Comment l’égalitarisme LGBTQ va liquider l’espèce humaine


Par Nicolas Bonnal – Septembre 2019 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

C’est Merkel qui refuse de parler de peuple allemand, rappelle un général cité par Zerohedge.com. Il n’y a pour la chancelière trois fois réélue qu’une population ou des résidents. Macron refuse de parler de culture française, d’autres veulent interdire les concerts de musique classique (trop blanche). Et si le sexe devient interdit aux classes dites moyennes dans l’univers satanique-orwellien, il est très permis aux ultra-riches, on le sait avec le dernier scandale en vogue (comme dit Voltaire dans Candide, « tout cela fera du bruit pendant quelques heures »).


Mais voyons la question du genre avec notre philosophe libertarien préféré (l’autre c’est Hoppe). Il y a presque cinquante ans, Murray Rothbard voit poindre le danger, au moment de la candidature démocrate McGovern. Il explique que cet égalitarisme post-léniniste est avant tout anti-biologique. Leur matrice postmoderne basée sur la communication et l’enseignement est un monde antinature. La culture sera tout, le reste n’est que fantasme.

Il est un peu tard pour réagir, mais on sait que les lobbies égalitaristes occidentaux, qui marchent main dans la main avec les oligarques humanistes (voyez notre texte sur Jack London), veulent anéantir sexes, races et cultures. On les en félicite parce que c’est presque terminé et qu’il faut lutter contre les traces de tout passé honni et nazi.

Mais nous nous laissons faire. Disons la vérité alors. Et la vérité, comme disait un personnage de mon feuilleton préféré, « c’est qu’il n’y a pas de victimes, il n’y a que des volontaires (Miami vice, le fils prodigue). »

Je cite Rothbard :

Réfléchissons à un exemple délibérément semi-frivole. Supposons que nous trouvions un dicton commun: « Les roux sont excitables». Voici un jugement sur l’inégalité, une conclusion selon laquelle les roux en tant que groupe ont tendance à différer de ceux de la population non-rousse. Supposons donc que des sociologues égalitaires se penchent sur le problème et découvrent que les roux ont tendance à être plus excités que les non-roux d’un montant statistiquement significatif. Au lieu d’admettre la possibilité d’une sorte de différence biologique, l’égalitaire ajoutera rapidement que la «culture» est responsable du phénomène: le «stéréotype» généralement accepté selon lequel les roux sont excitables a été instillé dès le plus jeune âge chez chaque enfant roux, et il ou elle a simplement intériorisé ces jugements et agi de la manière attendue par la société. En bref, les roux ont été «lavés au cerveau» par la culture prédominante des non-roux.

Leur sous-culture postmoderne est une culture du complot ; toute l’histoire du monde serait fruit d’une conspiration du « mâle blanc et bourgeois », comme disait Sartre. Rothbard avance :

Un des dispositifs égalitaires favoris consiste à attribuer toutes ces déclarations d’identification de groupe à d’obscures pulsions psychologiques. Le public avait psychologiquement besoin d’accuser un groupe social d’excitabilité et les rouquins étaient considérés comme des boucs émissaires.

Si la biologie a tort, et elle a tort puisque nous sommes tous pareils, tout est fruit d’une conspiration irrationnelle et donc raciste-macho-nazie-fasciste-terroriste.

Rothbard nous dit encore :

Puisque les égalitaires commencent par l’axiome a priori selon lequel tous les peuples, et donc tous les groupes de peuples, sont uniformes et égaux, il s’ensuit pour eux que toute différence de statut, de prestige ou d’autorité dans la société doit être le résultat de pratiques injustes, «oppression» et «discrimination» irrationnelle…

L’Amérique était une puissance illuminée, Dostoïevski comme Baudelaire le virent. Le piège communiste américain se referme sur l’occident et sa planète en 1972. Rothbard le rappelle :

… À la convention démocrate de 1972, quelques groupes furent considérés comme ayant été «opprimés» en raison du fait que les délégués aux conventions précédentes sont tombés en dessous de leur proportion de la population totale. En particulier, les femmes, les jeunes, les Noirs, les Chicanos (ou le soi-disant tiers monde) ont été désignés comme ayant été opprimés…

C’est Jonah Goldberg qui dit que l’homme blanc va être le juif du vingt-et-unième siècle… Rothbard pousse lui à bout la logique de cette intelligentsia :

Dans certains cas, l’insigne de «l’oppression» était une construction presque ridicule. Le fait que les jeunes de 18 à 25 ans aient été «sous-représentés» aurait facilement pu être mis en perspective par une réduction à l’absurde, et un réformiste McGovernite passionné aurait pu se lever pour souligner la «sous-représentation» douloureuse des enfants âgés de cinq ans au moins.

Vient la question féministe qui mettra fin à la dérangeante humanité machiste :

Pour les femmes libératrices, il est difficile de nier le fait que toutes les cultures et civilisations de l’histoire, des plus simples aux plus complexes, ont été dominées par les hommes.

(En désespoir de cause, les libérateurs s’opposent depuis longtemps à des fantasmes sur le puissant empire amazonien.) Leur réponse, encore une fois, est que depuis des temps immémoriaux, une culture dominée par les hommes a lavé le cerveau des femmes opprimées pour qu’elles se limitent à nourrir leur famille, leur foyer et leur enfant. La tâche des libérateurs est de faire la révolution dans la condition féminine par pure volonté, en «élevant la conscience».

Le monde apparent n’est que le résultat d’un lavage de cerveau (c’est vrai d’ailleurs, voyez The Matrix…) :

… La biologie elle-même est refusée avec colère et mise de côté. Le reproche est qu’il n’y a pas, qu’il ne doit pas y avoir de différences biologiques entre les sexes; toutes les différences historiques ou actuelles doivent être dues au lavage de cerveau culturel.

Puis Rothbard cite Irving Howe, un savant qui tente de lutter contre la tendance de ce début des années 70. Il comprend que la cible des féministes est la femme :

Irving Howe s’aperçoit sans équivoque que le ressentiment contre l’existence même de la femme en tant qu’entité distinctive est à la base du mouvement de libération des femmes :

Miss Millett ne semble pas être troublée par les injustices subies par les femmes ou par les discriminations auxquelles elles continuent d’être victimes. Ce qui la trouble le plus est la pure existence des femmes. Mlle Millett n’aime pas les particularités psychobiologiques des femmes et elle n’ira pas plus loin que de reconnaître – quel choix y a-t-il, hélas ? – les inévitables différences d’anatomie.

Elle déteste le refus pervers de la plupart des femmes de reconnaître l’ampleur de leur humiliation, leur dépendance honteuse vis-à-vis des hommes (peu indépendants), les plaisirs affolants qu’elles éprouvent même à préparer des dîners pour le «groupe principal» et à s’essuyer le nez de leurs enfants morveux.

Les partis politiques, ignorant les femmes, appliquent le féminisme.

Rothbard nous dit aussi :

Dans une critique éclairée du mouvement de libération des femmes, Joan Didion perçoit sa racine comme une rébellion non seulement contre la biologie mais aussi contre l’organisation même de la nature :

Si la nécessité d’une reproduction conventionnelle de l’espèce semblait injuste pour les femmes, alors transcendons, via la technologie, «l’organisation même de la nature».

Le projet est intéressant puisqu’il marque la destinée satanique de leur technologie, à nos grands manipulateurs. Liquidons l’homme, fabriquons des orques. Tolkien en parle.

Rothbard voit le projet gay arriver avec son léger changement de paradigme :

Une autre révolte grandissante contre les normes biologiques du sexe et contre la diversité naturelle a été l’appel de plus en plus croissant des intellectuels de gauche à la bisexualité. L’évitement de l’hétérosexualité «rigide, stéréotypée» et l’adoption de la bisexualité aveugle sont supposés élargir la conscience, éliminer les distinctions «artificielles» entre les sexes et rendre toutes les personnes simplement et uni-sexuellement «humaines».

Révolte d’essence luciférienne/libérale bien sûr, puisqu’il faut remettre en cause l’ordre naturel des choses :

La révolte égalitaire contre la réalité biologique, aussi importante soit-elle, n’est qu’un sous-ensemble d’une révolte plus profonde: contre la structure ontologique de la réalité elle-même, contre « l’organisation même de la nature »; contre l’univers en tant que tel. La croyance pathologique selon laquelle il n’y a pas de structure de la réalité est au cœur de la gauche égalitaire, que tout le monde est une tabula rasa qui peut être changée à tout moment dans n’importe quelle direction par le simple exercice de la volonté humaine – bref, cette réalité peut être instantanément transformée par le caprice des êtres humains.

Ah, la Révolution française… Car Rothbard oublie que nous ne vivons plus dans la nature. Nous sommes « hacked, stacked and canned » (piratés, entassés et mis en boite), comme dit Richard Burton dans la Nuit de l’iguane. L’homme moderne en conserve ne sait plus se défendre, si jamais il en a eu l’idée. Il est désarmé et dévitalisé…

Rothbard évoque ensuite le paléo-communisme qui rêvait de cette déconstruction de l’humain (je reconnais du reste qu’elle se fait avec facilité, comme si l’ennemi avait raison : après tout notre citoyen-zombi va à l’école, voit la télé, écoute puis s’exécute) :

De même, des fantasmes absurdes sont à la base de l’utopie marxiste du communisme. Libérée des supposées limites de la spécialisation et de la division du travail (cœur de toute production au-dessus du niveau le plus primitif et donc de toute société civilisée), chaque personne de l’utopie communiste développerait pleinement tous ses pouvoirs dans toutes les directions.

Dans le monde communiste, tout le monde deviendrait Goethe et Mozart (pourtant ce sont des machos bourgeois blancs, non ?) :

William Godwin pensait qu’une fois la propriété privée abolie, l’homme deviendrait immortel. Le théoricien marxiste Karl Kautsky a affirmé que dans la future société communiste, «un nouveau type d’homme apparaîtra… un surhomme… un homme exalté. Et Léon Trotski a prophétisé que sous le communisme :

… L’homme deviendra incomparablement plus fort, plus sage, plus fin. Son corps plus harmonieux, ses mouvements plus rythmés, sa voix plus musicale… La moyenne humaine va atteindre le niveau d’un Aristote, d’un Goethe, d’un Marx. Au-dessus de ces autres hauteurs, de nouveaux sommets vont surgir.

Défense de rire.

Mais pour Rothbard comme pour nous, ces monstres peuvent gagner (Debord parle de ce monde auquel on fait encore semblant de se référer alors qu’on l’a fait disparaître) :

Ce faisant, les égalitariens agissent comme des enfants terriblement gâtés, niant la structure de la réalité au nom de la concrétisation rapide de leurs propres fantasmes absurdes, non seulement gâtés mais aussi très dangereux; car le pouvoir des idées est tel que les égalitariens ont une chance raisonnable de détruire l’univers même qu’ils souhaitent nier et transcender, et de faire en sorte que cet univers s’écrase autour de toutes nos oreilles. Puisque leur méthodologie et leurs objectifs nient la structure même de l’humanité et de l’univers, les égalitariens sont profondément antihumains…

Il ne sert à rien de s’acharner sur eux d’ailleurs : nous les élisons et les réélisons partout. L’espèce devenue chair à canon électorale est volontaire, et elle se fait pulvériser allègrement, comme disait la regrettée Claire Séverac. Tout sera détruit, sauf ce titanesque-babélien mur d’argent, qui sert à codifier et à construire cette société zombie frigorifiée, et presque terminée.

Oh, et puis après tout, hein, on ne les regrettera pas, ni cette société ni son humanité de lâches et de fous. Notre Céline disait dramatique en 39 :

Une telle connerie dépasse l’homme. Une hébétude si fantastique démasque un instinct de mort, une pesanteur au charnier, une perversion mutilante que rien ne saurait expliquer sinon que les temps sont venus, que le Diable nous appréhende, que le Destin s’accomplit.

Et Dostoïevski hilare sur cette charismatique vocation US qui en finirait avec la nature :

Hélas ! Nous sommes des pygmées comparativement aux citoyens des États-Unis ; la Russie est un jeu de la nature et non de l’esprit.

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Sources

  • Murray Rothbard – Egalitarianism as a Revolt against Nature (Mises.org)
  • Nicolas Bonnal – Dostoïevski (Avatar, Amazon.fr)
  • Nicolas Bonnal – Céline (Avatar, Amazon.fr)
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