Les Heebie-Jeebies du mois d’août


Par James Howard Kunstler – Le 20 Août 2021 – Source kunstler.com

« Joe Biden » va interrompre ses vacances mobiles – pour l’instant, il est de retour à Wilmington, DE – pour s’adresser à la nation en début d’après-midi ce vendredi. Va-t-il s’enfoncer davantage dans le trou dans lequel les talibans l’ont jeté, ou va-t-il simplement jeter l’éponge pour diriger la branche exécutive du gouvernement (si c’est ce qu’il a fait) ?

Note du Saker Francophone

Heebie-Jeebies : sentiment d'anxiété, d'appréhension, de dépression ou de maladie.

Soyons réalistes : Les faits et gestes de « Joe B » à la Maison-Blanche au cours de ces sept mois sont aussi mystérieux que l’attaque éclair des talibans en Afghanistan la semaine dernière. Que fait réellement le vieux Joe Blanc toute la journée après que ses managers aient mis fin à ses fonctions officielles à 8h30 du matin ? Il discute avec Hunter des affaires familiales sur un téléphone sécurisé ? Il regarde Joy Behar et sa bande à la télévision ? Nous, le peuple, ignorons que le « président » a des hobbies ou des loisirs. Du golf ? Apparemment pas. Les timbres ? S’il vous plaît ! Ou bien est-il simplement assis dans un fauteuil confortable au deuxième étage, repensant à ce qui reste de son esprit, à ces jours perdus de son enfance légendaire à Scranton ?

Pouvez-vous vraiment imaginer Kamala Harris dans le bureau ovale ? Je doute que Kamala elle-même le puisse. Quoi qu’il en soit, quelqu’un l’a envoyée à Singapour et au Vietnam cette semaine, comme si c’était le moment (qu’elle quitte la ville, pronto… les choses vont devenir un peu difficiles par ici). On peut supposer qu’elle reviendra aux États-Unis en temps voulu, sans accident fâcheux impliquant Air Force Two. Mais que se passera-t-il si la VIP, pour des raisons qui lui sont propres (disons, les « nerfs »), jette aussi l’éponge ? Qui d’autre est constitutionnellement dans la ligne du commandant en chef au cas où l’ensemble du ticket 2020 se retire ? La présidente de la Chambre des représentants, bien sûr, Mme Nancy Pelosi, le premier modèle mondial de masques faciaux assortis aux tenues. Quel couronnement de carrière cela va être ! Il vaut mieux remplir le congélateur de la Maison Blanche de glaces gourmandes à la mangue et au gâteau au fromage de la marque Jeni’s et se préparer à une rafale d’ordres exécutifs faisant de tous ceux qui vivent entre les chutes du Potomac et l’Embarcadero des hors-la-loi.

Les médias d’information peuvent se demander si l’Afghanistan ne retourne pas au douzième siècle, mais beaucoup d’entre nous ici se demandent si notre pays restera au vingt-et-unième siècle. Les chaînes de télévision câblées crépitent d’angoisse existentielle. Les États-Unis semblent avoir fait de leur pays l’idiot des nations idiotes. Nous sommes si facilement trompés ! Notre armée et nos services de renseignements, qui coûtent des milliards de dollars, se sont fait avoir par des sauvages en sandales, pour l’amour de Dieu ! Dix mille Américains (ou plus !) sont bloqués à Kaboul pendant que des cavaliers pachtounes se promènent au-dessus de la ville dans des hélicoptères Blackhawk volés ! Nous abandonnons nos alliés et nos obligations ! Nous ne sommes pas dignes de confiance (même par nous-mêmes). Que faut-il faire ?

Personne ne le sait, ou s’ils le savent, ils ne le disent pas. On sent une descente vers une saison de désordre national extraordinaire. On entend les chuchotements d’une cabale de l’armée de l’ombre, proche de Trump, qui se cache en marge, attendant de prendre le pouvoir. Qu’y a-t-il d’autre ? Un appel au Pakistan pour qu’il rappelle ses chiens ? Parce qu’après tout, c’est le Pakistan qui a pratiquement créé les Talibans, qui a placé Oussama Ben Laden à Kandahar, puis qui l’a hébergé à Abbottabad après que les Américains soient arrivés dans le coin en 2001 pour le faire sortir d’une grotte mythique (et qu’ils n’y soient pas parvenus, ayant sous-traité la tâche aux gendarmes pachtounes, une équipe qui a certains problèmes de motivation).

Jimmy Carter a été défait par seulement cinquante-deux otages en Iran en 1979, mais ce fiasco est bien plus important. Les talibans pourraient facilement mettre un terme à la question de l’extraction des milliers d’Américains coincés à Af-stan en tirant quelques balles de RPG sur la piste de l’aéroport international Hamid Karzai. Ensuite, ils décapiteront tout Afghan qui aura pris un chewing-gum à un Américain ?

« Le cimetière des empires », en effet. Rome a attendu quelques siècles pour s’effondrer, mais l’Amérique semble démontrer qu’elle peut le faire en quelques années seulement. Et, au-delà de ces questions d’hégémonie mondiale, il y a la question de ce qui se passe ici dans la soi-disant patrie. L’hystérie des vaccins et des masques autour de la Covid-19 arrive à son comble. Les conseils d’administration des écoles se font entendre à propos de tout ce qui est basé sur la race dans les programmes scolaires. Certains gouverneurs et maires semblent déterminés à détruire ce qui reste des petites entreprises. Une mutinerie se prépare contre le nouveau semi-confinement de Bill de Blasio à New York. Gavin Newsom est sur le point d’être jeté dans le gyre du Pacifique Nord. D’un moment à l’autre, l’audit des élections en Arizona publiera un rapport préliminaire, que l’on dit choquant. Les marchés financiers sont dans la zone de flottement. Les lignes d’approvisionnement sont en panne pour de nombreux éléments nécessaires à la vie quotidienne dans ce pays. Et des millions de personnes se demandent maintenant avec anxiété : quels sont vraiment les effets latents de ces piqûres ?

Les choses se bousculent un peu partout. Comme l’a dit un jour Bob Dylan, l’ordre s’estompe rapidement (et il est encore plus vieux que « Joe Biden ».) Tous les gens que je connais ont la chair de poule. Personne n’est aux commandes de cet ensemble alors que nous naviguons dans le brouillard.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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