Oswald Spengler et « la nausée des machines »


Mai 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Spengler publie son Homme et la technique en 1931. C’est le premier livre que j’ai lu de lui, en 1979, et celui qui m’a le plus marqué : le plus froid, le plus crépusculaire, le plus étincelant dans sa brièveté. Spengler y définit la « tragédie faustienne » : l’homme occidental est finalement vaincu par son industrie, ses sources d’énergie et sa techno-dépendance. A l’heure de la pénurie, du Grand Reset et du grand contrôle informatique planétaire (qui concerne occident, Chine, Russie, Inde, Brésil et tout le reste), son livre reste une perle, au moins comparable au Règne de la quantité du Maître.

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Sur Trump et cette « Amérique qui se moque du monde »


Mai 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

C’est Dominique de Villepin, preux et vain orateur pacifiste en 2003, depuis récompensé par divers scandales qui compromirent son cursus présidentiel, qui a parlé à propos de Trump de l’Amérique « qui se moque du monde ». Il faut dire en effet que le Donald a mis les bouchées doubles et qu’il étourdit son monde sans lui laisser de répit. Et que je t’ordonne d’arrêter ta guerre, et que je te demande de me refiler ton pays le Canada ou la plus grande île (et dernière île vierge ou presque) du monde le Groenland, et que je te demande de te taire, et que j’ordonne à ton électorat de voter pour l’extrême-droite allemande devenue plus très souverainiste du coup…

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Spengler et le tournant vers la mort


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

On va reparler de Spengler mais je voudrais faire quelques rappels pour expliquer pourquoi les Européens agonisent depuis longtemps. Nietzsche en a parlé, et Yockey et Drieu… les grands penseurs enracinés américains (Madison et Grant notamment) ont aussi vu ce risque : la liquidation du paysan-soldat républicain heureux dans le monde de la ville, de la consommation et de l’industrie.

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Le dernier safari et les fourmis blanches


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Henry Hathaway est le dernier cinéaste de l’âge d’or hollywoodien qui ait survécu aux années soixante. Pendant que le royal trio des westerns (voyez mon livre) composé de Hawks, Ford et Wash s’étiole et s’absente, Hathaway tient bon. Il tient grâce à John Wayne et aussi à Stewart Granger et aussi grâce à la violence, qui devient son terreau d’inspiration. Les quatre fils de Kathy Elder sont par ailleurs un chef-d’œuvre mythologique et tragique.

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Comment la presse moderne inventa notre réalité


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

La presse invente une réalité dans laquelle baigne l’humanité. On voit en Amérique, partie la plus avancée sur le plan technologique, qu’une bonne partie de la population arrive à s’extraire du simulacre de réalité (mais la réalité peut-elle être autre chose, Ô Maya ?) et commence à comprendre. Mais elle même s’adresse au réseau, à la matrice. Les vieux médias vont sans doute crever en Amérique (en France ils sont fonctionnarisés-donc-increvables) mais ils sont remplacés par sans doute pire qu’eux, ce que la vieille garde démocrate, par la voix des frères Coen, avait nommé l’Idiocratie. Le pullulement d’analphabètes néo-cons dans l’administration Trump rassérénera les amateurs qui adulent tel messie pacifico-politico-médiatique.

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La Saga d’Egil et le destin du viking en Ehpad


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

C’est l’étonnant théologien Jorge-Luis Borges qui dit que les vikings ont inventé la littérature européenne et que c’est un Normand, Flaubert, qui liquide cette littérature – dans Bouvard et Pécuchet (on y reviendra). Amateur des Kennings, Borges s’enflamme avec les périphrases et les métaphores des poètes : ô toit de la baleine (mer), pluie de la bataille (sang) ! Mouette de la haine (le corbeau), assemblée des épées !

Et puis les vikings nous font rêver depuis Kirk Douglas et la fin majestueuse du film de Fleischer (magique musique de l’italien Mario Nascimbene).

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Francis Bacon et la Nouvelle Atlantide techno-gnostique


Mars 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

(…) L’utopie techno-gnostique remonte à la Renaissance, celle des livres d’histoire. Elle essaie depuis lors de concilier la Tradition initiatique et les acquis de la technologie.

Francis Bacon, ministre de la reine Élisabeth, est le père de I’Intelligence au sens anglais du terme, c’est-à-dire de l’espionnage. Il était chargé de l’information auprès de l’ambassadeur d’Angleterre à Paris dans les années 1576-1577. Il est surtout l’inventeur du cryptage des messages diplomatiques au moyen d’un code binaire – chaque lettre de l’alphabet est transformée en une simple combinaison de deux symboles, et à chaque symbole correspond une typographie différente.

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Trump et le retour de l’antiaméricanisme primaire


Mars 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

La France des cafés du commerce et de la presse intello est contente, fêtant son retour du refoulé. Elle peut se remettre à haïr les ricains la bave aux lèvres, presque autant que les russes. Et une fois qu’on aura aisément mis la pâtée aux russes avec les mille milliards de mémère Ursula, on ira foutre leur branlée aux Yankees, au Groenland ou ailleurs.

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Hugo et Nietzsche face au rétrécissement des hommes


Mars 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

On a découvert Quatre-vingt-treize grâce au texte d’un camarade espagnol ; et cette sensationnelle tirade du vrai héros du film (sic), le marquis de Lantenac. Tout cela nous rappelle que Victor Hugo est un des plus grands génies du monde, et que l’homme qui rit, qui a inspiré le Joker de Batman (pas moins) est le roman préféré d’Ayn Rand et de tous ceux qui rêvent d’histoire fantastique et expressionniste (revoir le jeudi de Chesterton et découvrir l’adaptation sensationnelle de Paul Léni, aux temps héroïques du cinéma muet).

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Mircea Eliade et notre deuxième chute


Mars 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Point n’est besoin d’épiloguer sur la disparition piteuse générale du christianisme («pas dans un boum, dans un pleurnichement», écrivait déjà Eliot dans son poème repris par Coppola dans Apocalypse) et le déclin général des religions. L’occident ne décline pas à la sauce Spengler, il est tout bonnement crevé, et le reste du monde décline encore plus sûrement. Le «monde des machines» de Bernanos sera venu à bout de tout le monde.

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