La guerre de l’Occident en Syrie repose sur al-Qaïda – L’assaillant de Nice a suivi ses recommandations


Moon of Alabama
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Par Moon of Alabama – Le 15 juillet 2016 – Source : Moon of Alabama

L’assaillant de Nice qui, jeudi soir, a tué plus de 80 personnes en fonçant dans une foule avec son camion, pourrait bien avoir été inspiré par al-Qaïda. Inspire, le magazine qu’al-Qaïda distribue sur Internet, avait déjà préconisé ce genre d’attaque au camion dans son édition numéro 2 (pdf).

À la page 54, on peut lire ceci :

Prenez soin de bien choisir le lieu et le moment. Privilégiez les endroits les plus fréquentés. Les espaces plus étroits sont encore mieux, car les gens ont moins de chances de se sauver. Évitez les lieux où d’autres véhicules pourraient vous intercepter.

Pour faire le plus grand carnage, vous devez prendre le maximum de vitesse en gardant une bonne maîtrise de votre véhicule, de façon à avoir un maximum d’inertie permettant de frapper le plus de gens possible d’un même élan. (…)

Le lieu idéal est celui où l’on trouve le plus grand nombre de piétons et le moins grand nombre de véhicules. En fait, si vous pouvez vous rendre dans les « zones réservées aux piétons » se trouvant dans certains centres ville, ce serait merveilleux. Il existe certains endroits fermés à la circulation automobile à certaines heures en raison des nuées de personnes qui s’y trouvent.

La Promenade des Anglais, ce boulevard en bord de mer à Nice où l’attaque a eu lieu jeudi soir, a été fermée à la circulation habituelle afin de permettre à une foule de piétons de regarder les feux d’artifice du 14 juillet. L’endroit et l’occasion répondaient tout à fait aux recommandations d’acte terroriste d’al-Qaïda.

Oussama Ben Laden avait émis des réserves à propos des attaques sans discernement, ce qui n’a pas empêché al-Qaïda d’y avoir recours à d’autres occasions. En ce moment même, la partie occidentale de la ville d’Alep tenue par le gouvernement, peuplée en grande partie de réfugiés sunnites, subit quotidiennement les tirs aveugles de l’artillerie improvisée d’al-Qaïda et des rebelles modérés qui contrôlent certaines parties de l’est d’Alep.

Lorsque des citoyens français se sont rendus en Syrie pour renverser par la force le gouvernement légitime de la Syrie, le gouvernement français a regardé ailleurs ou a peut‑être même vu la chose d’un œil favorable :

« Les combattants en Syrie ne combattent pas la France ou l’Europe ; ils se battent contre le régime Assad », disait alors le ministre de l’Intérieur français Manuel Valls.

Aujourd’hui, ces combattants et leur idéologie reviennent hanter la France.

Le président syrien Assad nous avait pourtant prévenus que le terrorisme frappant la Syrie finirait par se retourner contre l’Occident :

« L’Occident utilise tous les éléments, même s’ils se retournent contre lui ailleurs, a expliqué Assad. Ils combattent al-Qaïda au Mali et le soutiennent en Syrie et en Libye. Mais l’Occident ne sait pas – ou peut-être qu’il le sait sans en être encore conscient – que ce terrorisme va se retourner contre lui et qu’il en paiera le prix plus tard en Europe et aux États-Unis. »

Le président français Hollande a maintenant annoncé qu’il maintiendra l’état d’urgence et qu’il ordonnera à l’armée de patrouiller dans les rues. Sauf que les deux mesures étaient déjà en place ces derniers mois sans pour autant empêcher l’attaque de jeudi. Hollande a aussi promis d’intensifier les attaques contre le groupe armé État islamique. C’est pourtant le soutien que la France et ses alliés accordent aux rebelles modérés en Syrie qui maintient en vie al-Qaïda et le groupe armé État islamique.

Les États-Unis, tout comme la France, ne combattent pas al-Qaïda en Syrie. Les armes qu’ils fournissent aux rebelles modérés sont utilisées pour coordonner des attaques avec al-Qaïda contre le gouvernement syrien. Dans les faits, leur guerre par procuration visant un changement de régime en Syrie repose sur les unités de choc d’al-Qaïda :

Jusqu’à maintenant, les États-Unis ont mené des frappes occasionnelles contre ce qu’on a décrit comme des hauts responsables d’al-Qaïda en Syrie. Mais ils se sont abstenus de mener des attaques systématiques contre le Front al-Nosra [al-Qaïda en Syrie], qui compte dans ses rangs de nombreux Syriens, y compris tous ceux qui ont quitté des groupes rebelles moins extrémistes parce que le Front al-Nosra est mieux armé et financé. Faysal Itani, agrégé supérieur à l’Atlantic Council, s’est montré aussi critique à l’égard de la coordination militaire proposée aux Russes. Il a dit que les attaques conjointes contre le Front al-Nosra sonneraient le glas de l’opposition syrienne, consoliderait le pouvoir de M. Assad et mettrait en colère la majorité des Syriens.

Aussi longtemps que la France, les États-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient soutiendront les rebelles en Syrie dans le but de faire tomber le gouvernement par la force, les actes de terrorisme commis en Syrie par al-Qaïda, par ses groupes affiliés comme Ahrar al-Sham ou par le groupe armé État islamique seront aussi perpétrés sur leur sol même.

Nous devons nous attendre à encore plus d’attaques semblables à ce qui s’est passé à Paris, Bruxelles, Orlando et Nice, tant et aussi longtemps qu’un peu de bon sens n’arrivera pas à se refaire une petite place dans le cerveau collectif des gouvernements occidentaux.

Traduit par Daniel, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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