Trump a causé tellement de dégâts au libtardisme que les Démocrates auront besoin d’une décennie au pouvoir sans interruption pour réparer les dégâts, et ils n’y arriveront pas. − Matt Forney sur X
Par James Howard Kunstler – Le 15 mai 2026 – Source Clusterfuck Nation

Si vous avez tiré une leçon de la grande fête de cette semaine à Pékin, c’est que Donald Trump est en train de redéfinir de manière agressive les relations mondiales afin que les États-Unis ne finissent pas parmi les perdants de la ruée vers les ressources mondiales qui se profile sinistrement derrière tous les événements actuels. La Chine n’a pas l’intention non plus d’être une perdante à terme, même si elle a perdu beaucoup de terrain ces derniers temps. Les pays de la zone euro sont certainement les principaux perdants, embrassant leur statut de perdants comme les vieux et les malades aspirent à la mort. L’Inde et certains pays du BRIC ont l’air un peu perdants en ce moment.
La principale ressource pour laquelle toutes les nations se battent est le pétrole. Sans approvisionnement abondant en pétrole, il est impossible d’avoir une économie techno-industrielle avancée et, comme les Eurolandais irresponsables l’ont appris à leurs dépens, il n’existe pas vraiment de substitut adéquat au pétrole. Le flux de pétrole dépend des réserves économiquement exploitables de chaque pays, mais aussi de l’avantage géographique, comme nous le constatons actuellement avec la crise du détroit d’Ormuz.
La production européenne de pétrole brut a entamé son déclin permanent en 2001. La production de l’Asie-Pacifique a atteint son maximum en 2010 et est en baisse depuis. Le pic de production pétrolière de l’Afrique a eu lieu en 2008 et est globalement en baisse depuis. − Gail Tverberg, OurFiniteWorld.com
De plus, il s’avère que le pic pétrolier est toujours d’actualité, malgré quinze ans de miracles liés au pétrole de schiste. Les États du golfe Persique, y compris l’Arabie saoudite, ont probablement dépassé leur pic. Le pétrole de schiste américain est lui aussi en phase de pic — le bassin permien au Texas commence à manquer de zones les plus productives. La Réserve nationale de faune de l’Arctique (AMWR) est ouverte à la concession, mais le forage et la production dans cette région arctique hostile sont coûteux, et l’US Geological Survey estime les réserves récupérables entre 7,7 et 10 milliards de barils — l’Amérique consomme environ 7,5 milliards de barils par an, donc…
Il y a bien sûr le Canada et ses sables bitumineux, mais le Grand Nord blanc se montre ces derniers temps plutôt hostile envers son voisin du sud (nous). Sinon, l’Amérique du Nord est pratiquement entièrement explorée en matière de pétrole. Il ne peut pas y avoir beaucoup de gisements « géants » cachés et inexploités par là-bas. Du côté positif, les États-Unis bénéficient d’un avantage géographique, confortablement nichés entre les océans Atlantique et Pacifique, loin de l’agitation de l’Eurasie.
Nous avons récemment claironné notre prétendue acquisition du Venezuela, mais la production prévue des entreprises américaines dans ce pays pour les prochaines années serait inférieure à un million de barils par jour, alors que les États-Unis en consomment 20,5 millions par jour. Quant aux sables bitumineux enfouis dans la jungle vénézuélienne, eh bien, pour l’instant, on peut les oublier.
Le ministère russe des Ressources naturelles estime ses ressources pétrolières commercialement exploitables (avec les technologies et les prix actuels) à environ 80 milliards de barils, ce qui est énorme et place la Russie dans une position théoriquement favorable à court terme, en tout cas. La Chine consomme environ 17 millions de barils par jour et en importe environ 70 %. Ses importations de pétrole iranien sont substantielles mais masquées dans les statistiques officielles en raison du contournement des sanctions américaines. Le blocus d’Ormuz a porté un coup dur à la Chine.
Voici comment la ruée mondiale vers les ressources se traduit en comportement géopolitique : comme on le constate depuis un certain temps, les intérêts américains s’éloignent de plus en plus de ceux de l’Euroland et s’alignent davantage sur ceux de la Russie. L’Europe est manifestement en pleine folie ces jours-ci, agité par des propos inconsidérés alors qu’elle tourne en rond au bord du gouffre. La Russie, sous V. Poutine, apparaît davantage comme l’adulte dans la pièce. Même l’opération militaire russe en Ukraine semble rationnelle si l’on considère comment l’UE et la CIA ont déclenché ce maudit conflit vers 2014 dans le seul but de provoquer la Russie.
M. Trump aspire à normaliser les relations avec la Russie depuis son arrivée sur la scène politique en 2016, au grand désarroi des néoconservateurs américains, des maîtres de l’ombre de la CIA et des communistes repentis qui dirigent le Parti démocrate (et qui semblent en vouloir à la Russie d’avoir abandonné le marxisme-léninisme il y a trente-cinq ans). Cette semaine, les États-Unis et la Chine ont mutuellement proposé de devenir des « partenaires » plutôt que des rivaux sur la scène mondiale. Nous resterons certainement méfiants l’un envers l’autre, mais apparemment, les choses ont changé.
Dans l’immédiat, la Chine souhaiterait que ses importations de pétrole en provenance du golfe Persique soient rétablies, et le moyen évident d’y parvenir serait de faire pression sur l’Iran pour qu’il cesse de faire n’importe quoi et s’entende avec les États-Unis — qu’il renonce à l’uranium enrichi et cesse de mener le djihad contre tout le monde, de près comme de loin. Nous saurons bien assez tôt si la Chine fera cela pour nous, et nous leur avons promis quelques avantages : des puces Nvidia, du soja, et plus encore.
M. Trump est en train de redessiner le plateau de jeu mondial de manière spectaculaire, et le résultat net sera la sélection des gagnants et des perdants. L’Iran en est l’exemple parfait. Pour eux, ça pourrait basculer d’un côté ou de l’autre, bientôt, et de manière assez brutale. Si les dirigeants iraniens, adeptes du djihad, cessaient simplement de faire n’importe quoi, ils auraient la chance de réintégrer la communauté internationale en tant qu’économie moderne et avancée, avec un niveau de vie confortable. Ou bien, les États-Unis pourraient tout simplement faire sauter ce qui reste là-bas. La Chine fera probablement passer ce message avec force dans les jours à venir.
Il reste cependant la sale affaire des ennemis intérieurs de l’Amérique, dont nous en apprenons chaque semaine un peu plus. Cette semaine, c’est le témoignage de l’agent de la CIA « lanceur d’alerte » James Erdman qui a révélé que la CIA avait travaillé sans relâche pour dissimuler les véritables origines du Covid-19. Cela ressemble fort à ce que la moitié de l’Amérique a toujours soupçonné : que le Covid était un coup monté contre la nation par son propre « État profond » (principalement la CIA), de concert avec le Parti démocrate dévoyé, dans le but exprès de fausser les élections de 2020.

Les opérations séditieuses en question se poursuivraient apparemment encore à l’heure actuelle. L’ancien directeur de la CIA, John Brennan, a déclaré cette semaine à Nicolle Wallace, de MSNBC : « Il existe encore une légion de professionnels au sein des forces de l’ordre, du ministère de la Justice, ainsi qu’à la CIA et dans d’autres instances — ceux qui refusent de se plier à des poursuites judiciaires motivées par des considérations politiques, ceux qui refusent de soutenir toute forme d’activité politique de la part de l’administration Trump… » Vient-il d’admettre que le complot qu’il a lancé en 2016 est toujours en cours ? Et qu’il y participe activement ? Je pense que oui. Pensez-vous que Joe DiGenova l’ait remarqué au sein du district sud de la Floride du ministère de la Justice ?
Tout aussi stupéfiant, l’ancien directeur du FBI James Comey a déclaré cette semaine à Kasie Hunt, de CNN, qu’il « s’entretient toujours régulièrement » avec des employés actuels du FBI. Quoi ?! Il discute avec l’agence même qui enquête sur lui pour des crimes graves, comme avoir menacé la vie du président américain ? Ça semble un peu déplacé, tu ne trouves pas ? A-t-il envie de passer le reste de sa vie comme capitaine de l’équipe de ping-pong à la prison fédérale de Lewisburg ?
James Howard Kunstler
Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
