Soit nous parvenons à un accord, soit ça va mal tourner pour eux. − Donald Trump, président des États-Unis
Par James Howard Kunstler – Le 20 février 2026 – Source Clusterfuck Nation

Le message semble être que les États-Unis ne plaisantent pas avec toutes ces forces de frappe déployées dans les eaux autour de l’Iran. La République islamique semble soudainement prise entre le marteau et l’enclume. Tout le monde essaie de comprendre les enjeux : troisième guerre mondiale ou happy end ?
On assiste là-bas au plus important renforcement militaire américain de mémoire d’homme. Cela ressemble un peu à la première guerre du Golfe, en 1991, sans tous les alliés que nous avions alors ralliés à notre cause. M. Trump (par l’intermédiaire de Marco Rubio) a mis l’Euroland au pied du mur sur ce point. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous sommes en guerre froide avec ces oiseaux. Le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et compagnie ? Ils sont aussi fous que les dames de The View et leurs millions d’adeptes du cluster B.
L’Euroland est toujours sous l’emprise des fanatiques du climat, des destructeurs de l’agriculture et de l’industrie, des globalistes, des migrations djihadistes, des banquiers en difficulté et des aspirants Klaus Schwab. L’Euroland cherche à étouffer la liberté d’expression dans toute la civilisation occidentale et à s’immiscer dans les élections de tout le monde. L’Euroland continue de parler d’une guerre avec la Russie, même si elle n’a aucun pouvoir militaire et qu’elle est en faillite plus vite que vous ne pouvez dire « Götterdämmerung ». En résumé : les États-Unis font cavalier seul sur ce coup-là.
Quel est l’objectif ? Officiellement, « un accord » sur le programme nucléaire iranien. Arrêtez ça, voulez-vous ? Au fait, saviez-vous que le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a émis une fatwa en 2005 interdisant la production, le stockage et l’utilisation d’armes nucléaires dans l’islam ? Mais la tromperie est autorisée dans l’islam en vertu de la doctrine de la taqiyya, contre la menace d’une attaque de forces hostiles.
Vous vous souvenez certainement de l’opération Midnight Hammer en juin dernier, lorsque nous avons attaqué et soi-disant « détruit » les bunkers de recherche et développement nucléaires iraniens à Fordow, Natanz et Ispahan ? Ils ont été sérieusement endommagés, vous pouvez en être sûr, et personne en Iran n’a nié qu’il se passait quelque chose de nucléaire dans ces installations. Y a-t-il une volonté de reconstruire toute l’infrastructure d’enrichissement d’uranium et tout le reste ?
Les mollahs ne le disent pas, ce qui signifie bien sûr qu’ils ont l’intention de continuer à développer des armes nucléaires. Même si c’est une stratégie stupide et futile, compte tenu de l’histoire récente, ils disposent toujours d’usines qui produisent des milliers de missiles balistiques à longue portée et de nouveaux drones. Regardons les choses en face : les mollahs sont des partisans inconditionnels du djihad et du martyre. Depuis qu’il a été élevé au rang de guide suprême en 1989, l’ayatollah Khamenei s’est efforcé sans relâche de transformer le concept islamique traditionnel du djihad et d’en faire le pilier central de l’idéologie du régime.
Sommes-nous en train de faire le jeu d’Israël ? (Réponse : rugissement d’approbation.) Mais Israël n’a pas tout à fait tort. L’Iran est fou depuis quarante ans. Si Israël n’était pas la cible de la colère éternelle des mollahs chiites, il y aurait leurs autres ennemis, les sunnites, à l’ouest du golfe Persique (et juste à côté, en Irak).
Et considérez également le soutien obstiné de l’Iran au djihad, partout où cela est possible, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Oumma — y compris en particulier dans la civilisation occidentale, où un djihad de faible intensité se déroule depuis plus d’une décennie… meurtres de masse, gangs de violeurs, décapitations, camions fonçant dans les marchés de Noël…
D’accord, si l’Euroland est hors jeu, qu’en est-il des autres grands acteurs, la Russie et la Chine ? Vont-ils rester les bras croisés et laisser les États-Unis faire ce qu’ils veulent avec l’Iran ? La Russie a envoyé un navire de guerre de classe corvette dans le détroit d’Ormuz pour une opération conjointe avec la marine iranienne, mais qu’est-ce que cela signifie ? Probablement pas grand-chose de plus qu’une thérapie occupationnelle. De plus, M. Trump promet actuellement de sortir la Russie du « froid » de toutes ces sanctions économiques lourdes… afin d’entamer le processus de normalisation des relations. On peut douter que la Russie veuille compromettre cela pour le bien de l’Iran.
Et, même si cela fait quelque peu la une des journaux en raison de l’affaire Epstein et de la profondeur de l’hiver, une guerre fait toujours rage en Ukraine. Autrement dit, les Russes ont fort à faire dans leur propre arrière-cour et pourraient, peut-être, hésiter à s’impliquer davantage en Iran. Et supposons que l’objectif des États-Unis soit en fait un changement de régime en Iran. La Russie serait-elle mécontente si les mollahs étaient chassés du pouvoir ? J’en doute. La Russie a depuis longtemps des problèmes épineux avec les factions islamiques réparties dans les anciennes républiques soviétiques voisines. La Russie n’a pas besoin du djihad. La Russie pourrait en fait vivre plus confortablement avec un Iran sous un gouvernement laïc, avec un tempérament un peu plus occidental. Je dis ça comme ça…
La Chine a des préoccupations plus urgentes avec l’Iran. La Chine importe environ 13 % de son pétrole d’Iran et bénéficie d’une remise de 3 à 4 % sur ce pétrole. Un changement de régime ou une guerre qui endommagerait les terminaux pétroliers iraniens serait une mauvaise nouvelle pour la Chine. Mais la Chine est géographiquement très éloignée de l’Iran et n’a pas l’habitude de mener des aventures militaires aussi loin de chez elle, il ne faut donc pas s’attendre à beaucoup d’aide de sa part. L’autre option de la Chine serait de déclencher une agitation autour de Taïwan afin de distraire et de détourner l’attention des États-Unis. Nous verrons bien. L’oncle Xi Jinping a été très occupé ces derniers temps à limoger les hauts gradés de son propre commandement militaire. Sont-ils seulement prêts à passer à l’action ? De plus, l’économie chinoise est instable. Il faut également se demander si les États-Unis ont donné à la Chine l’assurance qu’elle pourrait continuer à importer du pétrole iranien si elle restait en dehors du conflit.
De quoi sommes-nous capables sur le plan opérationnel en Iran avec tous nos navires de guerre, nos avions de chasse et tout le reste ? Je n’en sais rien… et vous non plus. Cela semble impressionnant, mais quelques missiles de type Sunburn largués sur l’USS Abraham Lincoln pourraient produire un changement d’attitude instantané et profond. Peut-être que le président Trump, le secrétaire à la Guerre Hegseth et le secrétaire d’État Rubio ont des plans plus sophistiqués pour désarmer l’Iran et éliminer chirurgicalement les fous qui sont au pouvoir. Nos gars agissent certainement avec confiance. Mais en géopolitique, la confiance est la meilleure amie de l’orgueil. Et l’orgueil précède généralement le chaos. L’art de la négociation n’est pas pour les mauviettes.
James Howard Kunstler
Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
