La Seconde Fondation – l’Empire s’effondre 3/3


Par Jim Quinn – Le 30 mars 2017 – Source LewRockwell

Dans la première partie de cet article, j’ai analysé les similitudes de la Trilogie de la Fondation d’Isaac Asimov avec le Quatrième Tournant de Strauss & Howe, en essayant d’évaluer comment l’ascension de Donald Trump au pouvoir s’inscrit dans les théories présentées par ces auteurs. Dans la deuxième partie de cet article, j’ai comparé et contrasté l’ascension de Donald Trump au pouvoir à la montée de la Mule dans le chef-d’œuvre d’Asimov. Des individus exceptionnellement doués surviennent, une fois dans l’existence, pour perturber les plans de l’ordre social établi. Malgré l’espoir désespéré que Donald Trump ou un autre sauveur puisse inverser notre parcours, des décennies de faux pas, des décisions terribles, un leadership inefficace et une trahison non masquée ont ouvert le chemin de la destruction de l’Empire américain.

L’Empire américain s’effondre

« Monsieur l’avocat, le tronc d’arbre pourri, jusqu’au moment où l’explosion de la tempête le brise en deux, a l’apparence de sa puissance. Le souffle de la tempête siffle maintenant même dans les branches de l’Empire. Écoutez avec les oreilles de la psycho-histoire, et vous entendrez le grincement. » Isaac Asimov, Fondation

http://static.safehaven.com/authors/burningplatform/33080_b.jpg

« Maintenant, tout dogme basé principalement sur la foi et l’émotivité est une arme dangereuse à utiliser sur les autres, car il est presque impossible de garantir que l’arme ne sera jamais retournée contre l’utilisateur. » Isaac Asimov, Fondation

La classe dirigeante élitiste se rassemble à Davos et les réunions « secrètes » du Bilderberg tracent le cours du monde, se répartissant les vastes richesses pillées par leurs projets de mondialisation et développant le nouveau récit de propagande pour garder les masses mondiales confuses, distraites et impuissantes à se battre en retour. En dépit de leur richesse et de leur puissance, un niveau épique d’arrogance constitue toujours leur défaite.

Les personnes normales ont commencé à se battre mais, comme l’arbre pourri de l’Empire galactique, l’Empire américain « puissant », forgé à partir des débris de deux guerres mondiales, attend le souffle de la tempête qui exposera son véritable niveau de pourriture. L’Empire américain s’effondre sous le poids de l’excès militaire, le fardeau des dettes impayables, la dévaluation de la monnaie, la désintégration culturelle, la dégénérescence civique, la diversité et la déviance dévoyant la culture et la normalité communes, la corruption omniprésente à tous les niveaux de gouvernement et l’échec de leaders myopes à faire face aux problèmes réels.

Vous pouvez entendre le grincement, alors que les vents de l’hiver du Quatrième Tournant hurlent à travers les branches de cet empire mourant. Trump peut avoir forcé l’État profond, c’est-à-dire la Seconde Fondation à se révéler à elle-même, à mesure qu’elle cherche à le détruire, mais le déclin implacable de l’Empire américain continue sans relâche. En rafistolant les bords d’un système de santé conçu pour bénéficier aux méga-sociétés, l’État profond ne fera rien pour renverser ou même retarder le déclin.

Ralentir la croissance du gouvernement, alors que la dette nationale est déjà de 20 000 milliards de dollars et se dirige vers les 30 000 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, ne guérit pas la pourriture de notre tronc d’arbre. Ignorer complètement les 200 000 milliards de dollars de passifs non financés de l’État providence contribue à accélérer l’effondrement inévitable de cet empire. La réduction des impôts, tout en élargissant la machine à fabriquer de la guerre qu’est le complexe militaro-industriel, ne fait rien pour inverser ce qui est déjà en mouvement.

En plus des raisons absolument quantifiables pour lesquelles l’Empire américain s’effondrera, il existe des tendances démographiques, culturelles et sociales qui contribueront de manière spectaculaire à la chute. La population vieillissant rapidement, avec 10 000 Américains par jour atteignant 65 ans, est la force motrice de la faillite nationale, car ce tsunami démographique inexorable balaie le tissu effiloché des promesses de l’État providence.

L’assaut des immigrants illégaux et l’exécution délibérée d’un plan, par l’élite libérale effervescente, pour affaiblir notre culture américaine commune par l’insertion de réfugiés musulmans dans nos communautés mine les valeurs partagées qui ont construit le pays. Les immigrants qui ont construit ce pays se sont assimilés, ont appris la langue, travaillé dur et adopté notre culture commune. Les hordes qui envahissent l’Amérique en ce moment détestent nos valeurs et refusent de s’assimiler. Cet effort, financé par Soros pour créer des ravages en matière de diversité dans le monde, fait partie du plan global du nouvel ordre mondial.

Lorsque la prochaine crise financière créée par l’État profond pour favoriser ses projets détruira la richesse restante de la classe moyenne à peine survivante, tout l’enfer se lâchera dans les rues. Les 86% du pays occupés par les habitants des états rouges, les propriétaires d’armes à feu et les partisans de Trump vont ouvertement faire la guerre à la violence condescendante, de gauche, provoquant la violence des libéraux bleus. Le sang sera versé en quantité considérable. C’est toujours le cas pendant le Quatrième Tournant.

Le règne de Trump ressemblera-t-il au règne de la Mule ? La conquête de la Mule a été étonnamment rapide. Elle a défait la Fondation et créé l’Union des Mondes en seulement cinq ans. L’imprévisibilité de son arrivée et ses talents mentaux rares ont étouffé la Fondation. Puis, elle s’est arrêté inexplicablement dans sa campagne de conquêtes. Au lieu de cela, elle a lancé des expéditions répétées à la recherche de la Seconde Fondation. La mystérieuse Seconde Fondation restreint la Mule dans ses conquêtes ultérieures, alors qu’elle est absorbée à trouver son emplacement et paralysée par la peur qu’elle puisse vaincre ses pouvoirs mentaux.

La Seconde Fondation sort brièvement de sa cachette pour faire face à la menace de la Mule. Elle se révèle être un assemblage d’êtres humains les plus intelligents de la galaxie, descendants des psycho-historiens de Seldon. En utilisant la force de ses esprits les plus forts, la Seconde Fondation finit par miner la Mule. Elle réussit à vaincre la Mule, en la transformant en un individu relativement inoffensif, qui manque d’ambition et ne constitue plus une menace pour le plan Seldon. Sa posture destructrice est ajustée à une forme bénigne. Elle revient pour régner pacifiquement sur son royaume pour le reste de sa vie, sans plus penser à conquérir la Seconde Fondation.

Trump a eu une ascension étonnamment rapide au pouvoir. Il est passé d’une star de la télé-réalité frivole au leader le plus puissant sur terre, en l’espace de deux ans. Avec ses exploits clownesques et sa rhétorique, il s’est porté au pouvoir en étant sous-estimé à chaque étape du chemin ─ exaspérant ses nombreux ennemis, qui ont mal calculé son niveau de compétences politiques et de persuasion. À moins qu’il ne soit renversé par l’État profond ou qu’il ne soit tué, il pourra mettre son empreinte sur la nation pendant au moins quatre ans et peut-être huit.

Ses deux premiers mois au pouvoir refléteront vraisemblablement toute sa présidence. L’establishment de Washington et les sinistres joueurs de l’État profond tenteront de déjouer les mouvements de Trump. Ils ont déjà empêché ses contrôles de l’immigration et ses tentatives d’abroger et de remplacer l’Obamacare, tout en utilisant leurs techniques illégales de surveillance pour saper son administration.

La Seconde Fondation, à travers une pression inflexible et générant la peur de l’inconnu dans l’esprit de la Mule, a pu saper ses plans de conquête et la transformer en une figure passive non perturbatrice, sans dentition, non menaçante. Alors que les meilleurs plans de Trump sont obscurcis, son ordre du jour déjoué et sa législation empêchée, son enthousiasme pour la gouvernance diminuera-t-il ?

Les organismes de surveillance qui sont censés agir en son nom essaient manifestement de renverser sa présidence. Les fuites et les fausses nouvelles destinées à saboter la crédibilité de Trump et de son administration continueront. La peur que de mystérieux agents de surveillance de l’État ne le châtient, convaincra-t-elle Trump de reprendre la ligne et devenir un laquais soumis, qui ne fasse plus de vagues pour l’État profond ?

Je n’ai aucune illusion sur le fait que Trump serait une sorte de sauveur, qui va inverser des décennies de corruption politique, de faiblesse de la monnaie, de trucage des marchés financiers, de faux-pas militaires globaux, de désintégration culturelle, de mentalité de droit omniprésente et d’agents d’espionnage hors contrôle. Au mieux, il va ralentir certains aspects du déclin, durant un court laps de temps. Plus probablement, il va provoquer ses ennemis, à tel point que le déclin sera accéléré en raison de l’éclatement de la guerre civile ou mondiale. L’effondrement financier à venir poussera encore plus le pays vers le bord. Ce n’est pas une question de savoir si, mais quand. Et le moment est plus proche que la plupart des gens ne l’imaginent.

Les germes de la destruction de l’Empire américain ont été semés alors que Ben Franklin a quitté la Convention constitutionnelle, il y a deux cent trente ans, pour répondre à la question de madame Powell, si le peuple pouvait garder la république qu’ils avaient donnée au peuple. Les semences ont tardé à prendre racine, mais la transition de la république à la démocratie a entraîné un déclin à long terme alors que les gens ont voté pour plus d’avantages, payés par leurs concitoyens et financés par la dette.

Avec la création secrète de la Réserve fédérale privée en 1913, l’effacement de notre monnaie a commencé. La véritable naissance de l’Empire américain s’est produite avec la capitulation de l’Allemagne et du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En tant que seule puissance majeure non en ruines physiques et économiques, l’Amérique a dominé le monde, jusqu’à ce que son ardeur ait été entamée à la fin des années 1960, avec la naissance de l’État du bien-être et de la guerre financé par la dette. Le renoncement à adosser la monnaie à l’or, en 1971, a scellé notre destin.

Nous avons traversé notre Rubicon avec la préservation et l’expansion de l’empire, mettant en faillite la nation. Nous refusons simplement de l’admettre. C’est déjà fait. Le défaut de paiement arrive à maturité. C’est arrivé aux Grecs, aux Romains, aux Espagnols, aux Hollandais, aux Britanniques et à beaucoup d’autres civilisations au cours de l’Histoire. Le chemin vers la destruction est toujours le même, parce que les actions des humains en grand nombre sont tout à fait prévisibles. L’Empire américain a exploité toutes les personnes productives, ne laissant plus rien à investir dans le futur. L’investissement par les entreprises américaines consiste aujourd’hui en des PDG gourmands, qui rachètent leurs actions pour augmenter le bénéfice par action et le prix de l’action, afin de gagner des bonus de plusieurs millions de dollars.

L’escroquerie de la mondialisation a été le dernier soupir mortel pour exploiter les ressources de la planète et les personnes. Il ne reste plus rien pour financer le pain et les jeux qui gardent les masses ignorantes distraites, amusées et nourries. Les mécanismes monétaires de la Réserve fédérale ont atteint leur limite. La crise économique est inévitable, avant que ce Quatrième Tournant ne se déroule.

L’effondrement économique entraînera probablement la dissolution finale de l’Empire américain. Les plans les mieux préparés des intellectuels milliardaires de l’État profond n’y seront pour rien. La loi des grands nombres va de nouveau reprendre en force. Tous les empires finissent par mourir, et la vie se poursuivra, à moins que les psychopathes qui contrôlent ce pays ne fassent exploser la planète plutôt que de renoncer à leur richesse et leur pouvoir. L’histoire est-elle déjà écrite ou les individus ont-ils leur mot à dire ?

« Tout au long, vous avez invariablement compté sur l’autorité ou sur le passé, jamais sur vous-même. » Isaac Asimov, Fondation

« Mais le bâtiment de l’Empire porte également les germes de sa propre destruction. Plus un État est proche du but ultime de la domination mondiale et du gouvernement mondial, moins il y a lieu de maintenir son libéralisme interne mais de faire plutôt ce que tous les États sont enclins à faire de toute façon, c’est-à-dire de réprimer et d’accroître leur exploitation de toutes personnes productives qui restent encore.

Par conséquent, sans affluents supplémentaires disponibles et avec la productivité intérieure stagnante ou en baisse, les politiques internes de pain et de jeux de l’Empire ne peuvent plus être maintenues. La crise économique frappe et une crise économique imminente stimulera les tendances décentralisatrices, séparatistes et sécessionnistes, et débouchera sur la dissolution de l’Empire. Nous avons vu cela se produire avec la Grande-Bretagne, et nous le voyons maintenant, avec les États-Unis et leur Empire apparemment dans sa dernière étape. » Hans-Hermann Hoppe

Jim Quinn

Article original paru dans The Burning Platform.

Traduit par Julie, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker francophone

Enregistrer

Enregistrer