Alors, où était Waldo ?


Attends un peu. Je croyais que les Démocrates puisaient TOUS leurs candidats dans des établissements psychiatriques. − Margot Cleveland


Par James Howard Kunstler – Le 12 octobre 2026 – Source Clusterfuck Nation

James Talarico

Imaginons que vous soyez candidat à un siège au Sénat américain dans l’un des plus grands États de notre pays… qu’il ne reste qu’environ un mois avant le jour du scrutin… et que, bon sang, vous ayez attrapé la grippe. Selon le CDC, l’évolution normale de la maladie chez un adulte en bonne santé et non âgé se déroule ainsi : jours 1 à 3, apparition soudaine de frissons, de fièvre, de courbatures et de maux de gorge ; jours 4 à 7, les symptômes s’atténuent ; par la suite, les symptômes disparaissent, mais une baisse d’énergie peut persister pendant une semaine supplémentaire.

Au Texas, le candidat au Sénat James Talarico a attrapé la grippe vers le 26 septembre, a complètement disparu de la scène électorale le 30 septembre, puis est réapparu dix jours plus tard lors d’un festival de musique « Austin City Limits ». Dix jours, c’est long pour être absent du circuit électoral dans une course censée être très serrée, au moment crucial de la campagne, vous ne trouvez pas ?

Et ne pensez-vous pas qu’au quatrième ou cinquième jour, le candidat aurait pu se ressaisir pour décrocher son téléphone et enregistrer un message du genre : « Bonjour les électeurs. C’est JT. J’ai été terrassé par une terrible grippe. Merci de votre patience. Je serai de retour dès que possible. » Il aurait pu le faire en peignoir, ce qui aurait été suffisamment digne, assis dans son lit ou dans un fauteuil confortable, peut-être pas sous son meilleur jour, mais…

Mais non, il n’a rien fait de tel. Vers le 7e ou le 8e jour, se sentant mieux, il aurait pu passer des appels Zoom depuis son bureau à domicile avec les médias et les donateurs, pour rappeler aux électeurs pourquoi il était important de voter pour lui. Non, cela ne s’est pas produit non plus. Pendant sa maladie, son compte Twitter a publié quelques messages qui auraient pu être écrits par n’importe qui – et qui l’ont probablement été –, raillant son adversaire, le procureur général Ken Paxton. Il n’a rien publié concernant sa maladie ni son retour sur la scène publique, puis, le vendredi 9 octobre, il a fait une apparition surprise à l’ACL Fest sans préavis, « pour rencontrer des électeurs », selon sa campagne — devant 75 000 spectateurs sous une chaleur de 35 degrés — pendant environ quinze minutes avant de repartir. Bon…

Le samedi 10 octobre, le candidat a tenu une réunion avec ses collaborateurs de campagne dans la journée, puis, le soir même, il a été aperçu à un concert de Kacey Musgraves à l’American Airlines Center de Dallas, où il se détendait et s’amusait tout simplement. Le dimanche 11 octobre, il a accordé une brève interview à NBC 5 Dallas-Fort Worth et à MS NOW pour démentir les « théories du complot » concernant son absence de la scène politique (nous y reviendrons plus tard). Ce soir-là, il était censé se rendre à une collecte de fonds à Dallas, mais aucun média n’a rapporté qu’il s’y était effectivement rendu.

Revenons à la fin du mois de septembre pour faire le point. La dernière apparition publique de James Talarico au Texas ce mois-là a eu lieu à la Foire d’État du Texas à Dallas, le 26 septembre. Il n’avait alors pas mentionné se sentir malade. Le lundi 28 septembre, il s’est envolé pour New York afin d’assister à une collecte de fonds conjointe en son honneur et celui du sénateur Sherrod Brown de l’Ohio, organisée par l’acteur Robert De Niro. L’événement s’est déroulé au Capitale, un lieu événementiel situé au 130 Bowery, dans un magnifique ancien bâtiment bancaire. Le prix des billets variait entre 500 et 27 000 dollars par place. Auparavant, il s’était rendu à une collecte de fonds beaucoup plus modeste organisée par l’ancienne directrice financière du Comité national démocrate (DNC), Maureen White.

Le lendemain soir, mardi 29 septembre, il a assisté à une collecte de fonds à Greenwich Village organisée par la Human Rights Campaign. Peu après, il a pris l’avion pour retourner au Texas. Le mercredi 30 septembre, Talarico a fait une « apparition virtuelle » auprès de l’US Hispanic Business Council, au cours de laquelle il toussait et se mouchait, et a déclaré au groupe : « J’ai commencé à me sentir un peu patraque il y a quelques jours [c’est-à-dire pendant qu’il était à New York], et hier soir, mon état s’est tellement aggravé que je me suis rendu aux urgences ici à Dallas, où on m’a diagnostiqué une grippe. » Pourtant, après avoir refait son apparition en public, le dimanche 11 octobre, il a déclaré à Phil Prazan, journaliste de NBC 5 Dallas-Fort Worth : « Je viens simplement de consulter mon médecin traitant. » Il n’a fait aucune mention de son passage aux urgences.

Si nous nous attardons sur tous ces détails, c’est parce qu’une rumeur a éclaté ce week-end selon laquelle le candidat James Talarico aurait en réalité passé environ une semaine dans une clinique de santé mentale appelée le Lindner Center of Hope à Mason, dans l’Ohio, pour se remettre d’un événement « stressant » — la « théorie du complot » à laquelle il a adhéré auprès de News-5 et MSNOW. Le journaliste indépendant Nick Sorter a publié un enregistrement d’un appel téléphonique prétendument passé avec un employé du Lindner Center, qui affirmait que James Talarico avait été « autorisé à sortir » la veille au soir.

https://x.com/nicksortor/status/2109329520247660715

Le Lindner Center a par la suite catégoriquement nié que Talarico y ait jamais été patient, et Talarico lui-même a publié un démenti sur son compte « X », affirmant : « Je ne suis même jamais allé dans l’Ohio. » Nous verrons s’il intente un procès en diffamation contre Nick Sorter et les autres personnes qui ont rendu compte du mystère entourant ses allées et venues. Ou s’il intente une action contre le Lindner Center pour violation de ses droits au titre de la loi HIPAA, en raison de la divulgation d’informations concernant sa sortie de l’établissement.

Quoi qu’il en soit, il existe un registre des jets privés et nous saurons bien assez tôt si James Talarico se trouvait à bord d’un Cessna Citation X (n° de série 750-0271) appartenant à l’Austin Aviation Group, basé à Wimberly, au Texas, qui a décollé de l’aéroport régional du comté de Butler, près de Cincinnati, le 9 octobre à 9 h 19 pour atterrir à Austin, au Texas, à 10 h 24.

On commence à se dire que James Talarico n’était peut-être pas le meilleur candidat que le parti ait pu trouver. Mais bon, regardez qui il a battu lors des primaires : Jasmine Crockett.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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