Une chanson de glace et de feu


Par W. Ben Hunt – Le 27 mai 2017 – Source Epsilon Theory


Chaque hiver, nous perdons quelque chose ici à Little River Farm. C’est comme une dîme que prend la nature, année après année, après année. Cet hiver a été particulièrement difficile. Le vortex polaire et tout ça, je suppose. Aucune des abeilles n’y a survécu.  

Soupir. J’ai perdu des ruches par le passé. Ça arrive. Mais ce n’est jamais facile. Tout sauf joyeux. Elles travaillent SI DUR pour rester en vie pendant l’hiver de la Nouvelle-Angleterre. Elles sont toutes enfermées dans une boîte pendant des mois et vous ne pouvez pas ouvrir la ruche pour les surveiller car cela les affaiblirait à coup sûr et vous ne pourriez de toute façon rien faire, et alors vous attendez, et vous vous inquiétez et vous faites tout pour installer des pare-vents et vous ne savez pas comment elles vont à l’intérieur et finalement il fait assez chaud pour casser la ruche et leur apporter de l’aide et … la mort. Rien que la mort.

Toujours aller à l’enterrement

Nous respectons nos animaux dans la vie et dans la mort. Surtout dans la mort. Alors je retire les restes des abeilles et le vieux nid, je fais un petit feu et je les donne aux flammes. Parce que cela ne semble pas juste de mettre des abeilles en terre. Elles sont dans l’air pour vivre et elles doivent y être pour mourir.

Et on recommence. Toujours.

Mais ce n’est pas un article sur le recommencement après un vortex polaire hivernal. En fait si, ça l’est un peu, alors gardez cette pensée derrière la tête. Mais la structure narrative de cet article n’est pas l’hiver, la glace, et la dîme de la mort. Il s’agit de l’hiver, de la glace et du miracle de la vie.

Il y avait deux animaux dont j’étais certain que l’hiver allait nous les prendre, ce sont les poissons rouges qui vivent dans l’abreuvoir extérieur des chevaux. Oui, le printemps dernier nous avons mis des poissons rouges dans l’abreuvoir. Les chevaux font attention à ne pas les manger ni les boire, et les poissons rouges sont très utiles pour garder l’abreuvoir propre. Pas industriellement propre, bien sûr, mais propre comme lavé à la main. C’est comme cela qu’une vraie ferme vivante devrait être.

J’ai découvert ce qu’était un bloc de glace en plein hiver. J’ai découvert qu’il n’y avait aucun moyen sur la planète verte de Dieu que deux petits poissons puissent s’asseoir à l’extérieur dans ce qui ressemble à un grand seau d’eau pendant l’hiver du Connecticut. Mon dieu, nous avons eu des JOURS et des JOURS de températures négatives en janvier dernier. Et pourtant… ils étaient là, des reflets rouges et orangés nageant ici dans l’abreuvoir à la fin mars.

Un miracle ? Oui. Mais pas le genre de miracle auquel vous pensez. Pas le miracle d’une sorte de suspension cryogénique, où les poissons rouges sont comme Captain America, décongelés après 40 ans passé dans un bloc de glace gigantesque et prêts à reprendre des forces en combattant de méchants super-héros ou en mangeant des algues ou quoi que l’on fasse après la résurrection.


Non, le miracle est ici la nature non-linéaire de l’eau. Regardez, nous savons tous que lorsque les gaz ou les liquides deviennent plus froids, ils se densifient. Ils deviennent plus lourds. Les molécules qui composent le gaz et le liquide sont moins énergétiques à basse température. Ils rebondissent moins. Ils coulent. C’est la raison pour laquelle l’eau des piscines, des lacs et des océans est de plus en plus froide à mesure que vous descendez en profondeur. C’est une relation parfaitement linéaire… plus l’eau est froide, plus elle est lourde… plus l’eau est froide, plus elle coule.
Mais lorsque l’eau atteint 4 °Celsius, cette relation linéaire entre température et densité ne s’applique plus. En fait, elle s’inverse. Ce n’est pas seulement non-linéaire, c’est non-monotone (mot de dix dollars qui signifie inversion). Lorsque la température de l’eau descend en-dessous des 4 degrés Celsius, elle ne devient pas plus lourde, ni plus dense. Elle ne coule plus.

Au lieu de cela, cette substance miraculeuse appelée eau devient plus légère à l’approche de son point de congélation. C’est toujours un liquide. Il n’y a pas de formation de cristaux de glace solides d’une densité différente de celle de l’eau liquide. C’est toujours exactement la même substance dans sa forme et dans sa chimie et dans tout le reste à 3 comme à 4 degrés Celsius, mais sans que l’on sache pourquoi elle devient plus légère. Et alors ça augmente. Ça monte encore plus à 2 degrés. Et encore plus à 1 degré. Alors la glace ne se forme pas au fond d’un étang, d’un lac ou d’un abreuvoir du Connecticut mais se forme plutôt au sommet de cet étang, lac ou abreuvoir du Connecticut, où elle forme une barrière isolante contre l’air froid, réduisant toujours plus la température de l’eau liquide. C’est comme ça que les poissons rouges ont survécu. Il y avait de l’eau liquide au fond de ce profond abreuvoir pour chevaux, alors même qu’au dessus le vortex polaire faisait rage.

Sans cette propriété non-linéaire et non-monotone de l’eau, la vie telle que nous la connaissons n’existerait probablement pas.

Chaque âge glaciaire constituerait tout autant un événement d’extinction qu’une météorite géante mortelle. Chaque lac ou étang au-dessus ou au-dessous d’une certaine latitude aurait aussi peu de vie que la lune.

C’est un miracle de la vie que l’eau liquide – le fondement de cette vie sur notre planète – devienne plus légère au lieu d’être plus lourde juste avant de se transformer en glace solide.

Il n’y a aucune raison pour laquelle cette propriété non-linéaire de l’eau devrait exister.

Et pourtant c’est le cas.

Si vous vouliez prédire le comportement de l’eau à partir d’une théorie de la thermodynamique, vous n’aviez aucune chance de prédire qu’une eau froide à 3 degrés serait plus légère qu’une eau froide à 4 degrés.

Et pourtant ça l’est.

Les faits ne se soucient pas de vos sentiments ? Ouais, ouais… mignon. Voici la vérité la plus grave :

 Les faits ne se soucient pas de vos théories.

 

La seule façon d’apprendre à connaître la nature non-linéaire de l’eau est l’observation empirique, en vivant réellement avec de l’eau et de la glace plutôt que de simplement théoriser sur l’eau et la glace. Parce qu’une fois que vous voyez que l’eau très froide devient plus légère plutôt que lourde, alors vous SAVEZ qu’il doit y avoir quelque chose de FAUX dans votre théorie de la thermodynamique, car ce comportement est IMPOSSIBLE dans une théorie de la thermodynamique. Il doit y avoir quelque chose D’AUTRE agissant sur le comportement de l’eau que la thermodynamique, quelque chose de PLUS GRAND et plus FONDAMENTAL que la thermodynamique. Dans le cas de H2O, il s’agit du positionnement asymétrique des deux atomes d’hydrogène liés au même atome d’oxygène. C’est la structure atomique de la molécule d’eau qui crée le miracle de la vie.

Même chose avec l’économie.

Parce que la monnaie, comme l’eau, n’est pas linéaire.

Parce que vous pensez que vous pouvez expliquer et prévoir les comportements humains autour de la monnaie sur la base d’une macro-théorie du monétarisme (l’offre et le prix de la monnaie), et c’est généralement vrai, mais parfois c’est n’est pas le cas.

Parce qu’il existe une théorie plus fondamentale de la monnaie – une théorie de la structure atomique de la monnaie basée sur la prise de risque humaine et sur des récits sociaux humains – cela englobe et améliore votre macro-théorie du monétarisme.

La réduction du prix de la monnaie de 8% à 7,5% engendrera-t-elle une plus grande prise de risque ? Est-ce que cela augmente la vitesse de la monnaie dans l’économie réelle alors que les entreprises et les ménages qui prennent des risques sont prêts à emprunter, à dépenser et à investir PLUS à 7,5% qu’ils ne l’étaient à 8%? Oui.

Pourquoi ne pas baisser le coût de la monnaie de 7,5% à 7%? Oui.

7% à 6,5%? à 6%? à 5,5%? à 4%? Oui, oui, et oui.

C’est une relation bien linéaire.

C’est exactement comme on pourrait le prédire à partir d’une théorie atomique et thermodynamique du monétarisme et de la macro-économie.

Je comprends donc pourquoi les banquiers centraux croient qu’une réduction du coût de la monnaie de 1% à 0,5% agirait de manière linéaire sur la prise de risque. Et de 0,5% à 0%. Et dans le cas de l’Europe, de 0% à des taux d’intérêt négatifs et de taux d’intérêt légèrement négatifs à des taux d’intérêt réellement négatifs. Ils ont une théorie macro-économique linéaire de la monnaie. Des taux d’intérêt plus bas ont un lien direct et spécifique avec des comportements économiques comme la prise de risque et les attentes. Plus le taux d’intérêt est bas, plus l’incitation à « l’inflation » est grande, ce qui est compris comme un comportement économique de prise de risque par les banquiers centraux.

  • L’inflation pas stimulée ? Réduisez encore le coût de la monnaie.
  • L’inflation toujours pas stimulée? Réduisez encore le coût de la monnaie.
  • L’inflation N’EST TOUJOURS pas stimulée ? Réduisez le coût de la monnaie À FOND.

Mais cela ne marche pas, Mesdames et Messieurs. Des taux d’intérêt toujours plus bas ne peuvent évidemment pas inciter à adopter un comportement économique à risque dans l’économie réelle. Des taux d’intérêt toujours plus bas ne sont empiriquement pas générateurs d’inflation.

Lorsque le coût de la monnaie devient très froid bas, comme proche de zéro degré pour cent, les comportements à risque changent. Dans un monde à intérêts nuls, le preneur de risque rationnel n’investit PAS dans les immobilisations corporelles. Le preneur de risque rationnel n’emprunte pas plus et ne dépense pas plus pour investir dans l’avenir. Non, le preneur de risque rationnel croit les banquiers centraux qui disent que les taux d’intérêt seront extrêmement bas pour toujours et encore plus, amen, que les taux de croissance futurs sont moribonds et misérables, que notre monde persiste dans une longue trainée grise de déflation jusqu’à ce que notre œil ne puisse plus voir.

Que font les preneurs de risque rationnels dans un monde à taux zéro ? Ils rachètent des actions. Ils achètent des revenus sans profit. Ils s’engagent dans la financiarisation.

Ils minimisent les risques et maximisent le rendement. Ils sont avides ET ils sont craintifs. Ils démontrent le comportement atomique d’êtres humains rationnels avides/craintifs depuis l’aube de l’ère de la panique.

CECI est de l’eau.

C’est la marge bénéficiaire sans croissance de la productivité du travail.
C’est la zombification et l’oligarchisation de l’économie américaine.
C’est la perversion souriante de la main invisible de Smith et de la destruction créatrice de Schumpeter.
C’est l’équilibre politique profondément répressif d’un État retranché et d’une oligarchie retranchée qui se dissimulent derrière un langage commun du type « Oui, le capitalisme ! », « Oui, l’armée ! » Et « Oui, le collège ! ».
C’est une épaisse couche de glace au-dessus de nous, qui s’épaissit de jour en jour. Mais nous sommes toujours les poissons rouges de Little River Farm, nageant toujours dans une petite poche d’eau, pas encore enfermés dans un bloc de glace solide. Nous ne sommes pas encore les abeilles. Pas encore. Que devons-nous faire pour éviter d’avoir le même destin. Que devons-nous FAIRE pour mettre fin à cet hiver qui nous est imposé ?

Nous devons Briser la Roue


Nous devons briser la tyrannie des idées qui nous pousse au service de l’État retranché et de l’oligarchie retranchée, sans remplacer ces idées par notre propre tyrannie. Comment fait-on CELA ? Eh bien … Je sais que c’est à la mode de critiquer le scénario de Benioff/Weiss dans les saisons post-George RR Martin. Je suis moi-même assez déçu. Mais cette phrase de Tyrion dans l’épisode final montre le chemin.

Qu’est-ce qui unit les gens ? Les armées ? L’or ? Les drapeaux ?

Les récits.

Il n’y a rien de plus puissant au monde qu’un bon récit. Rien ne peut l’arrêter. Aucun ennemi ne peut le vaincre.

Comment Briser la Roue ?

Pas par une révolution. Pas par le feu du dragon. Cela n’a pas fonctionné pour Daenarys et cela ne fonctionnera pas pour nous.

Nous changerons les choses avec une meilleure histoire, avec une meilleure théorie. Parce que c’est ce qu’est une théorie… une histoire sur le fonctionnement du monde.

À propos, c’est ainsi que fonctionne la science. À propos, c’est toujours la science qui brise la roue.

Le récit des Maîtres est que le marché fonctionne comme une horloge au niveau macro, régie par des « lois » linéaires et mécaniques. J’ai une meilleure histoire.

Je vous dis que le marché est un FEU DE PAILLE.


Voici un extrait tiré de mon texte We’re Doing It Wrong :
Le feu n’est pas magique. Le feu n’échappe pas en quelque sorte à la science ou à un examen humain rigoureux. Nous savons comment allumer des feux. Nous savons comment augmenter et réduire la taille des feux. Nous savons comment éteindre les feux. Sur le plan technique, Ray Dalio, vous pouvez considérer le feu comme une machine.

Mais vous n’avez jamais pensé pouvoir posséder un algorithme qui prédit la silhouette et la forme d’un feu de joie.

Vous n’avez jamais pensé que si seulement vous regardiez le feu assez longtemps, et dieu sait que les hommes sont habitués à regarder des feux depuis des dizaines de milliers d’années, vous auriez découvert une formule pour prédire la forme de telle ou telle flamme ou le moment quand telle ou telle bûche s’effondrera dans un éclat d’étincelles. Aucun être humain ne peut PRÉVOIR, avec un algorithme, comment un feu va brûler. Un ordinateur non plus. Peu importe la puissance de calcul que vous utilisez pour un feu de joie, une solution générale pour un système fermé tel que celui-ci n’existe tout simplement pas.

Mais un ordinateur vraiment puissant peut CALCULER la façon dont un feu va brûler. Un ordinateur vraiment puissant peut SIMULER la façon dont un feu va brûler. Pas en cherchant des modèles historiques du feu. Pas en effectuant des régressions économétriques. Pas en trouvant la « formule secrète » qui « explique » un phénomène macro tel qu’un feu de joie. C’est ainsi que les hommes perçoivent le monde, et si vous utilisez la puissance de calcul de vote ordinateur pour faire plus, vous perdez votre temps et votre argent. Non, un ordinateur vraiment puissant est capable de percevoir le monde différemment. Il peut « voir » chaque petit morceau de bois, chaque petit volume d’oxygène et chaque petit joule d’énergie. Il « connaît » les règles régissant les interactions entre le bois, l’oxygène et la chaleur. Le plus important – ce qui le distingue le plus des humains – cet ordinateur très puissant peut « voir » tous ces petits morceaux et « connaître » toutes ces petites interactions en même temps. À un temps T donné, il peut connaître instantanément TOUTES ces valeurs et calculer à quoi TOUT ressemble au temps T + 1, puis refaire ce calcul pour déterminer à quoi TOUT ressemble au temps T + 2.

C’est une théorie atomique des marchés. C’est l’intuition et la feuille de route technologique pour proposer une meilleure théorie. Ce n’est pas que les théories du monétarisme et de la macro-économie soient erronées… Il y a tellement de choses vraies et fausses quand il s’agit de théorie. C’est que les théories du monétarisme et de la macroéconomie ne sont pas des théories autant UTILES qu’une théorie organique issue des comportements économiques à risque des acteurs économiques actuels.

Regardez, les adeptes des banques centrales ne changeront jamais leur conviction. La conviction qu’ils représentent la mince ligne bleue entre l’ordre et le chaos, ou que l’économie universitaire est la Seule Vraie Voie pour l’illumination et le maintien de cette mince ligne bleue. Le changement ne viendra pas en attaquant la Fed ni d’un blogueur sournois. Je veux dire, je viens juste de les appeler des adeptes.

Non, non… le changement viendra d’un économiste de la Fed qui lira cet article (sur son compte gmail, bien sûr) et abandonnera l’hypothèse selon laquelle – car c’est une hypothèse – quelque soit le coût de la monnaie il existe une relation monotone entre le changement du coût de la monnaie et le changement de sa vitesse d’utilisation à des fins économiques productives. Le changement viendra de cet économiste qui permettra la possibilité d’une relation non-linéaire et non-monotone entre les taux d’intérêt et les comportements inflationnistes à des taux d’intérêt très bas, qui abandonnera ses hypothèses stochastiques en conséquence, puis examinera cette possibilité par rapport aux évidences empiriques des dix dernières années. Le changement viendra de cet économiste qui présentera ses découvertes dans les formes académiques appropriées comme un prolongement et une progression de ce qui existait auparavant, afin que l’impératif institutionnel égoïste et paternaliste de conserver notre place dans le monde (de rien !) soit maintenu.


Daenarys et ses dragons destructeurs de villes ne pouvaient pas changer les choses. Moana et son comportement Maui tolérant le pourraient. En un millier de petites étapes… c’est comme ça que la théorie change. C’est comme ça que la science avance. C’est comme ça que l’on amène le progrès. C’est comme ça que l’histoire que nous nous racontons à propos de qui nous sommes se transforme en quelque chose qui subvertit les institutions de l’intérieur, pas quelque chose qui attaque les institutions de l’extérieur. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Le monde s’effondre – La politique
Pour être honnête, il nous faudra beaucoup de temps pour y parvenir. Après tout, nous ne sommes pas des personnages dans un film de Disney. Ou même un spectacle de HBO.

Kurt Vonnegut, l’un de mes auteurs préférés, a beaucoup écrit sur la théorie, les systèmes non-linéaires et la place de l’humanité dans tout ça. Vous ne le sauriez pas d’une lecture superficielle, parce qu’il raconte beaucoup d’histoires, mais c’est la raison de la plupart de ses livres. Cat’s Cradle est le roman le plus manifestement lié à mon thème particulier, parce que l’intrigue est inspirée par l’invention d’une substance appelée glace-neuve. Un isotope de l’eau qui gèle à température ambiante et se reproduit au contact de toute eau ordinaire, et répandant de la glace à travers toute l’eau liquide du monde. Vous savez, un peu comme les taux d’intérêt négatifs.

Sur le chemin qui mène à la fin du monde, il existe une religion nihiliste appelée Bokononisme. À explorer avec cette citation merveilleuse :

Le quatorzième livre s’intitule « Que peut espérer un homme penseur pour l’humanité sur Terre, compte tenu de l’expérience du million d’années écoulées ?

Il ne faut pas longtemps pour lire Le Quatorzième Livre. Il consiste en un mot et un point.

C’est ça : ‘Rien.’ »

Vonnegut dira probablement que nous n’avons aucune chance contre l’État et l’Oligarchie qui mènent la bataille, dotés d’instruments narratifs de contrôle qui promeuvent leurs idées et préservent leurs acquis, tout en nous convainquant de renoncer à notre autonomie d’esprit.

  • Comme le récit Oui, le capitalisme ! subvertit notre liberté (et notre responsabilité) à faire.
  • Comme récit de Oui, le militaire ! subvertit notre liberté (et notre responsabilité) de protéger.
  • Comme le récit de Oui, le collège ! subvertit notre liberté (et notre responsabilité) d’enseigner.

Oui, il a probablement raison.

Mais encore une fois, Kurt, pourquoi as-tu écrit ?

C’est pourquoi j’écris, moi aussi.

Je publie cette note lors de ce Memorial Day pour une raison. Vous le comprenez. Je sais que oui.

Nous sommes l’animal humain.
Nous sommes non-linéaires.
Nous SOMMES une chanson de glace et de feu.

C’est une chanson qui a construit des cathédrales, nourri des milliards de personnes et nous a emmené sur la Lune.

C’est une chanson qui peut faire tout cela et plus encore… beaucoup plus… si seulement nous nous souvenions de la mélodie.

W. Ben Hunt

Traduit par Fabio, relu par Cat pour le Saker Francophone

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