Voyage vers la mort en Californie


L’histoire n’éprouve aucune pitié pour les partis qui privilégient la pureté à la compétence, la vengeance à la vision, la pathologie au pragmatisme. La longue nuit n’est pas à venir. Elle est déjà là… − LHGrey sur X


Par James Howard Kunstler – Le 8 mai 2026 – Source Clusterfuck Nation

Un an après les incendies de Los Angeles

L’incendie de Pacific Palisades s’est déclaré le 7 janvier 2025, dans les tout derniers jours de la fausse présidence de « Joe Biden ». Au total, 6 837 bâtiments ont été détruits et environ 1 000 endommagés. L’incendie d’Altadena, de l’autre côté de la ville dans Eaton Canyon, a sans doute été pire : 9 418 bâtiments détruits. La maire de Los Angeles, Karen Bass, se trouvait au Ghana à ce moment-là pour assister à l’investiture du président John Dramani Mahama, au sein d’une petite délégation présidentielle américaine envoyée par l’administration « Biden ».

Le maire adjoint chargé de la sécurité publique, Brian Williams, responsable des services de police et des pompiers, était en congé administratif à l’époque en raison d’une prétendue alerte à la bombe contre l’hôtel de ville qu’il aurait lancée en septembre/octobre 2024. Le FBI a perquisitionné son domicile en décembre de la même année, et en 2025, il a conclu un accord de plaidoyer (coupable) pour avoir proféré des menaces impliquant des incendies et des explosifs. Il était donc hors jeu pendant les incendies.

Voilà en substance comment fonctionne le Parti démocrate dans le plus grand État américain. N’est-il pas étonnant que Karen Bass se présente à sa réélection ? Comment pourrait-on lui pardonner ? Un grand nombre de personnes travaillant dans le cinéma ont vu leurs maisons partir en fumée lors des incendies, puis les absurdités réglementaires de la ville et de l’État les ont empêchées de reconstruire — sans parler des manigances des compagnies d’assurance qui ont ruiné financièrement certaines familles. Est-ce une surprise que l’industrie phare de la ville soit en train de mourir (la production cinématographique a baissé de 32 % sur une moyenne de cinq ans) ? Que serait Los Angeles sans Hollywood ?

Et pourtant, les célébrités du show-biz continuent de se mobiliser pour faire la promotion des politiciens du Parti démocrate. C’est le genre de chose qui vous oblige à conclure qu’une folie épique brûle aussi intensément dans l’esprit des Californiens que les incendies qui ont ravagé les canyons en 2025. Je sais par expérience personnelle, ayant étudié le théâtre à l’université, que les acteurs peuvent être exceptionnellement stupides, mais cela ne peut pas expliquer entièrement ce à quoi nous assistons.

Les débats des primaires de mercredi ont mis ces personnages en scène de manière flamboyante. Comme la course à la mairie de Los Angeles, qui se déroule selon le système du vote préférentiel, se présente comme « non partisane », le candidat Spencer Pratt (un Républicain déclaré) était présent au débat. Lorsque le sujet du fléau des sans-abri à Los Angeles a été abordé – ces toxicomanes vivant (si l’on peut appeler cela ainsi) dans des campements misérables et crasseux disséminés dans tout l’espace public de la ville –, la maire Bass s’est vantée d’avoir considérablement réduit le problème, ce qui est manifestement et mensongèrement faux. Nithya Raman, membre du conseil municipal de Los Angeles, qui se qualifie elle-même de « progressiste », s’est vantée d’avoir placé les sans-abri dans des refuges (c’est-à-dire des chambres de motel à 100 000 dollars par personne et par an).

Spencer Pratt a tenté d’apporter un peu de réalisme à la discussion sur le placement des sans-abri dans des logements : « Peu importe le nombre de lits que vous offrez à ces personnes, elles sont sous super-méthamphétamine, elles sont sous fentanyl. Les statistiques de la DEA [Drug Enforcement Agency] indiquent que 93 % de ces cas relèvent d’un problème de toxicomanie. Ces personnes ne veulent pas d’un lit — elles veulent du fentanyl ou de la super méthamphétamine. » Pratt occupe actuellement la troisième place dans les sondages. Dans le cadre du vote préférentiel, les deux candidats arrivés en tête lors des primaires s’affronteront lors de l’élection de novembre. Actuellement, Bass est en tête dans les sondages et Nithya Raman arrive en deuxième position.

Si les chiffres restent ainsi, le vainqueur de novembre pourrait bien achever Los Angeles. Blade Runner, nous voilà.

Mais il y a encore une chance que Spencer Pratt se classe bien lors de la primaire du 2 juin, tout comme Golden Tempo est passé de la dernière place à la victoire au Kentucky Derby la semaine dernière. Les sirènes de la tricherie raciale marxiste ont perdu un peu de leur attrait, même pour les Angelenos. Karen Bass a l’air de plus en plus ridicule à sourire de ses échecs lamentables, que M. Pratt expose sans relâche en termes clairs. Son regard réaliste semble remettre les idées en place chez certains et gagner véritablement du terrain. Nithya Raman a le charisme d’un haricot mungo.

Le débat pour le poste de gouverneur a été tout aussi édifiant, en particulier le spectacle offert par le manque flagrant de conscience de soi des candidats Démocrates Katie Porter et du milliardaire Tom Steyer. Mme Porter, célèbre pour avoir renversé un plat de purée de pommes de terre fumante sur la tête de son ex-mari, ainsi que pour son attitude grincheuse envers les médias (amicaux) et son propre personnel, a fait cette déclaration stupéfiante : « nos fonctionnaires se concentrent sur leur travail, qui consiste à ne pas coopérer avec les autorités fédérales de l’immigration. » C’est ça, leur travail ? Hmmmm. M. Steyer est allé plus loin en déclarant qu’il ferait arrêter les agents de l’ICE dans l’exercice de leurs fonctions. Vous croyez vraiment… ? (Je pense plutôt qu’un gouverneur Steyer se ferait lui-même arrêter par les fédéraux pour avoir tenté un tel coup d’éclat.)

La course au poste de gouverneur est également un scrutin à vote préférentiel. Le Républicain Steve Hilton était donc présent pour briser le sortilège de la réalité optionnelle qui enveloppait la scène comme un miasme toxique. Après que plusieurs Démocrates eurent fait mine de déplorer les campements grotesques de sans-abri toxicomanes s’étendant de Nob Hill à MacArthur Park, M. Hilton a déclaré : « [Ils] parlent comme si nous étions dans un univers parallèle où les Démocrates n’auraient pas dirigé l’État ces seize dernières années. » Il partage la tête des sondages dans un peloton très fourni, avec 18 % des intentions de vote, aux côtés de Xavier Becerra, qui était le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux de « Joe Biden », ce qui signifie qu’il a présidé aux obligations vaccinales et aux confinements de l’opération Covid.

La Californie est le point zéro de la danse macabre du Parti démocrate. Des symptômes apparaissent bien sûr partout dans le pays. Cette semaine encore, le FBI a perquisitionné le siège de la sénatrice pro tempore de l’État de Virginie, L. Louise Lucas (D-Portsmouth), ainsi que le magasin de marijuana dont elle est copropriétaire, situé juste à côté de son siège. La décision de la Cour suprême sur le redécoupage électoral a plongé les avant-postes du Parti démocrate de nombreux États dans une fugue de terreur, car ils risquent de perdre jusqu’à une douzaine de sièges au Congrès. Des poursuites judiciaires sont en cours contre d’éminents Démocrates du Maryland, de Virginie, de Caroline du Nord et de Floride. Beaucoup de leurs héros pourraient finir en prison. La panique s’est installée. Le Parti démocrate tel que nous le connaissons aujourd’hui n’en a plus pour longtemps.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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