Qui, à la Maison Blanche, est responsable de la guerre en Iran ?


Quelques pièces importantes du puzzle sont apparues, démasquant les seigneurs de guerre en fauteuil à la Maison Blanche.


Par Alexandre Krainer – Le 7 septembre 2026 – Source Blog de l’auteur

L’attaque américaine et israélienne contre l’Iran le 28 février de cette année a été un choc énorme pour la plupart des gens, y compris ceux qui entretenaient une relation personnelle étroite avec le président Donald Trump et pensaient bien le connaitre. L’attaque contre l’Iran était la guerre que Trump avait explicitement promis à ses électeurs de ne pas lancer. Ce qui l’a amené à trahir ses électeurs reste un mystère, mais nous avons maintenant suffisamment de pièces du puzzle pour en assembler une image cohérente, ou du moins une partie de celle-ci.

Qui dirige la Guerre contre l’Iran ? Le gars à gauche le sait…

Le gouvernement de l’ombre

Il y a trois semaines dans ce rapport (« Un gouvernement fantôme est-il prêt à sacrifier Trump ?” ), j’ai partagé un intéressant extrait de la récente interview avec « l’assassin le plus dangereux du Mossad », Yuval Aviv, sur Danny Jones Podcast. Aviv affirme que les États-Unis sont dirigés par un “gouvernement fantôme”, qui est “aussi haut placé” que possible, et comprend d’anciens et actuels hauts fonctionnaires de la Maison Blanche. Il a expliqué que ce n’est “pas un club, pas une secte, mais une équipe d’anciens officiels [qui] pensent toujours savoir ce qui est bon pour l’Amérique”.

Il a nommé deux personnes qui faisaient partie de ce gouvernement fantôme : George Bush Sr et Dick Cheney. D’autres sont “d’anciens membres de la CIA, d’anciens présidents, les personnes que j’ai rencontrées étaient les plus hautes des plus hautes”. Ces révélations ne devraient surprendre quiconque prête une attention, même superficielle, aux événements mondiaux, et cet état de choses persiste presque certainement et n’a pas changé en faveur d’un gouvernement légitime et démocratique.

En fait, au cours de ce podcast de 3 heures, Aviv parle d’une manière qui suggère qu’il continue de travailler avec ce gouvernement fantôme et dirige des “missions spéciales” pour lui. Il n’a révélé aucune des personnes qui pourraient faire partie du gouvernement fantôme d’aujourd’hui. Cependant, s’il s’agit, comme l’affirme Aviv, d’actuels ou d’anciens responsables de la Maison Blanche, de la CIA, d’anciens présidents, etc… Ce qui réduit considérablement notre liste de suspects.

Les hommes les plus puissants de la Maison Blanche

Puis, dans une interview publiée le vendredi 5 septembre, le colonel Lawrence Wilkerson, chef de cabinet de l’ancien Secrétaire d’État, Colin Powell, a fourni d’autres indices. Vers 13 minutes et 10 secondes, le colonel Wilkerson dit ceci :

« Je pense que j’ai définitivement appris que les deux personnes de l’administration qui dominent maintenant la pensée [du président Trump] et dominent sa production, si vous voulez, y compris ces choses idiotes qu’il publie sur le Web, sont Steve Miller, le chef de cabinet adjoint pour la politique à la Maison Blanche, qui est bien plus puissant que son nom et son titre ne l’indiquent. Il est beaucoup plus puissant que Susie Wiles, par exemple, la chef de cabinet, et on m’a dit qu’il était plus puissant que n’importe qui dans le cabinet, comme Marco Rubio ou même le vice-président, JD Vance, ou certainement Hegseth.

Des gens assez fiables me le disent. Je ne dirai pas qu’ils sont fiables à 100%, et ils ont leur propre vision des choses. Plusieurs d’entre eux sont des hommes de Biden, mais on me dit que le dilemme au Pentagone devient maintenant si aigu que les jours de Hegseth est compté. Ses jours sont comptés. Je l’espère, car il détruit particulièrement l’armée.

Mais il a aussi un effet délétère sur tous les services à tous les niveaux. Mais Miller est le numéro un. Il ne fait aucun doute dans l’esprit de ces gens que Miller est le numéro un. Que même Vance et Rubio hésitent à le contredire

Et puis l’autre chose qui m’a un peu surpris, quand j’ai commencé à y réfléchir, c’est qu’il est l’architecte principal du Projet 25 chez Heritage. C’est [Russell] Vought, le directeur du budget. Ces deux personnes qu’on retrouve dans des endroits très étranges pour avoir ce genre d’influence sur la sécurité nationale, sont plus efficaces et commandent plus l’attention et la direction de Trump que n’importe quelle autre personne de l’administration”

 

La voix du Royaume-Uni à la Maison Blanche

D’une certaine manière, j’attendais que le nom de Steve Miller ressorte de cette façon. Le colonel Wilkerson n’est plus au gouvernement, mais compte tenu de sa stature et de son expérience, il est probable qu’il entretient des contacts avec des personnes au gouvernement et dans l’armée, et que ce qu’il a découvert est crédible et valide. La raison pour laquelle le nom de Steve Miller est particulièrement intéressant ici est qu’il était identifié comme l’un des “chuchoteurs aux oreilles de Trump” pendant le premier mandat de Trump, lorsqu’une précédente poussée pour déclencher une guerre contre l’Iran a été tentée.

Le 20 juin 2019, les forces de défense aérienne iraniennes ont abattu un drone de surveillance américain Global Hawk au-dessus du détroit d’Ormuz. Immédiatement, une campagne de pression a été exercée sur Trump pour qu’il lance une frappe de représailles, mais à ce moment-là, Trump a refusé d’agir. Le camp qui s’est montré le plus frustré par sa réticence à entrer en guerre furent les Britanniques. Comme nous l’avons découvert plus tard, l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Washington, Sir (maintenant lord) Kim Darroch, a adressé une série de mémos au Foreign Office réprimandant Trump et le qualifiant “d’incohérent et de chaotique”.

Ces mémos ont été divulgués le 7 juillet 2019 par “Anonymous” au grand embarras des Britanniques. Par exemple, Sir Kim y déclarait :

« Nous ne croyons pas vraiment que cette administration va devenir sensiblement plus normale ; moins dysfonctionnelle ; moins imprévisible ; moins déchirée par les factions ; moins maladroite diplomatiquement et incompétente ».

Darroch a également inclus cette friandise révélatrice :

« Nous avons passé des années à établir des relations [avec certaines personnes] ; ce sont les gardiens… les personnes sur lesquelles nous comptons pour nous assurer que la voix du Royaume-Uni est bien entendue à la Maison Blanche.”

Certaines de ces voix comprenaient le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, qui visitait fréquemment l’ambassade britannique avec l’ancien chef d’État-major John Kelly. Le 8 juillet, le Washington Post a décrit la “coterie de Darroch – y compris Kellyanne Conway, Stephen Miller, Mick Mulvaney, Sarah Sanders et l’allié de Trump Chris Ruddy” qui se rencontrent à l’ambassade et « discutent du président et de ses prises de décision ». Le Stephen Miller nommé par le Washington Post est le même Steve Miller dont parlait le colonel Lawrence Wilkerson.

Les notes divulguées ont montré que Darroch demandait à « inonder la zone » de chuchotements aux oreilles du président Trump pour l’influencer et l’inciter à ouvrir les hostilités contre l’Iran. Darroch pensait que Trump pourrait encore être influencé pour lancer une guerre contre l’Iran s’il pouvait être :

« entouré d’un groupe de conseillers plus bellicistes. Une seule attaque iranienne de plus quelque part dans la région pourrait déclencher un autre revirement de Trump ».

 

Ce n’est pas que Netanyahou

Aujourd’hui, il peut sembler que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait joué un rôle clé en amenant les États-Unis à lancer la guerre contre l’Iran, mais cela simplifie à l’excès la dynamique réelle qui façonne les événements d’aujourd’hui. M. Netanyahu a joué le rôle du vendeur, mais la grande stratégie géopolitique qui exige cette guerre, peu importe ce que le peuple américain veut ou a voté pour, a été formulée et mise en œuvre à un niveau de pouvoir plus élevé que la présidence américaine.

De plus, nous devons garder à l’esprit que tout le projet sioniste a émergé du même siège de pouvoir que Sir Kim Darroch et sert les mêmes maîtres. Je crois qu’il est approprié de les appeler la conspiration anglo-sioniste. Encore une fois, c’est l’une de ces choses qui peuvent détruire des sociétés et des nations entières, mais qui ne peuvent pas être changées par les urnes.

C’est probablement la “conspiration monolithique et impitoyable” dont le président John F. Kennedy nous mettait en garde le 27 avril 1961. Kennedy l’a décrit comme étant une conspiration utilisant “des moyens secrets pour étendre sa sphère d’influence” et nous a avertis du “très grave danger qu’un besoin annoncé de sécurité accrue soit saisi” par les conspirateurs pour faire avancer leur programme.

Heureusement pour les conspirateurs, beaucoup de gens rejettent, avec mépris, ces “théories” du complot comme étant indignes. Ce genre de choses arrive, et nous sommes tous libres comme des oiseaux dans nos magnifiques démocraties libérales de qualité export. Tout ce qui nous est demandé est d’obéir et de nous conformer. Le reste prendra soin de lui-même grâce au système magique et perfectionné de freins et contrepoids, et par conséquent il n’y a pas besoin de vigilance d’aucune sorte comme prix de la supposé liberté.

Alexandre Krainer

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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