Russie – Allocution présidentielle du 21 avril 2021 devant l’assemblée fédérale


Le 21 avril 2021 − Source Kremlin

Le président Poutine lors de son allocution du 21 avril 2021

Le président russe a prononcé cette allocution devant l’Assemblée fédérale. La cérémonie s’est déroulée au Hall d’exposition central de Manezh.

À cette cérémonie assistaient les sénateurs de la Fédération de Russie, les députés de la Douma, les membres du gouvernement, les dirigeants des Cours constitutionnelle et suprême, les gouverneurs de régions, les responsables des législatures régionales, les dirigeants des dénominations religieuses traditionnelles, et des activistes publics.

Note du Saker Francophone

Nous avons fait le choix de traduire l'intégralité de ce discours, dont le plus gros concerne la politique intérieure de la Russie. Le lecteur pressé pourra sauter et lire la courte partie internationale en fin de discours. Le lecteur qui s'intéresse à ce à quoi ressemble un pays indépendant, prenant des mesures sanitaires et soin de sa population, pourra lire ce qui précède et comparer avec ce qu'on lui sert dans son pays ; nous trouvons que l'exercice est des plus instructifs, non seulement autour du sujet d'actualité du coronavirus, mais aussi sur la manière dont les étudiants financent leurs études, dont on crée des écoles et des infrastructures de services. On notera également sur les photos que la plupart des participants à ce discours ne portent pas de muselière sanitaire obligatoire.

Membres du Conseil de la Fédération, députés de la Douma, citoyens de Russie,

L’allocution présidentielle de ce jour face à l’assemblée fédérale sera consacrée uniquement aux sujets intérieurs. Ceux-ci comprennent bien entendu la santé, la politique sociale et l’économie. Bien sûr, je prononcerai quelques mots sur les affaires extérieures et vraiment très peu de mots sur les sujets de sécurité.

Il va de soi que je vais commencer par évoquer les événements de l’an dernier, lorsque notre pays, et le monde entier avec lui, s’est trouvé confronté à une nouvelle infection, jusqu’alors inconnue, et extrêmement dangereuse.

Au cours de cette période, et notablement lors de nos réunions avec les experts et nos conversations avec les dirigeants de nombreux États, j’ai souvent entendu la description suivante de la situation : nous faisons face à une incertitude totale. Et tel était bel et bien le cas.

J’ai pu le constater par les informations que j’ai reçues de la part des régions. Le nombre de personnes qui contractaient la maladie et avaient besoin d’être emmenés à l’hôpital en urgence ne faisait que monter. De fait, chacun d’entre vous connaît bien ces faits. De nombreux hôpitaux se sont retrouvés en limite de capacité, et ont signalé qu’ils allaient prochainement manquer d’oxygène, y compris pour les unités de soins intensifs. Les respirateurs, les masques de protection et les équipements de protection se sont retrouvés distribués à l’unité. Les magasins se sont mis à manquer de produits de base, comme les céréales, le beurre et le sucre, du fait de l’accroissement de la demande.

L’épidémie était sur une phase offensive. Mais bien que des grandes préoccupations se firent jour, je n’ai jamais douté que nous allions nous en sortir.

Les citoyens, la société et l’État ont agi de manière responsable et à l’unisson. Nous nous sommes regroupés, nous sommes parvenus à prendre des mesures préventives, à créer des conditions permettant de réduire les risques d’infection, et à fournir au personnel médical et aux citoyens des équipements de protection. Nous avons augmenté le nombre de lits d’hôpitaux pour les patients atteints du coronavirus d’un facteur supérieur à cinq, jusqu’à 280 000 lits.

Ce bref aperçu des mesures que nous avons adoptées ne fait pas mention du travail colossal et intensif mené par des millions de personnes dans toutes les régions de la Fédération de Russie. Je voudrais remercier cordialement chacun d’entre vous pour cela. Chacun a œuvré rapidement, avec efficacité, et conscience.

À ce moment-là, et plus tard, nous analysions la situation pratiquement sans relâche. Je me souviens clairement de ma visite à l’hôpital de Kommunarka. Il fallait mener des expériences, voir en premier lieu le danger auquel nous étions confrontés, et évaluer les conditions de travail des spécialistes en médecine. Ils se retrouvèrent immédiatement au cœur des événements, et luttèrent pour chaque vie, tout en risquant la leur.

Aujourd’hui, des docteurs, des membres de personnel paramédical, des infirmières et des membres des équipes d’ambulance sont avec nous dans la salle. Une fois de plus, mes remerciements cordiaux à vous et à vous collègues de toutes les régions de Russie.

Les chercheurs russes ont réalisé une percée réelle, et la Russie dispose désormais de trois vaccins fiables contre le coronavirus. Cette réussite, et celles des quelques années passées, soulignent le potentiel croissant de notre pays en matière de science et de technologie.

J’aimerais remercier chacun, chaque personne qui a contribué à la lutte contre l’infection, y compris les personnes qui travaillent dans les unités de fabrication des traitements, des équipements médicaux, des équipements de protection, et dans les entreprises qui tournent 24 heures par jour, aux agences de logement et de commodités, aux sociétés commerciales, à la communauté d’affaires russe qui a rapidement converti des secteurs d’activité entiers pour qu’ils puissent fabriquer des biens essentiels, les bâtisseurs civils et militaires, les travailleurs agricoles qui ont pu procéder à une récolte qui a battu les records, l’une des meilleures de toute l’histoire de notre pays, c’est-à-dire plus de 130 millions de tonnes.

Le personnel des agences de maintien de l’ordre public et les services spéciaux ont continué de mener à bien leur mission, et les forces armées russes ont assuré la sécurité de notre pays de manière fiable.

J’aimerais souligner le comportement désintéressé des personnes travaillant pour les services sociaux, les orphelinats, les internats, les maisons de retraites et les hospices, qui sont restées et ont continué d’assurer leurs charges. Vous conviendrez certainement avec moi quant au fait qu’en analysant les développements dans ces institutions, l’on est fier des gens qui font leur travail d’une manière aussi responsable. Cela pourrait vous amener aux larmes et j’aimerais les remercier une fois de plus.

J’aimerais également exprimer ma sincère gratitude aux enseignants et aux conférenciers des universités et autres institutions éducatives. Vous avez fait tout ce qui était possible pour permette à vos élèves et étudiants de continuer d’apprendre et de réussir leurs examens, avec l’implication et le soutien de leurs parents.

La vie culturelle russe s’est poursuivie à un rythme soutenu. Les théâtres, musées et salles de concert sont restés ouverts au public en ligne grâce aux technologies modernes. Chacun de ceux qui travaillent dans cette sphère capitale a progressé en cette occasion.

Notre peuple a fait preuve de discipline et a réussi à observer, disons-le, des précautions tout à fait épuisantes, mais vitales. Ainsi, en agissant de concert, nous avons établi une barrière efficace face à la pandémie.

La solidarité du peuple s’est manifestée par des actions concrètes, en prenant soin des personnes aimées et par la volonté d’aider les personnes en situation de besoin. Des millions de gens se sont portés volontaires et se sont engagés dans la construction de routes d’aide inter-personnelles. La campagne nationale Nous sommes ensemble a rapproché des gens de divers modes de vie et de divers âges. Comme toujours durant les périodes difficiles, nos religions traditionnelles ont fait leur part pour apporter un soutien spirituel à la société. Je vois ici les dirigeants de nos religions, et j’aimerais m’incliner profondément face à vous, merci beaucoup.

Au cours de l’histoire, notre peuple est, grâce à son unité, sorti victorieux, et a surpassé les défis. Aujourd’hui, la famille, l’amitié, l’assistance mutuelle, la courtoisie et l’unité sont également mises sur le devant de la scène.

Les valeurs spirituelles et morales, que certains pays ont déjà commencé à oublier, nous ont au contraire rendus plus forts. Et nous maintiendrons et défendrons toujours ces valeurs.

Collègues,

La pandémie a éclaté à un moment où les conséquences des chocs démographiques des années 1940 et 1990 ont convergé. Nous comprenons que la situation démographique en cours est une urgence. Malheureusement, les choses sont ainsi. Nous devons l’accepter et l’admettre, et agir en conséquence sur la base de notre compréhension de cette situation.

Sauver le peuple de Russie constitue notre priorité nationale numéro un. Cette priorité découle des stipulations de la Constitution mise à jour quant à la protection de la famille, quant au rôle important joué par les parents pour élever leurs enfants, renforcer les garanties sociales, et continuer de développer l’économie, l’éducation et la culture.

Notre stratégie est de revenir à une croissance démographique soutenable pour nous assurer que l’espérance de vie moyenne en Russie monte à l’âge de 78 ans en 2030.

Malheureusement, les statistiques nous révèlent des nombres tristes et décevants. Nous constatons même un certain déclin. Il est clair que cela se produit du fait de la pandémie, mais nous maintiendrons nos objectifs stratégiques inchangés dans cette sphère critique.

Je réalise pleinement qu’il ne s’agit pas là d’une tâche aisée, d’autant plus que le coronavirus n’a pas encore été complètement vaincu, et continue de constituer une menace directe. Nous observons les développements dramatiques dans de nombreux pays où le nombre de cas d’infection continue de croître. Nous devons maintenir les barrières défensives conçues pour ralentir la propagation du virus à nos frontières ainsi qu’à l’intérieur du pays.

J’aimerais m’adresser une fois de plus à tous les citoyens de Russie. Amis, s’il vous plait, restez vigilants. Je vous demande de prendre soin de vous-mêmes et de ceux que vous aimez, et de souscrire aux recommandations des médecins et des services sanitaires autant que vous le pouvez.

La vaccination est d’une importance cruciale. J’aimerais demander au gouvernement, au ministère de la santé, et aux dirigeants de régions de superviser ce processus sur une base quotidienne. La possibilité de recevoir l’injection doit être rendue disponible partout, afin que nous puissions atteindre l’immunité de groupe pour l’automne.

Parvenir à cet objectif dépend de chacun, de tous nos citoyens. S’il vous plaît, je demande à tous les citoyens de Russie une fois de plus de se faire vacciner. Il s’agit de la seule méthode de mettre fin à cette épidémie mortelle. Il n’y a pas d’autre alternative. L’autre possibilité est bien pire : contracter la maladie, avec des conséquences imprévisibles.

J’aimerais vous répéter une fois de plus que la maladie est encore avec nous. Mais nous devons déjà commencer à penser à soigner les blessures qu’elle a infligées, et rétablir la santé des gens.

Durant les périodes de pics, nos hôpitaux et nos cliniques ambulatoires ont dû réduire ou suspendre les visites planifiées. Cela a fait croître le risque d’aggravation des maladies chroniques, ou les risques de manquer les premiers signes, ou de pratiquer correctement les diagnostics de nouvelles maladies.

Je voudrais demander au gouvernement, au ministère de la santé et aux entités constituantes de la Fédération de Russie d’étendre le système d’examens de santés et de bilans périodiques, en prenant en compte la situation épidémiologique en cours, et de les relancer à plein régime au 1er juillet 2021, pour les personnes de tous les âges. Ils doivent comprendre le plus grand nombre de personnes possible. C’est pourquoi nous allons augmenter les fournitures en systèmes de diagnostics médicaux dans les régions dans un avenir proche.

L’une des cibles du coronavirus est le système cardiovasculaire. Ces maladies ont toujours été la principale cause de mortalité. Par conséquent, durant les bilans périodiques, une attention particulière doit être portée aux personnes présentant des malades cardiovasculaires. J’aimerais donner pour instruction au gouvernement de prendre des mesures supplémentaires pour prévenir les maladies constituant les principales causes de mortalité prématurée. Comme je l’ai déjà mentionné, il s’agit des maladies cardiovasculaires, ainsi que des tumeurs malignes et des maladies du système respiratoire.

L’hépatite C s’en prend à de nombreux patients en jeune âge. Des décisions doivent être prises pour réduire cette menace contre la santé de la nation à un niveau minimum dans les 10 ans.

Pour nous assurer qu’autant de gens que possible peuvent recouvrer la santé dans les sanatoriums et centres de soin, je propose que le programme de réduction de 20 % sur les transports intérieurs soit étendu au moins jusqu’à la fin de l’année.

La santé des enfants constitue notre priorité spéciale. De fait, la base d’une bonne santé pour les nombreuses années qui suivent est cultivée durant l’enfance. Les activités de repos et de récréation pour les enfants doivent être rendues aussi accessibles que possible. À cet égard, cette année, je propose de rembourser la moitié des frais de camps d’été aux parents qui y ont inscrit leurs enfants.

En outre, nous devons étendre les opportunités de tourisme pour les étudiants. Cette année déjà, nous devons lancer plusieurs projets pilotes, dont le logement sur les campus universitaires et dans des dortoirs d’autres régions pour les étudiants voyageant dans le pays au cours de l’été.

Et, bien entendu, nous devons récompenser la jeunesse qui s’est illustrée dans les compétitions académiques et par des initiatives volontaires et créatives ainsi que dans les projets opérés par la Russie — la plateforme Terre d’Opportunités. Pour eux, le programme de remboursement partiel pour les tickets de tourisme restera valide durant les vacances, c’est-à-dire la haute saison. Il s’agit d’une décision majeure.

Je désire remercier tous les groupes parlementaires qui ont soutenu la décision de taxer les hauts revenus, ou plutôt, une portion des hauts revenus. Ces collectes iront au fonds dédié du Cercle d’Amitié et ont déjà été dépensés pour venir en aide aux enfants affectés de maladies rares et graves, pour acheter des médicaments et équipements médicaux onéreux ainsi que pour couvrir les coûts d’opérations.

Le 28 avril, nous allons célébrer le jour des travailleurs des ambulances, qui a été institué comme marque de respect envers ceux qui arrivent les premiers pour sauver des vies. Ces spécialistes doivent recevoir tout ce qui leur est nécessaire. Au cours des trois prochaines années, nous mettrons 5000 nouvelles ambulances à disposition des communautés rurales, des localités urbaines et des petites villes, qui remplaceront presque entièrement le parc d’ambulances.

Je veux souligner que les autorités de santé publique de nombreux pays de premier-plan — nous en sommes bien conscients et, de fait, ils le disent eux-mêmes — ont été incapables de répondre aux défis posés par la pandémie avec la même efficacité que celle dont nous avons fait preuve en Russie. Dans le même temps, le système de santé global est au bord d’une véritable révolution. Il faut le comprendre et le distinguer clairement. Nous ne pouvons pas passer à côté.

La pandémie a accéléré de manière exponentielle l’introduction de la télémédecine, de l’intelligence artificielle, et de nouvelles approches en matière de diagnostics, de chirurgie, de réhabilitation et de production de médicaments partout. Nous devons mettre ces technologies au service du peuple de notre pays.

Nous devons bâtir notre système de santé autour de cette technologie incontournable, et garder un œil sur les problèmes pressants du quotidien durant ce processus. Comme nous le savons fort bien, ils y en a beaucoup, surtout en premiers soins. Il ne doit rien exister de tel que les files d’attente, les difficultés à obtenir un rendez-vous pour un diagnostic, ou un rendez-vous avec un médecin spécialiste, ou à obtenir des prescriptions ou des arrêts de travail. Cela a souvent été abordé dans nos discussions récentes. Les fonds ont été définis et alloués. Il est temps de bouger rapidement et efficacement pour rendre ceci possible.

Nous disposons d’une feuille de route à suivre en matière de santé, et pour d’autres secteurs sociaux, qui intègrent de nombreux défis techniques, financiers et de gestion. Cependant, ce dont le peuple a besoin est bien une aide médicale arrivant à point nommé. Je propose une revue des problèmes de santé publiques depuis cette perspective lors d’une réunion étendue du Conseil d’État dans un avenir proche. Nous allons la préparer et la tenir prochainement.

l'assemblée

Je répète : nous avons acquis une expérience fondamentalement nouvelle en souscrivant à nos engagements sociaux. Durant la pandémie, nous avons réalisé des paiements directement aux familles qui élèvent presque 28 millions d’enfants, et elles ont reçu leurs allocations sans aucune paperasserie inutile ou autre type de bureaucratie — elles ont reçu de manière automatique l’argent dont elles avaient besoin et auquel elles avaient droit. Je sais que les membres du gouvernement ont travaillé sur ce point, en y insistant délibérément, non sans quelques erreurs, mais ils ont réalisé tous les efforts qu’ils pouvaient pour accomplir cette tâche, et s’en sont acquitté. C’est formidable, c’est un bon exemple. Cette approche devrait devenir la norme à tous les échelons du gouvernement.

Ceci est l’essence de l’initiative nationale sociale, qui a été discuté lors d’une récente réunion conjointe du Présidium du Conseil d’État et de l’Agence pour les Initiatives Stratégiques.

J’en appelle aux gouverneurs régionaux : il est de votre responsabilité directe d’organiser localement le travail des cliniques, crèches de jour et écoles, et les centres d’emploi, sur la base des besoins quotidiens des familles, et de chaque personne. Dans de nombreuses régions, j’ai vu de mes propres yeux que ce travail a déjà pu être entamé dans certaines zones. Il faut le pratiquer partout, et dans tous les secteurs sociaux.

Dès 2022, nous devons introduire les principes du « trésor social ». Ceci signifie que toutes les allocations, pensions et autres prestations services sociaux fédéraux seront fournis et payés selon un mode unique, sans devoir rendre visite à des dizaines d’agences différents, mais simplement selon le mariage, la naissance d’un enfant, la retraite ou d’autres jalons dans la vie des gens. Dans les trois années, la grande majorité des services publics et municipaux devraient être fournis aux citoyens russes à distance, 24 heures par jour, 7 jours par semaine, c’est-à-dire sur une base continue.

Indépendamment, nous devrons discuter des paiements de pensions alimentaires pour les enfants, qui constituent un sujet sensible pour de nombreuses familles. Malheureusement, il s’agit d’un problème dans notre pays. Cette procédure ne devrait être humiliante pour personne. La plupart des problèmes ici doivent être résolus à distance, et, chose la plus importante, conformément aux intérêts de la partie affectée. Une mère avec enfant ne devrait pas avoir à camper à la porte de diverses autorités pour obtenir des documents officiels, son bébé dans les bras, comme cela se produit le plus souvent. Un système de communication inter-agences doit être établi, intégrant les banques, de manière à assurer l’exécution inconditionnelle des décisions de justice en matière de récupération des paiements de pensions alimentaires pour les enfants. L’État a obligation de protéger les droits de l’enfant ; c’est de cela que nous parlons. Je reviendrai sur ce sujet par la suite.

Collègues,

Nous comprenons le lourd tribut que la pandémie a prélevé sur l’aide sociale allouée aux gens. Les statistiques montrent les effets aggravants de cet événement sur les inégalités sociales et la pauvreté. Cet événement a constitué un défi pour tous les pays du monde — souvenez-vous-en, tous les pays, pas seulement la Russie, subissent les mêmes conséquences. Bien entendu, nous devrions nous préoccuper en premier chef de la situation de notre propre pays.

Nous sommes à présent confrontés à des hausses de prix qui sapent les revenus des gens. Des décisions urgentes ont été prises, bien sûr, mais nous ne pouvons pas compter uniquement sur des mesures ciblées et fondamentalement directives. Nous nous souvenons des conséquences possibles de cela. À la fin des années 1980, et dans les années 1990, en Union Soviétique, de telles mesures avaient débouché sur des magasins vides. Mais aujourd’hui, même lorsque la pandémie connaissait son stade le plus critique, nous n’avons pas laissé cela se reproduire.

L’objectif du gouvernement est de créer des conditions qui s’établiront sur le long terme, et qui, je tiens à souligner ce point, collègues, pourront, grâce aux mécanismes du marché (dont nous disposons), garantir la prédictibilité des prix et un réapprovisionnement de qualité sur le marché intérieur. Nul ne dit que nous établirons les prix depuis le haut. Il n’est vraiment pas nécessaire de troubler les eaux et de faire peur aux gens. Il existe des mécanismes de régulation des marchés, et ceux-ci doivent être usités — rapidement, et dans la mesure nécessaire et appropriée à une situation spécifique dans la sphère économique et sociale. Il nous faut stimuler les activités d’investissement en réduisant les risques pour les sociétés. Les deux objectifs ne sont pas mutuellement exclusifs.

Assurément, le principal objectif présent est de nous assurer de la réelle croissance du revenu des gens — c’est-à-dire, de leur rendre et garantir leur développement à venir. Comme je l’ai dit, nous devons pratiquer des changements tangibles dans notre lutte contre la pauvreté.

Avant toute autre chose, le gouvernement doit directement soutenir les familles avec enfants qui font face à des difficultés. Telle a constamment été notre politique, et nous allons continuer de la poursuivre.

Nous disposons déjà d’un système d’allocations versées aux parents d’un ou deux enfants, de la naissance des enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de trois ans. Les familles dont les revenus sont inférieurs au seuil de subsistance par personne ont droit à ces allocations. Le montant moyen versé dans le pays est de 11 300 roubles [Compter environ 90 roubles pour 1 euro, NdT] par enfant. Soixante-dix-huit régions versent des allocations pour le troisième enfant, d’un montant égal à 11 300 roubles en moyenne.

Veuillez noter que nous réalisons des progrès constants dans ce domaine, étape par étape. L’an dernier, nous avons introduit des allocations pour les enfants d’un âge compris entre trois et sept ans. Elles s’échelonnent entre 5 650 et 11 300 roubles par mois, selon les régions.

Je donne pour instruction au gouvernement de développer, pour le 1er juillet, un système complet de soutien aux familles avec enfants. Notre objectif est de minimiser le risque de pauvreté pour ces familles.

Mais plusieurs nouvelles décisions doivent être prises immédiatement, dès aujourd’hui. Il est toujours difficile pour un parent isolé d’élever un enfant. Il existe de nombreuses raisons à cela. Et nous ne nous intéressons pas à ces raisons, mais à soutenir les enfants. C’est particulièrement difficile lorsqu’une famille monoparentale présente des problèmes financiers, surtout lorsque les enfants commencent à être scolarisés et que les dépenses de la famille montent inévitablement.

En particulier, nous devons soutenir les familles monoparentales, lorsque une mère ou un père élèvent seuls un enfant, et que seul l’un des parents est enregistré sur le certificat de naissance — pardon d’évoquer des sujets aussi prosaïques, mais c’est une chose réelle — ou que les parents ont divorcé et que l’un d’entre eux a droit à des pensions alimentaires pour l’enfant. Par conséquent, dès le 1er juillet de cette année, tous les enfants dans les familles concernées, âgés de 8 à 16 ans compris, recevront une allocation. La moyenne nationale de cette allocation s’élèvera à 5 650 roubles.

Bien entendu, nous devons également aider les femmes qui attendent un enfant et qui ont des problèmes financiers. Il est extrêmement important pour une future maman d’obtenir un soutien de la part de l’État et de la société, afin qu’elle puisse prendre soin de sa grossesse et savoir qu’elle recevra de l’aide pour élever et éduquer son enfant.

Je propose d’approuver une allocation mensuelle pour les femmes qui s’enregistrent auprès d’un centre de maternité en début de grossesse, et qui ont des problèmes financiers. L’allocation moyenne pour elles sera de 6 350 roubles par mois.

Autre sujet, les indemnités maladies pour prendre soin d’un enfant tombé malade dépendent des antécédents professionnels, ce qui est correct, dans l’ensemble, et juste. Cependant, les jeunes femmes reçoivent des indemnités maladies bien plus faibles. Nous avons discuté de ce sujet avec le Conseil d’État, et il a été soulevé par Russie Unie. Nous devons adopter des décisions légales à ce sujet sans tarder, afin que les paiements pour les personnes prenant soin d’un enfant âgé de 7 ans ou moins soient élevés à 100 % du salaire du parent, dès cette année.

Vous comprenez ce que ceci signifie. La majorité des personnes présentes ici savent que plus les antécédents professionnels sont longs, plus les indemnités maladie sont importantes. Les femmes disposant d’un long historique professionnelle reçoivent la plupart du temps des indemnités maladie complètes, mais elles n’ont en général pas d’enfant à cet âge-là. Nous devons absolument aider celles qui attendent un enfant.

J’aimerais également vous rappeler que nous avons élargi et étendu le programme de capital maternité jusque l’année 2026. Cette allocation sera désormais déjà payée dès le premier enfant. Nous ne pouvions pas nous le permettre auparavant. Le capital maternité a été ajusté à l’inflation est s’élève à presque 640 000 roubles.

Tous les enfants des écoles primaires ont droit à un repas chaud gratuit depuis le 1er janvier 2020, et cette mesure s’est avérée d’une grande aide pour les familles.

J’aimerais signaler que toutes nos décisions ont été conçues pour soutenir notre peuple. Je sais que les gens qui ont actuellement des problèmes financiers sont très nombreux. Le marché du travail et le revenu réel disponible des gens sera assurément rétabli, et nous passerons à autre chose. Cela n’est pas encore le cas. Par conséquent, je suggère l’approbation d’une allocation exceptionnelle pour les familles qui ont des enfants scolarisés, à hauteur de 10 000 roubles par enfant scolarisé. Qui plus est, ce paiement sera également réalisé pour les enfants qui n’entreront à l’école que cette année. Nous procéderons au versement de cette allocation à la mi-août, afin que les parents puissent préparer leurs enfants pour l’école.

La constitution révisée de la Russie intègre des clauses de développement démographique, et de protection de la famille et de l’enfance. Elles devraient être mises en pratiques à tous les niveaux de gouvernement. Je propose d’intégrer une section visant à soutenir les jeunes gens dans chaque projet national.

Amis,

Au cours de la pandémie, de nombreux médecins et infirmières, jeunes diplômés, internes, et étudiants des universités médicales ont travaillé courageusement dans les dites zones rouges, ralliant leurs collègues plus expérimentés. Dans cette situation extraordinaire, les professeurs, les enfants scolarisés, les étudiants en grandes écoles et universités ont continué d’enseigner et d’étudier, à passer des examens. Dans les familles, les jeunes ont soutenu leurs parents et leurs proches plus âgés. La jeunesse de la Russie s’est avérée extrêmement digne durant cette période d’épreuves. Nous pouvons être fiers d’eux.

Nous ferons tout pour ouvrir autant d’opportunités de vie que possible à la jeune génération. Leur voyage commence assurément à l’école, et je suis certain que l’école sera toujours une seconde maison pour les enfants ; uns nouvelle maison, confortable et moderne.

Selon le programme fédéral en vigueur, et avec les ressources supplémentaires fournies par la Banque de Développement VEB, nous allons construire au moins 1300 nouvelles écoles, pour plus d’un million d’enfants, d’ici à la fin 2024. Nous allons également acquérir au moins 16 000 autobus scolaires au cours des quatre prochaines années. Tous les autobus scolaires doivent être modernes et sûrs.

Les professeurs d’école ont reçu un complément mensuel à leur salaire depuis l’an dernier. Une décision très nécessaire, et j’en suis certain, des plus justes. Je me souviens des discussions que nous avons eues à ce sujet l’an dernier.

Cependant, j’ai reçu des demandes, des lettres envoyées par des enseignants d’institutions professionnelles secondaires, qui disent avoir été oubliés. Cela est vrai, en réalité. La justice doit être rétablie. Nous devons corriger cela, et allouer le même paiement supplémentaire de 5 000 roubles pour les superviseurs de groupes éducatifs dans les écoles et lycées techniques.

Je propose d’allouer 10 milliards de roubles supplémentaires, pour les deux années à venir, pour les réparations majeures et l’équipement technique de nos universités pédagogiques. Je demande au gouvernement de porter une attention étroite à une formation à jour de ceux qui deviendront professeurs. L’avenir de la Russie dépend beaucoup d’eux.

En outre, les équipes d’enseignement scolaire doivent être étendues avec des assistants enseignants, des mentors, et des conseillers, dont le travail sera d’organiser des projets motivants pour les enfants dans les écoles.

Il est très important que nos jeunes considèrent et soient inspirés par les réussites et les victoires de nos remarquables ancêtres et contemporains, par leur amour pour notre Patrie et leur aspiration à apporter une contribution personnelle à son développement. Les enfants devaient disposer de l’opportunité d’explorer l’histoire nationale, et la culture multinationale, nos réussites en matière scientifique et technologique, dans la littérature et les arts sous des formats avancés. Vous savez, je continue d’ouvrir de temps en temps des manuels scolaires et je suis surpris de ce que j’y trouve — comme si ce qui y est écrit n’avait rien du tout à voir avec nous. Qui écrit de tels manuels? Qui les approuve? C’est incroyable. Ils mentionnent tout, le « second front » et beaucoup d’autres faits, mais pas la bataille de Stalingrad — comment cela est-il possible? Incroyable! Je ne veux même pas commenter cela.

Je propose d’allouer 24 milliards de roubles supplémentaires, au cours des trois prochaines années, à la rénovation des centres culturels, bibliothèques et musées dans les zones rurales et petites villes historiques. Il s’agit d’un autre domaine très important.

Il est important de reprendre les activités de la société de la Connaissance — nous nous souvenons tous de quoi il s’agit — fondée sur une plateforme numérique moderne. Elle semble avoir été opérationnelle récemment, mais nul ne semble non plus remarquer sa présence. En outre, afin de soutenir des projets dans le domaine de la culture, des arts, et des activités créatrices, nous allons établir un fonds présidentiel pour les initiatives culturelles. Cette année déjà, nous utiliserons ses dotations compétitives pour financer plus de 1500 équipes créatives.

Collègues,

D’ici un mois, les étudiants du 11ème degré passeront leurs examens. Sur la base des résultats, la plupart d’entre eux, 60% environ, s’inscriront dans les universités et leurs frais de scolarité seront couverts par le budget. On peut affirmer sans crainte de se tromper que la Russie est en pratique le seul pays au monde offrant un accès aussi large et ouvert aux hautes études.

Au cours des deux années à venir, nous ouvrirons 45 000 places supplémentaires, financées par l’État, dans nos universités. Au moins 70 % d’entre elles reviendront aux régions qui ont besoin de diplômés universitaires.

À partir de cette année, au moins 100 université au sein des entités constituantes de notre Fédération vont recevoir des dotations d’un montant de 100 millions de roubles ou plus pour ouvrir des technoparcs et des incubateurs d’entreprises étudiantes, mettre à jour leurs infrastructures et laboratoires académiques, et lancer des programmes de formation. Toutes les universités d’État seront éligibles à ce soutien, y compris celles qui forment de futurs professeurs, des docteurs en médecine, des travailleurs dans le domaine des transports ou de la culture. Je suis confiant dans le fait que la nouvelle génération de Russes, scientifiques russes, va s’illustrer dans les projets de recherche majeurs à venir.

Cette année a été déclarée année de la Science et de la Technologie dans notre pays. Nous comprenons que la science est absolument fondamentale dans le monde moderne. D’ici à l’année 2024, la Russie va allouer 1 630 milliards de roubles du seul budget fédéral à la recherche civile et fondamentale. Mais ce n’est pas tout.

Nous sommes sur le point de lancer des programmes majeurs dans les domaines qui sont critiques pour notre pays. Ces programmes vont recevoir le statut de projets à l’échelle de la nation. J’aimerais les mentionner à part afin de vous en donner un aperçu.

Pour commencer, il nous faut un bouclier solide et fiable pour nous nous garantir une sûreté sanitaire et biologique. Nous comprenons maintenant de quoi il s’agit. Il est impératif de s’assurer de l’indépendance de la Russie dans la production de toute la gamme de vaccins et de substances pharmaceutiques, y compris les traitements contre les infections qui résistent à la génération d’antibiotiques actuels. Chose importante, ceci doit être mené avec l’engagement maximal d’équipements et de composants fabriqués en Russie.

En cas d’infection aussi dangereuse que le coronavirus, ou, Dieu nous en garde, plus dangereuse encore, la Russie doit être préparée à développer ses propres systèmes de test dans les quatre jours, quatre jours précisément, et de créer un vaccin intérieur efficace, et lancer sa production dès que possible. Tels sont les objectifs que nous nous fixons. Le délai pour parvenir à ces objectifs est 2030. Mais le plus tôt nous y serons, le mieux.

Deuxièmement, nous avons besoin de nouvelles approches générales quant au développement de notre secteur énergétique, y compris de nouvelles solutions pour la génération nucléaire dans les domaines prometteurs de l’énergie à base d’hydrogène et du stockage de l’énergie.

Troisièmement, nous devons trouver des réponses aux défis posés par le changement climatique, ajuster notre agriculture, notre industrie, le secteur de l’habitat et des services, et l’ensemble des infrastructures sous-jacentes, créer un secteur d’utilisation du carbone, diminuer les émissions, et introduire des mesures strictes de supervision et de contrôle.

Au cours des 30 prochaines années, les émissions cumulées de la Russie doivent être inférieures à celles de l’UE. Il s’agit d’un objectif ambitieux, si l’on considère la taille de notre pays et les caractéristiques particulières de sa géographie, de son climat et de sa structure économique. Cependant, je n’ai aucun doute quant au fait qu’il s’agit d’un objectif parfaitement réaliste au vu de notre potentiel de recherche et technologique.

Nos nouveaux secteurs de l’énergie et de la pharmacie, ainsi que la solution aux problèmes climatiques, doivent apporter un élan puissant à une modernisation générale de tous les secteurs économiques et à la sphère sociale. Il s’agit d’un chemin direct vers la création d’emplois modernes et bien payés.

Les efforts entrepris par chaque niveau de gouvernement, du domaine privé, des institutions au développement et de l’Académie des Sciences russe doivent avoir pour objet la tâche centrale et principale d’améliorer la qualité de vie de notre peuple. J’aimerais indiquer que notre position en matière de protection de l’environnement est une question de principe à cet égard, et restera inébranlable.

Les dangers de la position alternative ont été récemment mis en exergue par les événements qui se sont produits à Norilsk, Usolye-Sibirskoye, et en plusieurs autres endroits. Nous allons assurément aider les personnes qui vivent là-bas, mais nous devons également prévenir une répétition de tels désastres environnementaux.

J’aimerais demander aux personnes responsables d’accélérer l’adoption d’une loi sur la responsabilité financière des actionnaires d’entreprises quant à nettoyer la pollution accumulée et pour la réhabilitation des sites industriels. Il s’agit d’une approche très simple. La voici : si vous avez tiré bénéfice de la pollution de l’environnement, nettoyez après votre passage. Nous devons agir avec rigueur. Rosprirodnadoz [ le service fédéral pour la surveillance des ressources naturelles ] et les autres autorités de régulation doivent faire leur travail.

J’aimerais ajouter que le principe du « pollueur payeur » doit également être employé à plein dans le secteur du retraitement des déchets, afin d’assurer la transition vers ce qu’on appelle l’économie en circuit fermé. Avec cet objectif en tête, nous devons lancer un mécanisme de responsabilité accrue des producteurs et des importateurs pour la gestion des produits et des déchets d’emballage dès cette année.

Je propose également de distinguer les paiements environnementaux au budget fédéral. Je sais que les experts et les spécialistes financiers n’apprécient pas les réservations spéciales dans le budget, mais je vois ceci comme une sphère vitale de notre activité. Nous pouvons pratiquer une exception dans le cas présent, et investir ces fonds pour nettoyer la pollution accumulée et améliorer l’environnement.

En outre, comme je l’ai dit, la quantité d’émissions dangereuses dans les 12 plus grands centres industriels russes doit être réduite de 20 % pour 2024. Nous en avons déjà discuté. Bien sûr, cet objectif doit être accompli au travers d’une modernisation bien pensée du secteur industriel, du secteur de l’habitat et des services, des transports et de l’énergie.

Qui plus est, je propose d’étendre le système de quotas d’émission à toutes les villes russes présentant des problèmes de qualité de l’air, et d’introduire une responsabilité stricte de non-conformité avec les règles environnementales. Bien entendu, ceci suppose une supervision transparente.

Nous allons assurément soutenir les efforts menés par les entreprises pour mettre à jour leurs installations aux standards environnementaux en vigueur. Par exemple, les mises à niveau vont commencer cette année avec les usines d’aluminium de Bratsk, Irkutsk, Krasnoyarsk et Novokuznetsk, sur la base du mécanisme de la garantie d’État. Je citerai par la suite d’autres villes et localités dans d’autres contextes, mais cela n’induit pas que notre travail se cantonne à ces régions. Elles ne sont citées qu’à titre d’exemples.

Collègues,

L’année dernière, nous avons alloué des ressources sans précédent pour soutenir l’économie. Entre autres choses, nous avons réussi à préserver plus de 5 millions d’emplois par des prêts subventionnés pour le paiement des salaires. Je tiens à souligner que ce programme a réussi, mais qu’il n’a réussi précisément que parce que les entreprises ont agi de manière responsable et ont fait tout leur possible pour conserver leurs employés. Nous avons vu cela.

Malheureusement, il n’a pas été possible d’empêcher tous les licenciements. Je comprends à quel point la situation est difficile pour ceux qui ont perdu leur emploi. Le gouvernement a reçu pour ordre de s’assurer que le marché du travail reparte pour la fin de l’année. Mais ce problème doit être réglé avant cela, afin que les gens puissent de nouveau disposer d’un revenu stable. Le gouvernement va encourager les initiatives entrepreneuriales et stimuler les investissements privés qui génèrent de nouveaux emplois.

Comme vous le savez, l’an dernier, les contributions aux assurances sociales des petites et moyennes entreprises ont été divisées par deux, de 30 % à 15 %. Cette décision va rester en effet de manière permanente, et il n’est pas prévu d’y revenir.

Je donne pour instruction au gouvernement de présenter, au cours du mois qui vient, des propositions supplémentaires pour soutenir les petites et moyennes entreprises, comme des incitations de taxes, des prêts accessibles et une extension de la distribution et des ventes de produits, y compris aux sociétés d’État majeures.

Quant aux autres décisions dans la sphère économique, j’aimerais mentionner ce qui suit.

Tout d’abord, nous avons déjà mis fin à des normes et exigences archaïques dans le domaine de la construction, et dans d’autres, et mis fin à de nombreuses inspections de contrôle superflues, mais il nous faut également amplifier le mouvement pour parvenir à des résultats substantiels, clairs et tangibles pour améliorer le climat d’affaires. Par exemple, monter une usine clé en main en Russie devrait être plus rapide, plus efficace économiquement, et plus facile que dans toute autre région du monde, y compris les pays disposant d’économies développées.

Par ailleurs, nous devons simplifier les conditions de travail pour les exportateurs de produits transformés. Nous avons assurément poursuivi cette ligne depuis déjà quelques années, mais il nous faut supprimer toutes les limites excessives en matière de contrôle de change pour ces exportateurs. Il s’agit de l’un des problèmes. La nouvelle procédure devrait commencer à fonctionner au mois de juillet. Nous avons discuté de ce sujet plus d’une fois. Tous les amendements à la loi doivent être adoptés aussi vite que possible au cours de la session de printemps.

Deuxièmement, le talent d’un entrepreneur est en premier chef un talent de créateur, une aspiration à changer la vie pour le mieux, à créer de nouveaux emplois. L’État va assurément soutenir cette attitude.

Dans le monde moderne, où la situation du marché change parfois quotidiennement, les entreprises doivent gérer des risques importants, surtout lorsqu’elles investissent dans des projets à long terme. Pour y répondre, nous allons ajuster l’ensemble du système de soutien à l’investissement privé. Nous allons évaluer l’efficacité des projets relativement aux nouveaux produits, services et technologies qu’ils apportent aux gens, et comment ils améliorent le potentiel de la Russie et de chaque région individuelle.

Le mécanisme de Contrat d’Investissement Spécial a déjà été amélioré ; nous avons mis en œuvre un nouvel instrument — le Protection de l’investissement et les Accords de promotion. Nous avons consolidé les institutions de développement sur la base du VEB. Leur mission est de réduire les risques lorsque du capital privé est investi, pour contribuer à la création de nouveaux marchés et mécanismes d’investissement, de manière similaire au mécanisme d’Usine de la Finance déjà en place. 40 projets commerciaux sont déjà soutenus, pour un investissement total de 3000 milliards de roubles.

J’attends des propositions de la part du gouvernement sur la mise en œuvre des idées proposées au mois de mars lors d’une réunion avec les entreprises russes. Collègues, vous êtes bien au fait de ceci.

Troisièmement, nous prenons toutes les décisions majeures au sujet de l’économie au travers d’un dialogue mené avec la communauté des affaires. Cette pratique est établie depuis de nombreuses années. Bien sûr, nous avons le droit d’attendre que les instruments financiers et mécanismes de soutien auxiliaires apportent le résultat le plus désiré, qui consiste à convertir les profits en investissement et développement.

Il est une chose importante que j’ai à dire, bien qu’il ne s’agisse clairement pas d’une nouveauté pour les entreprises. Elles le savent déjà. On s’attend à ce que le secteur privé réalise des bénéfices records cette année, malgré tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Malgré ces problèmes, c’est ainsi que sont les choses. Nous allons prendre note de la manière dont ces bénéfices vont être utilisés et, sur la base des résultats annuels, nous pourrons décider de recalibrer la législation sur les taxes. Je veux voir des propositions spécifiques de la part du gouvernement. Officieusement, je devrais noter : certains empochent des dividendes cependant que d’autres investissent dans le développement de leurs sociétés et d’industries entières. Nous allons encourager ceux qui investissent.

L’an dernier, nous avons substantiellement augmenté les dépenses budgétaires tout en réussissant à maintenir la stabilité des finances de l’État. Le gouvernement et la banque centrale doivent continuer à poursuivre une politique financière responsable. Assurer la stabilité macroéconomique et contenir l’inflation à des valeurs sous contrôle constituer une tâche extrêmement importante. Je présume que nous allons y parvenir.

Dans le même temps, grâce à notre capacité budgétaire et à nos réserves, nous pouvons allouer plus de fonds pour soutenir l’investissement dans les infrastructures, et fournir aux régions de nouveaux instruments de développement. Lancer ces instruments va nécessiter que la loi soit amendée. J’attends de tous les partis politiques — Russie Juste, le Parti libéral-démocrate, le Parti Communiste, et Russie Unie — qu’ils soutiennent ces amendements.

À cet égard, je tiens à remercier l’ensemble des forces publiques constructives dans le pays pour leur attitude responsable et patriote durant cette épidémie difficile. Ce ne sont pas de simples mots creux, car c’est cette attitude et son sens pratique qui nous ont tous aidés à maintenir l’équilibre et la stabilité du gouvernement et du système politique de la Russie. Ceci est toujours important, mais c’est particulièrement pertinent, car nous sommes en train de préparer les élections de la Douma et d’autres corps gouvernementaux, au vu de l’important travail que nous allons avoir à mener. J’espère que cet état d’esprit compétitif, qui nous unit tous face aux objectifs communs, va perdurer.

Collègues,

Le pays se développe et va de l’avant, mais ceci ne se réalise que lorsque les régions de la Fédération de Russie se développent. Chaque effort des dirigeants des entités constituantes pour faire réussir leurs régions et auto-suffisantes doit être et sera encouragé autant que possible.

Nous allons soutenir ceux qui prennent des responsabilités et lancent des projets constructifs. J’ai confiance dans le potentiel gigantesque de chaque région de Russie. Pour contribuer à faire un usage positif et productif de ce potentiel, que devons nous commencer par réduire ? Les gouverneurs savent à quoi je fais référence : nous devons réduire la charge de la dette. Il va nous falloir discuter de ces sujets en profondeur une fois de plus.

Je demande au gouvernement de soumettre pour le 1er juin les propositions visant à assurer la stabilité à long terme des finances régionales et municipales, et à améliorer l’auto-suffisance des régions. Nous les discuterons cet été lors d’une réunion du Conseil d’État, et ce en tenant compte des décisions prioritaires que je suis sur le point d’évoquer à présent.

Tout d’abord, nous devons aider les régions présentant de fortes dettes commerciales. Voici ce que je suggère : le volume de dette commerciale dépassant 25 % des revenus propres de ladite région sera remplacé par des emprunts budgétaires à maturité en 2029.

En outre, je propose de restructurer les emprunts budgétaires, oui, les emprunts budgétaires qui ont été consentis aux régions l’an dernier pour prendre des mesures de lutte contre la pandémie. Je crois que cela serait juste. J’aimerais rappeler à chacun que ces emprunts arriveront à maturité dans 2 mois, le 1er juillet. Je suggère de les étendre également jusque 2029.

J’aimerais souligner que la restructuration des dettes accumulées devrait être utilisée comme mécanisme d’accroissement de l’auto-suffisance des économies régionales, surtout en considérant que nous allons offrir un outil de développement fondamentalement nouveau à nos entités constituantes. Je fais référence aux dits emprunts budgétaires d’infrastructure présentant un taux d’intérêt inférieur ou égal à 3 % annuels, avec une maturité de 15 années. Nous comptons allouer un total d’au moins 500 milliards de roubles à ces emprunts d’infrastructure d’ici à la fin 2023.

La restructuration de la dette régionale doit être fondée sur le concept de justice, ce qui a de fait toujours été le cas. Certaines entités constituantes ont accumulé beaucoup de dettes commerciales, cependant que d’autres ne se sont guère endettées. Ces dernières peuvent se sentir négligées en cette instance. Ce ne sera pas le cas, et nous ne le permettrons pas. Nous allons soutenir ceux qui ont toujours poursuivi et continuent de poursuivre une politique financière équilibrée. Le principe de la distribution des emprunts d’infrastructure sera comme suit : moins une région a de dettes, plus elle pourra recevoir en emprunts d’infrastructure.

Nous constituons un seul pays. Tous les niveaux de gouvernement et d’affaires doivent œuvrer à une seule fin. La restructuration de la dette et une ressource d’investissement novatrice sous la forme d’emprunts d’infrastructure nous permettrons d’élargir l’horizon de prévision, et de lancer des solutions nouvelles en lien avec la mise en œuvre de projets nationaux, de stratégies spécifiques par secteur, et d’un plan général de mise à jour des infrastructures principales.

Les emprunts d’infrastructure fédéraux constituent une ressource puissante, mais savoir s’ils vont nous aider à aller de l’avant ou attirer des investissements privés dépend très fortement de ce que les équipes de gestion régionales font, et de leur capacité à mener un dialogue ouvert et franc avec les entreprises, les investisseurs, et bien entendu et surtout, les individus.

Dans les régions, les projets d’infrastructure doivent être mis en œuvre en premier chef dans l’intérêt du peuple, et tenir lieu d’investissement dans la création de nouveaux emplois et la promotion du bien-être de millions de foyers russes, tout en assurant l’avenir de nos enfants. Les priorités construiront des voies rapides et voies de contournement dans les régions urbaines, mettront à niveau l’habitat et les infrastructures dans le secteur des services et dans les systèmes de transport public, tout en menant un développement intégré des territoires et en créant des infrastructures touristiques.

Veuillez noter que les emprunts d’infrastructure et budgétaires seront complètement sous le contrôle du Trésor fédéral, et seront accordés exclusivement pour des projets spécifiques analysés en profondeur par des experts au niveau fédéral. Pendant que nous y sommes, j’aimerais dire quelque chose aux dirigeants régionaux et au gouvernement : écoutez, travaillons d’une manière rythmée et proche de celle des entreprises. Je ne veux pas faire usage d’un niveau de langage rude ou déplacé dans cette enceinte, mais les choses doivent être faites dans les temps et les projets doivent être préparés, pas uniquement des photos montrées au gouvernement. En retour, le gouvernement doit traiter rapidement les projets et aider les régions à traiter les problèmes auxquels elles sont confrontées. Vous devez aider vos collègues, comprenez-vous cela? Pas jeter à la corbeille ce qu’ils vous ont apporté et dire qu’ils ont mal travaillé. Certains d’entre eux sont dans l’incapacité de faire ce que vous leur demandez. Aidez-les, et les choses iront ensuite de l’avant.

L’échelle des projets peut varier, mais le plus important, comme je l’ai dit, est qu’ils apportent des bénéfices à notre peuple et ouvrent de nouvelles opportunités. Par exemple, en conjonction avec nos principales sociétés et en faisant usage des mécanismes proposés, la Région Autonome de Yamalo-Nenets va commencer la construction de la voie ferrée latitudinale du Nord. Il s’agit d’une voie ferrée qui va stimuler le développement des importantes ressources naturelles de l’Arctique. Le projet a été dans les cartons depuis longtemps, et il est temps de le lancer, puisque nous pouvons le faire à présent. Par exemple, comme résultat, Nijni Novgorod pourra poursuivre la construction de son métro et commencer la rénovation du centre-ville. Tcheliabinsk, une autre ville de plus d’un million de résidents, aura également l’opportunité de mettre à niveau son système de transports grâce à un projet de construction de métro de longue date. J’ai connaissance d’autres projets semblables à Krasnoïarsk et dans d’autres régions.

Et, bien entendu, la construction de nouvelles infrastructures doit être réalisé à un niveau qualitatif plus élevé. Je veux que le gouvernement établisse un plan clair, étape par étape, pour l’utilisation de bout en bout et généralisée de la conception numérique, et la production et l’introduction de matériaux de pointe et efficaces du point de vue énergétique. Ce point est également important si nous voulons répondre aux défis climatiques et environnementaux.

Le développement d’infrastructures à grande échelle apporte fondamentalement de nouveaux ouvrages à l’industrie de la construction. Au cours des récentes années difficiles, il a fonctionné sans écueil, et construit plus de 80 millions de mètre carrés d’habitat. C’est un bon résultat. Plus nous construisons, plus l’habitat se fait abordable pour les familles russes.

Aussi, nous avons un objectif ambitieux. Nous en avons également déjà discuté, et cet objectif ambitieux n’a pas disparu — nous planifions de construire 120 millions de mètres carrés d’habitat chaque année. Cela étant dit, nous devons sans doute envisager un mécanisme spécial pour soutenir la construction privée en matière de logements.

Une terre de libertés où l'on a le droit de respirer sans masque

Comme pour la construction à grande échelle, l’institut de développement DOM.RF va attirer des ressources financières en émettant des obligations. Il s’agit d’un mécanisme éprouvé qui fonctionne généralement bien. Les ressources doivent aller aux développeurs sous forme d’emprunts ciblés.

Je voudrais souligner que les subsides du budget fédéral vont permettre à DOM.RF d’émettre des emprunts aux développeurs à un taux annuel réduit, d’environ 3 à 4%. La construction de quartiers résidentiels à Toula, Tioumen, dans les régions de Sakhaline et du Kouzbass seront des projets pilotes pour le développement de ce modèle.

L’amélioration des villes et des localités, ainsi que la croissance de la construction d’habitations jouent un rôle majeur dans le développement des régions. Nous devons prendre soin des problèmes urgents et quotidiens des résidents locaux. Nombre de familles russes vivent dans des régions où parvient le réseau de gaz de ville, mais n’ont pas accès au gaz pour une raison ou pour une autre. Il semble que le tuyau passe, mais qu’il n’y a pas de gaz jusqu’à la maison.

J’aimerais demander au gouvernement d’établir, en coopération avec les régions, un plan clairement établi pour amener le gaz aux foyers. Dans ce contexte, je soutiens l’initiative de Russie Unie, notablement, pour que les gens n’aient pas à payer l’installation de tuyaux de gaz directement à la mitoyenneté de leur terrain, dans les zones résidentielles.

Comme je l’ai déjà dit, le gouvernement doit analyser tous les détails dans la coopération avec Gazprom et les autres sociétés et agences qui travaillent dans cette région pour prévenir tout revers. Faut de quoi, je vais dire quelque chose depuis cette tribune, et les gens vont l’attendre, mais parce que vous ne mettez pas des gribouillis ou des virgules au bon endroit, tout va s’enliser à nouveau. C’est inacceptable, et je vais vérifier par moi-même, alors faites attention s’il vous plaît. Mosoblgaz et les autres sociétés doivent comprendre ce qu’elles doivent faire, sous quelle durée, et le budget qu’elles ont à leur disposition.

L’objectif est assurément plus large. Nous devons offrir à chaque région nos solutions en accès public pour des sources d’énergie fiables et propres. Cela peut être l’électricité, y compris de sources renouvelables, ou une utilisation du charbon respectueuse de l’environnement, qui constitue également une option dans le monde moderne, un gazoduc, ou du gaz liquéfié. Je donne pour instruction aux dirigeants de régions de préparer, en coordination avec le gouvernement, des plans d’action détaillés et de commencer à les mettre en œuvre l’an prochain.

Par exemple, à Kamchatka, nous devons envisager la création d’infrastructure locale de réception de gaz pour assurer des livraisons de gaz durables aux résidents et aux sociétés du territoire de Kamchatka.

Collègues,

Nous n’allons pas uniquement donner aux régions des outils de développement fondamentalement nouveaux, mais nous allons également investir des ressources fédérales dans le règlement des pires problèmes systémiques, qui auront un effet boule de neige sur le développement de la croissance des régions et l’amélioration de la qualité de vie des gens.

Nous allons commencer par des allocations du Fonds du bien-être national pour construire des voies rapides principales. Tout d’abord, nous devrions financer la construction en cours de la voie rapide Moscou-Kazan et, plus que cela, l’étendre jusqu’à Iekaterinbourg, projet qui sera terminé dans les trois années.

De cette manière, avec la voie rapide Moscou-St Petersbourg et l’A 113, nous disposeront d’une voie rapide de transfert traversant toute la partie européenne de la Russie, de la Baltique à l’Oural, pour l’année 2024.

Cependant, il ne suffit pas de se contenter de relier les destinations de bout en bout. Quel bien cela ferait-il, si cela ne change rien à la vie dans les villages ou les petites villes, mais ne donne aux gens qui y vivent que la possibilité de regarder passer les trains ou les voitures à grande vitesse? L’infrastructure centrale doit assurément amener au développement de tous les territoires où elle a été construite, pour porter le développement d’un réseau régional moderne.

Les entités constituantes seront désormais en mesure d’utiliser des emprunts d’infrastructure pour accélérer la mise en œuvre de ces projets de construction. Mais dans leurs plans de développement, nos collègues devraient se souvenir et prendre en compte le fait que les grandes lignes fédérales et régionales doivent fonctionnement en système unifié dans les intérêts de nos citoyens, de nos entreprises et de nos régions. De cette manière, les emprunts d’infrastructure et les ressources du Fonds de bien-être national œuvreront aux intérêts de toutes les régions russes.

Il en va de même de notre nouveau projet national dans la sphère touristique. Un programme d’emprunts facilités sera prochainement lancé pour financer la construction et la rénovation d’hôtels et d’autres infrastructures touristiques. Le taux d’intérêts de ces emprunts sera également de 3 à 5%, et les emprunts arriveront à maturité dans 15 ans.

De nombreux autres projets pilotes existent. Je ne vais en citer que quelques-uns : le développement de Sheregesh, la principale station de ski du Kouzbass ; la création d’un centre de voile dans la baie de Balaklava à Sébastopol ; et le développement de l’industrie touristique sur l’Altaï et dans la région de Kaliningrad.

Le projet d’emprunts d’infrastructure va donner un nouvel élan à des activités touristiques entières. En particulier, plusieurs régions du centre de la Russie seront en mesure de moderniser et d’étendre l’anneau d’or à un niveau fondamentalement nouveau, en développant le potentiel de petites villes comme Tarusa, Murom, Gorokhovets, Tutayev et Borovsk. Des projets de développement vont être lancés dans les villes de la région de la Volga, les stations de Crimée, les régions côtières de la Mer noire et de la côte Pacifique, ainsi que dans nos villes-stations comme Staraya Russa dans la région de Novgorod ou Kavkazskiye Mineralnye Vody dans le Caucase, y compris son joyau, Kislovodsk.

La Russie est un pays hospitalier, ouvert à ses amis fidèles. Vous vous souvenez sans doute de ce qui se produisit durant le championnat de football de 2018. Dès que la situation épidémiologique le permettra, nous lèverons les restrictions encore en vigueur, et des millions de touristes du monde entier reviendront en Russie. Nous avons une tâche pratique à mener : nous assurer que des visas électroniques pour voyager en Russie seront disponibles à distance et sans formalités indues, en quatre jours, depuis la majorité des pays étrangers.

Collègues,

Le sens et l’objet de la politique de la Russie dans l’arène internationale — je n’en dirai que quelques mots pour conclure mon allocution — est d’assurer la paix et la sécurité pour le bien-être de nos citoyens, pour le développement stable de notre pays. La Russie a évidemment ses propres intérêts, que nous défendons, et que nous continuerons à défendre dans le cadre des lois internationales, comme le font tous les autres États. Et si quelqu’un refuse de comprendre cette chose évidente, ou ne veut pas parvenir à un dialogue et choisit d’utiliser un ton égoïste et arrogant à notre égard, la Russie trouvera toujours un moyen de défendre sa position.

Dans le même temps, malheureusement, chacun dans le monde semble s’habituer à la pratique de sanctions économiques illégales motivées par des raisons politiques, ainsi qu’à des tentatives brutales menées par certains acteurs pour imposer leur volonté aux autres par la force. Mais aujourd’hui, cette pratique dégénère en quelque chose qui est encore plus dangereux — je fais référence à l’ingérence directe récemment mise au jour au Bélarus, en vue d’orchestrer un coup d’État et d’assassiner le président de ce pays. Dans le même temps, il est caractéristique que même une action aussi flagrante n’aie pas été condamnée par ladite communauté occidentale. Personne n’a semblé s’en rendre compte. Chacun agit comme si rien n’était en train de se produire.

Mais écoutez, vous pouvez penser ce que vous voulez, disons, du président ukrainien [Viktor] Yanoukovitch ou de [Nicolas] Maduro au Vénézuéla. Je le répète, vous pouvez les apprécier, ou ne pas les apprécier, y compris Yanoukovitch qui a failli être tué, lui aussi, et destitué du pouvoir par un coup d’État armé. Vous pouvez avoir votre propre opinion de la politique menée par le président du Bélarus, Alexander Lukashenko. Mais la pratique de coups d’État organisés et la planification d’assassinats politiques, y compris ceux de dirigeants de haut rang — eh bien, cela va trop loin. Cela dépasse toute limite.

Il suffit de faire mention de certains des participants mis en prison dans la conspiration, qui ont reconnu qu’il était prévu de faire le siège de Minsk, avec des plans de bloquer les infrastructures et des communications de la ville, et un arrêt total de l’électricité dans la capitale du Bélarus! Ceci signifie de fait qu’ils préparaient une cyberattaque massive. Qu’est-ce que cela pourrait être d’autre? Vous savez, vous ne pouvez pas tout couper ainsi en appuyant sur un bouton.

Clairement, il existe une raison pour laquelle nos collègues d’occident ont rejeté obstinément les nombreuses propositions émises par la Russie en vue d’établir un dialogue international pour la sécurité de l’information et la cyber-sécurité. Nous avons émis ces propositions à de multiples reprises. Ils évitent même d’en discuter.

Et s’il y avait eu une véritablement tentative de coup d’État au Bélarus? Après tout, tel était l’objectif ultime. Combien de gens auraient-ils été blessés? Que serait-il advenu du Bélarus? Personne n’y pense.

Exactement de la même manière que nul ne pensait à l’avenir de l’Ukraine durant le coup d’État dans ce pays.

Pendant tout ce temps, des actions inamicales envers la Russie ont également continué sans relâche. Certains pays ont adopté une routine inconvenante, désignant la Russie pour toute raison, le plus souvent sans aucune raison. C’est une sorte de nouveau sport, où le gagnant est celui qui hurle le plus fort.

À cet égard, nous nous comportons de manière extrêmement retenue, je pourrais même dire, modestement, et je dis ceci sans aucune ironie. Souvent, nous préférons ne pas répondre du tout, non seulement aux actions inamicales, mais même au manque de courtoisie direct. Nous voulons maintenir de bonnes relations avec tous les acteurs du dialogue international. Mais nous voyons ce qui se produit dans la vraie vie. Comme je l’ai dit, de temps à autre, ils s’en prennent à la Russie sans aucune raison. Et bien entendu, on trouve s’agitant autour d’eux toutes sortes de petits Tabaquis [Tabaqui est un chacal dans le livre de la Jungle, NdT] mesquins, comme Tabaqui courant autour de Shere Khan — tout à fait comme dans le livre de Kipling — hurlant avec la meute pour contenter leur souverain. Kipling était un très bon écrivain.

Nous voulons vraiment maintenir de bonnes relations avec tous ceux qui sont engagés dans la communication internationale, y compris d’ailleurs avec ceux avec qui nous ne nous sommes pas très bien entendus récemment, pour le dire avec légèreté. Nous ne voulons vraiment pas brûler les ponts. Mais si quelqu’un confond nos bonnes intentions avec de l’indifférence ou de la faiblesse, et comptent brûler les ponts, ou même faire sauter ces ponts, il doit savoir que la réponse de la Russie sera asymétrique, rapide, et qu’elle fera mal.

Ceux qui sont derrière les provocations qui menacent les intérêts centraux de notre sécurité vont regretter ce qu’ils ont fait ; ils vont redécouvrir le sentiment du regret comme ils ne l’auront pas connu depuis longtemps.

Dans le même temps, je dois juste éclaircir, nous avons assez de patience, de responsabilité, de professionnalisme, de confiance en nous, et de certitude quant à notre cause, ainsi que de sens commun, lorsque nous prenons une décision, quelle qu’elle soit. Mais j’espère que personne ne pensera à traverser la « ligne rouge » quant à la Russie. C’est nous-mêmes qui allons déterminer dans chaque situation spécifique, où cette ligne sera tracée.

Je vais dire à présent, comme je le fais à chaque fois durant l’allocution annuelle devant l’assemblée fédérale, que l’amélioration et le renforcement qualitatif des forces armées de la Russie se poursuit à un rythme régulier. En particulier, une attention spéciale sera accordée au développement de l’éducation militaire, tant dans les écoles et académies militaires que dans les centres d’entraînement militaires des universités civiles.

D’ici à l’année 2024, la part d’armes et équipements militaires modernes au sein des forces armées aura atteint presque 76 %, ce qui constitue un très bon indicateur. Dans le secteur nucléaire, cette part aura dépassé les 88 % avant la fin de l’année courante.

Les derniers systèmes de missiles intercontinentaux Avangard sont prêts au combat, ainsi que les systèmes laser de combat Peresvet ; et le premier régiment armé de missiles balistiques intercontinentaux super-lourds Sarmat sera prêt au combat à la fin de l’année 2022.

Le nombre de systèmes de combat aérien dotés de missiles hypersoniques Kinzhal, et de navires de guerre équipés d’armes de précision hypersoniques comme le Kinzhal que j’ai évoqué, et avec des missiles Kalibr, est en hausse. Les missiles hypersoniques Zirkon seront prochainement en capacité à être utilisés au combat. Le travail est en cours sur d’autres systèmes de combat modernes, dont Poseidon et Burevestnik, conformément avec les plans de développement des forces armées.

En tant que cheffe de file dans la création de systèmes de combat de nouvelle génération et dans le développement de forces nucléaires modernes, la Russie exhorte ses partenaires une fois de plus à discuter les sujets relatifs aux armements stratégiques et à assurer la stabilité globale. Le principal sujet et objectif de ces discussions pourrait être la création d’un environnement pour une coexistence sans conflit, basée sur l’équation de sécurité, qui intégrerait non seulement les armements stratégiques traditionnelles, comme les missiles balistiques intercontinentaux, les bombardiers lourds et les sous-marins, mais — je voudrais insister sur ce point — tous les systèmes offensifs et défensifs capable d’atteindre des objectifs stratégiques, indépendamment des armements.

Les cinq puissances nucléaires portent une responsabilité particulière. J’espère que l’initiative d’une rencontre personnelle des chefs d’État des membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, que nous avons proposée l’an dernier, pourra se concrétiser, et aura lieu dès que la situation épidémiologique le permettra.

La Russie est toujours ouverte à une large coopération internationale. Nous avons constamment prôné la préservation et le renforcement du rôle clé des Nations Unies dans les affaires internationales, et nous essayons d’apporter une assistance au règlement des conflits régionaux et avons déjà beaucoup œuvré pour stabiliser la situation en Syrie et pour lancer un dialogue politique en Libye. Comme vous le savez, la Russie a joué le rôle principal en bloquant le conflit armé dans le Nagorno-Karabakh.

C’est sur la base du respect mutuel que nous construisons des relations avec la majorité absolue des pays du monde : en Asie, en Amérique Latine, en Afrique et avec de nombreux pays européens. Nous faisons progresser régulièrement nos contacts prioritaires avec nos partenaires les plus proches de l’Organisation de la Coopération de Shanghai, les BRICS, le Commonwealth d’États Indépendants, et nos alliés au sein de l’organisation du traité de sécurité collective.

Nos projets communs dans l’Union Économique Eurasienne visent à assurer la croissance économique et le bien-être de notre peuple. On trouve ici de nouveaux projets intéressants, comme le développement de couloirs de transport et logistique. Je suis certain qu’ils vont devenir une infrastructure centrale pour un partenariat eurasien à grande échelle. Les idées russes de cette association large et ouverte sont d’ores et déjà mises en pratique, en partie, au travers d’alignements avec d’autres processus d’intégration.

Tous ces projets ne sont pas simplement des idées géopolitiques, mais constituent strictement des instruments pratiques pour accomplir les tâches de développement national.

Collègues,

J’ai commencé l’allocution de ce jour par les sujets sanitaires urgents, et pour la conclure, je vais vous dire ce qui suit. Personne dans le monde ne connaissait les malheurs que nous allions subir. Cependant, nous, citoyens de Russie, avons déjà beaucoup œuvré, et nous ferons tout notre possible pour contrer la menace de l’épidémie. Notre pays dispose de ressources fiables pour cela. Nous les avons créées dans les domaines de la santé, de la science, de l’éducation et de l’industrie au cours des années passées.

Cependant, il nous faut assurément aller de l’avant. Nous avons planifié nos tâches de développement national. Bien sûr, le défi posé par l’épidémie a suscité des ajustements de nos travaux. L’allocution d’aujourd’hui contient des instructions sur le soutien à la démographie et à la famille, ainsi que sur les efforts à mener pour lutter contre la pauvreté, faire croître les revenus, créer des emplois, améliorer l’environnement des affaires et porte la gestion de l’État à un niveau supérieur.

J’aimerais demander au gouvernement de se concentrer sur ces tâches de préparation des nouvelles initiatives de développement socio-économique de la Russie et je lui donne pour instruction de les présenter pour le 1er juillet de cette année.

Qu’ai-je en tête? En faisant notre travail quotidien, nous ne devons certainement pas oublier nos objectifs de développement stratégique ni nos objectifs de développement nationaux, et nous devons améliorer les mécanismes pour les remplir.

Nous discuterons des propositions du gouvernement avec la participation des commissions du Conseil d’État pertinentes, nos associations du monde des affaires, les experts et la Chambre Civile. Après une vaste discussion, nous pourrons prendre les décisions finales quant aux actions supplémentaires financières et en matière d’organisation lors de la réunion du Conseil de développement stratégique et des projets nationaux.

J’aimerais à présent m’adresser une fois de plus à tous les citoyens de la Russie, pour dire que nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour atteindre les objectifs fixés. Je suis certain que nous allons œuvrer ensemble et accomplir toutes les tâches que nous nous sommes assignés.

Merci beaucoup pour votre attention.

Traduit par jmarti pour le Saker Francophone

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