Cinq récits pour les cancres


Par Dmitry Orlov – Le 9 avril 24 – Source Club Orlov

Je ne sais pas si je peux en faire plus ! Je publie des articles dans lesquels je m’efforce d’énoncer ce que je perçois comme des vérités évidentes, et le résultat est soit le silence, soit un faible écho d’un récit médiatique. Je donne des interviews dans lesquelles j’essaie d’exposer ce que je vois se passer dans le monde de la manière la plus simple et la plus succincte possible, et je me retrouve assailli par d’autres récits médiatiques. Me jeter sur un mur d’ignorance volontaire et d’auto-illusion ne semble pas fonctionner, alors laissez-moi essayer quelque chose d’autre. Voici mes cinq principaux récits médiatiques occidentaux. J’espère qu’elles vous plairont.

Récit 1 : L’Ukraine lutte vaillamment contre l’invasion russe

La Russie n’a pas envahi le pays ; elle est intervenue pour mettre fin à un génocide perpétré par le régime ukrainien contre sa propre population dans l’est du pays.

L’armée ukrainienne a déjà perdu face à la Russie et l’Ukraine n’existe plus en tant que nation. Elle a perdu plus d’un million de soldats, un cinquième de son territoire et la moitié de sa population. Ses données démographiques sont si désastreuses qu’elles ne laissent pas de place à la discussion.

Le fait que les troupes russes n’aient pas occupé la totalité de l’ancien territoire ukrainien n’a rien à voir avec la question : pourquoi devraient-elles se précipiter (dans le cas des parties que la Russie voudra, comme Odessa et Kiev) ou se donner la peine (dans le cas des parties qu’elle ne voudra probablement jamais, comme Lvov) ?

Récit 2 : Il faut une paix négociée en Ukraine

Il n’y aura pas de négociations entre la Russie et l’ancienne Ukraine ou entre la Russie et quiconque concernant l’ancienne Ukraine. Cela a déjà été tenté : il y a eu les accords de Minsk, qui, de l’aveu même des responsables européens, n’étaient que des manœuvres dilatoires. Il y a eu l’accord d’Istanbul, annulé par Boris Johnson sur ordre de l’équipe de la Maison Blanche.

En outre, les négociations nécessitent un partenaire de négociation, et les responsables ukrainiens, après avoir passé plus d’une décennie à tuer et à mutiler des civils, à la fois dans l’est de leur propre territoire et plus tard en Russie, ne sont plus des partenaires de négociation convenables parce qu’ils sont des terroristes. Négocier avec des terroristes est généralement une mauvaise idée ; il est bien plus approprié de les tuer.

Les responsables ukrainiens peuvent soit mourir (comme cela s’est parfois produit au cours de l’histoire), soit s’enfuir (comme cela s’est produit plus souvent), soit se rendre et être pendus par le cou dans un lieu public (ce qui serait le plus traditionnel).

Note du Saker Francophone

Depuis quelques temps, des gens indélicats retraduisent “mal” en anglais nos propres traductions sans l’autorisation de l’auteur qui vit de ses publications. Dmitry Orlov nous faisait l’amitié depuis toutes ses années de nous laisser publier les traductions françaises de ses articles, même ceux payant pour les anglophones. Dans ces nouvelles conditions, en accord avec l’auteur, on vous propose la 1ere partie de l’article ici. Vous pouvez lire la suite en français derrière ce lien en vous abonnant au site Boosty de Dmitry Orlov.

Dmitry Orlov

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Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Il vient d’être réédité aux éditions Cultures & Racines.

Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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