Des pesticides au paradis


Les OGM sont au cœur des manifestations à Hawaii pour lutter contre les malformations des nouveau-nés. Depuis trois ans, les docteurs de la région sont au centre de discussions concernant les OGM. Les céréales qui ont été génétiquement modifiées sont-elles bonnes pour la santé, comme le proclament les compagnies industrielles, ou sont-elles responsables de dysfonctionnements et de maladies ?


Par Christopher Pala – Le 23 août 2015 – Source The Guardian

Après l’échec de quatre tentatives distinctes pour freiner les entreprises, on estime que dix mille personnes ont défilé dans le quartier touristique de Waikiki à Honolulu. Photo: Christopher Pala pour le Guardian

La pédiatre Carla Nelson se rappelle du teint très pâle d’un nouveau-né ainsi que de ses battements de cœur anormaux qu’elle entendait à travers le stéthoscope. Quelque chose n’allait pas.

Le bébé était né quelques minutes auparavant avec une malformation du cœur assez sévère, qui demandait des soins très complexes. Elle s’inquiétait, tandis qu’elle attendait l’avion sanitaire qui devait amener l’enfant originaire de Waimea de l’île de Kauai vers le principal hôpital d’Honolulu, car c’était la quatrième fois qu’elle est confrontée à ce genre de situation en 3 ans.

Dans tout le comté de Waimea, il y en a eu au moins 9 en 5 ans, dit-elle en secouant la tête. C’est 10 fois plus que le taux national, d’après les analyses des docteurs de la région.

Nelson, originaire de Californie, s’est retrouvé avec plusieurs autres docteurs de la région au cœur d’une tempête qui plane autour de l’archipel hawaïen depuis trois ans. La consommation du maïs transgénique, céréale la plus rentable de quatre des six principales îles, est-elle bénéfique pour la santé, comme le proclament les compagnies, ou est-elle responsable de dysfonctionnements et de maladies comme le suspectent les docteurs et les habitants de la région ?

La marche de contestation du 9 août dernier, qui a rassemblé pas moins de 10 000 personnes dans le quartier touristique de Waikiki à Honolulu, fait suite à l’échec de quatre tentatives lors des deux dernières années pour mettre les compagnies productrices d’OGM face à leur responsabilité. Certains brandissaient des affiches sur lesquelles étaient inscrits «Nous méritons le droit de savoir : arrêtez d’empoisonner ce paradis» et «Sauvons Hawaii – Stop aux OGM», tandis que d’autres protestaient pour des problèmes différents.

«La participation d’un grand nombre de personnes montre bien une préoccupation et une frustration concernant cette situation», raconte un activiste hawaiien, Walter Ritte, de l’île de Molokai.

L’utilisation des insecticides à usage restreint est 17 fois plus élevée

Waimea et les champs OGM. Les deux bâtiments aux toits oranges en bas à gauche sont les Middle School. Celui à sa droite est l’hôpital. Photo: Christopher Pala pour le Guardian

Waimea est une petite ville aux maisons à bas étages faites de bois de couleur pastel. Elle fut érigée au XIXe siècle dans le sud-ouest de Kauai pour les travailleurs des plantations de cannes à sucre. Maintenant la ville jouit d’une aura touristique en raison de sa proximité avec un canyon spectaculaire de Waimea. Il y a environ 200 personnes qui travaillent à plein-temps au sein des quatre grandes compagnies qui cultivent le maïs – entièrement exporté – sur environ 4 800 hectares loués à l’État.

A Kauai, les industries chimiques Dow, BASF, Syngenta et Dupont pulvérisent 17 fois plus d’insecticides d’usage restreint par hectare que sur un champ de maïs ordinaire, dans le reste des États-Unis (informations recueillies par l’étude la plus détaillées du secteur réalisée par le Centre de la sécurité sanitaire).

Seulement à Kauai, 18 tonnes – incluant l’atrazine, le paraquat (tous les deux interdits en Europe) et le chloropyrifos – ont été utilisés en 2012. L’Organisation mondiale de la santé a annoncé cette année que le glyphosate, vendu sous le nom de Roundup, l’herbicide non-réglementé le plus connu, est «probablement cancérigène pour les humains».

Les champs de maïs se trouvent au-dessus de Waimea, une terre appartenant à la compagnie Kekaha et mise en culture dans les années 1870 pour la plantation de cannes à sucre. Le relief remonte doucement vers des coteaux arides où les champs sillonnés prennent de couleurs brun-rougeâtre. Certains d’entre eux se parent de couleur vert-clair, signe du développement du maïs.

Chaque parcelle de terre est fréquemment traitées aux pesticides, souvent une fois tous les deux jours. La plupart des champs, laissés en jachère en attendant la prochaine récolte, sont eux aussi traités afin de ne rien laisser pousser. «Que ce soit pour cultiver ou tester une nouvelle semence, vous avez essentiellement besoin d’un sol stérile», affirme le professeur Hector Valenzuela du département des sciences du sol et des plantes tropicales de l’Université d’Hawaii.

Lorsque le travail de pulvérisation est en cours et que le vent balaie les champs des collines en ramenant tous les produits toxiques vers la ville (en ces circonstances météorologiques, l’épandage devrait ne pas avoir lieu), cela entraîne des désagréments, notamment pour les habitants qui souffrent de picotements aux yeux, de mal de tête et de vomissements.

«Vos yeux et vos poumons vous font mal, vous vous sentez étourdis et nauséeux. C’est affreux», explique Howard Hurst, professeur enseignant dans un collège spécialisé, qui était présent lors de deux évacuations. «Ici, 10% des étudiants ont accès à des services d’éducation spécialisés. La moyenne de l’État est de 6.3%, dit-il. Il est difficile de penser que les pesticides n’y jouent pas un rôle

Ces temps-ci, les salles d’attente du principal hôpital de la ville ne désemplissent pas. Cet hôpital a été jusque récemment dirigé par l’ancien chef lobbyiste de Dow AgroSciences d’Honolulu. Il se trouve à côté d’un collège, non loin (500 m) des champs agricoles de Syngenta. L’hôpital, construit près des plantations de cannes à sucre n’a jamais pris la peine de réaliser des études sur les effets des pesticides sur la population.

Les industries chimiques qui possèdent des terres où pousse le maïs refusent de dévoiler avec précision les produits chimiques qu’elles utilisent, où et en quelle proportion, mais elles affirment que les produits chimiques utilisés ne sont pas toxiques, propos approuvés par la majorité des politiciens étatiques et locaux. Dans un dossier d’affaire judiciaire récente, l’avocat Paul Achitoff de Earthjustice écrit : «La législature d’Hawaii n’a jamais donné son aval pour réglementer la culture de plantes génétiquement modifiées.»

Concernant la recrudescence des malformations congénitales, «nous ne connaissons aucune source de statistiques sanitaires crédibles pour appuyer ces affirmations», explique Bennette Misalucha, directrice exécutive de l’Association sur l’amélioration des cultures à Hawaii (une association en lien avec les compagnies chimiques), dans une déclaration écrite, distribuée par un lobbyiste. Elle a refusé d’être interviewée.

Nelson, la pédiatre, indique que le rapport sur l’Exposition des enfants aux pesticides de l’Académie américaine des pédiatres, a montré «un lien entre les pesticides et les effets indésirables à la naissance, y compris les malformations congénitales». En partant du constat que les écoles locales ont dû être évacuées à deux reprises et que les enfants ont été envoyés à l’hôpital à cause des nuages de pesticides, Nelson explique que les docteurs ont besoin de s’informer davantage sur la méthode de pulvérisation des pesticides : «Cest difficile de soigner un enfant lorsque vous ne connaissez pas la nature des produits chimiques auxquels il a été exposé

Ses préoccupations et celles de la plupart de ses collègues ont grandi dès lors que les entreprises ont vu leur superficie de terres arables doubler en peu de temps pour atteindre 10 000 hectares, permettant aux industries de se consacrer encore plus aux cultures de nouvelles variétés de plantes résistantes aux herbicides.

Aujourd’hui, environ 90% des semences OGM utilisées aux États-Unis proviennent d’Hawaii et plus particulièrement de l’île de Kauai qui détient l’une des plus grandes surfaces cultivables. Le climat doux de l’île produit non pas une seule récolte par année mais trois, permettant aux entreprises d’apporter une nouvelle tendance à la commercialisation de céréales en trois fois moins de temps.

Une fois que la semence est prête, ces mêmes champs sont utilisés pour faire pousser les graines, qui sont ensuite envoyées aux agriculteurs américains sous contrat avec les compagnies. C’est leur moyen de sortie, un système de livraison de pesticides comme le nomment les critiques. Les souches de chaque semence céréalière exportées sont modifiées jusqu’à un seuil de tolérance accepté par les normes sanitaires des autres États américains. Ainsi elles sont génétiquement modifiées par le cultivateur et sont vendues directement aux consommateurs par l’intermédiaire des agriculteurs américains.

L’utilisation du maïs concerne aussi bien les secteurs industriels qu’agricoles : moins de 1% est mangé. Environ 40% est changé en éthanol pour les voitures, 36% est réservé pour l’alimentation du bétail, 10% pour l’industrie alimentaire et le reste est exporté.

«Nous voulons seulement rassembler les informations»

Une marche contre les pesticides à Hawaii. Photographe: Christopher Pala for the Guardian

A l’intérieur d’un Starbucks, proche d’Honolulu, le chirurgien pédiatre Sidney Johnson du Centre médical pour femmes et enfants de Kapiolani fait part de ses questionnements. Il surveille tous les nouveaux-nés présentant des malformations congénitales et a opéré plusieurs d’entre eux. Il raconte qu’il se pose des questions depuis quelque temps concernant les pesticides en raison du nombre d’enfants naissant avec les organes abdominaux à l’extérieur de leur corps. Cette malformation appelée gastrochisis s’est intensifiée depuis 1980, passant de trois cas à 12 cas en 2015.

«Nous avons l’eau et l’air les plus purs du monde», dit-il. Actuellement, il travaille en collaboration avec un étudiant en médecine sur une étude liant les pesticides aux maladies congénitales. Ils désirent savoir si les parents des enfants contractant ces maladies vivaient près de champs agricoles traités aux pesticides pendant la période de conception et pendant la période de grossesse. Il désire étendre son étude sur les parents d’enfants souffrant de défauts cardiaques.

«Vous vous demandez sûrement pourquoi cela n’a jamais été fait auparavant, dit-il. Les données d’autres État montrent un lien potentiel, et Hawaii semble être le meilleur endroit pour le prouver

A l’insu de Johnson, deux autres médecins ont travaillé dans la même direction, mais avec quelques contraintes. Ils sont membres d’une commission étatique nommée l’année dernière afin de «savoir si les pesticides sont réellement nuisibles aux humains». Ces paroles viennent du directeur de la commission, Peter Adler, il les a prononcées devant les habitants furieux de Waimea en août 2015. Plusieurs d’entre eux se sont montrés sceptiques face à cette commission, pensant qu’elle ne servira qu’à étouffer la question.

Le jury de cette étude est composé de neufs volontaires travaillant à mi-temps dont deux scientifiques appartenant aux industries chimiques ainsi que plusieurs de leurs opposants. «Nous voulons seulement recueillir des informations et faire quelques recommandations, explique Adler aux 60 personnes présentes à la réunion. Nous ne ferons pas de recherche inutile

Un des deux docteurs, un pédiatre à la retraite du nom de Lee Evslin, explique ses intentions et sa méthode de travail. «Je veux faire ressortir une évolution significative des problèmes de santé des personnes qui pourraient avoir été exposées aux pesticides, dit-il dans une interview. Ce ne sera pas une étude épidémiologique poussée, mais ce sera sûrement plus complet que tout ce qui a été fait auparavant

Le jury de la commission travaille sur ce qu’ils appellent l’enquête commune sur les récoltes génétiquement modifiées et sur les pesticides à Kauai. C’est la seule étude convaincante connue de ces trois dernières années. Elle a pour but de forcer les industries à révéler à l’avance la nature des produits chimiques qu’elles utilisent lors des épandages créant ainsi des zones-tampons. Cette mesure a été effectuée dans 11 autres États, où les cultures vivrières reçoivent beaucoup moins de pesticides par acres.

L’opposition à l’expansion de zones agricoles traitées aux pesticides a commencé lorsque Gary Hooser de Kauai, un ancien leader du Sénat américain et candidat déchu pour devenir Lieutenant-gouverneur en 2010, a concouru pour son ancien siège au sein du Conseil régional de Kauai en 2012.

«Partout où je suis allé, les gens sont préoccupés par les OGM et les pesticides. Les gens me disaient : «Gary, nous devons faire quelque chose», raconte-t-il autour d’un café dans le café-bar branché (Ha Coffee Bar) de la ville de Lihue, capitale de l’île. Certains sont inquiets concernant le processus de développement des OGM et d’autres sont soucieux d’une potentielle menace des pesticides. Ces préoccupations deviennent un des enjeux politiques majeurs

Une fois élu, Hooser, qui a le teint coloré et les yeux bleu perçant, et qui a débarqué à Hawaii comme un adolescent californien, a approché les compagnies pour glaner quelques informations concernant la nature des produits chimiques utilisés et en quelle quantité. Sa requête a été refusée.

Dans le procédé qu’il nomme «faire ses devoirs», il a découvert que les compagnies, à la différence des agriculteurs, opéraient sous un permis du ministère de l’Environnement octroyé depuis plusieurs décennies, leur permettant de décharger des produits chimiques dans les eaux souterraines. Ce permis a été acquis depuis le jour des premières récoltes des plants de cannes à sucre où le niveau de toxicité était beaucoup moins élevé. L’État a demandé une exemption fédérale pour les compagnies afin d’éviter les normes modernes de conformité.

Il a aussi constaté que les entreprises, contrairement aux agriculteurs, ne payaient pas la taxe d’État imposable à 4%. Certaines n’ont même pas à devoir payer les impôts fonciers, aux coûts de 125 000 dollars par année. Après que Hooser et le bureau des impôts de la région ont fait pression, les compagnies ont tout de même payé la valeur de deux années d’impôts.

Avec le soutien de trois autre membres du Conseil de Kauai, composé de sept personnes, il a rédigé un projet de loi exigeant des entreprises de déclarer de façon annuelle leur production. Elles doivent également annoncer le type de pesticides qu’elles ont l’intention d’utiliser, à quel endroit et à quel moment. Initialement, la loi a imposé un moratoire concernant les industries chimiques qui voyaient leur superficie d’action augmenter alors que leur impact sur l’environnement était en train d’être évalué.

Après une série d’audiences dans lesquelles les employés des entreprises ainsi que leurs familles, habillés de bleu, et les opposants habillés de rouge s’affrontaient, le projet de loi a été réévalué en supprimant le moratoire et en réduisant la portée de l’étude sur l’impact environnemental. Le décret est alors passé mais les compagnies ont intenté une action en justice devant le tribunal fédéral. Le juge a décidé d’exempter les comtés des réglementations des pesticides. Après la décision du juge, l’État et le comté ont créé conjointement une commission d’enquête dans laquelle ils s’engagent officiellement à ne plus mener de nouvelles recherches.

Hooser est confiant sur le fait que la loi sera annulée en appel : la constitution de l’état d’Hawaii «exige spécifiquement» de l’État et des comtés de protéger les communautés et leur environnement.

Dans son appel, Achitoff d’Earthjustice a déclaré que la loi hawaiienne concernant les pesticides ne «démontre pas que la législature a eu l’intention de regarder les écoliers entrer à l’hôpital aussi longtemps que les organismes publics ne remédient pas au problème».

Un processus similaire s’est déroulé un peu plus tard en 2013 sur la Grande Ile, communément appelée l’île d’Hawaii qui n’utilise pas de produits céréaliers transgéniques. Le Conseil du comté a passé une loi qui a effectivement interdit le développement des industries chimiques au sein même de la Grande Ile, et cette loi fut contestée devant la Cour suprême pour les mêmes raisons. Une interdiction de culture du taro transgénique, un tubercule alimentaire, présumé sacré pendant la mythologie hawaiienne, a été maintenue.

Dans le comté de Maui, qui inclut les îles de Maui et Molokai, se trouvent de larges parcelles agricoles de maïs transgéniques. Un groupe de résidents a formé le Mouvement de Shaka (Shaka Movement). Il s’est abstenu d’en parler au Conseil en faveur des entreprises chimiques et a lancé un référendum pour l’obtention d’un moratoire sur tous les produits OGM jusqu’à ce qu’une déclaration sur l’impact environnemental soit établie dans la région.

Des compagnies telles que Monsanto, ont dépensé 7,2 millions de dollars pour la campagne (327,95 dollars pour chaque «non», soit une des campagnes politiques les plus coûteuses qu’a connues Hawaii) et se sont toujours retrouvées perdantes.

Encore une fois, elles ont intenté un procès devant la Cour suprême et le juge chargé de l’affaire a déclaré que l’initiative du Mouvement de Shaka du comté de Maui été préemptée par la loi fédérale.

Ces décisions ont également été pourvues en appel. Au sein de l’Assemblée législative de l’État d’Honolulu, le Sénateur Josh Green, un Démocrate qui a alors présidé le comité de santé, a tenté un nouvel effort visant à réduire l’utilisation des pesticides.

Il ajoute que ce n’est un secret pour personne. La plupart des responsables du comité d’agriculture ont eu «une relation plus proche avec les industries agrochimiques qu’avec les groupes environnementaux».

Green, un médecin des services des urgences qui a grandi en Pennsylvanie, a rédigé un projet de loi visant à mandater certaines révélations antérieures et certaines zones-tampons. «Je pensais que c’était un compromis raisonnable», dit-il. En outre, il a proposé un projet de loi plus limité mais plus sûr.
«Si même celui-ci ne passe pas, il va être évident que l’État n’a pas la volonté politique nécessaire pour tenir tête aux industries chimiques, ajoutait-il lors d’une interview téléphonique. Ce serait épouvantable

Le président du comité sénatorial agricole, Cliff Tsuji, n’a même pas pris la peine de faire voter ce projet de loi, même si le gouverneur d’Hawaii avait promis de signer n’importe quel projet de loi visant à créer des zones-tampons.

Questionné par e-mail sur ce qu’il comptait faire maintenant, Green a répondu en riant : « Boire un verre de scotch

L’article a été modifié le 12 octobre 2015. Une précédente version stipulait qu’un Centre pour la sécurité alimentaire avait rapporté que la pulvérisation de pesticides dans la région de Kauai était 17 fois plus importante que dans les champs des autres État des États-Unis. Les principaux produits utilisés étaient des insecticides à usages restreints. L’atrazine et le paraquat faisaient également partie de ces produits chimiques utilisés à Kauai mais pas en forte proportion. Cela a été corrigé.

Ce reportage a été soutenu par une subvention du Fonds pour le Journalisme d’Investigation

Traduit par Frédéric, vérifié par Ludovic, relu par Diane pour le Saker Francophone

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