La Pravda americaine. Théories du complot sur le 11 septembre


Par Ron Unz – Le 10 septembre 2018 – Source Unz Review

En 1999, j’ai été invité à rejoindre la liste de diffusion HBD de Steve Sailer, par laquelle j’ai interagi avec toutes sortes de personnes intéressantes. Les participants étaient pour la plupart des intellectuels ou des journalistes partageant des points de vue hétérodoxes sur les différences raciales, en particulier celles impliquant le QI et le crime, comme le reflétait le titre euphémistique de la liste, « Biodiversité humaine ».

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Pour vous donner une idée du caractère controversé des débats, moins d’un an auparavant, un membre fondateur, Glayde Whitney, avait rédigé la préface de l’opus de 700 pages de David Duke, My Awakening.

Bien que les discussions soient censées se concentrer sur des questions scientifiques, la moitié des débats passionnés tournaient autour de l’immigration. Sur ce sujet controversé, j’étais invariablement en minorité dans un rapport de 99 contre 1 ; même la poignée de libéraux autoproclamés se rangeait contre moi. En dépit de cela, je me considérais comme toujours victorieux dans ces débats même si 99% des participants pensaient certainement le contraire.

La question des taux de criminalité des immigrants hispaniques était particulièrement controversée : je prétendais qu’ils étaient à peu près identiques à ceux des Blancs, une position que pratiquement tous les intellectuels de la liste dénonçait comme une folie absolue. Ce différend a perduré tant d’années que, finalement, je n’ai même plus pris la peine de discuter du cas, mais de temps en temps, je faisais quelques plaisanteries satiriques sur le sujet.

Le regretté J. Philippe Rushton, longtemps professeur de psychologie à l’Université du West Ontario, était un participant occasionnel à ces échanges, et l’une de mes blagues attira son attention. Étant peu sensible à l’humour, il ne comprit pas que mes propos étaient ironiques, et après trois ou quatre échanges explicatifs, je fus finalement obligé d’exprimer ma position aussi explicitement que possible : « Les Hispaniques ont sensiblement les mêmes taux de criminalité que les Blancs du même âge. » Il jugea mon affirmation totalement incroyable, estimant qu’elle contredisait tout ce qu’il avait appris sur le sujet, et qu’elle menaçait même sa vision du monde bâtie sur trente ans d’enquêtes scientifiques sur les différences raciales. Par conséquent, dit-il, il était impossible que j’eusse raison.

Rushton était alors considéré comme le chercheur universitaire nationaliste blanc le plus en vue au monde. Il me dit, en substance, qu’il mangerait son propre chapeau si mon analyse raciale s’avérait exacte. Un tel défi intellectuel était trop tentant pour que je résiste, aussi ai-je fait une brève pause dans mon projet logiciel en cours pour compiler les chiffres relatifs à la criminalité aux États-Unis.

Les résultats quantitatifs se sont avérés fidèles à ma prédiction, et j’ai été ravi de mon article de couverture qui en a résulté, intitulé « Le mythe de la criminalité hispanique », paru dans le numéro de mars 2010 de The American Conservative. Non seulement mon analyse détaillée a-t-elle finalement convaincu le professeur Rushton et la plupart de mes critiques les plus réfléchis, mais elle a également déclenché un énorme débat sur Internet et a eu une influence considérable. J’étais étonné à l’époque que mes calculs simples n’aient pas été entrepris auparavant par l’armée d’universitaires et de journalistes pro-immigrants, et je ne pouvais que supposer qu’ils avaient délibérément évité d’enquêter sur la question, de crainte de découvrir que les affirmations de leurs opposants anti-immigrants soient correctes. Quoiqu’il en soit, pendant des années, chaque fois que je cherchais sur Google « crime hispanique » ou « crime latino », le moteur de recherche affichait plusieurs dizaines de millions de pages Web, mais mon propre article figurait généralement dans les cinq ou six premiers résultats, et souvent même dans les deux ou trois premiers. Encore aujourd’hui, près d’une décennie plus tard, les reprises de mon article se classent toujours remarquablement haut dans de telles recherches sur Google, Bing et DuckDuckGo.

Mes conclusions étaient-elles réellement correctes ? Lorsque j’ai déménagé à Palo Alto en 1992, le quartier voisin de East Palo Alto affichait le taux de meurtres par habitant le plus élevé en Amérique, ce qui rendait évidemment les habitants nerveux. Mais au cours des 25 années suivantes, un vaste flot d’immigrants hispaniques, légaux et illégaux, a envahi la région, et la ville est devenue majoritairement peuplée d’immigrants latinos. Par un heureux hasard, le taux d’homicides chuta alors de quelque 99%, les deux dernières années n’ayant été entachées que par un seul homicide, un meurtre-suicide impliquant deux lesbiennes blanches âgées. Les chiffres concernant les autres types de crimes ont également chuté dramatiquement. Palo Alto héberge les PDG de Google, Facebook, Apple et de nombreuses autres entreprises technologiques de pointe, de sorte que les activistes de l’extrême-droite identitaire ne devraient pas être surpris que leur fanatisme anti-immigrés ait trouvé peu de répondant au sein de la communauté d’affaires de la Silicon Valley.

Bien que l’immigration et le crime hispanique fussent des sujets favoris dans notre groupe de discussion, il fut supplanté après les attaques du 11 septembre par des échanges fébriles sur le terrorisme musulman et le choc des civilisations. Une fois de plus, je me trouvais invariablement en minorité dans un rapport de 99 contre 1, presque tous les autres membres du groupe affirmant que la destruction du World Trade Center prouvait de manière concluante que nous devions fermer nos frontières aux immigrants étrangers. J’ai fait remarquer que puisque les pirates arabes impliqués n’étaient pas des immigrés, mais qu’ils étaient entrés dans notre pays avec des visas de tourisme, peut-être que la « guerre contre le terrorisme » devrait être rebaptisée « guerre contre le tourisme » et que nous devrions protéger l’Amérique en fermant complètement nos frontières aux risques épouvantables de ce dernier. Tout le monde ignora mon sage conseil.

Les attentats du 11 septembre me bouleversèrent autant que tous les autres participants de la liste HBD, mais à part ma lecture attentive du New York Times et de mes autres journaux du matin, j’étais trop occupé par mon travail pour approfondir le sujet. Au début, tout le monde semblait convaincu qu’il y aurait bientôt, par dizaines, voire par centaines, d’autres attentats commis par des terroristes islamistes résidant dans notre pays, mais rien de tel ne s’est produit. Après quelques semaines sans plus d’explosions, même mineures, j’ai dit aux autres membres de la liste HBD que je soupçonnais maintenant que les derniers terroristes d’al-Qaïda en Amérique était morts dans les attentats-suicides du 11 septembre, et qu’il n’y avait plus un seul agent sur place pour commettre un autre désastre. Beaucoup n’étaient pas d’accord avec moi, mais au fil des mois et des années, mon hypothèse s’est confirmée.

Il y avait une exception importante, mais elle ne faisait que confirmer la règle. Comme je l’ai écrit il y a quelques années dans mon premier article « American Pravda » :

Considérons les attaques au courrier contaminé à l’anthrax dans les semaines qui ont suivi le 11 septembre. Elles sont aujourd’hui presque oubliées, mais elles ont alors terrifié nos élites dominantes de la Côte Est et ont motivé l’adoption du Patriot Act, une atteinte sans précédent contre les plus élémentaires libertés civiles. Chaque matin, au cours de cette période, le New York Times et d’autres grands journaux ont publié des articles sur l’origine mystérieuse des attaques et la totale perplexité des enquêteurs du FBI. Pourtant, durant mes soirées sur Internet, je pouvais lire des récits de journalistes tout à fait respectables, tels que Laura Rozen de Salon ou les rédacteurs du Hartford Courant, qui fournissaient une foule de détails supplémentaires et pointaient du doigt un suspect et un motif.

Bien que les lettres contaminées à l’anthrax aient été prétendûment écrites par un terroriste arabe, le FBI a rapidement déterminé que le langage et le style indiquaient un auteur non arabe, tandis que des tests ont conduit vers l’installation de recherche sur les armes biologiques de Fort Detrick dans le Maryland, comme étant l’origine probable du matériau. Mais juste avant ces envois mortels, la police militaire de Quantico, en Virginie, avait également reçu une lettre anonyme prévenant qu’un ancien employé de Fort Detrick, le Dr Ayaad Assaad, né en Égypte, pourrait envisager de lancer une campagne nationale de bioterrorisme. Les enquêteurs ont rapidement innocenté le Dr Assaad, mais la nature très détaillée des accusations révélait une connaissance intime de ses activités professionnelles à Fort Detrick. Compte tenu de la simultanéité des lettres à l’anthrax et des fausses accusations de bioterrorisme contre le Dr. Assaad, toutes deux provenaient presque certainement de la même source, de sorte qu’élucider l’origine des fausses accusations contre le Dr Ayaad serait le moyen le plus simple d’attraper le véritable meurtrier à l’anthrax.

Qui avait intérêt à accuser le Dr Assaad de bioterrorisme ? Quelques années plus tôt, il avait été impliqué dans une âpre querelle personnelle avec quelques-uns de ses collègues de Fort Detrick, qui impliquait des accusations de racisme et avait résulté dans des réprimandes officielles et des récriminations de toutes sortes. Lorsqu’un fonctionnaire du FBI soumit une copie de la lettre accusatoire à un expert en graphologie et lui a demanda de comparer le texte avec les écrits de 40 employés du laboratoire de guerre biologique, l’expert trouva une correspondance parfaite avec l’une de ces personnes. Pendant des années par la suite, j’ai répété à mes amis que quiconque passerait 30 minutes avec Google pouvait déterminer le nom et le motif du meurtrier probable de l’anthrax, et la plupart d’entre eux ont relevé le défi avec succès.

Ces éléments du dossier n’ont presque pas retenu l’attention des principaux médias nationaux, et rien n’indique non plus que le FBI ait mené l’enquête à bout. Au lieu de cela, les investigateurs se sont focalisés sur un certain Dr. Steven Hatfill, à partir d’indices négligeables. Après quoi, il a été complètement exonéré et a reçu une indemnité de 5,6 millions de dollars du gouvernement pour ses années de harcèlement judiciaire et médiatique. Plus tard, le chercheur Bruce Ivins et sa famille ont été poursuivis de manière similaire, après quoi le FBI a déclaré l’affaire close, alors même que d’anciens collègues du Dr Ivins avaient démontré qu’il n’avait ni le mobile, ni les moyens, ni l’occasion du crime dont on l’accusait. En 2008, j’ai commandé pour mon magazine un article de couverture important de 3000 mots résumant toutes ces preuves cruciales. Encore une fois, presque personne dans les médias grand public n’y a prêté la moindre attention.

Contrairement aux attentats du 11 septembre, j’avais suivi de près les attaques terroristes à l’anthrax, et j’étais choqué par le silence étrange des enquêteurs du gouvernement et de nos principaux journaux. À l’époque, je pensais que les attaques étaient indépendantes du 11 septembre et simplement opportunistes, mais je ne comprenais pas comment quelques minutes par jour de lecture de Salon et du Hartford Courant sur le Web pouvaient résoudre le problème qui déconcertait tout le monde au FBI et au New York Times. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me demander si les médias dominants auxquels je m’étais toujours fié n’étaient pas simplement « notre Pravda américaine » sous un nom différent. De plus, un livre écrit en 2014 par le professeur Graeme MacQueen, que je n’ai découvert que très récemment, plaide de manière raisonnablement convaincante que les meurtres à l’anthrax étaient intimement liés aux attentats du 11 septembre 2001, grandement « magnifiés » par la malfaisance de nos élites médiatiques.

En physique théorique, de nouvelles percées scientifiques surviennent souvent lorsque des objets connus se comportent de manière inexplicable, suggérant ainsi l’existence de forces ou de particules auparavant insoupçonnées. En biologie évolutive, lorsqu’un organisme semble agir contre ses propres intérêts génétiques, on peut supposer qu’il est tombé sous le contrôle d’une autre entité, généralement un parasite, qui a détourné l’hôte et dirige ses activités vers ses propres objectifs. Bien que je ne puisse pas être tout à fait sûr de ce qui était en train d’arriver à la politique et aux médias de mon propre pays, il se passait certainement quelque chose de très étrange et inquiétant.

Les choses ont vite empiré. Puisque les attentats du 11 septembre avaient prétendûment été organisés par Oussama Ben Laden et qu’il était basé en Afghanistan sous la protection des Talibans, notre attaque contre ce pays semblait au moins rationnelle. Mais soudain, il a également été question d’attaquer l’Irak de Saddam Hussein, ce qui n’avait absolument aucun sens.

Au début, j’avais du mal à concevoir le pouvoir stupéfiant et la malhonnêteté de « notre Pravda américaine », les grands médias transformant si facilement le noir en blanc et la nuit en jour. Encore une fois, permettez-moi de citer mon article original de ce titre :

Les circonstances de notre guerre en Irak le démontrent, la plaçant certainement parmi les conflits militaires les plus étranges des temps modernes. Les attentats de 2001 aux États-Unis ont rapidement été imputés aux islamistes radicaux d’al-Qaïda, dont le pire ennemi au Moyen-Orient avait toujours été le régime baasiste laïc de Saddam Hussein en Irak. Pourtant, par de trompeuses déclarations publiques, de fausses fuites dans la presse et même des preuves falsifiées telles que les documents « yellowcake », l’administration Bush et ses alliés néoconservateurs ont utilisé les médias américains dociles pour persuader nos citoyens que les fictives armes de destruction massive de l’Irak constituaient une menace nationale mortelle et exigeaient leur élimination par la guerre et l’invasion. En fait, pendant plusieurs années, les sondages nationaux ont révélé qu’une grande majorité d’Américains conservateurs et républicains croyaient que Saddam était le cerveau derrière le 11 septembre et que la guerre en Irak était menée en représailles de ces attaques. Considérez à quel point l’histoire des années 1940 semblerait étrange si les États-Unis avaient attaqué la Chine en représailles de Pearl Harbor.

Les faits réels étaient facilement accessibles à quiconque s’y intéressait après 2001, mais la plupart des Américains ne s’en soucient pas et tirent simplement leur compréhension du monde de ce que leurs disent les grands médias, qui, dans leur grande majorité – presque uniformément – ont plaidé en faveur de la guerre contre l’Irak ; les têtes parlantes de la télévision ont créé notre réalité. D’éminents journalistes des secteurs libéral et conservateur ont relayé avec enthousiasme les mensonges et les distorsions les plus ridicules qui leur ont été transmis par des sources anonymes, et ils ont poussé le Congrès sur la voie de la guerre.

Le résultat fut ce que mon regretté ami, le général Bill Odom, a appelé à juste titre le « plus grand désastre stratégique de l’histoire des États-Unis ». Les forces américaines ont subi des dizaines de milliers de morts et de blessés inutiles, tandis que notre pays faisait un pas gigantesque vers la faillite nationale. Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et d’autres ont estimé qu’en tenant compte de l’intérêt de la dette contractée, le coût total à long terme de nos deux guerres récentes pourrait atteindre 5 000 ou 6 000 milliards de dollars, soit 50 000 dollars par ménage américain, une grande partie étant encore impayée. Dans le même temps, l’économiste Edward Wolff a calculé que la Grande Récession et ses conséquences avait réduit l’avoir net du ménage américain médian à 57 000 dollars en 2010, alors qu’elle était presque deux fois plus élevée trois ans plus tôt. En comparant les actifs et les passifs, nous constatons que la classe moyenne américaine est au bord de la faillite, et le coût de nos guerres étrangères en est une cause majeure.

Mais aucune des personnes responsables de la débâcle n’a subi de conséquences graves, et la plupart des politiciens et des personnalités des médias qui ont causé ce désastre ont conservé leurs positions grassement payées. Pour la plupart des Américains, la réalité est ce que nos organes de presse leur disent et, comme ces organes ont occulté les faits et les conséquences néfastes de nos récentes guerres, le peuple américain n’en a pas idée. Des sondages récents montrent que seulement la moitié du public croit aujourd’hui que la guerre en Irak était une erreur.

L’auteur James Bovard a décrit notre société comme une « démocratie atteinte d’un déficit de l’attention », et George Orwell lui-même serait surpris de la rapidité avec laquelle des événements importants sont oubliés lorsque les médias en perdent l’intérêt.

Lorsque le président George W. Bush a commencé à rapprocher inexorablement les États-Unis de la guerre en Irak en 2002, je me suis rendu compte avec un sentiment de profond désarroi que les néoconservateurs fanatiquement pro-Israël avaient réussi à s’emparer du contrôle de la politique étrangère de notre pays, une situation que je n’aurais jamais imaginé même dans mon pire cauchemar.

Au cours des années 1990 et même après, j’ai entretenu des relations très amicales avec les néoconservateurs de New York et de Washington, travaillant étroitement avec eux sur des questions relatives à l’immigration et à l’assimilation. Mon article de décembre 1999 intitulé « La Californie et la fin de l’Amérique blanche » était non seulement l’un des plus longs articles de couverture jamais publiés dans Commentary, le fleuron intellectuel des néoconservateurs, mais il avait même été mis en exergue de sa lettre annuelle de collecte de fonds.

Mes amis de Washington DC et moi-même étions bien conscients du fanatisme de la plupart des néoconservateurs concernant Israël et le Moyen-Orient, et leurs obsessions en matière de politique étrangère constituaient un sujet de blague et de ridicule. Il semblait inimaginable qu’on leur donne un pouvoir quelconque dans ce domaine, et par conséquent leurs idées apparaissaient comme une excentricité relativement inoffensive. Qui pouvait imaginer que de tels fanatiques soient placés aux postes de contrôle du Pentagone, et qu’ils puissent ainsi dissoudre les forces armées américaines en tant qu’ « institution étatique » ?

Le triomphe idéologique complet des néoconservateurs après les attentats du 11 septembre était d’autant plus choquant qu’ils venaient d’être confrontés à une terrible défaite. Au cours de la campagne présidentielle de 2000, presque tous les néoconservateurs s’étaient alignés sur le sénateur John McCain, dont le combat contre Bush pour l’investiture républicaine avait fini par devenir assez âpre et, en conséquence, ils avaient été presque totalement exclus des postes suprêmes de direction. Le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld étaient alors considérés comme des Républicains partisans de Bush, sans lien significatif avec les néoconservateurs. Il en était de même pour tous les autres hauts responsables de l’administration Bush tels que Colin Powell, Condeleeza Rice et Paul O’Neil. La seule personnalité néoconservatrice à avoir reçu une place ministérielle était Linda Chavez au département du Travail. Mais ce ministère a toujours été considéré comme un poste de valeur symbolique, et d’ailleurs Chavez a finalement retiré sa candidature en raison de ses « problèmes de nourrice ». Le plus haut rang occupé par un néoconservateur sous Bush était celui du député de Rumsfeld, Paul Wolfowitz, dont la nomination apparemment sans conséquence avait été adoptée sans préavis.

La plupart des néoconservateurs eux-mêmes semblaient reconnaître la défaite catastrophique qu’ils avaient subie lors des élections de 2000. À l’époque, j’entretenais des relations très amicales avec Bill Kristol et, lorsque je suis passé à son bureau de l’hebdomadaire Weekly Standard au printemps 2001, il semblait être dans un état de dépression. Je me souviens qu’à un moment donné, il s’est pris la tête dans les mains et s’est demandé à voix haute s’il était temps pour lui d’abandonner la bataille politique, de démissionner de son poste de rédacteur en chef et de se rabattre sur un poste tranquille au sein d’un groupe de réflexion de Washington. Pourtant, huit ou dix mois plus tard, lui et ses proches alliés allaient gagner une influence écrasante au sein de notre gouvernement. Comme les bolchéviques présentés par Alexandre Soljenitsyne dans Lénine à Zurich, les attentats du 11 septembre ont permis à une faction idéologique réduite mais très motivée de prendre le contrôle d’un pays gigantesque.

Un bon compte-rendu de la prise de pouvoir des néoconservateurs sur l’administration Bush après le 11 septembre est le livre de Stephen J. Sniegoski, The Transparent Cabal, paru en 2008 et disponible gratuitement sur ce lien :

Stephen J. Sniegoski, The Transparent Cabal : The Neoconservative Agenda, War in the Middle East, and the National Interest of Israel

Pendant de nombreuses années après le 11 septembre, je n’ai accordé que peu d’attention aux détails des attaques elles-mêmes. J’étais surtout préoccupé par la construction de mon système de logiciel d’archivage de contenu. Le peu de temps que je pouvais consacrer aux questions de politique publique, je le réservais au désastre en cours de la guerre d’Irak et au risque que Bush n’étende le conflit à l’Iran. En dépit des mensonges néoconservateurs relayés par nos médias corrompus, ni l’Irak ni l’Iran n’avaient quoi que ce soit à voir avec les attentats du 11 septembre. Ces événements se sont donc estompés peu à peu de ma conscience et je soupçonne qu’il en était de même pour la plupart des autres Américains. Al-Qaïda avait en grande partie disparu et ben Laden était supposé se cacher quelque part dans une grotte. En dépit d’innombrables « alertes » de sécurité intérieure, il n’y avait absolument plus de terrorisme islamique sur le sol américain, et relativement peu ailleurs, en dehors du charnier irakien. C’est pourquoi les détails précis des attentats du 11 septembre étaient devenus presque sans importance à mes yeux.

D’autres personnes parmi mes connaissances étaient du même avis. Pratiquement tous les échanges que j’ai eu avec mon vieil ami Bill Odom, le général trois étoiles qui avait dirigé la NSA pour Ronald Reagan, concernaient la guerre en Irak et le risque qu’elle ne s’étende en Iran, ainsi que la colère amère qu’il ressentait à l’égard de Bush pour la manière dont il avait perverti sa chère NSA pour en faire un outil d’espionnage domestique anti-constitutionnel. Lorsque le New York Times a révélé l’étendue considérable de l’espionnage opéré par la NSA, le général Odom a déclaré que le président Bush devait être destitué et que le directeur de la NSA, Michael Hayden, devait passer en cour martiale. Mais durant les années qui ont précédé son décès prématuré en 2008, je ne me souviens pas que les attentats du 11 septembre se soient présentés une seule fois dans nos discussions.

Durant ces mêmes années, j’étais aussi devenu très ami avec Alexander Cockburn, dont le webzine Counterpunch était un des rares centre d’opposition importante à notre politique étrangère désastreuse vis-à-vis de l’Irak et de l’Iran. Je me souviens qu’il s’était plaint une fois à moi en 2006 des « cinglés du complot » du Mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre, qui harcelaient sans cesse sa publication, et je lui exprimais ma sympathie. Ce fut peut-être la première et unique fois que j’entendis parler des « 9/11 truthers » au cours de cette période, et je les considérais un peu à l’image d’une secte d’ufologistes excentriques.

Certes, j’avais parfois entendu parler ici et là d’incohérences au sujet des attentats du 11 septembre, et j’éprouvais quelques soupçons. Presque quotidiennement, je jetais un coup d’œil à la première page de Antiwar.com. J’avais ainsi appris que des agents du Mossad avaient été arrêtés alors qu’ils filmaient les attaques à New York, et qu’une vaste opération d’espionnage du Mossad dans tout le pays avait également été démantelée à peu près au même moment. Fox News avait même diffusé une série documentaire en plusieurs parties sur ce dernier sujet, qui avait rapidement « disparu » de son site sous la pression de l’ADL.

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Je n’étais pas tout à fait sûr de la crédibilité de ces affirmations, mais il me semblait plausible que le Mossad ait été informé des attaques à l’avance et les ait laissé se produire, en considération des énormes avantages qu’Israël retirerait de la réaction anti-arabe qui s’en suivrait. Je pense avoir été vaguement conscient du fait que le directeur de la rédaction d’Antiwar.com, Justin Raimondo, avait publié The Terror Enigma, un petit livre sur certains de ces faits étranges, portant le sous-titre provocateur « Le 11 septembre et la connexion israélienne ». En 2007, Counterpunch a aussi publié un article fascinant sur l’arrestation de ce groupe d’agents du Mossad pris en train de filmer avec une joie non dissimulée les attaques de New York. L’activité du Mossad semblait bien plus importante que je l’avais cru jusqu’alors. Mais tous ces détails demeuraient un peu flous dans mon esprit, en comparaison de mes préoccupations majeures concernant les guerres en Irak et en Iran.

Cependant, fin 2008, mon objectif avait commencé à changer. Bush quittait ses fonctions sans avoir déclenché une guerre en Iran et les États-Unis avaient réussi à esquiver le danger d’un gouvernement encore plus dangereux avec John McCain. Je pensais que Barack Obama serait un très mauvais président et il s’est avéré pire que ce que je pensais, mais je poussais quand même un soupir de soulagement chaque jour qu’il était à la Maison-Blanche.

En outre, à peu près à la même époque, je suis tombé sur un détail étonnant des attentats du 11 septembre qui témoignait de la profondeur remarquable de ma propre ignorance. Dans un article de Counterpunch, j’avais découvert qu’immédiatement après les attentats, le supposé cerveau terroriste Oussama ben Laden avait publiquement nié toute implication, affirmant même qu’aucun bon musulman n’aurait commis de tels actes.

Après avoir vérifié cette information, j’étais stupéfait. Les attentats terroristes du 11 septembre étaient non seulement l’attaque terroriste la plus réussie de l’histoire du monde, mais ils avaient sans doute eu un impact plus grand que toutes les opérations terroristes passées. L’objectif du terrorisme est de permettre à une petite organisation de montrer au monde qu’elle peut infliger de lourdes pertes à un État puissant, et je n’avais jamais entendu parler d’un dirigeant terroriste qui nierait son rôle dans une opération réussie, encore moins la plus grande de l’histoire. Quelque chose semblait extrêmement bizarre dans le récit médiatique que j’avais accepté jusque-là. J’ai commencé à me demander si je n’avais pas été tout autant trompé que les dizaines de millions d’Américains qui, en 2003 et 2004, croyaient naïvement que Saddam avait été le cerveau des attentats du 11 septembre. Nous vivons dans un monde d’illusions générées par nos médias et j’ai soudainement eu une impression qui pourrait se comparer à la découverte d’une déchirure dans le décor en papier-mâché affiché à l’arrière-plan d’un studio de Hollywood. Si Oussama ben Laden n’était pas l’auteur du 11 septembre, quels autres énormes mensonges avais-je aveuglément avalés ?

Quelques années plus tard, je suis tombé sur une chronique très intéressante d’Eric Margolis, un éminent journaliste de politique étrangère canadien, purgé des médias télévisés pour sa vive opposition à la guerre en Irak. Il avait longtemps publié une chronique hebdomadaire dans le Toronto Sun et, lorsque son contrat a pris fin, il a utilisé sa dernière chronique pour publier un long texte qui exprimait ses doutes très forts sur l’histoire officielle du 11 septembre, soulignant que l’ancien directeur des renseignements pakistanais avait déclaré qu’Israël était derrière les attaques.

En outre, un vieil ami qui entretenait des liens étroits avec les cercles d’élite français a partagé avec moi ce qu’il considérait comme une anecdote amusante. Il a mentionné que lors d’un dîner privé à Paris auquel participaient des personnalités politiques et médiatiques influentes, l’ancien ministre français de la Défense avait déclaré aux autres invités incrédules que le Pentagone avait été frappé par un missile plutôt que par un avion de ligne. Mon ami a expliqué que le ministre en question était considéré comme extrêmement intelligent et lucide, ce qui prouvait à ses yeux que même les personnes de grande réputation peuvent parfois croire en des choses complètement folles.

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Mais j’ai interprété ces mêmes faits différemment. La France possédait probablement l’un des quatre ou cinq meilleurs services de renseignement au monde, et un ministre français de la Défense disposait certainement d’une meilleure information sur les événements réels qu’un expert des médias. En fait, l’un des premiers livres remettant en question le récit officiel du 11 septembre était L’Effroyable imposture du journaliste français Thierry Meyssan, paru en 2002. Ce livre affirmait également que le Pentagone avait été frappé par un missile, et l’auteur avait peut-être été informé par des fuites provenant des services de renseignement français. [Une version 2 est récemment sortie aux éditions demi-lune, NdSF].

J’ai ensuite partagé ce récit des opinions personnelles du ministre français avec un Américain très bien introduit dans les sphères de l’élite politique, avec lequel je m’étais lié d’amitié. Sa réaction a clairement montré qu’il avait le même point de vue peu orthodoxe sur les attentats du 11 septembre, même s’il ne les avait jamais exprimées publiquement de peur de perdre sa carte de membre de l’establishment.

J’ai finalement découvert qu’en 2003, l’ex-ministre allemand Andreas von Bülow avait publié un best-seller suggérant que la CIA, plutôt que Ben Laden, était à l’origine des attentats. En 2007, l’ancien président italien Francesco Cossiga avait également soutenu que la CIA et le Mossad en étaient responsable, ajoutant que ce fait était bien connu des agences de renseignement occidentales.

Au fil des ans, toutes ces affirmations discordantes avaient progressivement renforcé mes soupçons sur l’histoire officielle du 11 septembre, mais ce n’est que très récemment que j’ai enfin trouvé le temps de commencer à enquêter sérieusement sur le sujet et de lire huit ou dix des principaux ouvrages de « 9/11 truthers », principalement ceux du professeur David Ray Griffin, le leader dans ce domaine. Et ses livres, ainsi que les écrits de ses nombreux collègues et alliés, m’ont fait découvrir toutes sortes de détails très révélateurs. J’ai également été très impressionné par le grand nombre d’individus réputés, sans orientation idéologique apparente, qui ont rejoint au fil des ans le « mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre » (9/11 Truth movement).

J’ai certes tenté de trouver des ouvrages contradictoires soutenant l’histoire officielle du 11 septembre, mais le seul texte substantiel que j’ai pu trouver était un numéro du magazine Popular Mechanics, dont le chercheur principal s’est avéré être le cousin du chef de la Sécurité intérieure, Michael Chertoff. Aucun des contributeurs ne semblait avoir de diplômes académiques sérieux, et ils semblaient généralement ignorer ou détourner certaines des preuves les plus solides fournies par les nombreux universitaires et experts impliqués dans le mouvement 9/11 Truth. Par conséquent, je n’ai pas trouvé leur réfutation convaincante et je soupçonnais que le Homeland Security en avait commandé la publication. Les magazines populaires ne font pas le poids face à des scientifiques et des professeurs de recherche des grandes universités. C’est à croire que les failles du récit officiel du 11 septembre étaient si nombreuses et si vastes qu’aucun érudit sérieux ne pourrait être recruté pour le défendre.

Lorsque des affirmations d’une nature extrêmement controversée sont faites pendant de nombreuses années par de nombreux universitaires et experts réputés, et qu’elles sont entièrement ignorées ou réprimées mais jamais réfutées, une conclusion raisonnable s’impose. D’après mes lectures très récentes à ce sujet, les failles dans l’histoire officielle du 11 septembre se comptent par dizaines. La plupart de ces éléments semblent raisonnablement établis et, même si nous n’en admettions que deux ou trois comme absolument certains, nous devrions rejeter totalement le récit qu’on nous a fait croire pendant si longtemps.

Les nombreux livres de Griffin, à commencer par son important volume de 2004, The New Pearl Harbor, fournissent une bonne synthèse de ces éléments. Bien qu’ils contiennent tous une bonne dose de répétition, je recommande, parmi les plus importants : Debunking 9/11 Debunking, qui est une réponse au numéro de Popular Mechanics, et son livre de 2008, The New Pearl Harbor Revisited. Griffin a en plus co-édité en 2007 une importante collection d’essais avec le professeur Peter Dale Scott, sous le titre 9/11 and American Empire. Pour ceux qui seraient réfractaires à toute commande sur Amazon, je suis heureux de fournir trois des livres plus courts de Griffin en format HTML :

Je ne suis qu’un amateur dans l’art complexe d’extraire des pépites de vérité d’une montagne de mensonges fabriqués. Bien que les arguments du « mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre » me semblent tout à fait convaincants, je me sentirais évidemment beaucoup plus confortable s’ils étaient soutenus par un professionnel expérimenté, tel qu’un analyste de la CIA. Il y a quelques années, j’ai été choqué d’apprendre que c’était effectivement le cas.

William Christison avait passé 29 ans à la CIA, jusqu’à en devenir l’un des cadres supérieurs en tant que directeur du Bureau d’analyse régionale et politique, avec 200 analystes sous sa direction. En août 2006, il publia un article remarquable de 2 700 mots expliquant pourquoi il ne croyait plus à l’histoire officielle du 11 septembre et était convaincu que le rapport de la Commission sur le 11 septembre était un camouflage. L’année suivante, il a vigoureusement endossé l’un des livres de Griffin, en écrivant : « [Il y a] un faisceau de preuves montrant que l’explication officielle du gouvernement américain sur les événements du 11 septembre 2001 est une série monstrueuse de mensonges. » Et le scepticisme extrême de Christison à l’égard des attentats du 11 septembre était appuyé par celui de nombreux autres anciens agents de renseignement américains très respectés.

Lorsqu’un ancien agent de renseignement du niveau de Christison dénonce le rapport officiel sur le 11 septembre comme une fraude et une dissimulation, on pourrait s’attendre à ce que son article fasse la une des journaux. Mais il n’a jamais été rapporté nulle part dans nos médias grand public, et je ne l’ai découvert que dix ans plus tard.

Même nos médias supposés « alternatifs » étaient presque aussi silencieux. Tout au long des années 2000, Christison et son épouse Kathleen, également ancienne analyste de la CIA, avaient régulièrement contribué à Counterpunch, y publiant plusieurs dizaines d’articles. Ils en étaient certainement les auteurs les plus reconnus en matière de renseignement et de sécurité nationale. Mais le rédacteur en chef Alexander Cockburn a refusé de publier leur scepticisme à l’égard des attentats du 11 septembre, de sorte que je n’en ai jamais eu connaissance à ce moment-là. Lorsque, il y a quelques années, j’ai fait part de l’analyse de Christison à l’actuel directeur de publication de Conterpunch, Jeffrey St. Clair, celui-ci a été stupéfait de découvrir que l’ami qu’il avait tant apprécié était devenu un « 9/11 truther ». Lorsque même les organes de presse alternatifs servent de gardiens idéologiques, une situation d’ignorance généralisée devient inévitable.

Pour ceux qui sont intéressés, l’article de Christison de 2006 mentionne les preuves solides qu’il a trouvées dans une émission de C-Span incluant un débat de deux heures sur les attaques terroristes du 11 septembre, et il a particulièrement cité le documentaire Loose Change comme un excellent résumé des failles les plus importantes dans le récit officiel du 11 septembre. La version complète « Final Cut » de ce documentaire est disponible sur YouTube.

Avec tant de trous béants dans l’histoire officielle des événements survenus il y a dix-sept ans, chacun d’entre nous est libre de choisir de se concentrer sur ceux qu’il considère comme les plus convaincants, et j’en ai plusieurs qui me sont propres. Le professeur de chimie danois Niels Harrit est l’un des savants qui ont analysé les débris des bâtiments détruits et qui y ont détecté la présence résiduelle de nano-thermite, un composé explosif de qualité militaire, et je l’ai trouvé très crédible pendant son interview d’une heure à Red Ice Radio. L’idée que le passeport d’un des pirates de l’air ait été retrouvé intact dans une rue de New York après le crash de son avion est absurde, tout comme l’affirmation selon laquelle le principal pirate de l’air a perdu dans un des aéroports ses bagages contenant une grande quantité de renseignements incriminants. Les témoignages des dizaines de pompiers qui ont entendu des explosions juste avant l’effondrement des tours jumelles semblent totalement inexplicables dans le cadre de l’histoire officielle. L’effondrement soudain et total du bâtiment 7, qui n’a jamais été touché par un avion de ligne, est également extrêmement improbable.

Supposons maintenant que tous ces éléments soient corrects, et confirment les dires d’anciens analystes de haut rang de la CIA, d’éminents universitaires et de professionnels expérimentés, selon lesquels les attaques du 11 septembre 2001 n’étaient pas ce qu’elles semblaient être. Nous reconnaissons qu’il est extrêmement improbable que trois immenses gratte-ciel de la ville de New York se soient soudainement effondrés à la vitesse de la chute libre sur leurs propres empreintes après que seulement deux d’entre eux eurent été percutés par des avions. Nous admettons également comme pratiquement impossible qu’un gros avion de ligne civil ait frappé le Pentagone en n’y laissant absolument aucune épave et seulement un petit trou. Que s’est-il réellement passé et, plus important encore, qui était derrière tout cela ?

Il est évidemment impossible de répondre à la première question sans une enquête officielle honnête et approfondie. D’ici là, il ne faut pas s’étonner que de nombreuses hypothèses quelque peu contradictoires aient été avancées et débattues dans la communauté des chercheurs de vérité sur le 11 septembre. Mais la seconde question est probablement la plus importante et la plus pertinente, et je pense qu’elle a toujours représenté une source de grande vulnérabilité des thèses contestataires sur le 11 septembre.

L’approche la plus typique, qui est généralement suivie dans les nombreux livres de Griffin, est d’éviter complètement la question et de se concentrer uniquement sur les lacunes flagrantes du récit officiel. C’est une position tout à fait acceptable, mais qui laisse planer toutes sortes de doutes sérieux. Quel groupe organisé aurait été suffisamment puissant et audacieux pour mener une attaque d’une telle ampleur contre le cœur central de la seule superpuissance mondiale ? Et comment a t-il pu orchestrer une couverture médiatique et politique aussi massivement efficace, en faisant même appel à la participation du gouvernement américain lui-même ?

Ceux qui choisissent d’adresser la question des auteurs du complot semblent se recruter principalement parmi les militants et internautes de base, plutôt que parmi les experts prestigieux, et la réponse généralement apportée est : « inside job ! » Les tenants de cette thèse pensent que des hauts dirigeants politiques de l’administration Bush, probablement le vice-président Dick Cheney et le ministre de la Défense Donald Rumsfeld, ont organisé les attaques terroristes, avec ou sans la connaissance de leur supérieur nominal, le président George W. Bush. Parmi les mobiles suggérés figurent la justification d’attaques militaires contre divers pays, le soutien des intérêts financiers de la puissante industrie pétrolière et du complexe militaro-industriel, et la possibilité de détruire les libertés civiles américaines. Puisque dans leur grande majorité les truthers politiquement actifs se situent à l’extrême gauche du spectre idéologique, ils considèrent ces notions comme logiques et presque évidentes.

Bien que n’approuvant pas explicitement ces théories du complot, le documentaire du réalisateur gauchiste Michael Moore, Fahrenheit 9/11, semble soulever des soupçons similaires. Son documentaire à petit budget lui a rapporté la somme étonnante de 220 millions de dollars, en suggérant que des collusions étroites entre la famille Bush, Cheney, les compagnies pétrolières et les Saoudiens étaient responsables de la guerre en Irak, ainsi que de la répression interne des libertés civiles, laquelle faisait partie intégrante de l’agenda républicain d’extrême droite.

Malheureusement, ce tableau apparemment plausible n’a presque aucun fondement dans la réalité. Pendant la guerre en Irak, j’ai lu dans le Times des articles interviewant de nombreuses personnalités de l’industrie pétrolière du Texas qui ont exprimé leur perplexité quant aux raisons pour lesquelles l’Amérique avait l’intention d’attaquer Saddam, concluant que le président Bush devait savoir quelque chose qu’ils ignoraient eux-mêmes. Les dirigeants saoudiens s’opposaient catégoriquement à une attaque américaine contre l’Irak et faisaient tout leur possible pour l’empêcher. Avant de rejoindre l’administration Bush, Cheney avait été PDG de Halliburton, un géant des services pétroliers, et son entreprise avait fait pression pour la levée des sanctions économiques américaines contre l’Irak. James Petras, un érudit marxiste, a publié en 2008 un excellent livre intitulé Zionism, Militarism, and the Decline of US Power, dans lequel il a démontré de manière concluante que ce sont les intérêts sionistes plutôt que ceux de l’industrie pétrolière qui ont dominé l’administration Bush à la suite des attaques du 11 septembre, et encouragé la guerre en Irak.

Quant au film de Michael Moore, je me souviens qu’à l’époque, un de mes amis (juif) et moi-même avions trouvé risible l’idée qu’un gouvernement si largement imprégné de néoconservateurs fanatiquement pro-israéliens soit présenté comme étant de mèche avec les Saoudiens. Non seulement l’intrigue du film de Moore illustrait la puissance redoutable du Hollywood juif, mais son énorme succès démontrait que le public américain dans son ensemble n’avait aucune idée de qui étaient les néoconservateurs.

Les critiques de Bush ont ridiculisé à juste titre le président pour sa déclaration selon laquelle les terroristes du 11 septembre avaient attaqué l’Amérique « pour ses libertés » et les « 9/11 truthers » ont raisonnablement qualifié d’invraisemblables les affirmations selon lesquelles les attaques massives étaient organisées par un prédicateur islamique vivant dans des grottes. Mais l’idée que ces attaques aient été dirigées et organisées par les plus hautes personnalités de l’administration Bush semble encore plus grotesque.

Cheney et Rumsfeld avaient tous deux été pendant des décennies les piliers de l’aile modérée et pro-business du Parti républicain, chacun occupant des postes gouvernementaux de premier plan, ainsi que les postes de PDG de grandes entreprises. L’idée qu’ils ont mis un terme à leur carrière en se joignant à une nouvelle administration républicaine au début de 2001 et qu’ils ont immédiatement entrepris d’organiser une gigantesque attaque terroriste sous faux drapeau contre les tours qui faisaient la fierté de notre plus grande ville et contre notre quartier général militaire, dans le but de tuer des milliers d’Américains, est trop ridicule pour être même digne d’une satire d’extrême-gauche.

Revenons un peu en arrière. Dans toute l’histoire du monde, je ne connais aucun cas documenté dans lequel les plus hauts dirigeants politiques d’un pays aient lancé une attaque majeure sous un faux drapeau contre ses propres centres de pouvoir et de finances et tenté de tuer un grand nombre de ses propres citoyens. L’Amérique de 2001 était un pays pacifique et prospère dirigé par des dirigeants politiques relativement insipides qui se concentraient sur les objectifs républicains traditionnels, à savoir l’adoption de réductions d’impôts pour les riches et la réduction des réglementations environnementales. Trop de « 9/11 truthers » semblent avoir tiré leur compréhension du monde des caricatures de gauche dans lesquelles les républicains d’entreprise sont tous de diaboliques Dr Evils, cherchant à tuer des Américains par pure malveillance. Cockburn avait absolument raison de les ridiculiser au moins sur ce point particulier.

Nous devons aussi considérer les aspects pratiques de la situation. La nature gigantesque des attentats du 11 septembre, tels que les imaginent les truthers, aurait nécessité une énorme planification et probablement le travail de plusieurs dizaines, voire de centaines, d’agents qualifiés. Ordonner à des agents de la CIA ou à des unités militaires spéciales d’organiser des attaques secrètes contre des cibles civiles au Venezuela ou au Yémen est une chose, mais leur ordonner d’organiser des attaques contre le Pentagone et le cœur de la ville de New York serait prendre un risque faramineux.

Bush avait perdu le vote populaire en novembre 2000 et n’était arrivé à la Maison-Blanche qu’en raison de quelques anomalies en Floride et de la décision controversée d’une Cour suprême profondément divisée. En conséquence, la plupart des médias américains considéraient son nouveau gouvernement avec beaucoup d’hostilité. Si le premier acte d’une telle équipe présidentielle nouvellement assermentée avait été d’ordonner à la CIA ou à l’armée de préparer des attaques contre New York et le Pentagone, ces ordres auraient certainement été considérés comme émanant d’un groupe de fous et auraient immédiatement fait l’objet d’une fuite dans la presse nationale hostile.

Le scénario selon lequel les principaux dirigeants américains seraient les cerveaux derrière les attentats du 11 septembre est plus que ridicule, et ceux qui prétendent ou insinuent de telles affirmations, sans la moindre preuve solide, ont malheureusement joué un rôle majeur en discréditant l’ensemble de leur mouvement. En fait, la logique du scénario « inside job » est si manifestement absurde et contre-productive qu’on pourrait même soupçonner que cette affirmation a été encouragée par ceux qui cherchaient à discréditer l’ensemble du « mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre ».

La focalisation sur Cheney et Rumsfeld semble particulièrement mal orientée. Bien que je n’aie jamais rencontré ni eu de relations avec l’un ou l’autre de ces individus, j’ai été très activement impliqué dans la politique nationale dans les années 1990, et je peux dire avec une certaine assurance qu’avant le 11 septembre, aucun d’eux n’était considéré comme néoconservateur. Au lieu de cela, ils étaient les exemples archétypiques de Républicains modérés pro-business, depuis leurs années à la tête de l’administration Ford au milieu des années 1970.

Les sceptiques sur ce point feront remarquer qu’ils ont signé la déclaration de 1997 du Project for the New American Century (PNAC), un important manifeste de politique étrangère néoconservatrice organisé par Bill Kristol. Mais je considère cela comme un faux-fuyant. Dans les cercles de Washington, les gens recrutent toujours leurs amis pour qu’ils signent diverses déclarations, et je me souviens que Kristol a également essayé de me faire signer la déclaration du PNAC. Étant donné que mes opinions personnelles sur cette question étaient totalement contraires à la position des néoconservateurs, que je considérais comme une folie de politique étrangère, j’ai poliment rejeté sa demande. Mais j’étais en bons termes avec lui à l’époque, et si je n’avais pas eu d’opinions arrêtées dans ce domaine, j’aurais peut-être été convaincu de signer.

Cela soulève un point plus important. En 2000, les néoconservateurs avaient pris le contrôle presque total de tous les grands médias conservateurs et républicains et de la branche de politique étrangère de presque tous les groupes de réflexion de Washington de même tendance, en purgeant avec succès la plupart de leurs adversaires traditionnels. Ainsi, bien que Cheney et Rumsfeld ne soient pas eux-mêmes des néoconservateurs, ils nageaient dans une mer de néoconservateurs, et la plus grande partie des informations qu’ils recevaient provenaient des néoconservateurs, leurs principaux assistants comme « Scooter » Libby, Paul Wolfowitz, et Douglas Feith étant eux-mêmes néoconservateurs. Rumsfeld était déjà quelque peu âgé, et Cheney avait subi plusieurs crises cardiaques depuis l’âge de 37 ans, de sorte que dans ces circonstances, il peut avoir été relativement facile de les orienter vers certaines positions politiques.

La diabolisation de Cheney et de Rumsfeld dans les cercles anti-guerre d’Irak m’a toujours semblé quelque peu suspecte. Je me suis toujours demandé si les médias libéraux fortement juifs avaient concentré leur colère sur ces deux individus afin d’occulter la culpabilité des néoconservateurs juifs qui étaient à l’origine de cette politique désastreuse ; et il en va peut-être de même pour les 9/11 truthers, qui craignent certainement d’être accusés d’antisémitisme. En ce qui concerne cette première question, un éminent chroniqueur israélien s’est exprimé de façon brutale sur la question en 2003, suggérant que 25 intellectuels néoconservateurs, presque tous juifs, étaient les principaux responsables de la guerre. Dans des circonstances normales, le président lui-même aurait certainement été dépeint comme le cerveau maléfique derrière le complot du 11 septembre, mais « W » était trop largement connu pour son ignorance pour que de telles accusations soient crédibles.

Il semble tout à fait plausible que Cheney, Rumsfeld et d’autres hauts dirigeants de l’administration Bush aient été manipulés pour prendre certaines mesures qui, par inadvertance, ont favorisé le complot du 11 septembre. De même, il est plausible que quelques personnes nommées par Bush à un niveau inférieur aient été plus directement impliquées, peut-être même comme conspirateurs directs. Mais ce n’est pas ce qu’entendent ceux qui parlent d’un complot « inside job ».

Où en sommes-nous ? Il semble très probable que les attaques du 11 septembre 2001 aient été le fait d’une organisation beaucoup plus puissante et professionnelle qu’une bande de dix-neuf Arabes aléatoires armés de cutters. Mais il me semble également assuré que les attaques n’ont pas pu être le fait du gouvernement américain lui-même. Alors, qui a attaqué notre pays en ce jour fatidique, il y a dix-sept ans, tuant des milliers de nos concitoyens ?

Les opérations de renseignement et d’infiltration les plus efficaces sont dissimulées dans un labyrinthe de miroirs, de sorte qu’il est extrêmement difficile d’en identifier les auteurs. Les attaques terroristes sous faux drapeaux fonctionnent selon ce principe. Mais nous pouvons leur appliquer une métaphore différente : le complexité de tels événements peut être considérée comme un nœud gordien, presque impossible à démêler, mais vulnérable au coup d’épée qui consiste à poser la simple question « Qui en a bénéficié ? ».

Ni l’Amérique ni le monde en général n’ont bénéficié des attaques du 11 septembre. L’héritage désastreux de ce jour fatidique a transformé notre propre société pour le pire et a détruit de nombreux autres pays. Les interminables guerres américaines qui ont suivi le 11 septembre nous ont déjà coûté plusieurs milliers de milliards de dollars et ont mis notre pays sur la voie de la faillite, tout en tuant ou forçant à l’exil des millions de personnes innocentes du Moyen-Orient. Plus récemment, ce flot de réfugiés désespérés a commencé à engloutir l’Europe, et la paix et la prospérité de cet ancien continent sont désormais gravement menacées.

Nos libertés civiles et nos protections constitutionnelles traditionnelles ont été considérablement érodées, et notre société est en passe de devenir un véritable État policier. Les citoyens américains acceptent désormais passivement les atteintes inimaginables à leurs libertés individuelles, toutes décrétées sous le couvert de la prévention du terrorisme.

Je ne vois aucun pays au monde qui ait clairement tiré profit des attaques du 11 septembre 2001 et de la réaction militaire des États-Unis, à une seule exception près.

En 2000 et pendant la majeure partie de 2001, l’Amérique était un pays pacifique et prospère, mais une petite nation du Moyen-Orient s’était trouvée dans une situation de plus en plus désespérée. Israël semblait alors lutter pour sa vie contre les vagues massives de terrorisme intérieur qui constituaient la deuxième Intifada palestinienne.

Il était largement admis qu’Ariel Sharon a délibérément provoqué ce soulèvement en septembre 2000 en marchant jusqu’au Mont du Temple avec l’appui d’un millier de policiers armés, et la violence et la polarisation de la société israélienne qui en ont résulté l’ont installé avec succès comme Premier ministre au début de 2001. Mais une fois au pouvoir, ses mesures brutales n’ont pas réussi à mettre fin à la vague d’attaques continues, qui prenait de plus en plus la forme d’attentats-suicides contre des cibles civiles. Beaucoup croyaient que la violence pourrait bientôt déclencher un exode massif de citoyens israéliens, produisant peut-être une spirale fatale pour l’État juif. L’Irak, l’Iran, la Libye et d’autres grandes puissances musulmanes soutenaient les Palestiniens avec de l’argent, de la rhétorique et parfois des armes, et la société israélienne semblait prête à s’effondrer. Je me souviens avoir entendu de la bouche de certains de mes amis de Washington que de nombreux experts israéliens en politique cherchaient soudainement des postes d’amarrage chez les néoconservateurs afin de s’installer en Amérique.

Sharon était un leader notoirement sanguinaire et imprudent, avec une longue histoire de décisions stratégiques d’une audace étonnante, pariant parfois tout sur un seul coup de dés. Il avait passé des décennies à chercher le poste de Premier ministre, mais après l’avoir finalement obtenu, il était maintenant dos au mur, sans qu’aucune source de sauvetage ne soit en vue.

Les attentats du 11 septembre ont tout changé. Soudain, la seule superpuissance mondiale s’est pleinement mobilisée contre les mouvements terroristes arabes et musulmans, en particulier ceux liés au Moyen-Orient. Les alliés néoconservateurs de Sharon en Amérique ont profité de la crise inattendue pour prendre le contrôle de la politique étrangère et de l’appareil de sécurité nationale de l’Amérique. Un membre du personnel de la NSA rapporta plus tard que des généraux israéliens entraient librement dans les salles du Pentagone sans aucun contrôle sécuritaire. Pendant ce temps, l’excuse de la prévention du terrorisme intérieur a été utilisée pour mettre en place de nouveaux contrôles de police américains centralisés qui ont été utilisés pour harceler ou même fermer diverses organisations politiques antisionistes. Un des agents du Mossad israélien arrêtés par la police à New York alors que lui et ses compagnons célébraient les attaques du 11 septembre et produisaient un film souvenir des tours en feu du World Trade Center a déclaré aux policiers au moment de son interpellation : « Nous sommes Israéliens… Vos problèmes sont nos problèmes. » Et c’est effectivement ce qui s’est passé.

Le général Wesley Clark a rapporté que peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001, il a été informé qu’un plan militaire secret avait été mis en place, selon lequel l’Amérique allait attaquer et détruire sept grands pays musulmans au cours des prochaines années, dont l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Libye, qui étaient par coïncidence les plus grands ennemis régionaux d’Israël et les principaux défenseurs des Palestiniens. Alors que l’Amérique commençait à dépenser d’énormes océans de sang et d’argent pour attaquer tous les ennemis d’Israël après le 11 septembre 2001, Israël lui-même n’avait plus besoin de le faire. C’est en partie pour cette raison qu’aucun autre pays au monde n’a amélioré aussi considérablement sa situation stratégique et économique au cours des dix-sept dernières années, alors même qu’une grande partie de la population américaine s’est appauvrie pendant cette même période et que notre dette nationale a atteint un niveau insurmontable. Un parasite peut souvent devenir gras même si son hôte souffre et décline.

J’ai souligné que pendant de nombreuses années après les attentats du 11 septembre, j’avais accordé peu d’attention aux détails et n’avais qu’une vague idée qu’il existait même un mouvement organisé pour la vérité sur le 11 septembre. Mais si quelqu’un m’avait convaincu que les attaques terroristes avaient été des opérations sous faux drapeaux et que quelqu’un d’autre qu’Oussama ben Laden en était responsable, j’aurais immédiatement pensé à Israël et son Mossad.

Aucun autre pays au monde ne peut rivaliser avec le bilan d’Israël en matière d’assassinats de haut niveau et d’attaques sous faux drapeaux, terroristes ou autres, contre d’autres pays, y compris l’Amérique et ses forces militaires. De plus, l’énorme domination des éléments juifs et pro-israéliens dans les grands médias américains et, de plus en plus, dans ceux des autres grands pays occidentaux, a toujours fait en sorte que, même lorsque des preuves solides de telles attaques par Israël ont été découvertes, très peu d’Américains ordinaires en ont jamais entendu parler.

Le modèle (pattern) de comportement est vraiment remarquable. Avant même la création de l’État d’Israël, les différentes factions sionistes ont assassiné Lord Moyne, ministre britannique chargé du Moyen-Orient, et le comte Folke Bernadotte, négociateur de paix des Nations unies, et ont tenté en vain de tuer le président Harry S. Truman et le ministre britannique des Affaires étrangères Ernest Bevin, tout en discutant même du meurtre possible du Premier ministre Winston Churchill. Il semble y avoir de nombreuses preuves que le Mossad israélien a par la suite joué un rôle central dans l’assassinat du président John F. Kennedy en raison de l’énorme pression qu’il exerçait pour persuader Israël d’abandonner la mise au point de ses armes nucléaires. Le transfuge du Mossad Victor Ostrovsky a averti le gouvernement américain qu’Israël avait l’intention d’assassiner le président George H.W. Bush au début des années 1990 en raison de l’âpre conflit sur l’aide financière, et apparemment ces avertissements ont été pris au sérieux. Pas plus tard qu’en 2012, le rédacteur en chef du plus grand journal juif d’Atlanta a publiquement appelé à l’assassinat du président Barack Obama pour ses divergences politiques avec Israël.

L’histoire des attaques militaires et terroristes est encore plus frappante. L’un des attentats terroristes les plus importants de l’histoire avant le 11 septembre a été l’attentat à la bombe perpétré en 1946 contre l’hôtel King David à Jérusalem par des militants sionistes habillés en Arabes, qui a tué 91 personnes et détruit en grande partie l’édifice. Dans la célèbre affaire Lavon de 1954, des agents israéliens ont lancé une vague d’attaques terroristes contre des cibles occidentales en Égypte, dans l’intention d’imputer ces attaques à des groupes arabes anti-occidentaux. Il y a de allégations convaincantes selon lesquelles, en 1950, des agents du Mossad israélien ont lancé une vague d’attentats terroristes à la bombe sous de faux drapeaux contre des cibles juives à Bagdad, utilisant avec succès ces méthodes violentes pour persuader la communauté juive millénaire de l’Irak d’immigrer dans l’État juif. En 1967, Israël a lancé une attaque aérienne et maritime délibérée contre l’U.S.S. Liberty, avec l’intention de ne laisser aucun survivant, et tuant ou blessant plus de 200 soldats américains avant que la nouvelle de l’attaque n’atteigne notre sixième flotte.

L’énorme influence pro-israélienne dans les cercles politiques et médiatiques mondiaux a fait qu’aucune de ces attaques brutales n’a jamais suscité de représailles sérieuses et, dans presque tous les cas, elles ont été rapidement jetées dans l’oubli, de sorte qu’aujourd’hui probablement pas plus d’un Américain sur cent en a la moindre idée. De plus, la plupart de ces incidents ont été révélés par hasard, de sorte que l’on peut facilement soupçonner que de nombreuses autres attaques de même nature n’ont jamais trouvé place dans aucune archive historique.

Dès lors que nous acceptons que les attentats du 11 septembre 2001 étaient une opération sous faux drapeaux, un indice central nous permettant d’identifier les coupables est l’extraordinaire capacité de ces derniers à faire en sorte que la moisson d’incohérences relevées par les chercheurs de vérité restent totalement ignorée par tous les médias américains, libéraux ou conservateurs, de gauche ou de droite.

Les seuls exemples de ce genre qui me viennent à l’esprit concernent presque invariablement soit des questions liées à la communauté juive, soit à Israël. Par exemple, pratiquement aucun Américain n’est aujourd’hui au courant du partenariat économique nazi-sioniste des années 1930, qui a joué un rôle crucial dans la création de l’État d’Israël. De même, bien que nos médias occidentaux l’aient consacré comme l’un des événements centraux du XXe siècle, il semble fort probable que l’Holocauste juif de la Seconde Guerre mondiale soit essentiellement ou presque entièrement frauduleux. Même les opérations terroristes sous faux drapeaux les plus réussies auront tendance à laisser derrière elles un certain nombre d’indices, et posséder le pouvoir médiatique de faire disparaître ces indices de la réalité perçue est un outil extrêmement important pour de telles opérations.

Dans le cas en question, le nombre considérable de zélés néoconservateurs pro-israéliens placés juste sous la surface visible de l’administration Bush en 2001 a pu grandement faciliter à la fois l’organisation des attaques et leur dissimulation, avec, parmi les noms les plus connus : Libby, Wolfowitz, Feith et Richard Perle. La question de savoir si ces individus faisaient parti des conspirateurs ou ont simplement servi de relais aux conspirateurs n’est pas claire.

La plupart des éléments donnés dans cet article sont certainement connus depuis longtemps des observateurs avertis, et je suppose que de nombreuses personnes qui avaient accordé plus d’attention que moi aux détails des attaques du 11 septembre 2001 ont pu rapidement en tirer la même conclusion bien avant moi. Mais pour des raisons sociales et politiques évidentes, il y a une grande réticence à accuser publiquement Israël d’une affaire d’une telle ampleur. Ainsi, à l’exception de quelques militants marginaux ici et là, ces sombres soupçons sont restés privés.

Pendant ce temps, les militants du « mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre » craignaient probablement d’être détruits par les accusations d’antisémitisme s’ils avaient jamais exprimé ne serait-ce qu’un murmure de telles idées. Cette stratégie politique était peut-être nécessaire, mais en ne nommant aucun coupable plausible, ils ont créé un vide qui a rapidement été comblé par des « idiots utiles » qui ont crié « inside job » en pointant un doigt accusateur vers Cheney et Rumsfeld, et ont ainsi beaucoup contribué à discréditer leur propre mouvement.

Cette malheureuse conspiration du silence a finalement pris fin en 2009 lorsque le Dr Alan Sabrosky, ancien directeur des études au Collège de guerre de l’armée américaine, a déclaré publiquement que le Mossad israélien était très probablement responsable des attaques du 11 septembre. Après avoir rédigé une série de chroniques sur le sujet, il a finalement présenté ses vues dans plusieurs entrevues avec les médias, et a apporté des analyses supplémentaires.

Évidemment, de telles charges n’ont jamais atteint les pages de mon Times du matin, mais elles ont fait l’objet d’une importante couverture, bien que transitoire, dans certaines parties des médias alternatifs, et je me souviens avoir vu les liens très en évidence sur Antiwar.com et des discussions ailleurs. Je n’avais jamais entendu parler de Sabrosky auparavant, alors j’ai consulté mon système d’archivage et j’ai immédiatement découvert qu’il avait une bibliographie très respectable de publications sur les affaires militaires dans les périodiques de politique étrangère et qu’il avait également occupé une série de postes universitaires dans des établissements prestigieux. En lisant un ou deux de ses articles sur le 11 septembre, j’ai eu l’impression qu’il avait présenté des arguments assez convaincants en faveur de la participation du Mossad, dont certains m’étaient déjà familiers.

Comme j’étais très occupé avec mon travail de logiciel et que je n’avais jamais passé du temps à enquêter sur le 11 septembre ou à lire les livres sur le sujet, ma foi en ses affirmations à l’époque était évidemment très limitée. Mais maintenant que j’ai enfin étudié le sujet de manière beaucoup plus détaillée, je pense son analyse de 2009 tout à fait correcte.

Je recommanderais particulièrement sa longue interview de 2011 à la télévision iranienne Press TV, que j’ai regardée il y a à peine quelques jours. Il a semblé très crédible et direct dans ses affirmations.

Il a aussi apporté une conclusion plus approfondie dans une interview plus longue en 2010.

Sabrosky a concentré une grande partie de son attention sur un segment particulier d’un film documentaire néerlandais sur les attentats du 11 septembre produit plusieurs années auparavant. Dans cette interview fascinante, un expert en démolition professionnel nommé Danny Jowenko a identifié l’effondrement filmé du bâtiment 7 du WTC – dont il ignorait jusque-là l’existence – comme une démolition contrôlée, et cet extrait remarquable a été diffusé sur Press TV et discuté mondialement sur Internet.

Par une coïncidence très étrange, trois jours seulement après que l’interview vidéo diffusée par Jowenko eut reçu une telle attention, il eut le malheur de mourir dans une collision frontale avec un arbre en Hollande. Je soupçonne que la communauté des experts professionnels en démolition est petite, et les collègues de Jowenko dans l’industrie ont pu rapidement conclure que de graves malheurs pourraient se produire chez ceux qui rendent des avis d’experts controversés sur l’effondrement des trois tours du World Trade Center.

Pendant ce temps, l’ADL a rapidement déployé des efforts colossaux pour faire interdire Press TV en Occident sous l’accusation d’avoir avoir promu des « théories du complot antisémites », persuadant même YouTube d’éliminer complètement ses colossales archives vidéo, notamment celle de Sabrosky.

Plus récemment, Sabrosky a fait une présentation d’une heure lors de la vidéoconférence Deep Truth en juin dernier, au cours de laquelle il a exprimé un grand pessimisme sur la situation politique des États-Unis et a laissé entendre que le contrôle sioniste sur notre politique et nos médias s’était encore renforcé au cours de la dernière décennie.

Sa discussion a rapidement été rediffusée par Guns & Butter, une émission radiophonique progressiste de premier plan, qui en conséquence a été purgée de sa radio d’attache après dix-sept ans de grande popularité nationale et d’un fort soutien des auditeurs.

Le regretté Alan Hart, journaliste de radio et de télévision britannique et correspondant à l’étranger, a également rompu son silence en 2010 et a aussi indiqué que les Israéliens étaient probablement les responsables des attentats du 11 septembre. Les personnes intéressées voudront peut-être écouter son long entretien à ce sujet.

Le journaliste Christopher Bollyn a été l’un des premiers auteurs à explorer les liens possibles entre Israël et les attentats du 11 septembre, et les détails contenus dans sa longue série d’articles de journaux sont souvent cités par d’autres chercheurs. En 2012, il a rassemblé ce matériel et l’a publié sous la forme d’un livre intitulé Solving 9-11, mettant ainsi ses informations sur le rôle possible du Mossad israélien à la disposition d’un public beaucoup plus large, une version étant maintenant disponible en ligne.

Malheureusement, son volume imprimé souffre gravement du manque typique de ressources dont souffrent les écrivains politiques marginaux, avec une mauvaise organisation et la répétition fréquente des mêmes points en raison du fait que le livre trouve son origine dans un ensemble d’articles individuels. Ceux qui l’achètent doivent donc être mis en garde contre ces faiblesses stylistiques.

Le journaliste français Laurent Guyénot a fourni récemment un bien meilleur résumé des nombreuses preuves montrant la mainmise israélienne sur les attentats du 11 septembre dans son livre JFK-9/11 : 50 Years of the Deep State de 2017 et dans son article de 8 500 mots « 9/11 was an Israeli Job » [traduit sur notre site, NdSF], publié parallèlement à celui-ci et fournissant beaucoup plus de détails que mon présent article. Bien que je n’adhère pas nécessairement à toutes ses affirmations et tous ses arguments, son analyse globale semble tout à fait conforme à la mienne.

Ces auteurs ont fourni beaucoup d’éléments à l’appui de l’hypothèse du Mossad israélien, mais je voudrais attirer l’attention sur un seul précis. On s’attendrait normalement à ce que des attentats terroristes entraînant la destruction complète de trois gigantesques immeubles de bureaux à New York, couplée à une attaque aérienne contre le Pentagone, soient une opération d’une ampleur et d’une complexité énorme, impliquant une infrastructure organisationnelle et des effectifs très considérables. Au lendemain des attentats, le gouvernement américain a déployé de grands efforts pour localiser et arrêter les conspirateurs islamiques survivants, mais n’a guère réussi à en trouver un seul. Apparemment, ils étaient tous morts dans les attaques eux-mêmes ou simplement disparus dans les airs.

Mais sans faire beaucoup d’efforts, le gouvernement américain a rapidement rassemblé et arrêté quelque 200 agents du Mossad, dont beaucoup étaient basés exactement dans les mêmes lieux géographiques que les 19 prétendus pirates de l’air arabes. De plus, la police de New York a arrêté certains de ces agents qui venaient de célébrer publiquement les attentats du 11 septembre. D’autres ont été interceptés dans la région de New York au volant de fourgonnettes contenant des explosifs ou leurs traces résiduelles. La plupart de ces agents du Mossad ont refusé de répondre à toutes les questions, et beaucoup ont échoué aux tests polygraphiques, mais sous la pression politique massive tous ont finalement été libérés et rapatriés en Israël. Il y a quelques années, une grande partie de cette information a été présentée très efficacement dans une courte vidéo disponible sur YouTube.

Il y a une autre chose fascinante que j’ai très rarement vue mentionnée. Un mois seulement après les attentats du 11 septembre 2001, deux Israéliens ont été pris en flagrant délit d’introduction d’armes et d’explosifs dans le bâtiment du Parlement mexicain, une histoire qui a naturellement fait les manchettes des grands journaux mexicains de l’époque, mais qui a été totalement ignorée par les médias américains. Finalement, sous la pression politique massive, toutes les charges ont été abandonnées et les agents israéliens ont été renvoyés chez eux. Cet incident remarquable n’a été rapporté que sur un petit site Web hispano-activiste, et discuté dans quelques autres endroits. Il y a quelques années, j’ai trouvé sans difficulté sur Internet les premières pages scannées des journaux mexicains relatant ces événements dramatiques, mais je n’arrive plus à les retrouver. Les détails sont évidemment quelque peu fragmentaires et peut-être déformés, mais assez intrigants.

Il va de soit que si, un mois après les attentats du 11 septembre, de prétendus terroristes islamiques avaient fait exploser le Parlement mexicain, le soutien de l’Amérique latine aux invasions militaires américaines au Moyen-Orient aurait été considérablement accru. De plus, toute scène d’une telle destruction massive dans la capitale mexicaine par des terroristes arabes aurait certainement été diffusée sans interruption sur Univision, le réseau hispanophone dominant aux États-Unis, ce qui aurait renforcé le soutien hispanique aux efforts militaires du président Bush.

Bien que mes premiers soupçons au sujet des attaques du 11 septembre remontent à une décennie, mon enquête sérieuse sur le sujet est assez récente. Je suis un nouveau venu dans le domaine. Mais parfois un étranger peut remarquer des choses qui peuvent échapper à l’attention de ceux qui ont passé tant d’années profondément immergés dans le même sujet.

De mon point de vue, une grande partie de la communauté des chercheurs sur les événements du 11 septembre passe beaucoup trop de temps à discuter des détails particuliers des attaques, à débattre de la méthode précise par laquelle les tours du World Trade Center ont été détruites, ou de ce qui a bien pu frapper le Pentagone. Mais ce genre de questions semble avoir peu d’importance en fin de compte.

Je dirais que le seul aspect important de ces questions techniques est de savoir s’il y a des preuves suffisamment solides de la fausseté du récit officiel sur le 11 septembre, et si ces preuves démontrent que les attaques ont été le fait d’une organisation sophistiquée ayant accès à une technologie militaire de pointe, plutôt que de 19 Arabes armés de box-cutters. Au-delà de cela, aucun de ces détails n’a vraiment d’importance.

À cet égard, je crois que le volume de données factuelles recueillies par les chercheurs au cours des dix-sept dernières années a facilement répondu à cette exigence, peut-être même dix ou vingt fois plus que nécessaire. Par exemple, le simple fait de s’entendre sur un seul point particulier tel que la présence évidente de nano-thermite, un composé explosif de qualité militaire, satisferait immédiatement à ces deux critères. Je ne vois donc pas l’intérêt de débats interminables sur la question de savoir si la nano-thermite a été utilisée, ou la nano-thermite plus quelque chose d’autre, ou tout simplement autre chose. De tels débats techniques complexes peuvent servir à obscurcir le tableau d’ensemble, tout en confondant et en intimidant tout observateur désinvolte, ce qui va à l’encontre des objectifs généraux du « mouvement pour la vérité sur le 11 septembre ».

Une fois que nous avons conclu que les coupables faisaient partie d’une organisation très sophistiquée, nous pouvons nous concentrer sur le « Qui » et le « Pourquoi », qui sont des questions plus importantes que les détails particuliers du « Comment ». Pourtant, à l’heure actuelle, le débat sans fin sur le « Comment » tend à évincer le « Qui » et le « Pourquoi », et je me demande dans quelle mesure cette situation malheureuse n’est pas intentionnelle.

Il est possible que l’explication de cette situation soit la suivante : si les 9/11 truthers sincères se concentraient sur ces questions plus importantes du « Qui » et du « Pourquoi », ils verraient clairement que tout pointe dans une seule direction : Israël et son service de renseignement du Mossad. Israël avait le mobile, la capacité et les moyens d’une telle opération. Or accuser Israël et ses collaborateurs américains de la plus grande attaque jamais lancée contre les États-Unis sur notre propre sol comporte d’énormes risques sociaux et politiques pour l’accusateur.

Mais ces risques doivent être mis en balance avec la réalité des trois mille vies civiles américaines et les dix-sept années de nos guerres de plusieurs milliers de milliards de dollars, qui ont fait des dizaines de milliers de morts et de blessés parmi les soldats américains et provoqué la mort ou le déplacement forcé de plusieurs millions de personnes innocentes au Moyen-Orient.

Les membres du « mouvement pour la Vérité sur le 11 septembre » devraient donc se demander si oui ou non la « vérité » est bien le but central de leurs efforts.

Ron Unz

Traduit par Laurent Guyénot

http://www.kontrekulture.com/sites/default/files/image/livres/guyenot.pngLaurent Guyénot est ingénieur (École Nationale Supérieure de Techniques Avancées, 1982) et médiéviste (docteur en Études Médiévales à Paris IV-Sorbonne, 2009). Il est l’auteur d’articles parus surtout sur egaliteetreconciliation.fr, mais aussi sur voltairenet.org, unz.comthesaker.is, et russia-insider.com. Il est l’auteur de Du Yahvisme au sionisme, KontreKulture, 2017.
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