Adoption de la loi dite de l’« État-nation juif »: quelles en seront les conséquences ?

Par Sputnik – Le 19 juillet 2018

La Knesset vient d’adopter une loi fondamentale qui définit explicitement le caractère juif de l’État hébreu, ce qui a provoqué de vives protestations de la minorité arabe qui y voit du racisme et une menace de discrimination. Masud Ganaim, député de la Liste arabe unie au parlement israélien, a commenté l’événement pour Sputnik.

La loi de l’« État-nation juif » représente un grand danger pour l’ensemble des territoires occupés par Israël, a déclaré Masud Ganaim, membre du groupe de la Liste arabe unie, coalition des partis pro-palestiniens à la Knesset.

 « C’est qu’elle [cette loi, ndlr] ne se limite pas aux frontières israéliennes de 1948, mais s’étend également aux territoires occupés depuis 1967 et ailleurs. La loi dispose que seuls les Juifs ont droit à ces terres. Que ni Arabes, ni Palestiniens, ni personne d’autre n’ont aucun droit sur elles. Désormais, tous ces gens passent dans la catégorie de minorités nationales », s’est indigné l’interlocuteur de l’agence.

Et de préciser que les Palestiniens n’étaient pas physiquement expulsés d’Israël, mais étaient privés de droits.

 « Les Palestiniens n’ont plus aucun droit à la terre. Ils peuvent cohabiter avec les Juifs, mais sont limités dans leurs droits », a précisé le parlementaire.

Selon ce dernier, les Arabes n’étaient pas seuls à voter « contre », une partie de l’opposition s’est également élevée contre cette loi non-démocratique.

« Quant à nous, nous votons contre toutes les lois qui insistent sur la judéité d’Israël pour faire de lui un ‘État-nation juif’ », a souligné M.Ganaim.

 Et de prévenir que la loi adoptée aux dépens de la minorité arabe et des normes démocratiques risquait d’aggraver la situation à l’intérieur de l’État hébreu et de provoquer des troubles. Jusqu’à présent, Israël, qui n’a pas de Constitution, s’appuyait sur la Déclaration d’Indépendance de 1948 pour se définir en tant qu’État juif et démocratique.

Au terme de débats houleux, le texte adopté par 62 voix contre 55 (et deux abstentions) dans la nuit de mercredi à jeudi, définit Israël comme le « foyer national du peuple Juif ». Les observateurs constatent qu’elle n’en est pas moins perçue comme une humiliation par la minorité palestinienne.

La Liste arabe unie souligne, dans un communiqué, que « cette loi ne mentionne ni le mot démocratie ni le mot égalité », et ne « laisse aucun doute sur le fait qu’il y ait des types de citoyenneté – les Juifs de première catégorie et les Arabes de seconde catégorie ».

Sputnik

 

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