La magie du Novitchok


Par Moon of Alabama – Le 16 juillet

Cette (fausse) publicité avant-après d’un parfum Novitchok présenté par Ioulia Skripal, a fait le buzz il y a quelque temps.

Cette « annonce » a été publiée avant le 27 mai. Son créateur doit être un visionnaire.

Hier soir, la BBC titrait :

Amesbury : Du Novitchok trouvé dans un flacon de parfum, selon le frère de la victime.

L’agent neurotoxique qui a empoisonné deux personnes à Amesbury se trouvait dans un flacon de parfum, selon le frère de l’une des victimes.

Matthew Rowley a dit que son frère Charlie, qui est gravement malade à l’hôpital, lui avait dit qu’il avait ramassé le flacon de parfum.

La police métropolitaine, qui dirige l’enquête, a refusé de confirmer cette allégation.

Auparavant, la police avait seulement dit qu’il avait été trouvé dans une « petite bouteille ».

Serguei Skripal et sa fille Ioulia se sont tous deux mystérieusement remis de l’agent neurotoxique 10 fois plus meurtrier que VX. C’est parce que le parfum Novitchok est magique.

Matthew Rowley, l’une des victimes du deuxième incident « Novitchok » dans le Wiltshire, est également sur la voie d’un rétablissement complet. Son amie Dawn Strugess, une droguée en très mauvaise condition physique, est morte. Comme dans l’affaire Skripal, les détails de ce deuxième incident soulèvent beaucoup de questions.

Selon la police, la « petite bouteille » contenait un agent du groupe « Novitchok » :

Les scientifiques nous ont maintenant confirmé que la substance contenue dans la bouteille est du Novichok.

D’autres tests scientifiques seront effectués pour essayer de déterminer s’il s’agit du même lot que celui qui a contaminé Serguei et Ioulia Skripal en mars. C’est une des questions principales que la police s’efforce de résoudre.

Des enquêtes sont en cours pour déterminer d’où vient la bouteille et comment elle s’est retrouvée dans la maison de Charlie.

Pour être pris pour un parfum, cet agent neurotoxique doit vraisemblablement être très fluide. Pourtant la police avait parlé d’un « gel Novitchok » appliqué sur la poignée de porte de la maison de Serguei Skripal… Est-ce que c’était la déclinaison soin de la peau de la ligne de beauté « Novichok » ?

C’est un trou de plus dans l’histoire officielle que le gouvernement britannique est en train de concocter sur l’affaire Skripal.

Ce qui n’empêche pas des « officiels » d’inventer toujours plus de sottises sur la question.

Juste après que le ministère de la Justice a inculpé des officiers du G.R.U., le renseignement militaire russe, des « officiels » anonymes ont prétendu que le G.R.U. est également responsable de l’incident Skripal. Comme d’habitude, il n’y a aucune preuve, ni même aucune logique, à l’appui de leurs affirmations :

L’enquête sur l’empoisonnement au Royaume-Uni pointe vers l’agence russe dans l’acte d’accusation de Mueller

Les enquêteurs britanniques pensent que l’attaque du 4 mars contre l’ancien espion, Serguei V. Skripal, et sa fille, Ioulia, a très probablement été menée par des agents actuels ou anciens du service connu sous le nom de G.R.U., qui ont été envoyés chez lui dans le sud de l’Angleterre, selon un officiel britannique, un officiel américain et un ancien officiel américain, proches de l’enquête, qui préfèrent garder l’anonymat pour s’exprimer sur des questions de renseignement.

L’article cite l’ « expert » anti-russe Mark Galeotti selon qui :

« Le fait que G.R.U. tue des gens à l’étranger a été amplement démontré dans de nombreux autres cas » …

Pourquoi n’en cite-t-il pas un seul ?

Serguei Skripal était un agent du G.R.U. qui travaillait pour les Britanniques. Il a été arrêté et condamné à 15 ans de prison. Après six ans de prison, il a été gracié et échangé contre des espions russes capturés à l’ouest. Il n’avait plus aucune valeur pour les Russes. Le tuer aurait le grave inconvénient de mettre fin aux échanges d’espions. Le G.R.U. n’avait certainement aucun intérêt à le faire.

Galeotti est le rien-moins-qu’expert qui a inventé la « doctrine Gerasimov » qui, selon lui, décrivait la manière dont la Russie mène des « guerres non linéaires » et des « guerres hybrides ». Beaucoup de bêtises ont été écrites à ce sujet. Trois ans plus tard, après avoir été interpellé là-dessus, Galeotti a été obligé d’admettre que son interprétation d’un article du chef d’état-major russe Valery Gerasimov était totalement fausse. Gerasimov n’avait pas décrit une nouvelle doctrine russe, mais la manière « occidentale » de mener des guerres de « changement de régime ».

Galeotti avait attribué à la Russie les stratégies et tactiques malfaisantes des opérations « occidentales » décrites par Gerasimov.

Le conte qu’on nous sert sur le « Novitckok » est basé sur une « inversion » 1 du même genre.

Traduction : Dominique Muselet

Note

  1. L’« inversion accusatoire » est un des outils de propagande favoris des propagandistes de tous poils. – NdT