivre le projet du schiste. La course poursuite a commencé en 2006, car 1) l’histoire du PeakOil effrayait les gens, y compris les gens de l’industrie pétrolière, et 2) le prix du pétrole brut a grimpé après 2004 et le schiste a semblé être une entreprise potentiellement gagnante. L’exploration conventionnelle au cours des dernières années n’a presque pas bougé.


À partir de 2004, le prix du pétrole a grimpé en partant de 40 dollars le baril jusqu&rsqu