Le suicide par déni de réalité de l’UE


Saker US
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Par le Saker US – Le 7 avril 2016 – Source thesaker.is

Ce qui devait arriver arriva. L’UE, étant la chaîne de maillons faibles qu’elle est, a finalement cédé, et le peuple hollandais a été le premier à voter contre l’association avec l’Ukraine. Bien sûr, les eurobureaucrates peuvent maintenant trouver une raison quelconque pour déclarer le vote invalide, ils peuvent déclarer qu’une loi a été violée, ils peuvent même négocier quelque changement mineur dans l’accord d’association, ou ils pourraient même décider qu’ils ignorent tout simplement ce vote. Mais rien de tout cela ne fera de différence : la vérité irréfutable est que les Ukrainiens ne sont pas les bienvenus dans l’UE, ni comme associés et encore moins comme membres. Donc pas d’UE, pas d’Otan, pas d’avenir européen pour l’Ukraine. Le gros ballon gonflé à l’air chaud qui a alimenté les naïfs et sinistres espoirs de l’Euromaïdan a explosé, le projet euro-ukrainien est en chute libre et brûle comme le Hindenburg.

Les larmes de Mme Mogherini

Ce désastre ne devait pas se produire, il a été entièrement fait par l’homme. Dans un monde plus sensé, l’UE, la Russie et l’Ukraine auraient pu négocier un accord tripartite qui aurait donné à l’Ukraine le rôle que la géographie et l’Histoire lui ont conféré : être un pont entre la Russie et l’UE. Mais l’UE a catégoriquement rejeté cette option, à plusieurs reprises, en déclarant simplement que «l’Ukraine est un État souverain et la Russie n’a rien à dire dans les affaires ukrainiennes». Ce jeu à somme nulle a été imposé à la Russie contre son gré, mais maintenant c’est l’UE qui a tout perdu, même si c’est loin d’être une victoire pour la Russie. La triste réalité est que tout le monde a perdu. Aujourd’hui, l’UE doit accepter la défaite totale de sa politique ukrainienne, la Russie est maintenant seule à regarder un État en faillite et agonisant à sa frontière, tandis que l’Ukraine se désagrège simplement et meurt de manière douloureuse. Les eurobureaucrates accepteront-ils ce résultat ?

Probablement pas.

Ils feront ce qu’ils ont toujours fait. Ils mentiront, nieront, minimiseront et, surtout, ils prétendront que rien ne s’est passé. Ils diront que 60% de 30% des votants d’un petit pays de l’UE ne peuvent pas décider pour l’ensemble du continent. Ou ils déclareront qu’au lieu de seulement une association dépassée, l’UE offrira à l’Ukraine quelque chose de beaucoup mieux – une amitié sincère, peut-être. Ou un amour éternel. Ou même une fraternité continentale. Mais tout cela sera vain parce que les peuples d’Europe sont clairement las des Ukronazis, même leurs amis polonais envisagent aujourd’hui de construire leur propre mur pour maintenir leurs amis ukrainiens hors de la Pologne ; sentez cet amour !

Conséquence numéro 1: les coûts financiers

Mais c’est trop tard pour les Européens. La nouvelle vraiment mauvaise pour eux, est qu’ils devront payer la plus grande partie des coûts pour reconstruire plus ou moins l’Ukraine. La Russie ne peut simplement pas le faire. Son économie est beaucoup trop petite, et elle est déjà en train de lutter pour tenter de restaurer la loi et l’ordre en Crimée (ce qui se révèle très difficile, puisque la pègre locale essaie déjà de revenir aux méthodes qu’elle utilisait sous contrôle ukrainien). En plus, la Russie devra payer pour le Donbass, c’est assez évident. Donc la Russie a vraiment atteint ses limites.

Les États-Unis pourraient payer, mais ils ne le feront pas. Même si Hillary est élue (c’est-à-dire désignée par l’État profond étasunien), un programme de sauvetage aussi vaste pour l’Ukraine ne sera jamais accepté par le Congrès, pas lorsque les États-Unis eux-mêmes ont besoin d’un programme semblable pour reconstruire leurs propres infrastructures décrépites et négligées, et leur économie.

Mais, le plus important, c’est que la Russie a les moyens de fermer ses frontières. La Garde nationale russe nouvellement créée assumera maintenant les responsabilités de plusieurs ministères et agences, y compris le Service fédéral de la migration. La Russie a déjà un Service de gardes-frontière très compétent, qui est subordonné au Service fédéral de sécurité (ex-KGB). On estime que le service de gardes-frontière comprend actuellement 10 offices régionaux, plus de 80 unités frontalières, plus de 950 avant-postes et plus de 400 points de contrôle. Chaque jour, le service conduit 11 000 patrouilles. Au total, la tâche de préservation et de protection des frontières de la Fédération de Russie est assumée par environ 200 000 gardes-frontière. Ce service a sa propre force aérienne, sa marine côtière, des drones, une direction des renseignements, des unités blindées et même ses propres forces spéciales. La réalité est que le Service des gardes-frontières est plus puissant que la plupart des armées de l’Union européenne. Et maintenant il aura la pleine puissance de la Garde nationale pour le soutenir. Ne vous y trompez pas, la Russie peut, et si c’est nécessaire, le fera, elle verrouillera et protégera ses frontières.

Quant aux États-Unis, ils ont la meilleure protection de leurs frontières de la planète : les océans Atlantique et Pacifique.

Donc lorsque l’Ukraine se transformera en trou noir (le processus est en bonne voie), les seuls qui ne seront pas en mesure de se protéger, mais n’auront pas les moyens de payer pour réparer ce gâchis, seront les Européens. Oui, c’est sûr, les États-Unis et la Russie devront aussi aider, et les deux le feront, pour des raisons différentes. Mais l’essentiel des coûts ira directement au contribuable européen. C’est le prix que l’UE devra payer, tôt ou tard, pour son arrogance et son incompétence.

Conséquence numéro 2 : la sécurité

Il y aura aussi un autre prix à payer, cette fois un prix pour la sécurité. Tous les bruits de sabre de l’Otan le long de la frontière russe ont fini par réveiller l’ours russe. Non seulement la Russie a maintenant déployé ses redoutables missiles Iskander à Kaliningrad, mais elle a aussi doublé la taille de ses forces aéroportées, déjà impressionnantes. Voici ce que j’écrivais à ce propos en décembre 2014 :

« … les Russes n’ont pas peur de la menace militaire de l’Otan. Leur réaction aux derniers mouvements de l’Otan (nouvelles bases et troupes en Europe centrale, plus de dépenses, etc.) consiste à les dénoncer comme des provocations, et tous les responsables russes s’accordent à dire que la Russie peut gérer cette menace militaire. Comme l’a dit un député russe : «Cinq groupes de forces de réaction rapide, c’est un problème que nous pouvons régler avec un seul missile.» Une formule simpliste, mais correcte. Poutine a clairement dit la même chose, en cas d’attaque conventionnelle massive par qui que ce soit, la Russie engagerait des missiles nucléaires tactiques. En fait, si l’Otan continue à avancer avec son plan stupide de déploiement de forces en Pologne ou dans les pays baltes, je m’attends à ce que la Russie se retire du Traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire et qu’elle installe les successeurs modernes des fameux RSD-10 (SS-20). Comme je l’ai dit précédemment, les décisions sont déjà prises de doubler la taille des forces aéroportées russes et d’étendre à la taille d’une division la brigade d’élite du 45e Régiment spécial aéroporté, quoi qu’il arrive. On peut dire que la Russie a court-circuité la création par l’Otan de sa force de 10 000 hommes, en faisant passer ses propres forces mobiles de 36 000 à 72 000 hommes. S’étant ainsi préparé à la menace, le Kremlin va maintenant retourner tout simplement à des affaires plus importantes ailleurs.

C’est typique de Poutine. Tandis que l’Otan annonce en grande pompe qu’elle veut créer une force de réaction rapide, un fer de lance de 10 000 hommes, Poutine double tranquillement les effectifs des forces aéroportées russes pour les porter à 72 000 hommes. Et croyez-moi, les unités aguerries de ces forces aéroportées représentent une force de combat nettement plus efficace que l’Euroforce multinationale (28 pays), hédoniste et démotivée, que l’Otan s’efforce péniblement de porter à 5 000 hommes. Les responsables US le comprennent parfaitement []»

Mais la Russie n’a pas fait que cela. Poutine a ordonné la recréation de la plus grande force blindée russe de la Guerre froide : la 1ère Armée blindée de la garde. Cette Armée blindée comptera deux divisions de chars (les meilleurs dans l’armée russe – la 2e Division Tamanskaya de fusiliers motorisés de la garde et la 4e division blindée de la garde Kantemirovskaya), et un total de plus de 500 blindés Armata T-14. Cette armée de tanks sera soutenue par la 20e Armée de la garde.

Ne vous méprenez pas, c’est une force immense, lourde et puissante, dont la mission sera très semblable aux fameuses armées soviétiques de choc pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide : «Surmonter des positions défensives délicates dans le but de parvenir à une pénétration tactique en largeur et en profondeur suffisante pour permettre l’engagement de formations mobiles pour une exploitation plus en profondeur».

Bravo l’Europe – vous venez de vous peindre une cible géante sur le front !

Tout cela est très peu rapporté dans les médias occidentaux, bien sûr, et par conséquent le grand public est totalement inconscient du fait que, tandis que l’Otan et les politiciens occidentaux prétendaient la jouer durement et tentaient d’effrayer la Russie, les Russes ont décidé de prendre ces menaces au sérieux et ont pris des mesures réelles et pratiques.

Pour quelqu’un comme moi, qui a vécu la Guerre froide et qui avait l’habitude de surveiller les forces soviétiques en Allemagne de l’Ouest, il est à la fois affligeant et révoltant de voir que l’Occident a littéralement forcé la Russie dans une nouvelle Guerre froide qu’elle ne voulait pas et dont elle n’avait pas besoin. Bien sûr, j’ai totalement confiance dans le fait qu’il n’y a pas de menace russe à l’Est, et que la seule manière d’obtenir que toute cette puissance militaire attaque, serait de l’attaquer en premier, mais la triste réalité est que les pays de l’UE/Otan sont aujourd’hui visés directement par les forces russes.

Pour faire empirer encore tout cela, il y a maintenant une forte possibilité que Hillary et sa bande de néocons reprennent bientôt la Maison Blanche. Dieu seul sait ce dont ces gens sont capables. Hillary, dont la seule réussite dans la vie paraît être d’avoir poussé Bill à bombarder les Serbes et d’avoir provoqué un épouvantable gâchis en Libye, aura quelque chose à prouver : qu’elle est plus un homme que Poutine. Elle tentera de l’effrayer et de l’intimider dans une sorte de soumission, et peu importe que le peuple russe voie maintenant l’Occident comme une société dégénérée et arrogante de Conchita Wurst et de frimeurs qui n’ont tout simplement pas ce qu’il faut pour mener un véritable combat et qui ne peuvent que s’attaquer aux faibles et aux humbles. Ce n’est pas de la peur que les néocons inspirent aux Russes, mais du dégoût. Tout au plus peuvent-ils susciter un sentiment d’inquiétude à cause de leur arrogance apparemment infinie et de leur manque autodestructeur de clairvoyance. Comme je l’ai déjà écrit de très nombreuses fois, les Russes craignent la guerre, il n’y a aucun doute à cela, mais, contrairement aux Anglosionistes, ils y sont pourtant prêts.

Quant aux Européens, ils commencent maintenant lentement à réaliser qu’ils sont dans une guerre longue et très douloureuse contre le terrorisme wahhabite. Les attentats à Paris et à Bruxelles ne sont que les premiers coups de feu d’une guerre qui va durer de nombreuses années. Il a fallu plus de dix ans aux Russes pour finalement écraser les terroristes wahhabites dans le Caucase, et c’était avec un homme comme Vladimir Poutine à la tête du pays. Un coup d’œil sur François Hollande ou Angela Merkel, et vous pouvez sentir dans vos tripes que ces deux clowns tristes ne l’emporteront jamais. Comparez seulement la réaction de Vladimir Poutine à la chute de l’avion russe au-dessus du Sinaï, avec les sanglots de Mogherini après les attentats à Bruxelles.

Maintenant imaginez que vous êtes un chef terroriste wahhabite, et un sexiste inconditionnel de longue date ajouterai-je, et que vous regardiez les deux photos ci-contre. Est-ce que cela aurait une influence sur le choix de vos cibles ?

Bien sûr que cela en aurait.

Il en va de même pour la comparaison entre les opérations US/Otan en Syrie et le résultat atteint en tout juste moins de six mois par les forces aérospatiales russes. Les États, exactement comme les gens, ont leur propre langage corporel et, alors que celui affiché par la Russie est celui d’une puissance confiante et redoutable, le langage corporel de l’UE et, dans une mesure légèrement moindre, celui des États-Unis, est celui de la faiblesse, de l’hubris et de l’incompétence, souvent à la limite du suicide (comme la politique de Merkel en matière d’immigration).

Le résultat

Le résultat de ce gâchis est le suivant : ce que les États-Unis et l’Union européenne ont fait en Ukraine (et ailleurs aussi) était extraordinairement stupide. Mais les États-Unis peuvent se permettre de telles erreurs, tandis que l’UE ne le peut clairement pas. Quant à la Russie, oui, elle a été indubitablement b