Le mauvais temps et une erreur de pilotage ont probablement causé l’accident de la compagnie aérienne Pegasus


Mais pourquoi l’avion s’est-il brisé ?


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 6 février 2020

Hier, un avion turc s’est écrasé, tuant trois personnes et en blessant 179 autres. L’accident du Boeing 737-800 semble avoir été causé par une erreur de pilotage. Mais avec un autre avion, les conséquences auraient pu être moins grave.

Le vol 2193 de Pegasus Airlines arrivait d’Izmir, sur la côte ouest de la Turquie. Au moment de l’atterrissage à l’aéroport d’Istanbul-Sabiha Gökçen, du côté asiatique de la ville, un orage s’était levé et le vent était instable. Le contrôleur du trafic aérien avait autorisé l’avion à atterrir avec un vent de 270° à 22 nœuds, avec des rafales à 30 nœuds. Cela s’est traduit par un vent arrière de 19 nœuds. La piste de 3 000 mètres de long était mouillée.

Le Boeing 737-800 fait partie de la série Next Generation et non de la série 737 MAX. Le vent arrière maximum autorisé pour ce type de véhicule à l’atterrissage est de 15 nœuds. Les pilotes n’auraient jamais dû tenter d’atterrir dans les conditions qui prévalaient. Ils l’ont fait quand même, mais ils sont arrivés trop haut et trop vite. Ils ont largement raté la zone d’atterrissage. Les données granulaires du site FlightRadar24 montrent que l’avion a touché le sol presque 2 000 mètres derrière la zone d’atterrissage. La piste n’a qu’une courte zone de sécurité de 65 mètres en bout de piste. La norme de l’OACI demande une zone de sécurité de 300 mètres.

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L’avion est sorti en bout de piste à 64 nœuds et a descendu un talus de 30 mètres. Là, le fuselage s’est brisé en trois parties. Heureusement, aucun grand incendie ne s’est déclaré. Quelques images de l’atterrissage peuvent être vues ici.

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Un atterrissage en toute sécurité dans les conditions qui prévalaient était difficile. Les pilotes ont tenté d’atterrir mais ont clairement manqué la zone d’atterrissage. Ils auraient alors dû remettre les gaz. Il y a un interrupteur sur l’accélérateur de l’avion qui sert exactement à cela. Il augmente la poussée des moteurs au maximum et permet aux pilotes de sortir d’une telle situation. On ne sait pas encore pourquoi les pilotes ne l’ont pas fait.

La compagnie aérienne turque Pegasus a un riche passé d’accidents.

Andreas Spaeth @SpaethFlies - 15:47 UTC - Feb 6, 2020

L'accident #737 d'@flymepegasus hier à #Istanbul SAW est la deuxième sortie de piste en quatre semaines et le sixième incident grave depuis 2014 selon la base de données @JacdecNew. La culture de la sécurité au sein du transporteur semble être un sérieux problème.

Le mauvais temps, une mauvaise piste, une mauvaise compagnie aérienne, de mauvais pilotes sont les facteurs probables de cet accident. Mais le résultat aurait été bien meilleur si le fuselage de l’avion ne s’était pas fendu.

Dans cet incident, le fuselage du 737-NG s’est brisé en trois parties. Ce spectacle est familier à ceux qui ont vu le documentaire d’Al Jazeerah « Sur une aile et une prière » (vidéo). Il s’agit de lanceurs d’alerte de Boeing qui ont découvert qu’un fournisseur livrait des pièces de fuselage défectueuses et mal ajustées, mais la direction de Boeing leur a dit de se taire. Les pièces mal ajustées ont été installées sur des avions 737 NG et sont soupçonnées d’être responsables de plusieurs ruptures de fuselage de 737 NG impliqués dans des accidents d’atterrissage
Voici des captures d’écran du documentaire montrant des exemples.

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Le fait que les fuselages des 737 NG soient susceptibles de se briser est l’un des squelettes qui se trouvent dans le placard de Boeing. Il est curieux que les régulateurs ne soient jamais intervenus sur cette question. Les raisons sont probablement les mêmes que celles qui ont permis au Boeing 737 MAX défectueux de contourner la surveillance de la FAA.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

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