La rupture des États-Unis avec l’Europe et l’OTAN se fait attendre depuis longtemps


Par Brandon Smith − Le 9 avril 2026 − Source Alt-Market

Même si de nombreux centristes et libertariens s’opposent aux frappes actuelles de Donald Trump contre l’Iran, je dois dire que le résultat final pourrait bien être l’un des plus libertariens que j’aie jamais vus. Depuis des décennies, les militants en faveur d’un gouvernement réduit, comme ceux du mouvement Ron Paul, réclament une rupture totale des États-Unis avec l’OTAN et la fermeture des bases militaires américaines à l’étranger. Trump a, délibérément ou par inadvertance, mis ce processus en marche.

Le refus de la plupart des pays européens (et de l’Australie) d’apporter leur soutien à la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait ressembler à une manœuvre géopolitique – en d’autres termes, s’impliquer pourrait leur nuire davantage que cela ne les aiderait. Bien sûr, ces nations sont bien plus exposées à la fermeture d’Ormuz et au ralentissement des exportations d’énergie que les États-Unis. On pourrait penser que leurs intérêts exigeraient la sécurisation du détroit.

L’Europe est déjà en difficulté pour s’approvisionner en ressources énergétiques en raison de la guerre en Ukraine (une guerre dans laquelle elle est profondément impliquée), et c’est là que nous nous heurtons à un décalage idéologique.

L’objectif de l’Europe est la Troisième Guerre mondiale et elle attend des États-Unis qu’ils maintiennent le statu quo

Les Européens sont tout à fait disposés à s’engager dans des tensions belliqueuses avec la Russie tout en risquant l’inflation énergétique et la Troisième Guerre mondiale, tout cela pour un pays qui n’avait qu’une importance stratégique ou économique minime pour eux avant le conflit. Ils ont constamment appelé les États-Unis à fournir des armes, des fonds et des renseignements aux Ukrainiens, ce à quoi nous avons accédé. Et ils ont demandé que les troupes américaines soient en première ligne si une guerre plus large venait à éclater.

L’OTAN et les gouvernements européens aiment l’Amérique… mais uniquement en tant que bouclier qui leur profite. Pour être clair, il est vrai qu’il y a des années, les alliés de l’OTAN ont engagé des troupes et du matériel dans les guerres en Afghanistan et en Irak, mais on pourrait aussi faire valoir qu’à l’époque, l’establishment était sur la même longueur d’onde des deux côtés de l’Atlantique.

Il n’y avait pas de mouvement à grande échelle pour mettre fin aux escroqueries de l’aide étrangère (comme Trump fermant l’USAID). Il n’y avait pas de mouvement pour sécuriser les frontières et empêcher l’immigration massive. Il n’y avait pas de mouvement contre le globalisme au-delà d’une poignée d’entre nous dans les médias alternatifs travaillant avec diligence pour révéler la vérité. Au début des années 2000, le statu quo était pleinement en vigueur et l’Europe était heureuse d’apporter son aide au Moyen-Orient.

Aujourd’hui ? Pas vraiment. Le statu quo a été bouleversé.

Une fois que l’argent a cessé de couler, nos « amis » se sont faits rares

Il n’est pas surprenant qu’une fois que l’argent a cessé de couler aussi facilement des poches américaines, tous nos « alliés » se soient soudainement détournés de nous. Les coupes dans l’USAID et divers programmes de subventions à l’étranger ont provoqué une onde de choc dans l’ordre mondial. Même moi, j’ai été stupéfait par le niveau de dépendance des nations étrangères vis-à-vis des injections monétaires américaines.

Dès que ces programmes ont commencé à être supprimés, la panique était palpable. Et, dès que Trump a exigé que les pays de l’OTAN commencent à payer leur juste part (5 % du PIB), la rupture des relations a commencé. De nombreux programmes de protection sociale européens existent précisément parce qu’ils n’ont pas à payer pour leur propre défense militaire.

Les droits de douane constituent un autre point d’hypocrisie. Presque TOUS les grands pays et économies européens ont imposé des droits de douane et des taxes sur les produits américains au cours des 60 dernières années. Lorsque ces mêmes pays sont confrontés à des droits de douane imposés par les États-Unis, ceux-ci deviennent soudainement un « acte d’agression » et une ligne rouge à ne pas franchir.

On qualifie Trump de « taureau dans un magasin de porcelaine » sur le plan économique, mais il ne fait que leur rendre la pareille après ce qu’ils nous font subir depuis des générations. Une fois de plus, dès que le statu quo change ne serait-ce qu’un peu et que d’autres nations sont soumises à des normes similaires, nos amis ne veulent plus être nos amis.

La priorité absolue de l’Europe est l’agenda multiculturel

Et qu’en est-il de l’immigration de masse ? Ah, voilà le véritable sujet de discorde. L’Europe est devenue le point zéro d’un fléau multiculturel et les gouvernements de l’UE sont tout à fait disposés à sacrifier leur propre population autochtone et majoritairement blanche à la criminalité, au terrorisme et à l’effacement culturel au nom d’une utopie woke. Dès que les États-Unis ont défié ce suicide idéologique et ont pris des mesures contre l’ouverture des frontières, les élites européennes se sont montrées hostiles.

L’Europe est tellement furieuse face à toute opposition au multiculturalisme qu’elle a mis en place une série de lois de censure orwelliennes. Des dizaines de milliers de personnes sont arrêtées et inculpées chaque année pour des « crimes de haine », qui consistent généralement en de simples critiques de l’immigration ouverte. Ce ne sont pas des gouvernements avec lesquels nous pouvons partager notre pain.

Je tiens à souligner qu’il y a des millions de personnes dans l’UE et au Royaume-Uni qui luttent contre le globalisme sur la scène politique. Leurs mouvements se développent rapidement, du parti « Restore » en Grande-Bretagne au Rassemblement national en France et à l’AfD en Allemagne. Ils ne sont pas nécessairement d’accord avec les conservateurs américains sur tout, mais ce sont les seuls groupes politiques avec lesquels il vaut la peine de s’allier en Europe aujourd’hui. Tous gagnent du terrain, mais pas assez vite.

Peut-être qu’une séparation d’avec les États-Unis contribuerait en fait à accélérer le processus ? Car il est tout simplement impossible que les Américains restent alliés aux élites libérales européennes qui souhaitent voir la culture occidentale et les frontières nationales détruites. Nous ne sommes pas seulement dans une impasse de principe, nous sommes en train de devenir rapidement des ennemis mortels.

Le récent appel de Trump à un soutien de l’OTAN dans le détroit d’Ormuz a mis en évidence un niveau d’hypocrisie au sein de l’organisation que de nombreux libertariens et conservateurs critiquent depuis des années. L’OTAN n’est l’OTAN que tant que l’Amérique est le dindon de la farce qui consent l’essentiel des sacrifices.

Gardez à l’esprit que rien de ce que font les gouvernements libéraux n’est fondé sur des principes. Une guerre avec la Russie en Ukraine ? L’Europe applaudit et exige une implication massive des États-Unis. Envoyer quelques navires pour rouvrir une voie maritime vitale au Moyen-Orient ? Soudain, ils ont des scrupules moraux.

Pourquoi ? Il y a de nombreuses raisons, mais je dirais qu’un grand changement est en train de se produire : une transition organisée de l’ancien ordre mondial vers le « nouvel ordre mondial ». Une « alliance multiculturelle » (un système globaliste) se construit en coulisses, qui est plus importante pour les élites européennes que leurs relations avec les États-Unis. Et les mouvements conservateurs sont l’ennemi de ce nouveau système multiculturel.

La population musulmane en Europe s’élève actuellement à 62 millions de personnes – les chiffres ont doublé au cours des 20 dernières années. On compte 47 millions de migrants du tiers-monde vivant dans la région. L’immigration massive a changé l’Europe de manière irréversible. Au fond, cette expérience d’ingénierie sociale vise à éradiquer la civilisation occidentale et c’est LA BATAILLE pour laquelle les gauchistes et les globalistes sont prêts à mourir. Toute leur vision de l’avenir en dépend.

Les gouvernements de l’OTAN évitent de s’engager en Iran, non pas en raison d’une position morale profonde et de principe, mais parce que la plupart des nations européennes sont saturées d’immigrants du tiers-monde qui se retourneront contre elles si elles entrent de quelque manière que ce soit en guerre.

Dans mon article « La Grande-Bretagne en est la preuve : Les globalistes prévoient d’utiliser les migrants comme une armée de mercenaires contre l’Occident », publié en 2024, j’ai exposé en détail la théorie selon laquelle les gouvernements européens (et l’administration Biden aux États-Unis) remplissaient leurs frontières d’hommes en âge de servir dans l’armée issus du tiers-monde afin qu’ils agissent comme une armée de mercenaires étrangers déployée secrètement pour soumettre les populations occidentales si celles-ci se soulevaient contre les globalistes.

Les gouvernements européens, et par extension la plupart des membres de l’OTAN, adhèrent à ce plan. C’est pourquoi une guerre avec la Russie est acceptable, mais pas une guerre avec l’Iran. C’est aussi pourquoi je ne crois pas à la théorie du complot selon laquelle les Israéliens seraient au sommet de la pyramide, « contrôlant tout » en coulisses. Si c’était le cas, les élites européennes et de l’OTAN se seraient immédiatement jointes à l’effort de guerre contre l’Iran.

Il y a un agenda en cours qui est BIEN plus vaste que la minuscule nation d’Israël ou l’idéologie marginale du « sionisme ».

La rupture est inévitable

Le dernier conflit conduit rapidement à une rupture de l’OTAN, l’administration Trump ayant abordé le sujet à plusieurs reprises. Après s’être vu refuser l’utilisation de l’espace aérien par plusieurs pays de l’UE, il est possible que les États-Unis envisagent sérieusement de fermer leurs bases militaires dans la région, de retirer leurs armes nucléaires et de laisser l’Europe dans l’embarras.

Mais ce divorce international ne concerne pas l’Iran, Israël, le détroit d’Ormuz ni même le pétrole. C’est le résultat d’un conflit idéologique de longue date qui est sur le point d’atteindre son paroxysme.

On pourrait faire valoir que cela isolera les États-Unis de leurs alliés et affaiblira notre position dans le monde. Je dirais plutôt que ce sont nos soi-disant « alliés » qui nous ont affaiblis, et que cette séparation aurait dû avoir lieu depuis longtemps. Les milliards et milliards de dollars que les États-Unis dépensent chaque année pour assurer la sécurité de l’Europe pourraient servir à réduire nos dettes ici, chez nous. Les libertariens devraient se réjouir si Trump mettait cette politique en œuvre.

Par ailleurs, avec la suppression de l’aide américaine à l’OTAN et à l’UE, il sera beaucoup plus difficile pour les dirigeants autoritaires progressistes de maintenir le contrôle de leurs populations respectives (fini les programmes sociaux faciles). Leur dépendance à l’égard d’une invasion du tiers-monde pour asservir les citoyens occidentaux pourrait bien causer leur perte. Tout dépendra de la riposte des nationalistes (je pense qu’ils riposteront).

Il y a ici un scénario final possible, dans lequel les conservateurs européens et américains finiraient par unir leurs forces, mais nous n’en sommes pas encore là. L’interdépendance géopolitique du modèle de la guerre froide va devoir disparaître. L’OTAN a soi-disant été créée pour contrebalancer les ambitions mondiales hostiles du communisme, mais aujourd’hui, ce sont les gouvernements européens et de l’OTAN qui SONT les communistes hostiles.

Il n’y a aucune raison pour que notre alliance se poursuive plus longtemps.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF