Alarme dans l’establishment US…


Trump menace d’éviscérer le racket américain de la « promotion de la démocratie »


Establishment alarmed as Trump threatens to gut US ‘democracy promotion’ racket
Les sénateurs américains Chris Murphy et John McCain sur scène avec des militants de l’opposition à Kiev, en Ukraine, en décembre 2013. © Gleb Garanich / Reuters

Russia Today

Par Russia Today – Le 8 mars 2018 – Source Russia Today

L’establishment de la politique étrangère à Washington est en colère après que l’administration Trump a proposé de réduire le financement des organisations chargées de « promouvoir la démocratie à l’étranger » souvent sous couvert de révolutions colorées.


La Département d’État a coupé le budget 2019 de la fondation National Endowment for Democracy (NED) et la sépare du National Democratic Institute (NDI) et de l’International Republican Institute (IRI). Le financement des instituts serait transféré au Département d’État, où le NDI et l’IRI seraient en concurrence avec des entrepreneurs privés, selon le chroniqueur du Washington Post Josh Rogin, qui a décrit la proposition comme « une agression non seulement contre leurs organisations mais aussi contre la mission en faveur de la démocratie à laquelle elles sont dédiées ».

« Si elle était mise en œuvre, la proposition éradiquerait le programme, forcerait les licenciements et la signification symbolique serait également bouleversante, envoyant le signal que les États-Unis tournent le dos à des personnes courageuses qui partagent nos valeurs » a dit Carl NED Gershman à Rogin.

« Le travail que fait notre gouvernement pour promouvoir les valeurs démocratiques à l’étranger est au cœur de ce qu’est notre pays » a déclaré à Rogin le sénateur John McCain (Républicain, Arizona), président du conseil d’administration de l’IRI. Le conseil d’administration du NDI est présidé par l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright.

McCain a écrit une lettre protestant contre la proposition au Bureau de la gestion et du budget en décembre. Elle a été signée par quatre autres sénateurs, dont l’allié proche de McCain, Lindsey Graham (Républicain, Caroline du Sud) et Marco Rubio (Républicain, Floride).

Les gens de Trump « ne croient tout simplement pas que c’est l’affaire de l’Amérique de pousser la démocratie à l’étranger » a conclu Rogin.

L’article du Washington Post a rapidement fait le tour des cercles de l’establishment de Washington, où il a reçu des éloges de l’ancien agent de la CIA,  du candidat à la présidentielle manqué, Evan McMullin, et du chroniqueur de New Republic, Jeet Heer. Nicholas Burns, qui a servi comme porte-parole du département d’État sous Albright a déclaré que les révélations « vous feront bouillir de rage ».

2018-03-08_12h15_45@ joshrogin: On peut s'attendre à ce que l'attaque de l'administration Trump sur la promotion de la démocratie continue. Les dictatures présentent leur modèle comme préférable pour le monde en développement. Les violations des droits de l'homme augmentent. Les libertés fondamentales sont attaquées.

... Enterrer dans le budget du Département d'État est un changement qui serait une attaque contre la mission en faveur de la démocratie de plusieurs organisations.
2018-03-08_12h21_30@HeerJeet
2.La promotion de la démocratie dans la politique étrangère avait un véritable soutien bipartisan de Carter à Obama. Trump a brisé ce consensus. 

@RNicholasBurns
Cela fera également bouillir votre sang. Le Département d'État renonce à notre soutien historique à la promotion de la démocratie dont nul autre que Ronald Reagan a été le pionnier.

Ce sont les tweets de Burns en particulier qui ont suscité la dérision des critiques de la politique étrangère américaine, tels que les journalistes Glenn Greenwald, Chris Floyd et Jon Schwarz, et l’ancien diplomate Peter Van Buren :

2018-03-08_12h33_18

@ggreenwald
C'est le genre de révisionnisme historique flagrant et chauvin que l'ère Trump a remis à la mode. L'idée que les États-Unis aient été consacrés à la « promotion de la démocratie » avant Trump - et que cela a été inventé par Reagan, un tyran étreignant - est tout simplement risible
@RNicholasBurns
 Oh, M. Burns, dites-nous en plus sur la « promotion de la démocratie » de Reagan avec Rios Montt. Et Reagan avait-il un aide spécial qui le suivait pour éponger le sang innocent dégoulinant de ses mains ? Oh, racontez-nous l'histoire glorieuse, M. Burns !
@schwarz
La chose confuse à propos de Harvard, Yale, etc. est que le travail des personnes qui y sont est en réalité de décrire la réalité avec précision, alors que le travail de nombreux professeurs de sciences humaines comme Nicholas Burns est de mentir sur la réalité 
@ WeMeantWell
Nicky, Nicky ... ne plus boire de la journée, sauf si vous allez sur CNN. La promotion de la démocratie au Nicaragua, au Salvador, au Guatemala, au Liban ... ou peut-être en Irak 3x, Afghanistan, Somalie, Pakistan, Libye ? Qu'est-ce que tu racontes ? 

Ainsi que de nombreux autres Tweeters de base :

2018-03-08_12h48_52

@RNicholasBurns
Libye merci pour leur démocratie américaine. Le marché des esclaves a été un peu une surprise et le fait qu'il y ait trois factions prétendant être le gouvernement, mais je suis sûr que vous savez ce qui est le mieux.


 @RNicholasBurns
Démocratie ! Promue ! 

 

La NED a été fondée en 1983, sous l’administration Reagan. Il s’agit théoriquement d’une organisation non gouvernementale, bien que la majeure partie de son financement soit fournie par le gouvernement américain et les contribuables américains. Le statut a donné à la NED et à ses instituts un déni plausible contre les accusations selon lesquelles les États-Unis se seraient ingérés dans la politique des autres pays : « Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait secrètement il y a 25 ans par la CIA » a déclaré Allen Weinstein au Washington Post en Septembre 1991.

The United States Capitol in Washington DC. © Joshua Roberts / Reuters
“Les US ont le droit de s’ingérer” : la promotion de la démocratie est ‘la politique américaine ‘, conclut le débat TV

Un exemple est la vague des « révolutions colorées » de la Serbie en 2000 aux révoltes du « printemps arabe » de 2011. En Ukraine deux fois, en 2004 et 2014. Lors des troubles à Kiev en novembre 2004, Ian Traynor du Guardian a décrit le processus, tout en faisant l’éloge des personnes qui le soutenaient. « L’opération – installer la démocratie à travers les urnes et la désobéissance – est maintenant tellement bien rodée que les méthodes ont mûri vers un modèle permettant de gagner d’autres élections populaires » a écrit Traynor. « L’Institut démocratique national du Parti démocrate, l’Institut républicain international, le département d’État américain et USAID sont les principales agences impliquées dans ces campagnes populaires ainsi que l’ONG Freedom House et l’Institut Open Society du milliardaire George Soros. »

Bien que les campagnes organisées par tous ces acteurs externes soient plus des manifestations artificielles que vraiment ancrées dans la base populaire, il y avait peu d’objections, car tout cela était fait au nom de la démocratie.

Traynor a conclu son histoire de 2004 en disant que les « lieux à surveiller » étaient la Moldavie et l’Asie centrale. Effectivement, l’ancienne république soviétique du Kirghizistan a connu une « Révolution rose » [l’auteur veut sans doute parler de la « Révolution des tulipes » NdT] en février 2005, tandis que la « Révolution du raisin » a eu lieu en Moldavie en avril 2009.

L’obsession de la démocratie pour l’establishment de Washington s’explique aussi par la croyance que tout gouvernement non démocratique est automatiquement anti-occidental, comme l’a soutenu Luis Fleischman du Center for Security Policy le mois dernier [passant sous silence l’Arabie saoudite, un des meilleurs alliés des USA, NdT].

Si le régime est pro-américain, peu importe qu’il soit démocratique ou non. Mardi, le directeur de Foundation for Defense of Democracies, Mark Dubowitz, a tweeté que « l’autoritarisme inclusif » pourrait être mieux adapté aux pays du Moyen-Orient, tant qu’ils sont  « tolérants, respectueux des libertés individuelles et pro-américains ».

2018-03-08_13h16_19

@ mdubowitz
À propos, j'ai dit un « autoritarisme inclusif »  *pourrait* être une meilleure alternative. Tolérant, respectueux des libertés individuelles et des droits des minorités et pro-américain. J'ai suggéré que cela devrait être discuté. Alors épargnez-moi les invectives et expliquez pourquoi les démocraties au Moyen-Orient ont plus qu'échoué. 

Russia Today

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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